mardi 10 novembre 2009

Paul & Mick.

J'ai trouvé, par hasard quelque part sur la toile, un texte de notre maître à tous que certaines d'entre vous connaissent.
Comme d'habitude, c'est vif et plein d'esprit.
Cependant, c'est assez tendancieux et le talent ne doit pas être au service du mèpris.
Et de toute façon, j'aime bien déboulonner les statues. Surtout celles qui sont trop grandes pour moi.
Face A:
"Il y a, dans l’acte de bloguer, et sur Internet en général…un encouragement vivace à l’anonymat. L’anonymat se pratique à l’aube, à l’heure ou la ville sort péniblement de sa torpeur, ou bien alors tard le soir, quand les enfants sont couchés, que les couples s’enfoncent profond dans les canapés, devant la télé. Le blogueur anonyme se débarrasse alors de son identité de la journée, il délaisse son manteau social sur le dos de la chaise. Il se sert un café ou un thé. Il s’installe sur son petit bureau cosi, coincé entre la plante artificielle et la lampe Ikea. Enfin installé, le voici prêt à entamer son petit plaisir solitaire dans de secrètes activités cérébrales. Patiemment, savamment, un sourire courtisan au coin des lèvres, il pratique des associations d’idées tortueuses, il fait sa petite fête à l’imagination. Il se délecte des délices de la pensée, libre dans une petite solitude feutrée, comme une récompense de fin de journée. Le blogueur anonyme est satisfait, il entretient son petit mystère et partage avec un public d’autres anonymes gagnés d’avance, son goût pour la dissidence bourgeoise et la subversion un peu frustrée. Il prend son temps, choisit ses termes, entreprend sa rédaction patiente, méditant ses adjectifs et son verbe, n’omettant jamais de consulter son petit dictionnaire des synonymes toujours posé à côté de lui. Le blogueur anonyme, il se recrute dans toutes les couches de la société, de l’homme de lettres au petit comptable, du boulanger à l’ingénieur en aéronautique. Internet lui offre cela, la possibilité d’entretenir l’anonymat non plus dans sa notion d’être perdu dans la masse, mais plutôt dans celle d’endosser une seconde peau telle une vocation jusqu’ici injustement méconnue. Et quels mystères en vérité ? On serait bien ennuyé de parvenir à les percer. Savoir que derrière celui qui se cache, derrière cette bête de sexe, ce petit génie satyrique, ce défenseur de la veuve sans l’orphelin, ce critique acerbe de la politique, ce jongleur des mots, ce poète inconnu, il n’y a pas bien grand-chose à cacher. Rien de condamnable, rien de ridicule, rien de singulier, rien même de bien honteux. On serait bien avancé de le voir là, remplir sa machine à laver, chercher ses clés de voitures, gronder les gosses qui mettent encore des miettes sur le canapé, pester contre le voisin qui passe la tondeuse le dimanche. A vrai dire, son secret ne vaut même pas le coup. Comme toutes ces questions qu’on se pose à propos de ce vieil ami d’adolescence qu’on à perdu, qu’on imagine parti vivre en Inde, et puis qu’on retrouve à Roubaix, et qui nous raconte le cancer de Roseline, la petite dernière qu’a raté son bac, Mireille et son accouchement difficile et puis Jean Paul qui est encore au chômage. Voilà tout ce qu'on peut trouver finalement derrière tout ça. Mais enfin, ils y tiennent quand même les blogueurs à leur anonymat, ça leur laisse des possibilités, exister dans les pensées des autres, dans les rêves des autres, dans leurs rêves à eux…" Fishturn (Blogueur anonyme)
La réplique
D'un shyzo à l' autre.
Face B:
Je courais.
Comme d'habitude, j'avais étiré la phase du bonheur sise entre celle de l'échauffement et celle de la récupération, par un run plein d'endorphines. J'en étais à la retombée de la récup quand j'entendis le tap tap des pas de l'anonyme dans mon dos. Je ne l'avais pas vu venir. Il me dépassa sans me regarder avec son allure toute neuve, chaud mais pas fatigué. Il m'ignora dédaigneusement alors qu'il me guettait, tapi pour me surprendre de sa foulée "sublime forcément sublime".
Il est seul à savoir ma fatigue et sa forme, il jouit de me laisser sur place. D'habitude je le laisse jouer seul sa compétition sans adversaire.
Aujourd'hui je lui emboite le pas et parviens à Sa Hauteur.
Quelle ne fut pas ma stupeur de le reconnaitre?
Il n'est pas anonyme c'est un pseudo vivant. Ex Bloggeur talenteux et compulsif, il est de notre monde. Il en est le pléonasme et le métalepse. L'antécédent et le conséquent aujourd'hui paradoxe toujours en quête d'excellence. Chez moi, il est encore et toujours, une légende pisciforme qui tourne sur une télé éteinte dans un bocal Conforama plein d'eau Ikéa sans But et encore sans mémoire.
Il nous donne une leçon de texte avec des phrases construites habilement de protase en apodose.
De la philosophie il cultive le sens plutôt que l'étymologie. A l'amour de la sagesse, il rajoute sa science du sophisme. "Caressez un cercle il devient vicieux" et sa philo perso devient redondante psychologie, théologie, obscurantisme dans le même glissement sémantique.
A force de métonymie, à coup de tropes et de prétérition, qu'il confond avec persuasion, il feint de dire tout en disant clairement la suspicion que lui inspire le bloggeur lui taillant un habit de délateur.
"Anonymat; Courtisant, Petit bureau; idées tord- tueuses; Petit dictionnaire; Subversion frustrée; plaisir solitaire."
Dans son monde élitiste d'amalgame et de mépris, "Les comptables sont petits et les ingénieurs ont les goûts de chiotte des boulangers".
Le débit de sa logorrhée mesurée à l'aune de l'herméneutique alimente sa rhétorique et écrase son lecteur de sa richesse et de sa forme le laissant sur place, coi et pantois dépassé par cette attaque qui ne dit pas sa sournoiserie.
Bloggeur avocat devient bloggeur procureur et moqueur. Il connait notre monde de l'intérieur.
Il est le tailleur de Fernand Raynaud qui impose et déforme l'apparence de son client pour le faire entrer à tout prix dans ce costume qu'il nous a mal taillé. Mais:"y a comme un défaut."
Il change d'habit comme on change de maître, pourtant son nouveau costume de procureur est encore trop grand pour lui. Alors, il enfle de la tête et des chevilles, s'emplit d'air et d'importance prenant des risques de baudruche à la rencontre d'une aiguille.
Et pshiiit : Le démon du dedans s'enfuit vers l'en dehors pour un autre démon. Le solide, qui ne l'était pas très, devient gazeux.
Dans l'azur se con dansant* devient liquide et nous arrose de sa pluie acide.
Blogger ou balancer, ce parirose te serviras de prolepse.
A toi de faire, Fish!
Du quatuor Paul et Mick, Hank Kholer nous a quitté.
Il reste, pour quelques temps encore, Alex Cessif son hyperbole et sa schizophrénie.
Serviteur!
*te vexe pas , Fish j'aime le calembour facile.
P.S: Je sens que je vais en prendre une, moi.

dimanche 8 novembre 2009

One more time*.

De plume et de sang. (variante versifiée de "Rencontre.....")
Elle est de plume et de sang
Son amoureuse épistolaire
Elle a de la plume, le talent
Il a fini par lui plaire
Elle a du sang, le courage et la fièvre
Lui son cas est réglé, simple et évident
Elle a des mots, la ferveur au bout des lèvres
Elle a du sang, la vie et l'envie
De mordre à pleines dents
Liberté OU solitude il a du choix, le dilemme
Affaire de conjonction de coordination
Liberté ET solitude il choisit celle qu'il aime
Du ver à l' étoile, la future intersection
Le calendrier compte les jours, énumère les saints
qui inexorablement le rapproche des siens
La rencontre est prévue sur terre
Elle y a consenti, généreuse, limpide et claire.
Déjà et enfin elle arrive à peine moins jolie
que Psyché, Vénus et Aphrodite
Et lui, plus encore éloigné d'Adonis
Mais la chose était sue puisqu'elle était dite
Il vit en l'apercevant tout à son émoi
une femme pour la première fois
Le choc des premiers pas, des naissances
des amours successives, idéalisées
Enfin et trop tard en découvrir l'essence
De sa quête infructueuse, jamais récompensée
Que l'espoir lui apporte, que le hasard amène
Dans sa tête encore, conservait son hymen
Il comprit in petto
Que de l'amour, sentiment allegro
Bien que croyant
N'en fut jamais pratiquant.
[interlude]
Deux sommeils antagonistes détachés
Puis le besoin à Elle, de s'approcher
Au coeur de la nuit, habiller sa nudité de ses mains
A la forme de ses seins
Pour quelques heures siens
Désormais, plus de place pour les larmes
Absence et présence, intimes, en harmonie
Le manque d'Elle vaincu par du souvenir, le charme
De chaque nuit blafarde fait une symphonie
Hier, de la rencontre d'une adulte et demi
Aujourd'hui, deux adultes accomplis
S'embrassent et se quittent
Cassiopée, Beltégeuse, Alpha du Centaure, météorites
Le voilà désormais dans la cour des grands
Inaccessible étoile, comme l'absinthe interdite
Orion, Comète de Halley, étoile filante et de passage
Elle reviendra, c'est d'Hermés le message.
Elle est de plumes et de sang.
Elle est joyau, ivresse, bonheur et il est son amant!
*à lire deux fois.

samedi 7 novembre 2009

No one.

Source: Pierre Farel. Tous les personnages de l'artiste sont sans visages, mais il est sympa il retire les bourrelets et rajoute des cheveux.
Des corps mais pas de visages.
No one: personne, comme nous!
Pourquoi ce post?
Parce qu'il doit y avoir l'anniversaire de la naissance de quelqu'une quelque part. L'Inconnue. Personne. Une nouvelle étoile.
On y va?
Et le sixième jour Dieu a dit:
"-que la lumière soit!"
et la lumière fut.
Enfin, d'après Victor Hugo: "La légende des siècles"
Novembre a commencé comme toujours par la fête des morts et de tous les saints. Détestable et inéluctable habitude. Puis viendra le 11. L'armistice. Fin de boucherie production.
Entre les deux, au delà du mitan, mais comment faire avec un chiffre impair,c'était déjà hier, Novembre avait six jours et d'une étoile nouvelle, la lumière fut.
Comment s'appelle-t-elle?
L'inaccessible?
No one!"
"Et pourtant elle tourne"
Et elle en fait, des révolutions dans le coeur des hommes.

"Quand tu aimes il faut partir

Quitte ta femme quitte ton enfant

Quitte ton ami quitte ton amie

Quitte ton amante quitte ton amant

La monde est plein de nègres et de négresses

Des femmes des hommes des hommes des femmes

Regarde les beaux magasins

Ce fiacre cet homme cet homme ce fiacre

Et toutes les belles marchandises

Il y a l’air il y a le vent

Les montagnes l’eau le ciel la terre

Les enfants les animaux

Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre

Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir

Chanter courir manger boire

Siffler

Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir

Ne larmoie pas en souriant

Ne te niche pas entre deux seins

Respire marche pars va-t-en

Je prends mon bain et je regarde

Je vois la bouche que je connais

La main la jambe le l’oeilJe prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là

la vie pleine de choses surprenantes

Je sors de la pharmacie

Je descends juste de la bascule

Je pèse mes 80 kilos

Je t’aime"

"Quand tu aimes il faut partir"

Je note et je pars! Merci Blaise Cendrars

mercredi 4 novembre 2009

SéductionVS force brutale

video
Tout ça pour une petite mousse!
Pré sriptum: y a dusport dans les com'
Faut- il se battre pour un enjeu dérisoire?
Ceux qui ont répondu trop tôt se sont fait avoir (en même temps la question n'était pas là hier).
Personne en fait!
"Tout" le monde est passé à coté se disant "- il est en rade d'inspiration."
" Feignant" " il est lourdingue parfois" etc, etc ;
Sauf Charivarii fidèle et courageuse qui y va de son petit commentaire.
Mais chère Charivarii, tu as oublié le sens de ce blog, son ambivalence et le goût de son "auteur" pour les symboles: Le sens derrière le sens: comme l'oeuvre de Andrew Weyth (ci-contre, cf Blog it: Ce tableau parle de subliminal, il y a une double vision, la consciente et l'autre).
Alors? faut-il? oui? non?
Et si on demandait à Cervantés?
"El manco de Lépante"qui perdit l'usage de sa main à la bataille de Lépante.
C'est balot quand on est l'écrivain Espagnol de référence à cheval sur le XV et XIV ème siècle.
Pourtant cela ne l'empêcha pas d'écrire de sa main valide: " Don Quichotte".
L'homme qui se bat contre les moulins à vent. Symbole des batailles inutiles et de la combativité romantique pour les beaux yeux de sa belle (Dulcinée) à cheval sur Rossinante avec l'aide contrainte de son écuyer "Sancho Pansa" qui lui ne pensait qu'à bouffer. Le réalisme à la traine derrière l'idéalisme.
L'homme de la Mancha qui inspira Brel dans sa "Quête":
Rêver un impossible rêve Porter le chagrin des départs Brûler d'une possible fièvre Partir où personne ne part Aimer jusqu'à la déchirure Aimer, même trop, même mal, Tenter, sans force et sans armure, D'atteindre l'inaccessible étoile Telle est ma quête, Suivre l'étoile Peu m'importent mes chances Peu m'importe le temps Ou ma désespérance Et puis lutter toujours Sans questions ni repos Se damner Pour l'or d'un mot d'amour Je ne sais si je serai ce héros Mais mon cœur serait tranquille Et les villes s'éclabousseraient de bleu Parce qu'un malheureux Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé Brûle encore, même trop, même mal Pour atteindre à s'en écarteler Pour atteindre l'inaccessible étoile.
Alors oui! Se battre car la victoire ne compte pas, seul le combat est beau.
Se battre pour rester debout. Se battre pour rester vivant bien que ce combat soit perdu d'avance.Changer plusieurs fois de peau comme dans la vidéo. Autant de mutations, autant de résiliences et garder à l'esprit le goût des batailles, pacifiques bien sûr, pour ne pas s'endormir.
La vie est un chaos et la victoire une anomalie.
Même Lao tseu, ou Confucius je ne sais plus, le disent à leur façon: "Ce n'est pas le but qui le chemin, c'est le chemin qui est le but."(la v.o est dans le com' de Carole)
Et..... tout ça pour une petite mousse!
Sans rancune Charivarii.

La garbure de Julia.

Une recette maispasque.
La garbure est une recette du Sud-ouest dont l'origine se discute entre les basques et les landais. Il en existe de façons autant que de villages Pyrénéens. Soupe ou plat principal, haricots ou fèves, confit ou jambon en sont les variantes. Repas à théme si l'on est d'humeur rigolote à déguster un béret sur la tête, la falda, large tissus de toile rouge que l'on enroule plusieurs fois autour de la taille (secret de la force basque: les reins bien tenus et au chaud)et les espadrilles aux pieds comme à St Etienne de Baïgorry ou à Gabas.
On peut zapper la digression ci-dessous, surtout si l'on n'est pas majeure,et aller directement à la recette.
Pour 4 personnes :
  1. 4 cuisses de confit de canard
  2. un morceau de lard
  3. 1/4 de chou frisé
  4. 1 botte de carottes
  5. 4 navets
  6. une dizaine de petites pommes de terres
  7. 1 livre de haricots secs,Tarbais ou Soisson.
  8. une bottes d'oignons frais
  9. 2 gousses d'ail
  10. 1 bouquet garnis
  11. sel, poivre.
Laisser tremper les haricots secs une nuit. Prévoir 45 minutes de préparation
et 40 minutes de cuisson environ.
Le vin:Un Madiran ou un Tursan pour faire glisser tout ça. Réservez l'Iroulèguy pour l'axoa de veau au piment d'Espelette dont vous trouverez la recette ici: click
"L'alerte S.M.S silencieuse s'active sur le portable de Julia:
Mardi 4h, je viendrai…….
-"Chérie, tu posteras le chèque pour l'E.D.F en allant travailler? Questionne son mari
-oui mon amour!"répond-elle souriante!
C'est LUI ! Son imaginaire lui renvoi des images de ciel bleu, de petit nuage avec elle dessus.
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Mardi.-3h55 -France Inter :
"des nuages sur la majeure partie de l'hexagone, quelques belles éclaircies sur le Sud-Ouest" annonce la météo.
Tom est en avance. Inhabituel chez lui. L'enthousiasme, sans doute!
Elle arrive.
Elle monte dans la voiture, pressée, amoureuse, elle l'embrasse.
"On ne s'embrasse plus"pense-t-il en référence a son quotidien, perpétuellement en quête du goût de la lointaine première fois. Ou de la première tout court.
"- tourne la page", lui souffle sa petite voix.
" Le passé ne se reproduit pas à l'infini".
Il se repasse en boucle les mots gravées au fer rouge de cette mémoire qui fonctionne par sursaut:"quelques instants secrets";"belles passantes";" Pas su retenir"…..
" Ce qu'il faut de sanglot pour payer un frisson"
- immaturité et poésie de quatre sous. Tu raisonnes en boucle.
- écrit d'Aragon murmuré par Brassens, excuses du peu" tranche-t-il!
Et la petite voix se tait.
Renoncer à elle, s'est comme se couper la jambe, déjà qu'il boîte quand il ne la voie pas……
Tom cesse de penser: son cerveau est en fusion:Trente-cinq milliards de neurones sur les cent disponibles sont mobilisées par le désir. Cette activité chimique et électrique intime consomme énormément d'oxygène, transporté par le sang….. Qui est sollicité prioritairement par un autre organe.
Elle a pris le pouvoir. A l'instant où sa bouche s'est entrouverte sur Lui. Quelques minutes "volées" sur le quotidien pense-t-elle. Des minutes qui n'appartiennent qu'à moi distraites sur mon agenda de mère, épouse, travailleuse, etc.… Quelques gouttes de liberté dans un océan d'obligations.
Son savoir-faire décuplés par son amour de lui est rapidement récompensé: elle l'entend gémir puis crier. Le barrage cède. Le flot arrive, qu'elle reçoit par jets décroissants .Elle se contracte et, comme un coureur de relais reçoit le témoin de son partenaire, à son tour, se tord d'une jouissance discrète. Asphyxiée elle cherche son air et, sans se retirer, elle boit leur plaisir, satisfaite et heureuse.
"-vous zêtes zarrivés!" dit la voix synthétique du G.P.S déclenché par inadvertance
-merci, j'ai vu! pense-t-elle en déglutissant.
Le cerveau de Tom re-fonctionne. Sa petite voix (chacun la sienne) la"ramène" à nouveau, ironique:
"- tout ça pour ça!
-écoute le poète," répond-il reconstituant opportunément les bribes de ses souvenirs:
"A celle que l'on voit apparaître
une seconde à sa fenètre
et qui, preste, s'évanouit...."
[....]on pleure les lévres absentes
De toutes ces belles passantes
que l'on n'a pas su retenir"
Aragon n'a pas écrit cela pour ces circonstances mais bon....
Des heures d'effort pour un éphémère coucher de soleil au sommet d'une montagne. Parfois, l'effort est une attente, passive. Il faut de la sérénité pour éclore une aussi belle rose et aujourd'hui….. C'est cueillette!"
-Carpe Diem en somme! (Cueille la rose)
-On est d'accord "conclus Tom, apaisé. ...........................................................................................................................................................
"Mardi 4h je viendrai! Je te confierai mon désir et tu seras satisfaite dans la complicité secrète et obscure de la nuit."
-Voulez-vous supprimer ce message? demande le portable
-Oui!
-"Chérie, tu as posté le chèque?
-oui, mon amour!
-pourquoi souris-tu?"(Ciel, petit nuage…..etc.)
-Message supprimé! Répond SonyEricson.
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Quelques par et ailleurs Tom, lui aussi "nettoie" sa messagerie. Comme chaque fois qu'il "assassine" le témoin pourtant silencieux de cette digression clandestine, il a un pincement au cœur. Sans doute prémisse ou répétition de celui à venir, quand cette parenthèse enchantée se refermera.
Inévitable, donc prévisible.
Il a conservé en lui cet inconscient besoin de formaliser les surprises de la vie, les cadeaux du hasard, autant de présents mal reçus, bien qu' opportuns, devenus sources de tourment. "Le bonheur est une surprise, le malheur aussi".
Chercher à comprendre : A qui, ou à quoi, ai-je affaire ?
Le destin est si farceur!
A force de réflexions mal construites comme autant d'outils mal employés, émerge l'envie récurrente d'en terminer pour garder l'initiative, le contrôle.
En conflit entre le cœur, qui réclame son compte d'émotion et l'esprit, son compte de morale. Ou, lui laisser, à elle, l'initiative, la responsabilité de la rupture d' une manière puérile et lâche . "Lorsque les évènements vous échappent, feignez de les avoir organisés": cette phrase "accrochée" par l'oreille et érigée en règle de vie d' enfant perdu en quête d’un directeur de conscience revient chaque fois qu'il doit prendre ou subir une décision.
Peu glorieux, ni très "Rock n’ Roll et assez mal adapté à défaut de véritable éducation ou de simple intelligence. Pourquoi ce besoin de panache, de sortie honorable? Peur des évènements subis ? Lui qui, habituellement,décide les désunions. Peur de la vie et absence de confiance ! Le bonheur est inaccessible sans la sérénité! De cette dérive et de cette saturation du raisonnement lui vient une panique, un emportement masculin, enfantin!
Ne lui reste que la télépathie.
Teintée d’espoir.
Il envoi : "Same player shot play again!" sur les ondes mentales. Provocation suicidaire ou supplique: "On prend les mêmes et on recommence"
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Mystérieusement et simultanément, Julia perçoit de l'angoisse légèrement désespérée chez son "alter ego inversé" comme une distorsion de la longueur d'onde:
"Il raisonne trop se dit-elle, il se perd et nous allons nous perdre".
Chercher à comprendre c’est compliquer ce qui est simple. Recevoir la vie comme une aventure. Se distraire avec sérieux. Se donner sans appartenir.
Sur sa carte du tendre Il est une île qui s'éloigne.
Pourtant, elle ne verbalisera pas et n'enverra pas " game over" sur son écran. Parce que son romantisme, s'il est parfois perturbé, toujours rationnel, n'est jamais néfaste.
" Il trouvera ma route ou ne la trouvera pas".
Bien verrouillée, bien protégée, l'idée de Lui reste omniprésente dans son donjon privé. Parfois sous la forme d'une musique, d'autres fois il se précise comme une chanson et se dilue dans l'espace de la journée. Il est le ponant lorsqu'elle s'endort et le levant lorsqu'elle s'éveille.
Son bonheur elle le façonne d'horizons complémentaires, de renoncements nécessaires et de concessions discrètes. Un rempart solide de devoir protège son rêve, son plaisir et sa conscience. Elle sait mélanger,dans un dosage subtil, la valeur de la stabilité au frisson de l'aventure se laissant quelque fois emporter par la surprise de l'inconnu. L'avenir est une force, la nuance est un art, les émotions se maîtrisent. Elle recueille ainsi l'harmonie comme légitime prix de la puissance mentale du songe. -"voilà que je me prends le chou.
A propos de chou: "Tiens, se dit-elle, je vais leur faire une garbure"
Et elle entreprend, pragmatique, l'épluchage des carottes la tête dans les nuages, les mains dans les pelures.
"- qu’est-ce qu’on mange ? " Questionne son mari.
Julia sourit !
Elle aperçoit au loin, la "probabilité d'une île", la promesse d'une escale, la possibilité de l'étape.
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Plus loin, plus tard, peut-être, quelque part dans un ailleurs géographique ou temporel."
Ma façon:
On peut tricher (ça commence mâle) pour gagner du temps avec les haricots et rajouter en fin de cuisson une bocal de Soissons déjà cuisinés, mais chut.
Pendant la préparation des légumes, je fais blanchir le chou en le cuisant dans une eau vinaigrée ou en changeant trois fois l'eau de cuisson.
Recette personnelle, je dégraisse, je retire la peau et désosse les cuisses de confit que je fais revenir sans matière grasse avec les oignons. Je fais cuire à part les légumes en commençant par les haricots, s'ils sont encore durs, avec le bouquet garnis.
Ensuite je rajoute les autres légumes, l'ail et le confit puis le chou à la fin.
Je réserve le bouillon avec des arrières pensées de recyclage en soupe avec quelques légumes. Je laisse refroidir et place l'ensemble au frigo pour figer le gras restant à la surface et qu'il faudra retirer.
Ensuite, je re-mélange bouillon, confit et légumes et je laisse mijoter, disons.... un petit quart d'heure.
Voilà, vous avez une soupe et un plat principal. Une tourtière (en haut) ou un pastis Landais ci dessous ( c'est une pâtisserie, pas un alcool) pour finir.

mardi 3 novembre 2009

Panel

J'ai un coté obscur: Je regarde question pour un champion. J'aime bien, je révise, les questions fusent les réponses aussi. Et la tronche des gens qui gagnent un dictionnaire et deux oreillers dans l'enthousiasme me divertis. Mais pendant les coupures pub, je réalise le panel auquel j'appartiens. Les pubs sont ciblées sur les spectateurs de l'émission, bien sûr et grâce à cela je vois que je suis un candidat pour: Les conventions obsèques; les produits pour dentiers; ceux pour les articulations; les couches culottes; les fauteuils motorisés et ceux qui grimpent les escaliers. Sympa, moi qui les descends à califourchon sur la rampe pour le plaisir de la boule à l'arrivée.

Pseudo/égo 3/3

Absence
+Silence
= La tête à Toto!
Flic et Flac
font une flaque
qui coule
vers la rigole
fin du trottoir
où rien ne trotte
où rien ne pousse
même pas une rudérale
et la rue râle
et roul'
vers la rigole
qui rigole
et c'est pas drôle
"- keskidi?
- ydi:
kilàpafé
leplin2commentairhier
- éhalor?
- alor?
yboud'!"
B.O: Placebo. Sleeping with goshts.

lundi 2 novembre 2009

La photo plasticienne.

Joseph Beuys.
Das Erdtelephon (1967), 1986.
à gauche
à droite Claude Lévêque. Le Rôdeur, 2007.
A la base sous-marine en ce moment, l'expo photos de Claudio Abate:
"Plus d’une centaine de photographies grands formats, en couleur et en noir et blanc, retraçant la production de cet artiste italien né à Rome en 1943, est présentée.
Actif depuis le début des années 60, Claudio Abate est aujourd’hui considéré comme un acteur majeur de la photographie plasticienne. Claudio Abate a photographié les installations d’artistes les plus importants de la seconde moitié du 20e siècle, entre autres Mario Merz, Pino Pascali, Christo, Jannis Kounellis, Giuseppe Penone, Joseph Beuys, Sol LeWitt, Anselm Kieffer, Claudio Parmiggiani, Claude Lévêque, François Morellet, Michelangelo Pistoletto, Jan Fabre, Gilbert & George, Christian Boltanski. Par cette démarche singulière, il a pu tissé avec eux une véritable relation, ce qui lui a permis d’être le témoin oculaire des mouvements artistiques les plus importants tels que l’arte povera, le Body Art, l’art conceptuel ou encore le Pop Art.
Ses photographies sont alors les traces quasi uniques de plusieurs performances ou installations éphémères réalisées depuis la fin des années 60. Cependant par une utilisation particulière de la lumière, le choix du point de prise de vue et surtout la compréhension des oeuvres qu’il nous donne à voir, ses images dépassent indubitablement ce statut de témoignage pour accéder à celui d’oeuvre d’art à part entière."
Source texte et photos: Bordeaux.fr

dimanche 1 novembre 2009

Cinéma en C majeur et minuscule.

"Micmacs à tire larigot" grâce à Jean Pierre Jeunet et " Rose et noir" à cause de Gérard Jugnot.
Avertissement: pour celles qui iront voir le film: il y a deux scènes identiques et pas indispensables où l'on assiste aux manducations de Boon un peu écœurantes avec la complicité publicitaire de la "Vache qui rit", le reste c'est cadeaux!
Attention: y a un gros mot à la fin de l'article!
Ne cherche pas de prétextes pour ne pas y aller déniant ce qui est populaire genre: "J'aime pas Dany Boon": ce n'est pas du Boon, c'est du bon, c'est du Jeunet et celui là te ferait aimer Delon.
Ou, plus snob: "Je n'aime pas Jeunet"
JPJ, c'est notre Terry Gilliam à nous, alors on y va les yeux fermés.Euh, en confiance parce qu'il faut ouvrir les mirettes pour profiter de la toile.
Quel réalisateur nous donne l'occasion de voir les physiques improbables de Michel Crémades,Dominique Pinon, Yolande Moreau? dommage que Daniel Emilford ait terminé son CDD pour cause de décés. Quand à moi, je n'avais pas revu Marielle depuis "Tous les matins du monde".
Bien sûr, chez Jeunet, il y a les scénarii dégoulinant de bons sentiments, la naïveté moralisatrice du petit monde besogneux des bras cassés qui écrase le grand mesquin du cynisme, l'acharnement manichéen de l'Amèlie ( Poulain) à vouloir faire le bonheur des autres, le romantisme désuet d'un "long dimanche de fiançailles".
Mais Jeunet c'est d'abord et avant tout de l'image, un monde intemporel couleur sépia, un bric à brac de tendresse et des personnages cosmopolites sapés comme les "Deshiens". Il y a une idée par seconde, une invention par plan et cela dégouline de créativité sur le spectateur inondé de surprises.
Sur, sous et dans une déchèterie fantasmagorique pousse comme autant de plantes rudérales l'humanisme de l'un, Marielle dans le rôle de "Placard", la commensalité de l'autre, Yolande Moreau "tambouille"d'une générosité royale, constituant l'équipe de personnalités hautes en couleur, opportune et complémentaire. Des trouvailles insensées pour mettre en scène le hasard dans le quotidien et des bricolages jubilatoires pour le prolonger. Dans nos quotidiens à nous, le hasard on le croise sans le voir, avec tous ces trains à prendre, ces frigos à remplir, ces rues à traverser, ces caddies à pousser et ces places de parking à trouver, alors on le laisse de coté ce hasard, comme une lettre ou un mail que l'on ouvrira trop tard.
Puis dans la foulée, réconcilié avec le cinoche, je suis passé dans la salle contiguë parce que j'aime bien Jugnot.
Gérard, c'est pareil: J'y vais les yeux fermés, euh en confiance parce....
Là, non!
Faut pas voir son "Rose et noir"comme il n'aurait pas du, lui qui ne compte que des réussites, le commettre. Je n'ai pas vu ce film sur l'intolérance et l'inquisition, je me suis endormi sur un numéro de folle surjoué d'un Jugnot de la haute couture Renaissance mal inspiré avec des blagues scatos et lourdingues.
Je suis sorti de la salle avant la fin du film pour profiter un peu du jour qui s'enfuit vers le ponant et de ton fantôme qui passe dans ma mémoire.
Moralité du jour: Le cinéma français c'est de la bande annonce racoleuse à profusion et parfois un film valable qui me renvoi à la parabole du "boute en train".
Pour celles qui l'ignorent, cette expression vient de la pratique des haras, rayon reproduction où pour préserver l'effort de l'étalon, on charge un bourrin quelconque des préliminaires sur la jument à saillir et c'est l'animal de race qui procède.
Transposé au cinéma,c'est l'inverse: le boute en train en ce moment c'est Jeunet qui t'allumes et Jugnot qui te baises!