vendredi 25 juillet 2008

Roulettes et pieds niquelés aux vingt quatre heures du Mans

Les vingt quatre heures du Mans Ou le treizième travail d’Hercule Préambule: Alex Cessif. Personnage à l’humour basé sur le contraste de l’euphémisme, la litote et l’hyperbole jamais entre, toujours aux extrêmes, beaux père intéressé par le programme scolaire des ados qui ont, eux d’autres centres d’intérêts, affamé de connaissance, referme le livre d’Alicia, sa belle fille, sur la mythologie grecque. Jupiter avait la fâcheuse manie de prendre différentes formes pour entrer dans le lit de ses élues. Pluie d’or, cygne, taureau ou plus simplement, l’apparence d'un mari (Amphitryon). Junon, sa femme, bien que déesse en concevait une jalousie très humaine. De ces unions naîtrons quelques demi – dieu que les aèdes (poètes, chanteurs grecs) nommerons « Héros » Aujourd’hui il suffit d’être le sujet d’un roman, d’un film ou d’un quelconque évènement même sportif, pour porter ce vocable. Par exemple: Jupiter et Léda donnèrent vie à Castor et Pollux, avec Europe: Minos et entre beaucoup d’autres, Jupiter et Alcmène : Hercule pour le "compte" d’Amphitryon. Alex C. imagine la scène :
Amphitryon revient d’une année de combat couvert du sang de ses ennemis et de la gloire de ses victoires. Il se précipite, transi et en manque au devant d’Alcmène puis, foudroyé d’étonnement, recule à sa vision : Le ventre rebondit de la belle enceinte jusqu’au fond des yeux casse l’ambiance des retrouvailles. Alcmène pour calmer le jeu, tente le coup de l’immaculée conception : -« Amphy, Souviens-toi de notre étreinte, tu es venu m’honorer dans mon sommeil ». Gematte et Jean Perpahune, les soldats voyeurs qui la gardaient s’avancent et en témoignent.
Oubliant son amour, son humour et sa crédulité, le guerrier valeureux et le mari outragé s’unissent dans une fureur animale.
La main retrouve le chemin du pommeau de l’épée. Il décapite les deux insolents d’un geste dédaigneux et se dirige vers Alc. qui n’en mène pas large. Alors, Jupiter surgi dans un tonnerre de Zeus (c'est le même; cross over entre la grecque est bonne comme la romaine), s’interpose, évite d’un paséo les deux têtes, qui roulent au sol avec une expression comique, bombe le torse, hausse le menton, claque les talons, se drape dans sa cape. Sa voix de stentor, courbe l’échine et fait tomber le glaive du justicier cornu :
« Amphitryon, c’est vrai, j’ai pris ton aspect pour te donner le fils qui te manquait. Tu devras l'élever et l'éduquer.
- Mais, Jupi.....
- y-a-pas de Jupi. Tu ne peux être jaloux d’un dieu ! »
Dégoûté, Amphy s’éloigna en se grattant la double excroissance qui commençait à poindre sur son front, se disant qu’avec ce rat il pouvait, aussi, se gratter pour la pension alimentaire.
Hercule naîtra de cette union à moitié divine avec la vindicte de Junon comme héritage et la bienveillance, parfois distraite, de son glorieux géniteur.
Jupi, non content d’être coureur, était aussi joueur. Ce jour de juin il faisait un tour de pok' et perdait.
Il cédat la mer à Neptune, le feu à Vulcain, l’air à Eole, l’enfer à Hadès et l’amour à Aphrodite. Junon au bord de sa piscine de la villa du mont Olympe, cherchai à nuire à son mari par humains interposés. Elle aperçu tout en bas quelques héros engendrés par son époux dans une ridicule occupation, marchant bizzarement. Discrètement, elle chamboula l’équilibre, souffla des vents contraires et perturba l’esprit de quelques uns de ces pitoyables pantins puis repris négligemment la lecture de Cosmo en sirotant son Vittel fraise. Je vous l’avais dit : Alex est un peu trivial, fait de l’emphase et surtout ….. Il est excessif !
Prologue: (c'est le flyer que j'avais écrit pour recruter) Que fais-tu le 28 et 29 juin de cette année ? Une suggestion : Comme les bleus, (de 98, pas les brelles de 2008) viens vivre et vibrer avec nous sur le circuit des vingt quatre heures du Mans. Au dessus de toi, l’hélicoptère de CNN (ou celui de F.R.3) battra l’air comme un immense ventilateur avec l’œil de sa camera sphérique, la même que pour le tour de France, braqué sur toi. En face, la tribune pratiquement verticale, un mur de quatre étages noir de monde, debout comme un seul homme enthousiaste. Dans tes oreilles les 10000 watts de la sono crachent sa techno. Ou peut-être cette année la chevauchée des Walkyries te feras-t-elle vibrer ? L’écran télé est proportionnel à l’évènement que tu vas vivre : Géant. Dans ton dos, les stands qui abritaient quelques semaines auparavant les «vrais » 24h autos et dans quelques jours celle des motos. Le count down démarre et, grisé du son, trempé de la sueur qui doit à l’émotion et pas encore à l’effort, tu regardes fixement tes rollers qui t'attendent de l’autre coté, tu es "en chaussettes" et va dans dix secondes traverser la piste pour chausser. Grâce au pole man, (si tu es en moins de neuf minute sur le quatre/quatre, je t' abandonnerai l’honneur des qualifications) qui aura « sorti » un temps qualif. honorable, tu seras dans le premier tiers des 9000 coureurs prêt à attaquer la courbe Dunlop, référentiel commun et mondial, avec son demi – pneu qui surplombe la piste. Ton cœur cogne contre les côtes comme s’il allait jaillir de ta poitrine. 9….8….7 un filet de sueur glacé s’écoule le long du sillon dorsal, 6….5….4 pour évacuer la pression, tu penses très fort : je m’en fous, je m’en fous, 3….2….1 Là, on ne s’en « fous plus » : Tu cours en surveillant de droite et de gauche les autres mort de faim, gavés de testostérone, dans le bruit et la clameur du départ. Assis, tu chausses, fébrile……. …………… Et le reste est à vivre, à courir, à rouler, à peiner vingt quatre heures durant : Jouer avec le vent en effaçant une épaule comme un barreur navigue « au prés », chercher la trajectoire idéale, les appuis sans sacrifier de la vitesse, sentir la compression dans les quadriceps quand au point de corde de la descente la force centrifuge t' écrases, se faire des alliés pour lutter contre le vent, trouver la bonne "chenille" "S.K.F" ou "Salomon" quand les coureurs sont au contact, le premier coupe le vent, les autres poussent par une pression qui se transmet et s’augmente à chacun déboulant à 55 Km/h . S’accrocher si l’on peut, et c’est la garantie d’un temps canon inscrit sur le chrono. Attendre son relais à 3 h du mat en position fœtale, la tasse de café brûlante entre les cuisses et la couverture de survie sur le dos quand les autres équipes « tournent » les jambes sur des vélos immobiles, rollers aux pieds pour pas refroidir. L’écran géant-vidéo-chrono-anémomètre, en sourdine, passe les répliques cultes de films comiques, renseigne les écuries de la vitesse du temps qui passe et celle du vent. A suivre ! Passioné…Mans.
Le rollingblueband, notre équipe, est une espèce de groupe disparate de débutants et confirmés qui vient se frotter à l’épreuve reine de la vitesse en roller comme « les pieds nickelés » de Forton se lance dans la jet-set.
Présentation : Fabrina cinq petits tours et puis s’en vas…..vers la logistique
Maria qui ne promet rien mais tiens tout
Luccho capitaine gourmet, gourmand d’hispanique ressortissante (Maria)
Frank, découvreur de talent (il a enrôlé et formé Fabien)
Aurélien le travail, la technique, l’efficience et le beau geste (il m’a convié à l’évènement)
Fabien venu valider ses 14 premiers jours de roller et qui fait très bien le cake
Bernard, testeur de goudron (oui, c’est le notre) et
Moi, qui disais en 2005 que c’était la dernière, dans la persistance d’un rêve d’excellence impossible à réaliser, impossible à oublier.
Il nous manque trois équipiers pour faire le compte. Pourquoi sommes nous là ? Sans doute possédons-nous la double identité des super héros : Superman enfile son collant fluo pour sauver le monde le dimanche et reprend ses habits de journaliste le lundi. Ou pour observer le second visage de Janus, découvrir, éclairer notre coté obscur. La schizophrénie de chacun à son stade ultime avant la pathologie. Disons, pour accomplir le treizième travail d’Hercule.
Action! -L'ange slave soupire-……………………………………………………………………… Nous partons en fond de grille pour cause d’absence aux qualifications. Cette position loin de la ligne de départ nous évite l’émotion qui fait monter le cardio pour rien. Franck est aux commandes. Je vois dans sa mâchoire serrée la détermination froide, la maîtrise, le contrôle, peu ébranlé par notre handicapante position et toute son énergie contenue, la consécration du moment tant désiré enfin venu dans ses yeux. Il es t une démonstration de chair du pouvoir de l’esprit sur l’assemblage compliquées des muscles et des tendons.
Juste après la ligne de départ commence la montée longue de 600 mètres, relevée à 3.5 % comme un serpent lové, auréolé d’une passerelle en demi - pneu à l’enseigne de Dunlop. Là, l’horizon bascule pour la courbe et la descente d’un kilomètre à 2 % vers le virage de la "Chapelle". Son ellipse est un amphi. Un théâtre où se joueront tragédies ou divertissements piquants. Un amphi où s’apprendront les trajectoires les plus fines et l’acquisition de la vitesse.
Deux tours et vingt minutes plus tard, planning tenu, il me tend le témoin.
Je démarre façon diesel, il reste vingt trois heures cinquante pour s’exciter. Une féminine de l’équipe russe, plus vive me dépasse à l’entame de la montée. Un coup d’œil rapide, son geste technique est propre, efficace, sa trajectoire tendue sur la sortie des stands que curieusement les "bons" ne prennent pas.
La forme, callipyge mais pas trop, de cette anatomie archi connue est pourtant toujours aussi mystérieuse, je deviens communiste et l’accroche.
J’ai encore tant à apprendre de la féminité, la subtilité du comportement, l’efficience subliminale, le courage discret, l’endurance insoupçonnée.
Elle semble plus puissante car pour la suivre je dois m’agiter les bras dans un geste simiesque tandis qu’elle garde les mains "menottées" dans le dos.
La pente s’incurve à droite sur sa majeure partie comme une tête d’enfant s’incline doucement sur ton épaule en s’endormant, puis tombe, casse à gauche. Mon lièvre, ou plutôt ma hase, peine mais je reste derrière par méconnaissance de mes possibilités et du terrain. Allant chercher la corde, cumulant le dévers à la déclivité, l’ange slave soupire, souffre et ralentit.
J’hésite à l’aider d’une poussée manuelle car je crains d’être mal compris. Je m’abstiens, ne parlant pas le russe, pour éviter un incident diplomatique et ne pas devenir le tchétchène de Poutine.
Je patiente encore quelques mètres jusqu’à l’angle droit ou j’aperçois entre ses.... sa….. foulée la passerelle Dunlop. Je quitte à regret cette distrayante rotondité qui gardera son mystère pour la descente et le virage de la "Chapelle" dans la position fœtale d’un embryon à roulette. Un allemand plus corpulent me passe à droite, j’élargie en groupant encore plus et reste à sa hauteur.
Au-delà des cinquante kilomètres/heure, les mollets vibrent et les jambes ondulent. Le grain du bitume semble être une râpe et nous des futures carottes râpées avec deux cent gramme de tissus en protection. La situation se complique avec deux concurrents droits comme un double I et vingt km/m de moins sur notre trajectoire. Pas d’option freinage, seulement infléchir la direction et, dommage, perdre des dixièmes. Grâce au teuton, qui libère de l’espace en passant au ras des herbacées couchées par le vent de sa course et de ses huit roues de 100 mm officiant comme un coupe- bordure, je choisis de passer entre les deux attardés en train de refermer la porte de mon avenir de rolligbluebandeur en déposant mon A.D.N sur leurs genoux, dans un geste comme à la piscine.
Avec l’électeur d’Angéla Merkel nous échangeons un regard de malice dans une compréhension amusée et internationale vers le faux plat qui mène au virage du "musée".
Dans cette relance, grâce à l’impulsion de sa majesté Dunlop, ou certains restent collés comme des insectes sur une langue de caméléon, nous doublons les lambins par paquets de douze. L’action des neurotransmetteurs adrénaline, sérotonine, dopamine, cette chimie cérébrale mystérieuse oeuvrant aux synapses pour transmettre le bon geste au bon moment explique ce pied qui évite la bouteille perdue que n’as pas vu l’œil, ou, lorsque à l’abri derrière un espagnol véloce, tête baissée, cet écart opportun et millimétrés sans lequel je devenais suppositoire d’une croupe retardataire.
Vient le double droit du garage vert excitant, rapide. Mode d’emploi : Touché du vibreur au premier point de corde, élargir, balancer en croisant deux "Yoko géri" (coup de pied latéral), reprendre le second point de corde et enquiller plein pot la "promenade des goules", un bout droit souvent venté ou l’on se cherche des alliances coupe-vent.
-Le space opéra de stars wars dans les oreilles-
.......... Là, une chenille de "très bons" passe, le dos plat, horizontal, tel une table basse de salon. Sans réfléchir, mon cerveau est déconnecté depuis ma période roulette russe dans Dunlop, je prends l’aspi au prix d’un coup de rein nerveux. Le différentiel de vitesse faible me permet de rester au contact et de recevoir une leçon derrière ces stakhanovistes de la double poussée:
La foulée plus lente mais plus ample, très courbé, le menton sur les genoux et les bras en chef d’orchestre coordonnant et amplifiant l’ensemble.
Bouche béante, j’aimerai la fermer pour éviter son dessèchement et la sensation de soif mais l’épiderme tendu dans cette disposition d’œuf, je suis en manque de peau(bof)
. Nous disparaissons dans le droite- gauche du "chemin aux bœufs", "les esses bleues", le "raccordement". Le front commun solidaire contre Eole éclate et c’est chacun sa vie dans la zone des relais et sa joyeuse mais périlleuse anarchie des relayeurs aveugles des concurrents des écuries voisines.
En apnée, le space opéra de stars wars dans les oreilles, le palpitant en surrégime, je me glisse entre deux dans la position d’un hiéroglyphe égyptien, les épaules de face et la tête de profil pour tendre le témoin à Aurélien et rentre dans les stalles, fatigué et curieux à la recherche de mon temps comme un âne va chercher du son.
Les tours s’enchaînent, les heures passent, plus loin la "Chapelle" n’est plus amphithéâtre, mais pizzaïolo déposant ses pizzas sur les fessiers des téméraires. Bernard nous en ramène une belle :
Je le vois terminer son relais un peu chiffonné, sanguinolent, de la panique dans les yeux et l’apparence de celui que l’on aurai oublié dans la cage d’un fauve.
- « tu t’es battu avec un tigre?
- Avec la piste et j’ai perdu ! »
16h. A son deuxième tour, il est out ! Sa chute ne se voit pas trop au chrono, son courage, si ! Retrouvant un peu de raison, nous décidons de répartir ses tours entre nous en attendant la cicatrisation de l’âme et du corps. Quelques nouvelles du front de cette pacifique guerre :
Fabien champion en devenir, pour l’heure dans le style d’un marcheur botté progressant en terrain vaseux. Pourtant ses temps au tour sont réguliers, s’accumulent et progressent.
Aurélien : Tout petit déjà il n’aimait pas jouer à qui pisse le plus loin alors ce n’est pas une fois adulte qu’il adoptera les théories fascisantes de la domination d’un être humain par un autre, cela ne veut pas dire qu’il n’a pas l’âme d’un compétiteur. Simplement la confrontation avec le temps est un acte manqué comme la séance qualification oubliée et, lorsqu’il décide de se battre c’est contre lui-même, seul adversaire digne de lui. Là, Kronos, le dieu du temps, celui qui passe pas celui qu’il fait, refuse de valider son effort : la « puce » du temps officiel oubliée, il se tourne vers Maria, notre préposée à la pendule et seconde chance de mesurer sa tentative qui lui répond : -« tou é là ? Ye né té pas vou arriver. »(caramba, encore raté)
Franck, le seul à accepter et peaufiner les relais à l’américaine
Luc blessé dans sa chair et dans sa douche (chute en se rhabillant)
Maria ces relais corrects, réguliers en 11 minutes et son assistance aux chronos derrière le muret
Fabrina parfois roulant, tel que prévu à notre contrat tacite, est pour moi une noria revigorante entre les stands, le camp de base et ses spaghettis bolognaise.
-Lève- toi et roule !-
La nuit redoutée arrive. Ses ombres portées donnent une autre dimension aux silhouettes et aux écarts. La nature réduite à sa plus simple expression exhale un soupir humide de son gazon. Je dois dix tours à mes équipiers. Cela sous entend dix grimpettes sur le dos du serpent, alors je me redresse, refuse tout les combats, même les escarmouches et devient épicier, comptable de ses efforts avec des chronos supérieurs à 10 minutes pendant sept rotations.
Mais Junon, déesse outragée, agit sur le destin des hommes pour contrarier les desseins de Jupiter :
Chaque foulée fait un bruit de râpe et m’incite à passer aux stands pour un vissage de sécurité. Allongé sur la moquette bleue une force étrange inonde mon cerveaux de détresse et mes muscles d’acide lactique. L’arrêt est un prétexte de la sournoise (merci Junon) fatigue dissimulé par une fallacieuse prudence.
Les jambes en guimauve, le mental en déliquescence je suis incapable de me redresser. L’espace de liberté nocturne est devenu désert de solitude avec autant de doutes que de grains de silice où je reste piégé de douleur et de rage.
Je pense à Luc qui a pris tous les risques financiers, les corvées administratives et les files d’attente
Je pense à Maria qui a traversé les Pyrénées avec son sourire et son accent charmeur
Je pense à Franck qui souhaite pour l’équipe une place honorable
Je pense à Fabien qui l’an prochain me donnera la bonne trajectoire
Je pense à Bernard sacrifié sur l’autel de la Chapelle pour son premier roulage
Je pense à Aurélien sans qui je ne serai pas là
Je pense à Fabrina.
Je pense à Créon qui fut un roi avant d’être la ville terminus de nos entraînantes randonnées.
Je cherche la troisième voie entre raison et déraison qui me permettra de m’acquitter de ma dette et distraire mon esprit.
Je cherche le remède à l’impuissance et au désamour de la course.
Je cherche le retour du désir.
Je cherche dans le rêve le secours de la mythologie.
Soudain, une opportune apparition de titan en armure argent dans une lumière bleutée me saisit au col, me botte le cul et commande :
« Lève- toi et roule ! »
Jupiter en personne interrompant enfin son poker s’est déplacé incognito sur Le Mans pour donner sa divine riposte à Junon. Alors Hercule détourne Alphée et Pénée (les deux fleuves ) pour nettoyer les écuries d’Augias de mes pensées molles et paresseuses et mes jambes de leur lactine. L’enthousiasme remplace l’abattement comme Créon succède à Amphitryon au royaume de Thèbes.(Amphytrion, en panne de moral, ne s'était pas représenté aux municipales)
Il n’existe pas de photos de cet instant surnaturel pourtant les affaires reprennent. Trois tours plus tard Aurélien est là et je quitte la piste avec le triste record du tour le plus long comme un petit vieux rentrant courbé à sa maison de retraite.
Je refuse la dernière corvée consistant à rapporter le témoin électronique au camp de base comme j’ai refusé à Luc un poste de vigile contre une demi-heure de sommeil et je pars dormir tel un clodo contre un grillage dans un buisson entre les voitures le plus prés possible du circuit, son concert et ses fantomatiques ombres à roulettes.
Demain, tout à l'heure, il faudra coordonner Kronos et kairos concept grec de la profondeur et de l’intégralité du temps. Le premier échappe à notre contrôle de faibles humains, mais le second est à saisir grâce à l’instinct, la connaissance de l’opportunité. Ou la chance !
Trois heures et demi de sommeil et quatorze minutes de roulage plus tard je me décide pour une innovante pratique : Sans expérience des bienfaits des étirements et du massage, je m’oriente vers la tente des kinés.
Au massage, entre les mains de Dyna je m’endors et je rêve. Le sensoriel prend le pouvoir et s’emballe comme une monture sans brides dans le monde des fantasmes : [censuré……] En remontant vers les adducteurs Dyna accède à la zone interdite et le massage semble caresse.
Je me réveille. Elle s’excuse. Je m’éclipse. Penser à lui porter un café!
Des chevilles et des jambes neuves plus tard, le record de cette nuit s’inverse. 8.46.33 au lieu de 18.45.13 « Triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front » Kipling avait raison : tout cela est relatif autant que dérisoire et nous sommes des marionnettes entre les mains des dieux.
11H. l’équipe est au complet, dans les stands et sur la piste.
Briefing, avant le dernier run jusqu’à 16 h autour du capitaine. Parti à sept, nous sommes six depuis quasiment le départ. Les temps de chacun se maintiennent et même s’améliorent. Etat des lieux de l’appart des rollingblueband :
Franck : - « j’arrive pas à descendre sous les 9’.
Aurélien :- j’ai raté mon meilleur temps en oubliant la puce et je suis cramé.
Fabien : - pas d’ampoule et en forme on va finir les gars !
Fabrina :- encore un tour et je ferme.
Moi : - deux tours en suivant, je le sens pas. J’ai du jus pour faire un tour sur deux, mais pas plus.
Luc :- O.K ! vous répartissez les sessions restantes et je vais dormir un peu pour assurer les dernier relais ».
Nous finirons à quatre et Luc n’ayant pu trouver le repos prévu, alternera avec Fabien qui assurera les deux derniers tours de manége du cirque manceaux et aura les honneurs de l’arrivée.
Un peu froissé, un peu mâché, un peu fourbu, nous rentrons : La mission, qui semblait impossible, est accomplie.

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