vendredi 25 juillet 2008

Le raid(e) du Ciron




Dico pour les nul(le)s en sport: Un raid comprend plusieurs activités sportives différentes en équipe de 2,3 ou 4. Ici s'enchaînent sans répit: Un trail (course à pieds nature) de 12 Kms, une descente du Ciron en Canoë de 5 Kms puis, 20Kms de V.T.T en équipe de 2, dans les chemins sableux, et parfois escarpés, des Landes .


  • "- Il y a des moustiques?" Demande mon partenaire du jour.
Nous observons, moi intrigué, Maryclair et Jipé compatissant, cet extra terrestre arrivé de Roswell, zone 51. En fait, Didier, en provenance du raid de Bommes, dépéché à ma demande par l'organisation (je suis venu"à l'arrache", sans partenaire et contrairement au raid de Bommes il n'y a pas de catégories solo ici, alors je m'en remet Alin Connue. Didier M. pour le casting du jour.)
  • "- ………? Oui, et des grenouilles dans l'eau, des lombrics dans la terre, des petits zoiseaux dans l'air, la nature, quoi!" répond-je.
TRAIL/12 Kms: Quelques photos de famille plus tard nous bouclons le prime kilomètre en repassant bons derniers devant le parc coureur du site de Bacquourey ou Didier va déposer son litre et demi d'Evian entamé dans la poubelle tout au fond, dédaignant celle toute proche du premier ravitaillement. Ravi de partager mon dimanche avec cet amoureux de la nature et de l'environnement et un peu chagrin de laisser partir mon Jipé et notre Maryclair vers des chronos plus honorables. Rétroactivement, je dépose un boisseau de roses aux pieds de tous ces coéquipiers que, moi aussi, j'ai fait souffrir pour cause de performances déséquilibrées et qui m'ont soutenu par la béquille de leur tact, leur amitié et leur patience. Didier est prof de maths récemment arrivé de Turquie et in petto, je propose l'échange de nos compétences lui l'axiome d'Euclide ou les nombres premiers et moi, le sport.
  • "- Kestufé? Je questionne, le voyant retirer ses tennis et enrouler consciencieusement ses chaussettes dés le premier gué.
  • - je ne veux pas mouiller mes Nike toutes neuves! Me répond-t-il gentiment.
Je souffre de cette obsession de la virginité transposée aux objets. Avisant un autre mal marié houspillant son équipier je propose aux intéressés de reconstituer deux ensembles homogènes et permutant les dossards sans lui laisser le temps de la réflexion, je part réviser le principe d'Archimède sans lui vers la base nautique et en compagnie de Damien 20 ans et plein de jus. Gageons que d'ici l'an prochain nous nous reverrons car, les qualités requises pour la réussite professionnelle sont applicables à tous les domaines, de la plomberie au professorat en passant par la course à pieds, et les intellectuels, cartésiens, sont capables de venir à bout de la longueur des études, d'un plan d'épargne logement ou de la vie conjugale à partenaire unique et définitive. Je lui souhaite un bel avenir pour ce premier pas dans la douleur et l'activité de plein air. Il s'agit désormais de "mettre du charbon"pour conclure les dix kilomètres restants de ce Trail dont le parcours semble recalculé sans doute pour éviter les embouteillages passés.
Le cheminement à travers la haute Lande se poursuit en bordure de Ciron fait de péripéties venues de mon propre enthousiasme ou de l'empressement des autres joueurs:Les lianes artificielles pendent aux arbres pour faciliter les passages difficiles. Engagé à mi-chemin du raidillon, la ficelle salvatrice forme un triangle isocèle lorsque le concurrent suivant, d'un poids double du mien opère une tension brutale. En saisissant cette corde et par son action, le fil devient un arc dont je suis la flèche à destination du talus. La tronche dans la terre, surpris et remaquillé au terreau, ravitaillé de glands et recrachant les restes de fougère, le combat continu pour retrouver les potes, loin devant. Devant, le dossard 6 accroche une racine, s’étale à mes pieds et devient 61 imprimé par mon empreinte bien placée. Vengeance involontaire, injuste et différée, les places sont chères et pas de quartier : rattraper les copains ! Accélérations succèdent aux piétinements. Un éclat dans l'ombrage signale, non pas un radar automatique, mais le flash des photographes. Certainement le quart d’heure de gloire promis à chacun par Andy Warhol ! Le lacet dénoué par chaque passage dans l'eau sans doute farce de batracien ou des tortues boïennes (Hélène et Sophie), loin devant. Les cuissards verts, joliment remplis, en cœur de cible je rejoins et deviens la locomotive de ce train de sénateur. Damien est lâché et moi encore solo.
Canoë/5Kms: -Hérons et libellulles-
J'aide Sophie et Hélène à mettre les canoës à l'eau, attendant Damien et contemplant les camaïeux de vert offert par les rives du Ciron. Plaisir aquatique, canotage, glisse silencieuse ou course avec les libellules agrémenté de la verve joyeuse et parfois déçue des deux concurrents sur la rive affolés par leurs kayak qui prend l'eau: je les informe que c'est le système auto – videur. Audition sélective, ils comprennent : auto – remplisseur. Sans poursuivre ce débat philosophique sur le principe du verre à moitié vide ou à moitié plein nous poursuivons vers les glissières, zones de chavirage et sources de vidéo-gags.Un héron vole au ras de l'eau. Ses pattes traînent négligement, son reflet ondule sur le miroir de la surface. Narcisse volatile reprend son vol aléatoire, ivre de grand air titubant dans le ciel. Sa silhouette blanche tâche les arbres puis l'azur en disparaissant au- dessus de la canopé.
V.T.T/20Kms:-Le concave appartient au convexe-
Au parc vélo, grâce à la petite forme de Jipé,( dans un jour sans, parce que Maryclair, elle est en pleine forme) la jonction s'opère. En hommage à mon matheux préféré, il est désormais l’heure de vérifier si Pi r ² est bien la circonférence de nos roues. Sur le chemin sableux, il y a comme un bug dans le programme pédalage: mon fond de cuissard accroche le bec de selle et je redescend d’un étage, la cale de la pédale auto décroche en plein effort avec réception dans le tibia pour célébrer en avance le festival de mes cannes, l’embout de guidon s’entrelace à la végétation et me précipite dans l’acacia à qui je sacrifie mon petit corps en offrande plutôt que mes pneus. L’agacement point à l’horizon annonciateur de l’orage de la colère, funeste météo bien connue de la perte de contrôle des évènements de la vie ou, plus prosaïquement, de la gestion de l’instant. Je décide d’abandonner cette épineuse compagnie et cette "négattitude" d'Hank Kholer. Les suspensions absorbent la dureté du sol, le terrain mou lui, réclame de réguler leur action offrant de la fermeté face à la mollesse, de la souplesse face à la difficulté. Il en est ainsi dans la diplomatie, l’amour et toutes relations sociales en général et pour sortir de cette sablière en particulier. J’active la touche reset de mon cerveau et je bloque les suspensions de mon biclou afin de conserver à la nature mon amitié et plus si affinités. Là tout se transforme et la difficulté s'atténue: Le tapis sableux ondule comme une maîtresse alanguie alors, la fourche durcie pénètre gentiment la moiteur du sillon et trouve sa trace. Le concave appartient au convexe ou l’inverse, qui le sait ? La terre se donne au rythme des accélérations successives, se nivelle par l’allure, accepte les coups de reins destinés aux talus rebelles, partage l’objectif de s’unir pour s’accomplir et mieux se désunir satisfait de l’échange libérateur. Je referme doucement la porte en quittant cette sablitude, en apnée, essoufflé, vidé comme il se doit et, la grande aiguille encore aimantée ( c’est le raide du Ciron), j’oriente ma boussole vers le nord magnétique de la silhouette de mes amis. Autrement dit : Un autre univers.
Cette galaxie à deux étoiles me régale du spectacle involontairement offert, de sa lecture du terrain, de l’intelligence de sa trajectoire, son utilisation des appuis, l’opportunité de l’effort dans certaines zones infranchissables sur deux roues (en clair: tu descends et tu pousses au lieu d'insister connement), la gestion de sa vitalité, sa ressource ( le fameux coup de rein) dans les montées abruptes et sa volonté de conclure (bande son :"pour le plaisiiiiir").
Jipé maugréé, mimant Géronte :
  • "Que suis – je "venu faire dans cette galère?
  • "Que "c’est la dernière " Scapinade ;
  • que l’on n’y reprendra plus avant de re-signer, sans doute, quand ce siècle aura neuf ans.
Chacun trouvera sa part de vérité reformatant son disque dur personnel avec les données nouvelles de l’environnement humain ou naturel et du temps qui passe en se méfiant de "l'évaluation qui tue".
Merci, mes amis les bénévoles et toi Isabelle, pour la qualité de cette après midi, ce concentré d’existence et du meilleur de vous ! Merci Damien de m'avoir permis de poursuivre grâce à ton enthousiasme et ton endurance. Bonjour à Didier Mazot (chiste) mon ami involontaire et volontaire du jour qui finira seul et loin. Total respect, camarade !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel con !

dusportmaispasque a dit…

Bienvenu au courageux âne onyme.

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