vendredi 25 juillet 2008

S.M.S

L'alerte S.M.S silencieuse s'active sur le portable de Julia: "Mardi 4h je viendrai…….-"Chérie, tu posteras le chèque pour l'E.D.F en allant travailler? Questionne son mari -oui mon amour!" répond-elle souriante! C'est LUI ! Son imaginaire lui renvoi des images de ciel bleu, de petit nuage avec elle dessus. ................................................................................. Mardi.-3h55 -France Inter : "des nuages sur la majeure partie de l'hexagone, quelques belles éclaircies sur le Sud-Ouest" annonce la météo. Tom est en avance. Inhabituel chez lui. L'enthousiasme, sans doute! Elle monte dans la voiture, pressée, amoureuse, elle l'embrasse."On ne s'embrasse plus"pense-t-il en référence au quotidien .Perpétuellement en quête du goût de la lointaine première fois. Ou de la première tout court. -" tournes la page", lui souffle sa petite voix," le passé ne se reproduit pas à l'infini -Ecoutes ces mots:"quelques instants secrets";"belles passantes";" pour un air de guitare"….. - immaturité et poésie de quatre sous. Tu raisonnes en boucle. -écrit d'Aragon murmuré par Brassens, excuses du peu" tranche-t-il et la petite voix se tait. Renoncer à elle, s'est comme se couper la jambe, déjà qu'il boîte quand il ne la voie pas…… Tom cesse de penser:Son cerveau est en fusion:Trente-cinq milliards de neurones sur les cent disponibles sont mobilisées par le désir. Cette activité chimique et électrique intime consomme énormément d'oxygène, transporté par le sang….. Qui est sollicité prioritairement par un autre organe. Elle a pris le pouvoir. A l'instant où sa bouche s'est entrouverte sur Lui. Quelques minutes "volées" sur le quotidien pense-t-elle. Des minutes qui n'appartiennent qu'à moi distraites sur mon agenda de mère, épouse, travailleuse, etc.… Quelques gouttes de liberté dans un océan d'obligations. Son savoir-faire décuplés par son amour de lui est rapidement récompensé: elle l'entend gémir puis crier. Le barrage cède. Le flot arrive, qu'elle reçoit par jets décroissants .Elle se contracte et, comme un coureur de relais reçoit le témoin de son partenaire, à son tour, se tord d'une jouissance discrète, asphyxiée, cherche son air et, sans se retirer, elle boit leur plaisir,  satisfaite et heureuse. "-vous zêtes zarrivés!" dit une voix féminine -merci, j'ai vu! pense-t-elle en se redressant. C'est la voix synthétique du G.P.S déclanché par inadvertance. Le cerveau de Tom re-fonctionne. Sa petite voix (chacun la sienne) la"ramène" à nouveau, ironique: -"tout ça pour ça! -écoutes le poète,"répond-il:"ce qu'il faut de sanglots pour le moindre frisson". Des heures d'effort pour un éphémère coucher de soleil. Parfois, l'effort est une attente, passive. Il faut de la sérénité pour éclore une aussi belle rose et aujourd'hui….. C'est cueillette!" -Carpe Diem en somme! (Cueille la rose) -On est d'accord "conclus Tom, apaisé.
................................................................................. "Mardi 4h je viendrai! Je te confierai mon désir et tu seras satisfaite dans la complicité secrète et obscure de la nuit." -Voulez-vous supprimer ce message? demande le portable -Oui. -"Chérie, tu as posté le chèque? -oui, mon amour! -pourquoi souris-tu?"(Ciel, petit nuage…..etc.) -Message supprimé! Répond Sony Ericson. .............................................................................. Tom, lui aussi "nettoie" sa messagerie. Comme chaque fois qu'il "assassine" le témoin pourtant silencieux de cette digression clandestine, il a un pincement au cœur. Sans doute prémisse ou répétition de celui à venir, quand cette parenthèse enchantée se refermera. Inévitable, donc prévisible. Il a conservé en lui cet inconscient besoin de formaliser les surprises de la vie, les cadeaux du hasard, autant de présents mal reçus, bien opportuns, devenus sources de tourment. "Le bonheur est une surprise, le malheur aussi". Chercher à comprendre : A qui, ou à quoi, ai-je affaire ? Le destin est si farceur! A force de réflexions mal construites comme autant d'outil mal employé émerge l'envie récurrente d'en terminer. En conflit entre le cœur, qui réclame son compte d'émotion et l'esprit, son compte de morale. Peut-être une manière puérile de lui laisser, à elle, l'initiative, la responsabilité de la rupture. "Lorsque les évènements vous échappent, feignez de les avoir organisés": phrase "accrochée" par l'oreille et érigée en règle de vie d' enfant perdu en quête d’un directeur de conscience. Peu glorieux, ni très "Rock n’ Roll. Mal adapté à défaut de véritable éducation ou de simple intelligence. Pourquoi ce besoin de panache, de sortie honorable? Peur des évènements subis ? Lui qui, habituellement,décide les désunions. Peur de la vie et absence de confiance ! Le bonheur et inaccessible sans la sérénité! Dérive et saturation du raisonnement. Emportement masculin! Ne lui reste que la télépathie. Teintée d’espoir. Il envoi : "Same gamer play again!" sur les ondes mentales. ................................................................................ "On prend les mêmes et on recommence". Julia perçoit de l'angoisse légèrement désespérée chez son "alter ego inversé" comme une distorsion de la longueur d'onde: "Il raisonne trop se dit-elle, il se perd et nous allons nous perdre" Chercher à comprendre c’est compliquer ce qui est simple. Recevoir la vie comme une aventure. Se distraire avec sérieux. Se donner sans appartenir. Sur sa carte du tendre Il est une île qui s'éloigne. Pourtant, elle ne verbalisera pas et n'enverra pas " game over" sur son écran. Parce que son romantisme, s'il est parfois perturbé, toujours rationnel, n'est jamais néfaste." Il trouvera ma route ou ne la trouvera pas". Bien verrouillé, bien protégé, l'idée de Lui reste omniprésente dans son donjon privé. Parfois sous la forme d'une musique, d'autres fois il se précise comme une chanson et se dilue dans l'espace de la journée. Il est le ponant lorsqu'elle s'endort et le levant lorsqu'elle s'éveille. Son bonheur elle le façonne d'horizons complémentaires, de renoncements nécessaires et de concessions discrètes. Un rempart solide de devoir protège son rêve, son plaisir et sa conscience. Elle sait mélanger,dans un dosage subtil, la valeur de la stabilité au frisson de l'aventure se laissant quelque fois emporter par la surprise de l'inconnu. L'avenir est une force, la nuance est un art, les émotions se maîtrisent. Elle recueille ainsi l'harmonie comme légitime prix de la puissance mentale du songe. -"voilà que je me prends le chou. Tiens, se dit-elle, je vais leurs faire un gratin!" Et elle entreprend, pragmatique, une béchamel la tête dans les nuages, les mains dans la farine. - " qu’est-ce qu’on mange ? " Questionne son mari. Julia sourit ! Elle aperçoit au loin, la probabilité d'une île, la promesse d'une escale, la possibilité de l'étape.
................................................................................. Plus loin, plus tard, peut-être, quelque part dans un ailleurs géographique ou temporel. Bonne journée, mon amour, je nous souhaite le meilleur ! Tom

3 commentaires:

Anonyme a dit…

pas mal du tout

olga a dit…

Je trouve ce texte criant de vérité...
Et superbe
On sent le vécu...
(ces derniers mots peuvent être enlevé du commentaire !)

dusportmaispasque a dit…

non, non il y en a qui doivent vivre ce genre de choses.

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