samedi 6 septembre 2008

Françoise Dolto VS Sharon Stone

Nérac Sur la Baïse entre Nérac et Aiguillon Port de Vianne Castelmoron/Lot contexte:Le voyage d'une amie dans ce trés petit village me renvoi plus tôt dans la vie: il y a quelques années j'étais passé en "bas" de Laparade ( le village est haut perché) sur le Lot et nous avions accostés à Castelmoron. Mais encore plus tôt.........
Basic Instinc à Laparade
A Laparade, il y avait la colo « Du trou d’air » jeu de mot avec le patronyme de la propriétaire il y avait……. ? C’était il y a…… ? Jesséplus. J'avais des cheveux mais pas de poils.Il y avait Marie-Claire, Eliane et Guy, fréres et soeurs, déjà là. Et Brigitte . Avec Brigitte, on s’effleurait « sans faire exprès » et l’on croyait qu’elle serait enceinte. On tremblait à se voir « par hasard » dans les couloirs de la colo. Etcaetera.…. Et dans cet etc.…..Rien d’autre que des frôlements furtifs et des émotions disproportionnées!
Il y avait donc le trio de frères et sœurs cités plus haut.Cette fratrie, était présente tous les ans, arrivait avant les « colons »et partait après eux. Ces pré et post-vacances nous intriguaient. En fait, placée par des assistances sociales, comme je le saurai bien plus tard.
Il y avait aussi le « rite » de la lessive ou plus exactement de la restitution du linge. On se réunissait, et Troudit entrait en scène. Troudit était helvète et femme du directeur, cuisinière et lavandière, une espèce de mamma. Pas italienne mais suisse. Pas psychologue mais généreuse. Une maîtresse femme que nous redoutions pour ses commentaires lors de cette remise du linge tragique pour les victimes de ses « vannes à deux balles » ou marrantes pour ceux qui « passaient à travers ».
Troudit arrivait. Elle s’asseyait sur une chaise de paille et de bois qui craquait sous son poids et geignait d'innocence. Cette grosse femme écartait des jambes pleines de varices pour laisser une place à son ventre sur le siège. Ses trois mentons coulaient sur sa poitrine qui coulait sur son ventre. Sa graisse descendait d’elle comme une cascade descend la montagne. Cette féminité mafflue et moustachue, effrayante à nos yeux de petit garçons, nous faisais rentrer l'escargot,qui à l'époque sortait peu, dans la coquille. Troudit, c'était pas Sharon Stone! Et son jeu de jambes, c'était pas "Basic Instinc"!Alors, elle déchiffrait dans un silence contraint, les noms inscrits sur chaque vêtement grâce aux étiquettes qui n’étaient pas encore thermocollantes et que ma mère avait cousue pendant que je faisais semblant de faire mes devoirs. Elle faisait l’appel, remettait le linge aux destinataires avec à la clé ses opinions sur l’état de propreté originel que, désespérée, elle n’arrivait pas à leur redonner.
Cela se terminait par le petit tas qu’elle avait à coté d’elle de vêtements, souvent guenilles, non identifiés pour cause d’étiquettes évadées et c'était la raison pour laquelle le « rite » se déroulait en public.
Guy maîtrisait mal l’usage du papier toilette.
Troudit, un jour, sans doute dans l’intention de mettre fin à cette lacune, saisit un de ses sous vêtement, le retourna, montra l’intérieur à l’assistance hilare et appela l’auteur du dérapage.
Troudit, c'était pas non plus Françoise Dolto! Guy, l’aîné de la fratrie, prenait possession, sans même tenter de nier l’appartenance, de sa loque et se renfermait dans l’isolement dont on ne percevait pas la douleur de sa honte amplifié par notre cruauté enfantine. Difficile de s’intégrer ensuite, se faire des copains et oublier l’idée d’avoir"sa" Brigitte.Quand au prestige de son statut d'ainé de cette société de l'époque du mâle dominant........ De ce jour, son paradis personnel devint enfer et les remises de linge définitivement source d’angoisse, même s’il se torchait avec application.
Ainsi cette bienfaitrice qui lui offrait des vacances, lui volait son enfance.

Moralité: Elle est triple. 
a-Les ventes de Moltonel triple épaisseurs ont augmentées. 
b-La féminité de Troudit "des jolies colonies de vacances" a fait des générations d'impuissants ( et quelques rescapés). 
c-Méfiez-vous de vos bienfaiteurs, il y a toujours une contrepartie à la générosité.

3 commentaires:

C'est pas facile ! a dit…

Quelle méchanceté quand même !
Ça me fait mal au cœur.
Tu as des nouvelles de Guy ?
Il va bien ?

Mrs K a dit…

Il parait que ce qui ne tue pas rend plus fort... faudrait demander à Guy !

dusportmaispasque a dit…

@CpasFacile:Il n'y avait pas d'intentions méchantes dans les actes de cette femme de bien, seulement l'absence de psychologie d' une "juste" écrasée par le quotidien. oui je l'ai revu. Disons qu'il est vivant, vu de l'extérieur
@ Mz K: Je ne crois pas qu'il ait lu Nietzche. Il n'avait pas sur le visage les traces du bonheur de celui qu'une femme a aimé.
Nos regard se sont croisés et nous avons choisis de ne pas nous reconnaître.

Messages les plus consultés

Archives de blog