jeudi 22 janvier 2009

-3- the show must go on!

Post mortem. (suite de "Régression) Thomas Benjamin Dunid enchaine les virages qui se succède et s'ègrennent comme un chapelet. Sortie d'Andorre à la Séu d'Urgell suivant le lit du rio Llobregat vers Manresa la montagne qui croyait en avoir finit avec les Pyrénées, sursaute pour les contreforts de Montserrat. Le 1200cc V4 de la Yamaha mord de son gros gommard (l'énorme pneu arrière) le goudron,  glissouille et propulse l'ensemble homme machine qui bascule à droite, en raclant le bitume, dommage que la nuit ne soit pas encore là, ça aurait de la gueule cette gerbe d'étincelle. Affublé d'un vieux Cromwell (casque façon bol), un foulard de lin blanc que le menton saillant tente de percer, les lunettes de glacier fortement teintées, lui font une figure de Montand dans "L'aveu". Dans le perfecto  l' urne cinéraire de faïence ishtar blanche sertie d'opale grossièrement fermé par une bande de scotch d'emballage lui fait un buste d'amazone et entrave la fermeture du blouson.Il est à J-1 de la dispersion des cendres dans la méditerrannée sur les mots  de Hérédia pour "les conquérants".  Le jean en cuir  détendu des tonnes de tramontane et de vent d'autan qu'il a essuyé depuis Bordeaux fasseye et claque sur ses hanches.
Il revoit le petit matin du "jour d'aprés"le "premier du reste de |[leur] vie" sans elle.
Les deux frères ont rassemblés quelques affaires, sans se regarder, reniflant  leur peine individuellement. Une vie entière dans un sac à mains, quelque cartons, un sac poubelle. Dans la petite chapelle une vingtaine de personnes figées, stupéfaites, le frère de Paris , la petite fille de  Marseille, les soeurs d'Agen, le géniteur de Montcuq rassemblé devant ce visage de cire que personnes n'ose embrasser. Le préposé à la fermeture de la boîte a des gestes lents mais pas trop. Il utilise un vilebrequin moins sacrilège qu'une visseuse élèctrique, plus professionnel qu'un tournevis, un de ses collègues consulte discrètement sa montre: "encore deux mises en bière et c'est l'heure de l'apéro" songe-t-il.
La moto bondit entre les lacets et s'écrase sur sa fourche à chaque freinage comme un gros chat sur une souris. Le pneu avant lèche l'asphalte en miaulant à la limite d'adhérence et s'incline sur son flanc pour la courbe suivante en limant les cales-pieds. L'arriére de la bécane suit en tortillant de la croupe sous l'effet des 100 chevaux envoyés par la rotation de la poignée droite.
Une mémoire moléculaire, intime lui fait revivre le moment originel.  Dark Vador, avant de passer du côté obscur, a laché un milliard de tétards à l'assaut de l'étoile noire, une flagelle le propulse à la godille comme un missile thermo-guidé, le crâne d'obus transperce l'écorce de l'ovule se précipant dans sa chaleur et sa lumière tel une phalène avec un devenir de foetus. Des millions d'appelés, un seul élu! Neuf mois d'apnée, de répit, de repos avant la grande glissade. Un toboggan, une meurtrière, le bout du tunnel, une faible clarté, brûlante pourtant à ses yeux tout neufs,  et voilà le gagnant: un être visqueux avec son unique baluchon au bout du cordon. C'était dans la deuxième moitié du XXème siècle, pas encore le temps du bébé sans fil. Un  éclair d'hyper-lucidité et  l'image de"la longue dame brune" repassant en  écoutant Callas avec à ses pieds un mouflet cassant ses petites voitures au son de l'aria cantabile de la "Norma", lui ont soufflé l'idée saugrenue sur le chemin du grand bleu: puisqu'elle avait fabriqué toutes les cellules de son corps, elle serait présente dans chaque atome et ressentirai les mêmes émotions. D'où l'improvisation de ce détour vers le rocker et la diva  sur le site éponyme pour assister au concert "Barcelona".
Monastorio de Montserrat.
Tom béquille la moto devant la pompe Repsol. Sur l'esplanade un doberman tente sa chance sur un caniche femelle et pomponnée, des touristes mitraillent au Canon ou Minolta la façade de l'imposant bâtiment et les machinistes désencombrent le back side tandis que l'ingénieur du son contrôle les balances. S'agirait pas que Larsen s'invite à la fête ce soir:Freddy Mercury, la reine des "Queens", a convaincu Montserrat Caballé, de mêler leur tessiture et leur talent. 
Il  pénètre dans le "restaurante" (*) contiguë à la station tandis que le pompiste complète "el lleno" de sa machine. Des touristes, des routiers se partagent l'espace et le zinc des comptoirs  chargés de cagnas (demi de bière)  de huevos duros (oeufs durs)  de serviettes en papier et de cure-dents siglés "San Miguel", le brasseur local. Le bas du comptoir est ceint d'une lisse basse  ou se grattent les bottes, des crachoirs en laiton comme chez Lucky Luke sont disposées dans la sciure et servent de cenicéros (cendriers) pour les plus habiles, le sol alentour est jonché de mègots et pellures d'oeufs des plus  maladroits. On jette par terre en Espagne, pas par saleté mais par culture.Il commande -"por favor, un bocadillo al jamon con tortilla y un vaso de Rioja, " pour le plaisir du rrrrr qui roule comme un caillou et aussitot "racler" la rota de la seconde syllabe, dans un exercice de phonologie linguale et gutturale réunit dans le même vocable qui l'enchante.(à suivre)

N.B: (*)Ce bar existe ...pas à Montserrat mais plutot du coté de Mollet del Vallès quelques kilomètres au nord de Barcelone, il jouxte l'hotel Catalàn. Les routiers quand à eux, sauf pour la desserte locale préfèrent la route du "Perthus" par l'autovia  (gratuite) et l'autopista (payante) pour descendre à Barcelona le long de la Costa Brava 

3 commentaires:

emanu124 a dit…

J'ai pas tout capté... Mais si c'est à suivre

Chonchon a dit…

Moi non plus, je ne capte pas tout... Bon, mon lapin, c'est clair que je vais traiter le sujet un peu différemment... J'espère que tu ne seras pas déçu !

dusportmaispasque a dit…

b'hein c'est l'histoire d'un mec, le fils de sa mère, qui va disperser ses cendres en Méditerranée et fais un détour pour assister au concert de Freddy Mercurry/Montserrat Caballé en imaginant la présence maternelle: la "lonque dame brune qui écoutait Callas en repassant" et donc, affectionnait la zique classique.Cela me semble évident, mais je connais l'histoire....que j'ai du mal à conclure

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