mercredi 18 février 2009

Fusion (la fin, enfin presque)

Le pitch: Aprés la crémation, au sud descendre pour des cendres à disperser en méditerrannée, avec l'héroïne dans le cendrier vibrer à l'opéra de la diva et du ténor au monastère de Montserrat avant Barcelone.lire: Terminus; le couloir; régression(archives)
[récit sur le concert à venir ici, bientôt]
Tom se glisse dans le kayak de loc, fixe la jupe dans le bourrelet de l'hiloire(*) et sort du Puerto Olympico vers le soleil déjà à moitié de sa course vers le ciel. L'horizon le partage à demi pour glisser son tapis bleu en dessous. Peu de vent, pas de houle, un peu de clapot, un ciel pommelé, des cirrus qui s'effilochent, les bleus qui rivalisent...... Il aurai voulu un bûcher à Bénarès en place du crématorium de Montussan, le Gange ou l'Atlantique aux pieds de Lisbonne pour l'envol des cendres "comme un vol de gerfauts hors du charnier natal......."Le procrastinateur en quête de perfection sait désormais que ce Graal est une chimère. Tom ne peut plus différer: L'instant redouté se dresse devant lui comme un censeur sévère. Le voyage iniatique entamé rue Ulysse Gayon dans un interminable couloir s'achève pourtant "ici et maintenant."A celle qui dorénavant mesure le néant qui emplit l' ubac de la vie, il est l'heure de dire:- "Merci pour tout maman, adieu Mère"!
(*) ouverture
Un direct au plexus le casse en deux. Dans le larynx une sphère d' amertume lui coupe la parole. Il cherche désespéré un improbable secours à sa douleur. Ou une diversion!
Je suis là comme un con suspendu entre le ciel et l'eau. Ce n'est pas cette flaque de Méditerranée qui est grande, c'est moi qui suis petit. Et perdu aussi!
Je n'aperçois plus le rivage. Je sais vaguement qu'il est dans mon dos. Comme la vie. Fasciné par l'instant, l'horizon et l'abîme, j'ignore si je dois continuer et dans quelle dimension. Sans aucun pouvoir sur le temps, je peux m'éloigner vers l'épuisement ou basculer vers les abysses. Il me faut un repère, une dérision, une réalité physique, une lourdeur légère, vite!
"qui pisse contre le vent.....
La sagesse du prophète berbère murmure opportunément un sage conseil: "Qui urine contre le vent a les souliers humides."La dérision l'assomme, l'anesthésie locale bienvenue lui évite un pansement larmoyant sur sa déchirure déclamée. Il vire de bord, présente sa poupe dans le vent, ouvre le cinéraire et sème sur la mer en jachère son An zéro, son enfance, et sa maman. L'origine brûlée de sa quinqua- genèse.
Judicieux. Cela lui évite d'être recouvert par les cendres.
N'empêche, José Maria de Hérédia, têtu, lui glisse son sonnet dans un fantôme de vent:
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
[.....] Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.
Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;
Ou, penchés à l'avant des blanches caravelles,
ils regardaient monter dans un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
Tom reprend sa pagaïe. Des embruns qui ne sont pas maritimes brouillent sa vision. Dans son dos une autre fusion se réalise entre l'âme et la matière. Les particules cendrées se rassemblent étrangement, prennent une forme de migrateur.
L'envergure de scories et de plumes
dépose son ombre surnaturelle sur le flot qui ondule.
Alors, le mécréant agnostique
et l'oiseau fabuleux glissent lentement
sur l'eau et le vent.
L'un, derrière et l'autre, devant.
L'albatros gigantesque,
avec Gibraltar pour viatique,
aux colonnes d'Hercule verra l'Atlantique.
Réglage et mise au point: J'ai pris quelques libertés...............
-avec la chronologie: Nous étions au temps de la pesete, Montant vivait, Jim Morrisson mourrait, Casque d'or n'était pas encore Madame Rosa, Freddy Mercury sortait sans moustache;Alec Baldwin était mince, Emmanuelle Béart, Manon des sources sans silicone, Mickey Rourke, beau, Jonnhy H. dèjà pédophile, pas encore opticien, tandis que ce deuil m'a percuté au début des années 2000, mais il fallait polir cette banalité rugueuse, mener à terme la gestation de ce passager clandestin qui me leste depuis 5 ans.
-avec la réalité: Pas de substances exogènes excepté le polyphénol du "Cheval blanc" ou "Margaux," seulement des souvenirs sensitifs, entre junkis épuisés et sportif défoncé, comparés.
Coupé au montage:
Tom mord la parenthèse de la demi tranche à pleine incisives. Le citron vert sèche sa gencive et le sel pince la pointe de sa langue. Il vide son verre d'un geste sec du menton. L'alcool trace une virgule brûlante dans son œsophage comme une allumette égratigne de soufre le frottoir. Il retourne son verre et le dépose à l'envers sur le comptoir. Sept déjà alignés sur le vernis rognés par d'autres téquilas, le cul épais comme une loupe attendent faisant des zéros pour une addition impossible! La bodega de Juanito, calle San Pedro a conservé son vieux rade. Le laiton et le chêne massif accrochent le lumignon du dealer électronique de cigarettes, exception moderne au fond du tripot. Une bimbo fraîchement repeinte décroise ses jambes au sommet d'un tabouret. Posée sur le skaï, une mygale apparait dévorant le triangle de satin blanc de son slip. Tom, arachnophobe temporaire, se détourne. Un lamparo de Damoclés balance au dessus de sa tête sa pisse de lumière jaune. Il lève le regard. Des tortillons d'adhésif tue-mouches comme des ressorts font du yoyo au plafond à chaque nouvelle capture. La sirène tarifèe se détourne, hautaine et part séduire un autre capitaine. La mort est là tout autour, se diffuse dans son mental comme un thé qui infuse. Elle attends. Elle s'ennuie. Elle regarde l'agonie des diptères pour patienter. Un poker se termine, une belote commence. Le ventilateur brasse l'air d'une chaleur de boulangerie pétrissant cette farine de sursitaires s'alcoolisant, pressée de la rejoindre.
Tom l'a déjà vu oeuvrer des milliards de fois à différentes allures . Aux cadences infernales, guerres ou génocides, de son industrie. A son artisanat qu'elle exerça sur lui aussi par deux fois : Son aîné suicidé et sa mère dans une chronologie rapide. Une existence nettoyée au jet sur un trottoir, des restes démembrés dans un sac en plastique. Une autre effacée comme une erreur corrigée, une vérité rétablie. Une gisant de cire qu'il veilla dans une chapelle ardente. De longues heures où germèrent les évidences dans son mental. Alors, fleurirent des chardons de culpabilité qui griffent encore son sommeil et firent de lui un père indigne, un mauvais fils, dilettante, sans désirs, sans excuses et sans défenses. Mots de poésie, maux d'amour, à tord ou à raison elle aura le dernier. Il faut repartir ou dormir, dîner ou rentrer. Décider un truc ou un autre. Les gestes, lents, lourds, arthritiques exhale son innappètence. Regagner sa piaule, son Velux étoilés de fiente, s'abattre, vaincu sur une couche affaissèe. Se réveiller rompu égratigné des griffures de la nuit.
Aller combattre ce jour déjà abimè,
et recommencer,
perdre à genoux devant la nuit,
affronter encore les succubes(*). Demain programme d'attrition nouvelle,
burn out récurrent. Alors oui! Vomir, partir, fuir et rouler!
à suivre: poker avec Satan
(*) démons féminins

3 commentaires:

emanu124 a dit…

Souvenirs, souvenirs..

chonchon a dit…

Oh la la... je te lis avec une curiosité insatiable et j'essaie de disséquer tes textes. C'est du lourd. Jamais vu ça de ma vie. J'ai pas encore tout compris le mode d'accès, mais je ne désespère pas.

dusportmaispasque a dit…

Très chère Chonchon, aide-moi!
Que ne comprends tu pas?
Sont-ce: La syntaxe, le vocabulaire, l'humour vaseux.....?

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