lundi 24 août 2009

Conversation avec Sapho.In progress, follow me!


Tentation.1/3 J'ai du mal à la regarder dans les yeux!
Valérie, voisine et lesbienne, est sur le pas de la porte et en culotte: un triangle rose pale se superpose à un autre triangle sombre. Une troublante pilosité franchit la frontière du liseret de dentelle.
"-t'as de l'ail?
- sans doute, entre!"
Nous sommes tous les deux célibataires alternatifs et nous nous croisons parfois dans le jardin, elle en bermuda et moi pas rasé.
Je suis en mode clodo depuis quatre jours. Je vis avec les volets mi-clos et je n'ai pas ouvert la bouche depuis le même temps.
Ma complice finit ses vacances dans sa famille, sans moi qui évite ma belle-mère, et celle de Valérie, je ne sais pas.
Habituellement, elle vient se connecter chez nous attendant d'avoir sa propre connection.
Habituellement, elle s'habille.
Habituellement, elle s'assoit.
Aujourd'hui, elle s'accoude au bureau, négligeant le siège, cambre son dos et tapote distraitement le clavier en offrant sa croupe inconsciemment.
"- thé? proposé-je laconique: j'ai un peu chaud aux oreilles de l' intrusion brutale de sa féminité dans ma solitude et mon élocution s'en ressent.
Elle oublie l'ordi et s'acagnarde dans le fauteuil sous la mezzanine en écartant les cuisses involontairement, jambes repliées sous les fesses en position du scribe de Thèbes.
- Volontiers! Fabrina est partie? je ne l'ai pas vu depuis lundi, répond-elle verrouillant son regard dans le mien.
- tu ne devais pas partir à la montagne? enchaine-t-elle charitablement: je suis incapable de former une phrase. Je lui tend le paquet de Cérébos.
- de l'ail, pas du sel.
in petto, je l'imagine en gigot et moi en gousse d'ail.
- J'ai envie d'y être, pas d'y aller.
- ???
- Je diffère mon départ depuis mardi. Pas envie de me taper trois heures de bagnole.
Elle rit en basculant la tête en arrière innocemment. Je baisse involontairement les yeux. Elle me surprend en train de réfléchir fixement sur sa vitrine entrebâillée et ce foin qui déborde de la charette
- faut se décider dit - elle sans malice.
- t'as raison, dis-je en m'éloignant dans le couloir
- j' infuse? demande-t-elle saisissant la théière.
- (moi aussi) vas-y, je vais chercher ton ail"
Elle se marre: la cuisine est dans l'autre direction!
Je me dirige vers les toilettes pour une vidange express sans rendez-vous.
Marrant:
Tandis que je m'agite d'un poignet qui n'a pas perdu la main, je pense, entres autres, qu'elle explore ce coté masculin opportuniste affectif en usant de son célibat provisoire et moi, mon coté féminin autiste /lucide des impérieuses nécessités.
Cinq minutes chrono plus tard, sans un gémissement au moment de la délivrance, j'émerge et réapparaît dans la pièce où je la trouve une tasse à la main lisant "Zéro de conduite" sur mon blog.
De connivence et amusés, nous poursuivons notre conversation rassurés par le même soulagement.
Sans doute le besoin de troubler et d'émouvoir sans risquer une balle perdue lui suffit-il.
Ce besoin qu'elles ont parfois de plaire sans séduire.
Conversation. 2/3
J'ai laissé fondre les jours et se consumer les nuits, sans les cendres et les regrets qui vont avec. Je suis bien.
Je n'arrive pas à partir de cette maison devenue muette et voilà cette voisine avec sa féminité qui me ramène dans le monde réel.
Elle termine sa lecture et me glisse:
- c'est étrange cette écriture hermétique...
- répulsive coupés-je
- si tu veux, comme si tu voulais parler sans être entendu. Ton humour lourdingue est comme un verrou.
- C'est récent.
- Tu l'as toujours fait.
- Sans le savoir. J'ai découvert, en visitant d'autres blog, nos pudeurs paradoxales. Indécentes et bizarres. Je commence par déclamer puis je murmure quand les invités sont partis. Alors je réécris par dessus, je rajoute les bouts qui manquent, j'élague et débroussaille, j'essarte et distribue des clés.
- C'est"[ta] lettre volée" d'Edgar Allan Poe, tout le monde l'a sous les yeux, personne ne la voit."
J'aime sa culture.
"- ta marque de fabrique, sauf que toi ta lettre, personne ne la cherche."
j'aime sa perspicacité.
"- la marque de mon désintérêt.
- Ou de ta peur."
De la psychologie, maintenant. Faut que je reprenne la main cette gamine de 40 balais est en train de me percer.

Soulagé pour quelques heures de ma testostérone, mes pensées s'épurent. Débarrassé des contingences d'entre-jambes, je me souviens que l'amitié reste possible, si le mec est moche.
Tout les feux sont au vert. Le temps a fait son oeuvre.
Et toujours et encore cette piquante ironie du hasard:
Après tout, Val. et son identité sexuelle, c'est un peu comme un pote fendue. Une sensibilité de femme avec une vision d'homme.
"- Je savoure, enchaînais-je pour couvrir et taire mon coté obscur, comme si elle pouvait entendre le verrat qui sommeille.
- quoi?
- cette liberté sans solitude, la télé silencieuse, les tubes de dentifrice que je n'ai pas à reboucher...
Elle tente de m'interrompre et s'effondre soudain en larmes dans mes bras. Je sens son corps chaud et palpitant d' oiseau blessé.
Shit! La boulette*.
Instantanément je vois ma stupidité et son désarroi. Sa séduction maladroite, grossière et masculine, n'était rien d'autre qu'un S.O.S.
Save Our Soul. Elle aimerait bien en avoir des tubes de dentifrice à reboucher.
D'une voix hachée par les pleurs et plus du tout coquette elle hoquette:
- Céline..... est...... partie.
Et boum, les vacances ne tuent pas que des automobilistes!
*celle-là, fallait l'oser.

Les vacances! Période de vacance de l'esprit et de vacuité intellectuelle rapidement emplie d'hyperactivité cérébrale où l'on se découvre profondément soi en s'imaginant être quelqu'un d'autre.(ouf)
Les ex Peter Pan qui ne veulent pas grandir rechutent et repartent vers le voyage sans fin des illusions toutes neuves pour guérir leur désillusion.
Le train des cocus de l'été entre en gare, là dans mon salon. Elle, il, s'est gouré de destination. Chez moi soufflent des vents contraires: elle trouvera ailleurs suffisamment de pleureuses avec leur mot de compassion plein de fausse tendresse.
Et cette odeur de bergamote: Tout contre moi la chaleur presque nue de son corps mouillé de larmes me donne le vertige. Au secours, sauver mon âme: Un salaud pour un salut. J'opte pour la thérapie du coup de pied au cul.
Qu'elle devienne!
Femme debout plutot que pendue à un cou qui ne m'appartient pas tout à fait.
Et tracer sa route loin de moi.
Accroche ta ceinture, on annonce des turbulences:
"-J'te lis le journal, Val?"
Elle se décroche, interloquée.
Sans attendre sa réponse, j'envoi mon missile:
"- Une afghanne vend sa petite fille pour payer l'amputation de l'ainé parce qu'un enturbanné en mobylette est passé la semaine dernière dans son village de cailloux. Dans le doute, un croisé a fait "yes i can" sur le joystick de son F15 Strike Eagle pour nettoyer ce nid de terroristes. Il ne reste plus que du sang et de la poussière, des cadavres et des infirmes....
alors tes problèmes de bourgeoise bien nourrie......"
Normalement j'ai gagné un baffe ou un coup de pied dans le siège de mes pensées.
Valérie est forte, experte en provocation et je ne suis peut-être pas de taille.
à suivre!

12 commentaires:

olga a dit…

cinq minutes !?!

dusportmaispasque a dit…

à cinq contre un la partie est inégale.

Chonchon a dit…

Ah les mecs, impossible de résister à un bout de nichon... ah les gonzesses toujours à remuer de la croupe...

dusportmaispasque a dit…

Chonchon:
Quand la résistance est impossible, il y a l'esquive.
C'est le sens de cette fable (dont une partie est fictive): J'ai résisté grâce à mon coté féminin.

Myel a dit…

J'ai un copain homo, ben je me le ferais bien un jour/soir de solitude s'il se prête au jeu...histoire que son corps si bien proportionné ne soit pas cajolé que par d'autres. Depuis le temps qu'il le promène sous mon nez !

dusportmaispasque a dit…

Il veut tester ta résistance ou sa séduction.

ligne33 a dit…

Les ruptures sont déjà difficiles à vivre et si l'on veut du réconfort sans équivoque, le string dans la désinvolture n'est guère de mise, lesbienne ou pas.
Néanmoins, la miss Valérie vient de gagner un point. Son désarroi ne mérite pas que les toilettes.

dusportmaispasque a dit…

t'inquiète, je vais m'occuper de son cas, à moins que........

ligne33 a dit…

Ah mais pas du tout! Comme quoi les mots ne résonnent pas toujours de la même façon dans l'esprit des gens!... J'entendais par là que le désarroi de la dame était respectable et ne sous-entendait pas forcément une partie de jambes en l'air (qui peut être respectable également)
Bon après, chacun son truc!

dusportmaispasque a dit…

La réalité a plus de ressources que l'imagination.Dés que j'ai le temps j'y retourne (au clavier).
Et toi? tu vas la faire vivre cette Herbie?

ligne33 a dit…

J'aimerais mais taf en abondance, esprit instable (séparation avec mon jules et résolution des problèmes avec mon fiston), addiction bloguesque (je vais fermer mon blog quelques jours pour décrocher) et ma petite Herbie devrait reprendre très vite sa conversation téléphonique dans laquelle elle apprend que dire "non" présente quelques difficultés...

Myel a dit…

J'avais zappé la dernière phrase : elle résume mon été. Quant à mon copain(homo) il n'en a cure de me tester...je suis son meilleur pote fendu !

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