vendredi 18 septembre 2009

à Julia.


Andrew Wyeth: wind from the sea
Mardi.3h30.
Quelque part dans l'ici et peut-être dans le maintenant.
Julia est déjà là.
La brume arrive aussi et jette sur nos épaules un manteau froid et complice........
("- je crains le pire!
- t'as raison, il est à venir.")
Je tente de lui expliquer une dernière fois la nécessité de rompre:
Ce rendez-vous que j'honore, pris avant les vacances, les rentrées difficiles, les illusions qui repassent sur fond de psychologie, les renoncements nécessaires pour devenir, enfin, adulte.
Tout est dans Freud. Le barbu obsessionnel m'effraie, je dérive vers Sabina Spielrein*plus accorte et surtout d'une autre école.
Jupe ou pantalon? Pantalon! Dommage j'adore ses jambes.
"Il faut cesser nos sms." lancés-je lâchement n'osant lui annoncer cash que je dois rompre.....juste après.

- nous avons tout notre temps pour devenir vieux." dit-elle en s'agenouillant.
Le pantalon, c'est plus pratique pour la génuflexion.
Brutal! Pourtant cette mécanique immuable fonctionne au quart de tour.
Anéanti par ce glissement sémantique adulte/vieux et celui de mon jean, je réfléchis durement sur quelques centimètres.
Les mains intelligentes de Julia savent la psychologie.Et sa bouche aussi. Son éloquence emporte toutes mes convictions dans un lent et doux hochement de tête. Je lève la mienne vers la voute pour éviter cette vision pornographique qui risque de me faire chavirer trop tôt tandis que je cherche dans ma mémoire "les sept piliers de la sagesse".
Tiens, le compte à rebours est entamé: Les étoiles commencent à s'éteindre une par une. "Ils ont" encore le temps. Il y a mille milliards de soleil dans cet univers.
Je pense à autre chose pour durer un peu, indifférent à cette vie d'ici.
Passent devant Sélène* chevauchant des balais, les harpies légitimes qui parlent de choses à ranger, d'argent à gagner, de frigo à remplir.
"L'enfant" de Jules Vallès* est remplacé par l'enfant de la récitation de Prévert. Tandis qu'il s'évade par sa fenêtre, je gémis sans effrayer la campagne et ma complice. Elle, à l'unisson, reçoit et absorbe l'essentiel de nous. Assommé de plaisir, je titube et me raccroche à cette nuque peu pressée de se redresser. Mes doigts sont les dents d'un peigne dans sa chevelure cheminant lentement de ses tempes vers son cou tandis qu'elle déglutit.
Puis, nous parlons de nos vies, de nos enfants respectifs.Surtout elle:
"- J'ai inscrit Anaïs à la conduite accompagnée. Je pourrai m'échapper de la maison: il faut que je passe chez l'assureur. Tu es libre lundi?
- je te dis que...
- oui mon amour, à lundi!"
Le vampire fantastique et merveilleux, qui ne s'abreuve pas de sang, m'embrasse avec malice et disparait.
Le ciel n'a plus d'étoiles. Déjà! L'anti matière dévore le champ, la vigne, le chemin, la voiture.
Je regarde mes mains en train de se dissoudrent pixel après pixel. Le temps sidéral compresse le temps terrestre. Un rouage de l'horloge cosmique s'est déréglée soudainement : L'hébergeur ailleurs dans la matrice télécharge l'antivirus.(ou alors c'est la brume, va savoir!)
Quelqu'un, quelque part a double cliqué sur: "supprimer!"
Un lapin blanc traverse le chemin un poil trop tard.
Il est temps que je grandisse.
Il est temps que je déménage.
Et reprendre ma quête de l'Hébergeur* quelque part vers "les milles milliards de soleil"*
* Maîtresse de Jung
* la lune
*"L'enfant"parle de cette mère qui fouette Jules enfant quelles que soit ses actions, bonnes ou mauvaises.il se précipite pourtant vers elle. Les cicatrices qui le blesse sont pour lui des marques d'affection puisque ce sont les seules marques de l'attention qu'elle lui porte.Il aurait pu virer S.M, il deviendra socialiste (?!).
* lire mise en abime
* Ray Bradbury, je crois.

6 commentaires:

charivarii a dit…

alors bonne attente
décidément j'aime les tableaux de Andrew Wyeth

bon WE à vous

Mrs K a dit…

C'est "Alice au pénis des merveilles" que tu nous refais là non ?
Je ne sais pas si je te l'ai déjà dit mais j'aime bien ton univers un peu... décalé ?

dusportmaispasque a dit…

Charivarii."que sais tu de la longue attente à ne vivre qu'à te nommer"
pardon de parler avec les mots d'un autre mais quand c'est bien dit...

Miziss K: Décalé oui je crois, mais je ne crois pas que "tu l'ai déjà dit"
Tu repasses quand tu veux (je n'en serai pas froissé) et encore bravo.

charivarii a dit…

il pense trop ce type
et il se défend mal
petit problème de cas de conscience ?

dusportmaispasque a dit…

Ne sachant pas qu'elle est attaquée ma conscience va bien , merci!
Comme celle qui chute du quinzième et dis passant devant chaque étage:"- jusque là tout va bien, jusque là tout va bien, jusque là.......
Countdown......4;3;2;1: contact

Serge Pradoux a dit…


Ne t'impatiente pas, Isabelle, tu vas bientôt t'appeler Julia

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