dimanche 1 novembre 2009

Cinéma en C majeur et minuscule.



"Micmacs à tire larigot" grâce à Jean Pierre Jeunet et " Rose et noir" à cause de Gérard Jugnot.
Avertissement: pour celles qui iront voir le film: il y a deux scènes identiques et pas indispensables où l'on assiste aux manducations de Boon un peu écœurantes avec la complicité publicitaire de la "Vache qui rit", le reste c'est cadeaux!
Attention: y a un gros mot à la fin de l'article!
Ne cherche pas de prétextes pour ne pas y aller déniant ce qui est populaire genre: "J'aime pas Dany Boon": ce n'est pas du Boon, c'est du bon, c'est du Jeunet et celui là te ferais aimer Delon.
Ou, plus snob: "Je n'aime pas Jeunet"
JPJ, c'est notre Terry Gilliam à nous, alors on y va les yeux fermés. Euh, en confiance parce qu'il faut ouvrir les mirettes pour profiter de la toile.
Quel réalisateur nous donne l'occasion de voir les physiques improbables de Michel Crémades,Dominique Pinon, Yolande Moreau? dommage que Daniel Emilford ait terminé son CDD pour cause de décés. Quand à moi, je n'avais pas revu Marielle depuis "Tous les matins du monde".
Bien sûr, chez Jeunet, il y a les scénarii dégoulinant de bons sentiments, la naïveté moralisatrice du petit monde besogneux des bras cassés qui écrase celui plus mesquin du cynisme, l'acharnement manichéen de l'Amèlie ( Poulain) à vouloir faire le bonheur des autres, le romantisme désuet d'un "long dimanche de fiançailles".
Mais Jeunet c'est d'abord et avant tout de l'image, un monde intemporel couleur sépia, un bric à brac de tendresse et des personnages cosmopolites sapés comme les "Deshiens". Il y a une idée par seconde, une invention par plan et cela dégouline de créativité sur le spectateur inondé de surprises.
Sur, sous et dans une déchèterie fantasmagorique pousse comme autant de plantes rudérales l'humanisme de l'un, Marielle dans le rôle de "Placard", la commensalité de l'autre, Yolande Moreau "tambouille"d'une générosité royale, constituant l'équipe de personnalités hautes en couleur, opportune et complémentaire. Des trouvailles insensées pour mettre en scène le hasard dans le quotidien et des bricolages jubilatoires pour le prolonger. Dans nos quotidiens à nous, le hasard on le croise sans le voir, avec tous ces trains à prendre, ces frigos à remplir, ces rues à traverser, ces caddies à pousser et ces places de parking à trouver, alors on le laisse de coté ce hasard, comme une lettre ou un mail que l'on ouvrira trop tard.
Puis dans la foulée, réconcilié avec le cinoche, je suis passé dans la salle contiguë parce que j'aime bien Jugnot.
Gérard, c'est pareil: J'y vais les yeux fermés, euh en confiance parce....
Là, non!
Faut pas voir son "Rose et noir"comme il n'aurait pas du, lui qui ne compte que des réussites, le commettre. Je n'ai pas vu ce film sur l'intolérance et l'inquisition, je me suis endormi sur un numéro de folle surjoué d'un Jugnot de la haute couture Renaissance mal inspiré avec des blagues scatos et lourdingues.
Je suis sorti de la salle avant la fin du film pour profiter un peu du jour qui s'enfuit vers le ponant et de ton fantôme qui passe dans ma mémoire.
Moralité du jour: Le cinéma français c'est de la bande annonce racoleuse à profusion et parfois un film valable qui me renvoi à la parabole du "boute en train".
Pour celles qui l'ignorent, cette expression vient de la pratique des haras, rayon reproduction où pour préserver l'effort de l'étalon, on charge un bourrin quelconque des préliminaires sur la jument à saillir et c'est l'animal de race qui procède.
Transposé au cinéma,c'est l'inverse: le boute en train en ce moment c'est Jeunet qui t'allumes et Jugnot qui te baises!

10 commentaires:

Bougrenette a dit…

J'aime beaucoup la conclusion.
Je repasse donc, sans parfum, et pour répondre à votre insolent "dommage" je me dis que je demande à lire votre "première fois" histoire de voir.

dusportmaispasque a dit…

@ Bougrenette: Passer par dessus mon insolence dénote de l'humour et de la curiosité, mais pour lire une "première fois"il eut fallu glisser la souris par dessus "être et paraître"et stationner un instant sur "Rencontre du troisième type".C'est là!
Merci de ta visite.

emanu124 a dit…

Je ne suis pas convaincue... Jeunet refait du Amélie Poulain à gogo...
Bof...

dusportmaispasque a dit…

@Manu: Qu'est-ce qui ne t'as pas convaincue?
- Le film que tu n'as pas vu,ou le post que tu n'as pas lu.
P.S: Bonjour à Thierry Lurton C'est moi qui ai écrit l'étiquette de sa cuvée spéciale "Prince Noir".Vanité quand tu nous tiens...

Philo a dit…

Je suis allé voir le Jeunet et j'ai passé un très bon moment !
C'est vraiment de la pure créativité, dans les décors, la lumière, les personnages et les idées qui fusent en permanence !
Ne pas y aller les yeux fermés mais au contraire, les garder grand ouverts ...

dusportmaispasque a dit…

C'est cela, Philo! Débrancher la boite à réfléchir et garder des yeux béant d'ex enfant à l'instinct moins trompeur que sa déviance: l'intelligence.

Chonchon a dit…

Ca alors, je suis snob ! Et oui, je n'aime pas Jeunet. En fait, si, il est très très créatif, je suis d'accord avec toi. Mais je ne supporte pas le jaune !!! Ca me donne le blues.
Tu as raison pour Emilford... Il aurait été sacrément bien dans cet univers.

Dana a dit…

Pas encore vu, il nous faudra attendre un peu, ici, en R. Par contre, en ce qui concerne "Un long dimanche de fiançailles", je trouve que c'est un des rares films qui ne trahit pas l'émotion de ce livre qui commence et finit comme un conte de fées par la formule classique " Il était une fois".

Il était une fois une femme qui portait la vie sur son dos.
Une femme qui s'accroche au bout du fil tellement fragile de l'espoir.
Une femme qui, "par merveile, par reconnaissance inouïe de Dieu pour cette obstination" .
Une femme qui n'a pas honte de pleurer.
Une femme qui, bien adossée à sa trotinette prend le temps de regarder celui qui a motivé toute cette traversée...

" Il est en train de peindre. Et ses peintures crient toutes ces choses terribles et démontées comme la mer de novembre qu'on voit au fond de ses yeux. Des yeux d'un bleu très pâle, presque gris, tranquilles et doux avec quelque choses au fond qui se débat, un enfant, une âme massacrée."

Bonne soirée, Alex Cessif : )

dusportmaispasque a dit…

@Dana: C'est un plaisir de te revoir par ici.Qui plus est avec ce commentaire. Tu sais que les mots me touchent plus surement que les flèches de Cupidon. Heureusement que mon armure s'est renforcée d'un nouvel écu, récemment, un véritable blindage.
- "Une femme qui n'a pas honte de pleurer" dis-tu, seules les femmes ont le courage des larmes.
Merci pour les mots de la fin: je n'ai pas lu le livre.
@ Chonchon: C'est vrai que les couleurs des films de Jeunet peuvent sembler austères, c'est un style qui en vaut d'autres et tu n'est pas snob.Pour info: Emilford était dans: "la cité des enfants perdus". Si tu observes bien, il est sur l'affiche de la version anglo-saxonne de ce film que j'ai mis en illustration.

miss Julie a dit…

C'est curieux mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas eu bcp de promo pour le dernier Jeunet...La BA que je viens d'aller voir est pas mal et contrairement à d'autres coms avant, j'aime bcp ses lumières, sa façon de filmer...

( Bon ceci dit en ce moment, j'ai un sacré rattrapage à faire en DVD...De bons moments en perspective suite à tous les conseils qu'on ma' donnés, et moins cher surtout...)

Le JUGNOT, alors là, c'est même pas la peine d'y songer. ça ne me branche pas du tout, du tout!!Limite , je ne le regarderais même pas lorsqu'il passera la téloche.

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