mardi 29 septembre 2009

Ambivalence, oxymore et un peu d'herméneutique maispasque.

L'oreille cassée, symbole d'incompréhension: Tintin ne le sait pas. "-Là il va nous gonfler.
- non, il s'explique"
Bon, pour certaines je serais hermétique.
Pourtant, je ne suis pas étanche.
Tu ne les sens pas, mes émotions qui débordent?
Pour d'autres, et pas des moindres, "à force de chercher du sens on perd l'essence."
Oui!
Comme les essences en dendrologie, il y a, ici plusieurs sens aux sens. Limpide, non?
Par exemple quand j'écris (prochainement): ".......Un Volkov, un Khadra et un Reeves en cours de lecture au chevet du moribond, un Werber pour caler une armoire....."
Bon, légitimement tu penses:"Mépris pour cet auteur, il n'aime pas Werber"
Oui ET non. Il faut lire:" Grâce à Werber on est calé!"
Une façon de prendre du recul sur une oeuvre, parce que la béatitude admirative est inhibante.
"Sans travail le talent n'est qu'une sale manie"Werber c'est "cette capacité de travail est une manie presque un talent". Pas une seule phrase émouvante et belle dans ses livres. Un travail de tacheron de journaliste scientifique bien informé.
L'imagination? que nenni: La somme des connaissances, le recoupement des informations conduisent à une logique, une vraisemblance séduisante et possible. Donnez à n'importe quel ingénieux, un cahier des charges imposant un transport individuel abrité et autonome, il aboutira à la solution unique des quatre roues et un volant. Werber détricote les pull et avec cette laine en fait sa pelote.
Publié, légitime, respectable, utile, utilitaire . En cela indispensable par la richesse et la qualité des informations pour ... caler l'armoire de (nos) méconnaissances.
Ambivalence:
Quel sens donner aux textes écrits quand on étaient diariste à dix neuf ans, avant de sauter dans la vingtaine flamboyante ?
Je les retrouve, ces textes couleurs sépia, plein de pattes de mouches et d'encre violette et il me vont toujours comme un gant. J'aurai pu les écrire hier.
Est-ce à dire que je n'ai pas évolué? Sans doute!
Ou bien suis -je en conformité avec celui que j'étais? Peut être! Peu être
Ambivalence éternelle des idées immuables!
Révolution: revenir à son point de départ. Pas très révolutionnaire, mais c'est si bon de se re - trouver.
Oxymores:
Ces textes en sont truffés comme une bonne(?!) farce.
Le pire que j'ai commis récemment: "L'exhibition pudique" (de la blogosphère).
C'est plus concis que: "Cachés derrière des pseudo, nous donnons en pâture le plus intime de nous."mais un peu plus abscons. Limpide, non?
Le sens d'un mot ne suffit pas. Pour son harmonie il doit avoir les deux visages de Janus. Il doit contenir son yin et son yang et obéir à la loi de l'univers.
Indispensables oxymores.
Affronter la peur du bonheur.
Equilibrium!
L'Hermétique devient le Perméable. Lavé de sa gangue, issu du magma de l'en -dessous il devient cristal, trans - lucide, à facette.
Fin de l'herméneutique.
P.S: Lire l'excellent ouvrage de Louis-Jean Calvet et Jean Véronis "Les mots de Sarkozy"sur la technologie du langage.

samedi 26 septembre 2009

L'ombre et la lumière.

Georges de La Tour.Roi de la nuit, maître de la lumière.
Demain, les dix kilomètres de Sadirac célèbre pour son marché annuel de la poterie. J'y vais pour y retrouver mes potes de la semaine passées du "relais de Jacquou" affronter leurs regards suite à mon abandon et voir si mes potes rient.
Vais-je vers l'ombre ou la lumière.
Cette semaine, entres autres pèripèties, j'ai refais ma salle de bain, sans être plombier et couru trois fois une heure, sans être....
Pour briller encore un petit peu, une petite fois, accepter d' affronter les 10000 Maîtres en 60mn au lieu des 40 habituels avec un objectif secret d'approcher les 50 comme un pis aller. L'acceptation du temps qui passe comme un souffle....

vendredi 25 septembre 2009

Page Blanche.

vendredi 18 septembre 2009

No comment.

source Worth.1000

à Julia.


Andrew Wyeth: wind from the sea
Mardi.3h30.
Quelque part dans l'ici et peut-être dans le maintenant.
Julia est déjà là.
La brume arrive aussi et jette sur nos épaules un manteau froid et complice........
("- je crains le pire!
- t'as raison, il est à venir.")
Je tente de lui expliquer une dernière fois la nécessité de rompre:
Ce rendez-vous que j'honore, pris avant les vacances, les rentrées difficiles, les illusions qui repassent sur fond de psychologie, les renoncements nécessaires pour devenir, enfin, adulte.
Tout est dans Freud. Le barbu obsessionnel m'effraie, je dérive vers Sabina Spielrein*plus accorte et surtout d'une autre école.
Jupe ou pantalon? Pantalon! Dommage j'adore ses jambes.
"Il faut cesser nos sms." lancés-je lâchement n'osant lui annoncer cash que je dois rompre.....juste après.

- nous avons tout notre temps pour devenir vieux." dit-elle en s'agenouillant.
Le pantalon, c'est plus pratique pour la génuflexion.
Brutal! Pourtant cette mécanique immuable fonctionne au quart de tour.
Anéanti par ce glissement sémantique adulte/vieux et celui de mon jean, je réfléchis durement sur quelques centimètres.
Les mains intelligentes de Julia savent la psychologie.Et sa bouche aussi. Son éloquence emporte toutes mes convictions dans un lent et doux hochement de tête. Je lève la mienne vers la voute pour éviter cette vision pornographique qui risque de me faire chavirer trop tôt tandis que je cherche dans ma mémoire "les sept piliers de la sagesse".
Tiens, le compte à rebours est entamé: Les étoiles commencent à s'éteindre une par une. "Ils ont" encore le temps. Il y a mille milliards de soleil dans cet univers.
Je pense à autre chose pour durer un peu, indifférent à cette vie d'ici.
Passent devant Sélène* chevauchant des balais, les harpies légitimes qui parlent de choses à ranger, d'argent à gagner, de frigo à remplir.
"L'enfant" de Jules Vallès* est remplacé par l'enfant de la récitation de Prévert. Tandis qu'il s'évade par sa fenêtre, je gémis sans effrayer la campagne et ma complice. Elle, à l'unisson, reçoit et absorbe l'essentiel de nous. Assommé de plaisir, je titube et me raccroche à cette nuque peu pressée de se redresser. Mes doigts sont les dents d'un peigne dans sa chevelure cheminant lentement de ses tempes vers son cou tandis qu'elle déglutit.
Puis, nous parlons de nos vies, de nos enfants respectifs.Surtout elle:
"- J'ai inscrit Anaïs à la conduite accompagnée. Je pourrai m'échapper de la maison: il faut que je passe chez l'assureur. Tu es libre lundi?
- je te dis que...
- oui mon amour, à lundi!"
Le vampire fantastique et merveilleux, qui ne s'abreuve pas de sang, m'embrasse avec malice et disparait.
Le ciel n'a plus d'étoiles. Déjà! L'anti matière dévore le champ, la vigne, le chemin, la voiture.
Je regarde mes mains en train de se dissoudrent pixel après pixel. Le temps sidéral compresse le temps terrestre. Un rouage de l'horloge cosmique s'est déréglée soudainement : L'hébergeur ailleurs dans la matrice télécharge l'antivirus.(ou alors c'est la brume, va savoir!)
Quelqu'un, quelque part a double cliqué sur: "supprimer!"
Un lapin blanc traverse le chemin un poil trop tard.
Il est temps que je grandisse.
Il est temps que je déménage.
Et reprendre ma quête de l'Hébergeur* quelque part vers "les milles milliards de soleil"*
* Maîtresse de Jung
* la lune
*"L'enfant"parle de cette mère qui fouette Jules enfant quelles que soit ses actions, bonnes ou mauvaises.il se précipite pourtant vers elle. Les cicatrices qui le blesse sont pour lui des marques d'affection puisque ce sont les seules marques de l'attention qu'elle lui porte.Il aurait pu virer S.M, il deviendra socialiste (?!).
* lire mise en abime
* Ray Bradbury, je crois.

mercredi 16 septembre 2009

Baltimore.1692.

21 grammes,"on" dit sans que personne ne le sache. Issu du monde de l'en-dessous, Démonange je cherche un Maître . Un corps sexué quel qu'il soit, une morale à qui j'obéirai. D'avoir dupé Satan* je cherche la voie et la vertu vers l'en dedans. J'ai l'éternité mais la mémoire n'a pas le temps, déjà s'estompe la mnésie de l'avatar Tom B. Dunid. Du brandon calciné il ne reste que l'âme et un peu du souvenir. Il me faut faire cesser cette errance, indifférent à la chance de cette seconde vie, pourtant curieux et affamé d' une neuve existence.
J'aperçois, une église comme une cache à Celui qui me cherche. En ce temps terrestre de 1692, les machines ne sont pas encore venues.
Il y a un manuscrit.
Y sont écrits...... les commandements:
"Allez tranquillement dans le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bon termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant, ils ont aussi leur histoire. Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit. Ne vous comparez avec personnes: vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle: C'est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe, plusieurs individus recherchent les grands idéaux et surtout la vie est remplie d'héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus, ne soyez pas cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule comme il le devrait. Soyez en paix avec dieu, quelque soit votre conception de lui et quels que soit vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme. Avec toutes les perfidies, ses besognes laborieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tachez d'être heureux."*
De cette ligne de vie, je vais miser l'ange contre le démon.
Il me faut rencontrer l'Hébergeur!
* tu n'es pas obligé de t'infliger ce pensum: les quatre dernières lignes suffisent pour faire la jonction.
* manuscrit trouvé à Baltimore en 1692. Auteur inconnu.
To be continued?

mardi 15 septembre 2009

lundi 7 septembre 2009

Conversation avec Sapho. 3/3

Le verrou de Fragonard et le Sceptre d'Ottokar
Avertissement: Le final est classé X!
.....Normalement j'ai gagné une baffe ou un coup de pied dans le siège de mes pensées.
Valérie est forte, experte en provocation et je ne suis peut-être pas de taille......
- 10 ans de perdu au bout de vacances pourries, la rentrée en solo. Je me retrouve sur le mercato à 40 balais. C'est Céline d'un coup de joystick, alors ton afghanne....
Elle me renvoie sans savoir à ma décennie passée, ma sortie des ténèbres de Juliette et le soleil de Muryel bien mal récompensé par une Fabrina qui passe et tombe à pic.
Je retrouve un peu d'empathie. Je cherche dans mon spicilège personnel la phrase toute faite, l'aphorisme qui tue, le bout de roman passe partout. Je ne vois que Louis Ferdinand et son "Voyage au bout de la nuit". Il y a tout dans Céline. J'envoi:
"-quelqu'un qui t'aides à traverser ta nuit....."
- ne me parles pas de Céline!"
Oups! elle connait. Et moi je me suis connu plus subtil: Céline avant d'être le pseudo d' Auguste Destouches c'est surtout son ex, et ça saigne encore.
- excuse-moi.Tu veux parler c'est ça?
- prête moi tes oreilles et dis pas de conneries.
- si t'en fait pas, j'en dis pas. On roule comme ça?
- oui! Je me suis faite manipulée, trompée alors tu pourrais être sympa"
Elle a séché ses larmes et retrouvé de la combativité, alors la thérapie du coup de pied au cul a fonctionné. Par contre je n'ai pas envie de connaître l'historique: Toutes les histoires d'amour finissent en histoire de chaussettes sales.
"- Elle a changé, Céline reprend-elle.
- elle est partie avec une autre, c'est ça?
- UN autre!"
La trahison est double. Sa distance avec les hommes va devenir de la haine.
"- moche en plus, du bide, des gosses déjà tout fait. J'y comprend rien.
- remonte aux origines, comment était -elle quand elle t'as plu, comment tu étais, toi?
- en pleine galère, comme elle."
deux misères ne font pas un bonheur.......durable! Mais je ne le dis pas.
"- elle a changé, mais toi aussi
- elle a arrêté le sport et repris la clope."
Tiens, comme la "mienne"
"- une rechute
- pour la clope, je m'en fous mais devenir hétéro..."
C'est vrai que c'est du sport, maispasque!
"- si elle est heureuse...
- et moi, j'ai rien vu venir
- que veux tu qu'elle fasse, t'envoyer un faire part? J'ai besoin d'un homme,
d'enfants...
Elle refume, elle change, des signes tout ça. Quand tu as des problèmes tes rencontres ont les mêmes problèmes que toi, c'est pour ça que vous vous plaisez. Puis y en a un qui change, l'autre qui ronronne, sans rien voir....
- c'est ma faute, c'est ça!
- non! Tu ne peux plus agir sur Céline. Par contre t'installer dans le doute et la culpabilité de l'autre, ça va pas t'aider pour tes propres travaux de reconstruction. Agir plutôt que subir.
- ça a l'air facile pour toi
- parce que je n'ai pas le nez dedans, sinon on est pareil
- "on" les hétéros tu veux dire
- Les histoires d'amour, le quotidien,les hommes, les femmes, lesbiennes, homos.... C'est dur de se dire que l'histoire qui te déchires est banale:Tu montes le "Tourmalet" à vélo, t'en chies comme c'est pas possible, pour toi c'est un exploit, d'autres "se le font" au petit déjeuner avant d'aller bosser.
- question d'entraînement
- c'est ça
- j'ai pas envie de m'entraîner à me faire larguer
- pas du tout! Tu vas redevenir une prédatrice, retrouver l'instinct,la sensibilité
- séduire, s'habiller, se maquiller, mentir.....
- Attentive,créative ,vigilante, le meilleur de toi, le talent de l'acquisition, de la conquête, de la conversation...
- je préférerais celui de la conservation
- c'est le plus dur. Mais tu feras tomber les cloisons en gardant les murs. Il te faut un personnage de transition
- je connais, d'ailleurs je commence à croire que je lui ai servi de transition à cette salope.
- on est toujours le salaud de quelqu'un dis- je un peu à court.
- et toi ton petit bonheur d'hétéro, ça tourne?
- tranquille, elle m'a rendu fidèle.
- comme un chien? Elle est souvent dans les Landes, non?"
Un peu de perfidie comme ça ni vu, ni connu. ça glisse.
Elle a un drôle de regard.
"- Monogame si tu préfères"
Vraiment un regard étrange.
Fabrina n'est pas parfaite: elle n'ouvre jamais un bouquin, elle pense que "Zadig et Voltaire" est un magasin de fringues et Candide, une marque de lait, mais depuis le "Goût des autres" je me méfie du mien. Pourquoi serait-il plus légitime que le sien?
Elle suit le cour de la tomate et connaît le prix de l'essence, c'est beaucoup plus essentiel que de savoir que le tempo du "Boléro" est devenu celui de la pub pour un assureur et que "Juanita, banana"ressemble à la "Traviatta".
Cela, je le garde pour moi et mime avec une main horizontale et l'autre perpendiculaire en dessous: Temps mort.
Elle a tout essayé, Val: la séduction,la flatterie, le dénigrement, la jalousie.
"- Et tes textes quand vas tu te décider à les mettre dans l'ordre, les rendre lisibles et les relier entre eux? relance-t-elle."
L'émulation. Je l'avais oublié ce truc. La variante de la jalousie: Elle écrit un peu, elle aussi. Elle me cherche. Elle veut jouer à celui "qui a la plus grosse".
J'esquive:
"- il y a des fautes qui traînent, des mauvais accords de participe, des accents mal placés. Il faut tout reprendre. Un jour une femme le fera. Ou pas....
- je peux m'en occuper si tu veux."
C'est vrai qu'elle est prof.
"- j'ai dit une fem...."
Trop tard, le lapsus est lâché. Sorti d'un subconscient de beauf sur fond d'irritation que j'oppose bêtement à sa troublante insistance.
Elle a le même regard que tout à l'heure.
Elle se fait muette, relevant une jambe comme on relace un soulier sans se baisser. A ceci prés qu'elle n'a pas de chaussures. Elle n'a plus de culotte non plus, puisqu'elle est en train de la retirer. Deux index glissent sur ses hanches emportant sur leur passage le tissu triangulaire. Son geste descend doucement emportant les deux remparts de sa pudeur et de ma résistance qui vient de prendre un coup de semonce.
Puis ce flamand rose unijambiste et gracieux dépose son cerceau de dentelle, se redresse et comme l'échassier, déploie ses ailes, retire son marcel.
il se mèle à tous ça un peu d'artificiel
des monts et des merveilles
qui ont un goût de miel...
Et cette odeur de bergamote....
Hynoptisé par ses petits seins invulnérables à la pesanteur et ses hanches étroites, j'appelle ma morale et le chef des incorruptibles au secours, mais il n'y a pas de réseau.
Dans un contre feu dérisoire, honteux de la réduire à une taille de bonnet, je fais mentalement des comparaisons stupides de mensurations et de senteurs. Il est vrai que la nicotine par rapport à la bergamote.....
La double culpabilité est dans mon camp. De ma bévue et de ma passivité complice auxquelles j'additionne la mesquinerie.
Dans un grand moment de solitude, je la laisse s'approcher sans peur mais pas sans reproche. Ce n'est pas moi, c'est Alex. Moi, je suis hermétique.
Valèrie et son arme fatale, Vestale dans mon vestibule, sait ouvrir une porte, pénétrer avec effronterie et sans effraction et cette porte n'est pas celle d'une chambre forte.
Glissant sa main sous mon peignoir, elle trouve la poignée et s'en saisit.
Je suis en red alert un peu trop tardive. Il n'y a pas que l'alerte qui est raide.
J'ai du tomber sur la partie masculine du couple Val/ Céline: Elle me plaque sur le canapè et me renverse. Se glisse entre mes jambes et les ouvre. S'empare de mes chevilles et retourne mon bassin. Je suis comme une tortue les quatre fers en l'air. L' intelligence de ses mains et leur ubiquité capture dans sa précieuse et exigeante cage le petit oiseau qui vient de sortir . Ses mains reprennent mes malléoles, impriment un mouvement de balance, pas celle qui trahit ou qui pèse, celle qui va et qui vient.
Il y a son éloquence et mon renoncement à nos corps qui se parlent. J'abandonne mon statut de mâle à cette femelle virile et offensée, entreprenante, vengeresse et vénéneuse.
Aux changements d'allures, de phases lentes redoutables d'efficacité en accélérations d'une douce brutalité de cette forme saphique qui ondule et mène la danse, j'ai franchi le point de non retour.
Perdu dans le triangle des Bermudes où ma posture féminine subit la perte du contrôle au profit de mon ravissant ravisseur, elle a raison de moi assez rapidement et ma virilité abandonnée aux pieds de Lesbos me permet de prendre le mien.
Dans un bruit de succion et de chairs qui s'entre choquent, j'ai du crier d'un plaisir, incontrolable, violent, humiliant et dominateur.
Ce texte, comme les autres, se lit et s'observe comme une toile de Dali:
Tu peux le lire ou la regarder,autant de fois et chaque "lecture"te renseignes et t'entraines dans un nouveau sens. Il y a une image dans l'image, un texte dans le texte. "Le manuscrit trouvé à Saragosse"se lit à plusieurs niveaux selon la volonté de Jan Potocki son auteur. En peinture, JanVan Eyck pour "Les époux Arnolfini"(illustration ci-dessus) et Diégo Velazquez pour "Les Ménines"l'image se reproduit jusqu'à disparaitre dans l'infiniment petit, pourtant elle continue d'exister, c'est la limite de notre organe de la vue qui occulte notre perception.
La vérité, l'existence, y est "mise en abîme".
Valèrie existe - t- elle? Qui parle par sa bouche? Une femme ? Un homme?l'ennemi de l'intérieur? Le moi profond?
Est-elle polymorphe? Androgyne?Philanthrope? Misanthrope?
Est-ce: Elle A + Elle B= Elle X. 1+1=3. Deux entités créant une altérité tout aussi réelle.Une aberration mathématique.
Ces événements sont-ils passés ou à venir?
Dans quelle dimension du temps, dans quelle unité de lieu?
Le concept de vérité/mensonge devient caduque. Ces deux ennemis ne s'opposent plus, ils se complètent. 1+1=3: De leur alliance nait une vérité. La tienne celle que tu apporteras dans cette auberge espagnole.
Je musarde et je m'attarde le temps de redescendre sur terre. Peu pressé de me séparer d'elle et de verser dans la version biologique de l'extase:
Le robinet qui goutte et le verre baveur, souvenir des premières fois où les regards s'évitent.
Valèrie ne se retire pas. Le plus intime d'elle épouse ma flacidité, patiente à ma détumescence, reconstitue ma raideur et mon envie.
Il est temps pour elle de subir le lycanthrope qu'elle a réveillé. Dehors la lune est pleine.
Prémonitoire!
Docilement, elle se retourne et se prosterne.J'ignore si c'est vers La Mecque mais elle va tomber sur un mec.
J'aperçois une forme, une carnation et une couleur d'abricot dans la pénombre.
Sacrificiel!
Ce paon qui fait encore la roue m'offre sa précieuse ocelle où je progresse lentement.
Je murmure tant que je peux encore parler:
"- tu as mal?
- oui, continue!"
Satisfait, satisfaite de reprendre le pouvoir.
Tu parles.
Je vois disparaître mon sceptre, lentement, millimètre par millimétre, engloutis par ces arcanes qui se dilatent.
Il faut que je grandisse!
Il faut surtout que je déménage!

vendredi 4 septembre 2009

Les Clés!

Qui est Valèrie?
Bon! En même temps, si t'as pas lu, intégralement, conversation avec Sapho, t'es mal.
La fin, Bientôt!

mardi 1 septembre 2009

Works in progress.

Un bouquet de Carole.....
et le palimpseste est en dessous, soyez (vouvoiement) curieuse!

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