jeudi 31 décembre 2009

La passante de 2009.

bande son:Isabelle Mayereau ( la photo de You Tube fout la trouille mais le texte est si beau: que demande le peuple?)
Il a quitté le quai de la gare sans se retourner. Elle aussi sans doute.
D'un pas pressé de s'éloigner il rejoint la rue Eugène Delacroix à l'angle de la rue Fieffé. La petite voiture noire est bien là, comme un refuge mais sans la passagère de tout à l'heure.
"-Tiens, on m'a piqué le volant" constate-t-il.
Il lui faudra quelques secondes pour réaliser qu'il a ouvert inutilement la porte passager(e).
Les gestes lents, il tourne la clé pour retrouver la compagnie ronronante du moteur tandis que le sien double de volume dans cette cage thoracique si bien nommée.
Il s'agite, il résiste, il tambourine encore un peu comme ça pour un zeste de noblesse puis, de systole en diastole,cesse de battre la chamade et dépose sa reddition aux pieds de sa triste fonction utilitaire.
La prison avec ses barreaux de cotes est bien verrouillée chez les gens raisonnables.
Le coeur ne s'envolera pas pour se tromper de vie confirmant, comme s'il le fallait encore, ce que l'état adulte comporte de renoncement.
La donne n'est pas nouvelle pourtant, il faut encore et sans cesse combattre ce romantisme puéril entre l'enfance volée et l'adolescence confuse pour que le coeur d'enfant entre, vaille que vaille, dans la cour des grands* avec chevillé au corps le sentiment d'abandon, le sacrifice contre nature de s'amputer soi-même de son organe le plus essentiel.
Dévasté de douleur de la cave au grenier*, il récite à voie haute l'enchaînement des taches qu'il reste à accomplir, plein de rêves trop grands et de larmes interdites. Les chaos de la route et du réalisme le meurtrissent à chaque secondes jalonnant l'abîme avec cette trouille de funambule qui ne le quitte pas sur le fil du rasoir de son "itinéraire d'enfant gâteux"*.
Les gares modernes ressemblent à des tunnels tandis que la vieille gare de province a conservé l'immense structure métallique du temps où il fallait du volume pour dissiper les fumées des motrices à charbon des " Bêtes humaines" de Zola. L'immensité est désormais à la dimension des joies savoureuses de l'arrivée et à la douleur contenue du départ.
Elle, c'est cette année 2009, qui s'éloigne doucement comme un soleil de Décembre fond lentement dans l'atlantique. Elle a, dans l'ovale délicat de son visage sans altération, le sourire discret de l'apaisement d'avoir traversé sans dommages la zone d'inquiétude des dernières heures après celle de la quiétude bienheureuse des retrouvailles et s'en va vers son seul désir*: retrouver la sérénité de 2010 que voilà déjà toute pimpante.
* quelques emprunts de ci de là....

A vendre!

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lundi 28 décembre 2009

Billet d'absence.

Madame,
Je vous prie de bien vouloir excuser l'absence de mon Alex de son blog durant quelques jours. Une amie lui prodigue un soutient scolaire dont vous m'accorderez qu' il en a fort besoin.
Veuillez agréer , Madame.........
Sa maman Alin C.
P.S: ci-joint la photo de l'amie de mon, fils pour info.

dimanche 27 décembre 2009

Ne vous endormez pas avec Hitchcock*!

Andrew Wyeth: wind from the sea.
Tom à bien résisté au sommeil.
Les fenêtres virtuelles entr'ouvertes sur les pages numériques se sont refermées comme autant de paupières.
Au bout de ses lectures, refermant le livre comme on remise une béquille, la porte du sommeil s'est ouverte béante, laissant entrer le vent de la mer avec son cortège de spectres à faces de cauchemars.
La mère s'est retirée dans une vague sans ressac laissant un alevin sur le sable asséché. Il fallut au plus tôt trouver une flaque provisoire, puis creuser à en faire un lac de sept ans. La mer est revenue reprenant possession de ce poisson d'un mètre quatre vingt, parfois un peu requin sur les bords, pour lui apprendre à nager les premières brasses de la vie. Le pécheur inutile reprit ses filets, les raccommodât et partit vers d'autres rivages et d'autres péchés. Ensuite,il y eut ce toit où, d'une glissade sans fin sur les tuiles de vicissitudes, il se rattrapa in extrémis assoiffés de vie à la dalle en pente à boire l'alcool du labeur. Alors, il se mit à tourner d'ivresse et de réussite dans le bon sens des malades dociles avalant chaque matin une pilule rose et chaque soir une pilule bleue, jusqu'à cette lubie le faisant tourner à contre sens, l'excluant du cercle de l'entreprise et cette évasion sur le point de réussir quand le téléphone sonna.
Il sut instantanément qu'il n'y aurait "pas de printemps pour Marnie".
*avant de devenir des images ce furent des romans: " Marnie "de Winston Graham et "The House Of Dr. Edwardes", de Francis Beeding
Décodeur: Divorce; alcool; folie; maladie; chômage; espérance etc..... cherchez l'intrus!

jeudi 24 décembre 2009

Conte de Noël. Alter nativité.

Bande son:

Crosby, Stills & Nash - Love The One You`re With (Stephen Stills)

(aime celui avec qui tu es*)

Préambule:
A la version officielle tenue pour vérité historique, j'avais bafouillé hors saison une vérité alternative à cette nativité embellie par la légende, évoquant la probabilité ci-dessous, certes anachronique mais plus humaine, moins dogmatique et assaisonnée d'un peu de vraisemblance (et de pas mal de clichés).
Il est temps aujourd'hui de repasser le plat:
An 0.- 25 Décembre.
La nativité, réalité virtuelle.
Un mot sur l'immaculée conception quitte à porter atteinte à la réputation d'une jeune fille.
A peine commencée l'histoire torture déjà notre intelligence: Il nous faut croire au Père Noël, aux garçons dans les choux, aux filles dans les roses, à la fidélité et la sainteté de Marie. Terrain propice au dérapage avec mes excuses de mécréant aux adeptes de la crèche.
Madonna & Jésus Luz
Bethléem-An 0 moins neuf mois de notre ère :
Sur ce qui deviendra, deux mille ans plus tard, la terre promise à plusieurs peuples posant quelques problèmes aux colocataires.
Le charpentier nommé Joseph travaillait plus pour gagner plus en oubliant un peu Marie sa charmante épouse.
L'entreprise en pleine croissance de Joseph, lassé de s'en tenir à la charpente, voulu construire des maisons "clés en mains".
Le charpentier devint vite entrepreneur général non pas de corps d'armée mais de corps de métiers.
Ces différents corps de métiers étaient la spécialité des Lusitaniens .
Ainsi, Jésus maçon portugais fraîchement émigré en Palestine, fut ravi d'embaucher en Cdd pour débuter dans l'entreprise.
Joseph, quand a lui devenait de plus en plus entrepreneur et de moins en moins entreprenant.
Marie, en toute innocence abreuvait les ouvriers d'une eau fraîche de fontaine, sans discernement et sans ostracisme, la mine rêveuse et la taille bien prise avec la nostalgie des étreintes viriles.
Jésus loin de sa patrie, nostalgique des douceurs féminines en était réduit aux travaux manuels, aussi, pour sa sexualité.
Ils devinrent amant par nécessité hormonale l'âme et le corps en harmonie comblé par un sentiment naissant de reconnaissance réciproque des plaisirs partagés qui devint un amour véritable.
Il s'abreuvèrent d'amour et d'eau fraîche avec une fréquence qui finit par arrondir gracieusement le ventre de la pécheresse dans la chaleur et la sécheresse de la terre de Judée et de Samarie.
Leur Marie justement de l'amant et du mari for marri de cette conception pas marrante, afin de justifier ses émouvantes et ces voyantes rondeurs prit l'initiative de cette manière:
Joseph harassé de travail, terminait ses longues journées de labeur par un petit joint d'herbes mauresques ( la Jamaïque n'avait pas encore était découverte par Christophe le colombien) avant d'aller se coucher.
Marie fit des mélanges malhonnêtes, 
dans sa barrette 
et Joseph, dans sa tête 
vit des choses qu'il n'avait jamais vues:
Une vision d'ange Gabriel, visitant le vestibule de Marie sans toucher aux meubles intimes et déposant dans le tiroir sacré, un polichinelle en forme de pine o cchio ( l'idée sera d'ailleurs reprise plus tard par un certains Geppeto, menuisier lui aussi en mal de paternité)
Ainsi naquit avec le fils et le saint esprit, La sainte trinité* et le concept de l'immaculée conception.
Joseph aimait sincèrement son épouse, détestait l'injustice et croyait à la rédemption, mais la charia de l'époque lapidait la femmes adultère sans punir l'amant. Novateur et féministe, Jo inversat la tendance de cette loi inique faite par des machos impuissants avec la peur des femmes: Il pardonnât à l'une et condamnât l'autre.
Magnanime et généreux, il donnât à l'enfant le prénom du fautif et, afin que Jésus père ne fut point trop éloigné de Jésus fils, il coula dans le béton de la chape du futur logis familial, le travailleur précaire. Pas par rancune mais plutôt pour s'éviter la procédure prud'hommale longue, complexe et incertaine en terme d'indemnité.
Ainsi soit-il!
Nativité, le film.
Cécile B 2000, la soeur de son frère:
" - Bon, ça c'est bon coco, on garde!
La crèche , le boeuf et l'âne. Les rois mages, tu me les fait un peu plus kitch, demande à Jean-Paul pour les costumes.
- Jipé 2? Il est injoignable, je vais galèrer.
- Non Gauthier, andouille! Rajoute un peu de paille c'est bon pour le coté misère et tu m'aères tout ça, je me parfume pas au crottin, un bon ventilo façon "sacrée soirée" c'est sexy ces cheveux qui volent. "
A star is born dans le ciel de Galilée, la légende est en marche comme les rois mages un peu à la bourre bien calés sur leurs chameaux entre les deux bosses de l'écologie.
Le film, avec beaucoup de remakes, est toujours à l'affiche!
* faute de grives mange du merle
* "Le mari, la femme et l'amant" "Un fauteuil pour deux"Simone,Nelson et Jean Paul etc, etc...
P.S: La V.O est avec un prolongement 33 ans plus tard.

lundi 21 décembre 2009

Alin Connue. Post Sriptum. (lettre à)

Sacrificium!
Il décida de l'autotomie sitôt partie la dernière charnelle.
Des deux douleurs choisissant la moindre, il s'empara de la machette.
Les narines blanchis à la farine de Toni Montana, il s'amputa du membre par lequel Elle le tenait.
Comme un lézard sacrifie l'appendice se dérobant ainsi aux futures prédatrices.
Rejoindre les Succubes et subir la vertu après le vice.
L'ivresse de la douleur et celle de la liberté jaillirent dans un gracieux contre ut et un geyser de sang.
"La voix de l'Ange"!
Ange déchu!
source: ici

samedi 19 décembre 2009

Alin Connue (Lettre à) 6/6

"-Je peux?" bande son
Elle lève les yeux.
Il s'assied.
Un guéridon de marbre isolé sur une terrasse glacée réservée aux parias de la clope. Un carnet ouvert sur une page blanche vide de mots.
Face à Elle une chaise bistrot vide de fesses. La plume d'or attend la fin du silence d'argent, Décembre est là balbutiant et le taulier peu empressé de servir la commande de la solitaire indifférente au froid.
Alin Connue, car c'est Elle, le regarde comme une déjection de clebs.
"Avec les gonzesses, faut pas laisser sécher"pense Tom sans attendre de réponse."Une faille, je m'immisce, j'insère. Une fissure, je colmate. Une fêlure, je recolle. Une fente, j'envahis. Un manque, je comble. Un orifice, je bouche. Une blessure, je soigne. Je glisse dans cette buche entre ouverte un coin poussé par ma cognée insidieuse au début, motivée sur la fin jusqu'à l'ouvrir en deux.
Mais pour l'heure, La page blanche, c'est mon truc, ce territoire du dire".
Il franchit la frontière de la bulle d' Alin C. saisissant le bloc-note et s'emparant du "Mont-Blanc" à la plume dorée dans la main surprise.
C. regarde amusée cette proie inespérée avec sa bonne tête de gagnant et de prédateur de bonniches.Une histoire se termine et déjà recommence.Un jour viendra où le sang cessera de couler tous les mois entre ses cuisses. Plus personne ne dira les mensonges qu'elle a envie de croire, personne ne se retournera sur sa silhouette. La soumission au temps remise à plus tard, elle se rebelle encore à jouer le jeu d'écouter les fadaises et les dissonances des préliminaires en fa-dièse qui font saigner ses oreilles et rire son coeur.
"- Un jour paiera la dette de toutes nuits" songe -t-Elle.
Tom se met à noircir les feuilles d'une écriture souple et nerveuse sans rature, sans retouche comme un peintre dépoussière un toile déjà peinte. Les phrases étaient là qu'elle ne trouvaient pas sous la surface du monde de l'en dessous.
Une main sans alliance attend immobile bien à plat, doigts légèrement écartés, longs et secs, ongles courts, frémissante d'une légère fièvre et caressant imperceptiblement le marbre tandis que la dextre griffe le velin.
"il va me niquer ma plume" pense A.C. "un Mont Blanc, c'est perso"
Une page comblée se retourne docile, puis une autre , encore une autre, enfin Tom enclenche le capuchon sur la bague précieuse du stylo couteux qui répond sèchement d'un "clic" très snob et dirige le carnet sous les yeux de C.
Elle le regarde comme tout à l'heure.
Tom se souvient des parties de poker quand la main d'en face retourne la dernière carte dans un pinceau de lumière et de fumée."Si c'est sa quatrième reine, je suis mort avec mon brelan de roi"
Diversion: Le loufiat apporte enfin le café noir qu'il dépose devant Elle.
Elle s'empare du carnet.
Elle lit.
Elle s'étonne:
C'est son histoire avec d'autres mots, sa rupture, les dommages, la vision du camp d'en face des hommes voleurs de temps. Un autre paradigme. Elle revoit cette ville rose du sud de la France, les placards remplis à chaque visite et les "ferme -là" de remerciements. Le canal s'écoule pas très loin de la gare. Une dernière péniche pour un ultime train. Elle, entre deux écluses sans excuse où navigue le dernier marinier sortis du sas grâce à Elle. L'exhibition risquée, le bal des dupes. Le cavalier lui a marché sur les pieds une fois de trop. Meurtrie de déception.
De dépit.
D'échecs.
Et bientôt le cimetière des éléphants.
Le goût perdu du sang revient dans sa bouche.
"Comment a-t-il pu....?"murmure-t-Elle délicieuse et sombre.
"Gagné!" se dit Tom, puis à voix haute comme la "réponse de l'ombre":
- "Les histoires d'amour finissent mal en général" fredonne-t-il en guise d'explication.
Elle aime sa voix, ses mains, son écriture. Elle aime trop, trop tôt, trop de choses de lui.
Il est temps de se nourrir du danger d'aimer.
Lui, assourdit par la victoire n'entend pas la mystérieuse alerte de l'angoisse.
"Bar-Hotel-Restaurant"dit le lambrequin sous la marquise. Il voit le "H". Elle voit le "R"
Elle se lève.
Il suit dans l'escalier, d'une ambulation* docile tiré par une laisse imaginaire, anesthésié du coté de l'intelligence .
Le pendentif entre ses jambes retrouve un peu d'autorité et lui indique le nord magnétique de son cul dans l'escalier. Rassurant mais un peu gènant dans les tournants comme le "Neiman" verrouillé gène le volant d'une voiture. Il pense à Sarkozy pour "pas gâcher".
La porte refermée commence la confidence, la suave décadence où dance dans les bouches le ballet de l'organe de la parole et contrôle prudent de l'absence d'halitose au son de "la musique langue des émotions" (Kant. Manu)
Tendre glissade sur le "Lac des cygnes" et Valse de Strauss, le pas hésitant, il descend à la cave et remonte à l'extase partager la liqueur récoltée. Elle joue Mozart: un trop court extrait de "La flute enchantée"un peu par goût et de sa manière d'être polie.
Connexion lente, téléchargement, bas débit au début et déjà la cavalcade accélère sur le tempo de la "Chevauchée des Walkyries". Le ciel de lit bascule, le sol Dunlopilo frémit sous le galop de la fantasia, le fracas de la salve et la mélopée des youyous. Il n'eut pas le temps d'entonner la Marseillaise au destockage de l'A.D.N.
Mourir c'est nourrir: Elle plonge deux canines dans sa veine jugulaire et absorbe avec délectation la vie abandonnant ce corps agités de soubresauts sacrificiels, consentant à la mort sûre, heureux de se répandre par sa morsure.
L'enveloppe provisoire, exsangue de Tom ressemble maintenant à la peau d'un reptile abandonnée après la mue avec deux trous rouge dans le cou et un étrange sourire aux lèvres chaulées, apaisé d'avoir été utile .
Son existence est d'Elle, la substance.
21 grammes d'âme s'en vont en quête d'autres charnelles.
source ici
* démarche, allure, action de marcher. On utilise "Déambulation" mais jamais "Ambulation". On a tord : La richesse de notre langue donne une connotation de flânerie au premier et la nuance d'une action plus affirmée pour le second.

vendredi 18 décembre 2009

jeudi 17 décembre 2009

LCLBNPARIBASGHSBCBPCMCIC*.

Que les absents lèvent le doigt!
*Elleçéelle-béhainepépariba-essegé-achessebécé-bépé-céaime-céhicé, pour les plus célèbres!

La lettre d’une dame de 86 ans à sa banque. Sa réponse est intellectuellement savoureuse, et vaut le coup d’être connue, partagée du plus grand nombre.

trouvée ici

Cher Monsieur

Je vous écris pour vous remercier d’avoir refusé le chèque qui m’aurait permis de payer le plombier le mois dernier. Selon mes calculs, trois nanosecondes se sont écoulées entre la présentation du chèque et l’arrivée sur mon compte des fonds nécessaires à son paiement. Je fais référence, évidemment, au dépôt mensuel automatique de ma pension, une procédure qui, je dois l’admettre, n’a cours que depuis huit ans. Il me faut d’ailleurs vous féliciter d’avoir saisi cette fugace occasion et débité mon compte des 30 Euros de frais pour le désagrément causé à votre banque. Ma gratitude est d’autant plus grande que cet incident m’a incité à revoir la gestion de mes finances.

J’ai remarqué qu’alors que je réponds personnellement à vos appels téléphoniques et vos lettres, je suis en retour confrontée à l’entité impersonnelle, exigeante, programmée, qu’est devenue votre banque.

A partir d’aujourd’hui, je décide de ne négocier qu’avec une personne de chair et d’os. Les mensualités du prêt hypothécaire ne seront dorénavant plus automatiques, mais arriveront à votre banque par chèques adressés personnellement et confidentiellement à un(e) employé(e) de votre banque que je devrai donc sélectionner. Soyez averti que toute autre personne ouvrant un tel pli consiste en une infraction au règlement postal. Vous trouverez ci-joint un formulaire de candidature que je demanderai à l’employé(e) désigné(e) de remplir. Il comporte huit pages, j’en suis désolée, mais pour que j’en sache autant sur cet employé(e) que votre banque en sait sur moi, il n’y a pas d’alternative.

Veuillez noter que toutes les pages de son dossier médical doivent être contresignées par un notaire, et que les détails obligatoires sur sa situation financière (revenus, dettes, capitaux, obligations) doivent s’accompagner des documents concernés. Ensuite, à MA convenance, je fournirai à votre employé(e) un code PIN qu’il/elle devra révéler à chaque rendez- vous. Il est regrettable que ce code ne puisse comporter moins de 28 chiffres, mais, encore une fois, j’ai pris exemple sur le nombre de touches que je dois presser pour avoir accès aux services téléphoniques de votre banque. Comme on dit : l’imitation est une flatterie des plus sincères. Laissez-moi développer cette procédure.

Lorsque vous me téléphonez, pressez les touches comme suit : Immédiatement après avoir composé le numéro, veuillez presser l’étoile (*) pour sélectionner votre langue.

Ensuite le 1 pour prendre rendez-vous avec moi.

Le 2 pour toute question concernant un retard de paiement. Le 3 pour transférer l’appel au salon au cas où j’y serais. Le 4 pour transférer l’appel à la chambre à coucher au cas où je dormirais. Le 5 pour transférer l’appel aux toilettes au cas où... Le 6 pour transférer l’appel à mon GSM si je ne suis pas à la maison. Le 7 pour laisser un message sur mon PC. Un mot de passe est nécessaire. Ce mot de passe sera communiqué à une date ultérieure à la personne de Contact autorisé mentionné plus tôt. Le 8 pour retourner au menu principal et écouter à nouveau les options de 1 à 7.

Le 9 pour toute question ou plainte d’aspect général. Le contact sera alors mis en attente, au bon soin de mon répondeur automatique. Le 10, à nouveau pour sélectionner la langue. Ceci peut augmenter l’attente, mais une musique inspirante sera jouée durant ce laps de temps. Malheureusement, mais toujours suivant votre exemple, je devrais infliger le prélèvement de frais pour couvrir l’installation du matériel utile à ce nouvel arrangement.

Puis-je néanmoins vous souhaiter une heureuse, bien que très légèrement moins prospère, nouvelle année ? Respectueusement,

Votre humble cliente."

mardi 15 décembre 2009

Le paradigme* d'Alex C.



                    Deuxième partie.
Le paradigme* d'Alex C.
*Matrice, vision du monde de là-bas vu d'ici.
Perception un peu....Excessive?
Et si le monde c' était ça? 
Prologue.
Référenciel commun pour se retrouver, les comptines et les incunables nous parlent d'autres choses. A nous de décoder ce qu'ont voulu nous transmettre les anciens qui ont crées notre matrice spirituelle de l'acquis aussi surement que la matrice biologique de l'inné. L'histoire de la communauté humaine est un palimpseste réécris de calame en clavier que l'auteur cherche ici à démystifier en réfléchissant sur une bicyclette en courant à la poursuite de  l'adrénaline dans la dépense physique sans substances exogènes.

Par exemple: Démocratisée, La quête de la toison d'or des compagnons de Jason chez Homère devient « les hommes préfèrent les blondes » chez Howard Hanks, version Freudienne de l'appétence bien connue des méditerranéens pour les suédoises et Homère devient rigolo, sympathique, Homérique. Ne dit-on pas un rire .....Homérique?Ce paradigme là en vaut d'autres.




Vu de l'en dedans.
Prématuré: Enfant claustrophobe d’une maman pressée et d’un papa éjaculateur précoce.
Enfant: Clone ayant la mission de réussir ce que les anciens ont raté.
Scolarité: Passage étroit où se
faufiler sans dommages.
Adolescence: Période d'invincibilité et d'immunité qui rend jaloux les adultes et fait la fortune des dermathos.
Amour: Sentiment définitif et irréversible. En cas de non réciprocité cliquer sur: "Voulez- vous supprimer?"puis cliquer sur :"oui". Et bon courage....
Rencontre: Intersection de deux probabilités. Synonyme: Choc, collusion des êtres vers les deux venir.
Descendance: Projection du Moi dans le futur.Voir enfant.
Adulte: état de renoncement.
Mari: Monsieur qui dit “je t’aime” au début et “qu’est-ce qu’on mange” à la fin.
Épouse: dame aux rêves volages et aux réveils fidèles.
Féminité: Plaire sans séduire. Belle pour flatter la fierté des enfants et du mâle dominant sans compter le boulot qu'il faut fournir au quotidien pour le rester. L'envie de dire Ouiiii, le devoir de dire:"- Non".
Victime collatérale des religions faites par les hommes avec la peur des femmes. Aux filles d'Eve ou de Pandore la responsabilité, la culpabilité, la morale, le poids de la suspicion. C'estpasfacile.com d'être une fille.
Fidélité: Ne pas dépasser la dose prescrite de 99% par individu.
Adultère: Dernière vérification des accessoires avant rangement.
Espoir: Blanchiment d’idées noires pour rendre la vie supportable.
Existence: Débute en Pampers, fini en Téna.
Interlude:Cécilia Bartoli.Thème: voix de Castra.Titre: Sacrificium(!)
Vu de l'en dehors.
Art: Zone de non compromis. Synonyme: Solilogue.
Musique: Bruitage, fond sonore de l'existence.Grande musique: Bruits vachement bien organisés.
Painting: Paradigme d'un paradis personnel.
Poésie: Libertinage des mots réels pour enfanter des idées imaginaires.
Blogonaute: Voyageur virtuel de la blogosphère qui dépose son A.D.N numérique sur ton paillasson pour t'inciter à venir examiner son nombril.
Démocratie: Alternance de pilules roses et de pilules bleues sans "Midnigth express" pour s'évader.
Révolutionnaire: Tourne à contresens pour revenir à son point de départ après avoir dépavé les rues.
Courage: inversement proportionnel à la proximité du danger.
Schizophrène: Fou lucide intermittent. Touche le fond de la vérité et remonte à la surface de l'erreur.
Catholicisme: Ceci est mon corps: “-tu la sens mon hostie petit?”
Islam: Susceptibilité à finalité de séparation du corps et de l’esprit avec bouquet final. Mais chut!
Dogme: Papotage intelligent qui se termine en séparation stupide.
Satan: Grand méchant loup pour adultes.
Capitalisme: Condensé des sept péchés capitaux qui commence dans l’avarice, l’envie et la gourmandise pour finir dans la luxure.
Suspicion: un banquier souriant et tu retrouves dans ton larfeuille une main qui ne t'appartient pas comptant des biftons qui ne t'appartiennent plus.
Pardon (le grand):
"Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant : « Caramba ! »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne lui tout de même à boire », dit mon père."
Victor Hugo.
Éducation: Formatage à vocation identitaire et nationale.
Environnement:"Je bats la campagne, tu bats la campagne,Il bat la campagne à coups de bâton. La campagne ? Pourquoi la battre?Elle ne m'a jamais rien fait. C'est ma seule amie, la campagne. Je baye aux corneilles, je cours la campagne. Il ne faut jamais battre la campagne :On pourrait casser un nid et ses œufs. On pourrait briser un iris, une herbe,On pourrait fêler le cristal de l'eau." (Claude Roy)
Diversion: rues bloquées, nuisances, gène des riverains avant et aprés les matchs mobilisation des C.R.S pour que vingt deux milliardaires jouent à la baballe. Synonyme : Football
Médecin: Homme en blanc habilité par Gallien et Hyppocrate à toucher mes deux seins sans prendre de baffes.
Militaire: Mécanique qui marche au pas en temps de paix et retrouve un peu d’humanité en courant sous l’ ami traille.
Miroir: objet de réflexion indispensable pour examiner son nombril. Synonyme: écriture.
Mort: Dommage collatéral de son vivant.
Nostalgie: Déni du présent."C'était mieux "avant". Vingt piges de moins "c'est mieux!"
Péripatéticienne (tendance Diogène):Dame qui cherche un homme pour donner des cours d’éducation sexuelle en marchant.
Pigeon(sens propre): Rat volant entretenant une amitié alimentaire avec les vieilles dames. (figuré): Constituant principal du capitalisme.
Savant:Vieux monsieur qui ne sait pas mais le dit en latin. Synonymes: Pape, gourou etc.
Sportif: Testeur de molécule sous enveloppe publicitaire. Synonymes: Crash test, doping.
Touriste: Photographe du déconfort d'ailleurs pour assurer le réconfort du retour. Révolutionnaire avec passeport.

illustration: Camille Flammarion 1888.








Baltimore.1692.

21 grammes,"on" dit sans que personne ne le sache. Issu du monde de l'en-dessous, Démonange je cherche un Maître . Un corps sexué quel qu'il soit, une morale à qui j'obéirai. D'avoir dupé Satan je cherche la voie et la vertu vers l'en dedans. J'ai l'éternité mais la mémoire n'a pas le temps, déjà s'estompe la mnésie de l'avatar Tom B. Dunid. Du brandon calciné il ne reste que l'âme et un peu du souvenir. Il me faut faire cesser cette errance, indifférent à la chance de cette seconde vie, pourtant curieux et affamé d' une neuve existence.
J'aperçois, une église comme une cache à Celui qui me cherche. En ce temps terrestre de 1692, les machines ne sont pas encore venues.
Il y a un manuscrit.
Y sont écrits...... les commandements:
"Allez tranquillement dans le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bon termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant, ils ont aussi leur histoire. Évitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit. Ne vous comparez avec personnes: vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle: C'est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe, plusieurs individus recherchent les grands idéaux et surtout la vie est remplie d'héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus, ne soyez pas cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule comme il le devrait. Soyez en paix avec dieu, quelque soit votre conception de lui et quels que soit vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme. Avec toutes les perfidies, ses besognes laborieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tachez d'être heureux."
De cette ligne de vie, je vais miser l'ange contre le démon.
Il me faut rencontrer l'hébergeur!

* manuscrit trouvé à Baltimore en 1692. Auteur inconnu.

Première tache: un pseudos pour une autre peau!
Une seulement, sera-ce suffisant pour vivre d'autres Moi? Prends garde à la schizophrénie, Al.



Marcel Trouillard: Inférence et Handycap patronymique.




Marcel Trouillard est dans une voiture fermée de l'intérieur. Un gamin fait le tour de la voiture avec un cutter et raye la peinture sur l'ensemble de la carrosserie. Marcel Trouillard est un être humain, éveillé, valide et pourtant il ne réagit pas.
Pourquoi?
Parce que Marcel Trouillard est un bébé!
Inférence et handicap patronymique:
Inférence, parce que Marcel, prénom connoté années cinquante, te fais penser à un adulte quinquagénaire plutôt que futur ado baggy et boutonneux. Ensuite, le patronyme t'influences: Trouillard! Tu penses que le gars ne doit pas être trés courageux.
Idées préconçues, jugements hatifs et autres préjugés. Toujours pressé par le temps, l'impératif d'avoir une opinion instantannée et surtout de classer dans ses tiroirs intimes, son environnement social.
Pourtant, quand vint le temps de se nommer, de se reconnaître, les noms de famille vinrent du métier ( Boucher, Boulanger, Pécheur) du lieu ( Dupont, Dulac, Duprés, Deville, Duchamp) ou de la région associé a un trait de caractère (Ardéchois coeur fidéle, Tourangeau Sans- quartier). On peut être certains que nos ancètres n'avait pas de mal à se reconnaitre dans les premières générations des patronymes.
Aprés des siècles de dilution et de brassage il ne reste plus grand chose des qualités et des origines. Pour se forger une opinion, imaginons un monde de bandes dessinées avec ces personnages qui nous entourent ou que nous avons tous croisés sous d'autres pseudonymes:
Yvan Hité qui manque de modestie et Matt Huvu de discrétion, Alex Cessif de modération et Hank Kholer s'indigne plus que de raison. Luc Sur a une idée derrière la tête en collant de prés Vanessa Laupe elle même trés libre tandis que Jack Façial connait quelques débordements. Tom B. Dunid met du temps à comprendre la vie et Arnaud Stalgie regarde trop souvent dans le rétro. Jean Villevoisin trouve que l'herbe est plus verte dans le pré d'à coté et Armand Getout devrait surveiller sa ligne.
Dictée par l'instinct et pas encore déformé par le jugement, souvent la premiére impression est la bonne.
J'ai besoin d'autant de vices que de vertus.



"-Là il va nous gonfler.
- non, il s'explique"
Bon, pour certaines je serais hermétique.
Pourtant, je ne suis pas étanche.
Tu ne les sens pas, mes émotions qui débordent?
Pour d'autres, et pas des moindres, "à force de chercher du sens on perd l'essence."
Oui!
Comme les essences en dendrologie, il y a, ici plusieurs sens aux sens. Limpide, non?
Par exemple quand j'écris (prochainement): ".......Un Volkov, un Khadra et un Reeves en cours de lecture au chevet du moribond, un Werber pour caler une armoire....."
Bon, légitimement tu penses:"Mépris pour cet auteur, il n'aime pas Werber"
Oui ET non. Il faut lire:" Grâce à Werber on est calé!"
Une façon de prendre du recul sur une oeuvre, parce que la béatitude admirative est inhibante.
"Sans travail le talent n'est qu'une sale manie"Werber c'est "cette capacité de travail est une manie presque un talent". Pas une seule phrase émouvante et belle dans ses livres. Un travail de tacheron de journaliste scientifique bien informé.
L'imagination? que nenni: La somme des connaissances, le recoupement des informations conduisent à une logique, une vraisemblance séduisante et possible. Donnez à n'importe quel ingénieux, un cahier des charges imposant un transport individuel abrité et autonome, il aboutira à la solution unique des quatre roues et un volant. Werber détricote les pull et avec cette laine en fait sa pelote.
Publié, légitime, respectable, utile, utilitaire . En cela indispensable par la richesse et la qualité des informations pour ... caler l'armoire de (nos) méconnaissances.
Ambivalence:
Quel sens donner aux textes écrits quand on étaient diariste à dix neuf ans, avant de sauter dans la vingtaine flamboyante ?
Je les retrouve, ces textes couleurs sépia, plein de pattes de mouches et d'encre violette et il me vont toujours comme un gant. J'aurai pu les écrire hier.
Est-ce à dire que je n'ai pas évolué? Sans doute!
Ou bien suis -je en conformité avec celui que j'étais? Peut être! Peu être
Ambivalence éternelle des idées immuables!
Révolution: revenir à son point de départ. Pas très révolutionnaire, mais c'est si bon de se re - trouver.
Oxymores:
Ces textes en sont truffés comme une bonne(?!) farce.
Le pire que j'ai commis récemment: "L'exhibition pudique" (de la blogosphère).
C'est plus concis que: "Cachés derrière des pseudo, nous donnons en pâture le plus intime de nous."mais un peu plus abscons. Limpide, non?
Le sens d'un mot ne suffit pas. Pour son harmonie il doit avoir les deux visages de Janus. Il doit contenir son yin et son yang et obéir à la loi de l'univers.
Indispensables oxymores.
Affronter la peur du bonheur.
Equilibrium!
L'Hermétique devient le Perméable. Lavé de sa gangue, issu du magma de l'en -dessous il devient cristal, trans - lucide, à facette.
Fin de l'herméneutique.
P.S: Lire l'excellent ouvrage de Louis-Jean Calvet et Jean Véronis "Les mots de Sarkozy"sur la technologie du langage.





S.D.F;Ours et Tourmalet!

Préambule.
"Gling"fait le micro onde.
Je craque!
Et un jingle pub de trop sur la lucarne allumée.
Pourtant, je suis guéri!
Pourquoi cette bougeotte qui me reprends?(voir Blog it)
Je sais.
Je ne l'avoue pas, mais je sais.
Un gros coup de mou: Dans la chambre de l'héritier mâle alpha, trois préservatifs.
Un gamin que j'ai torché, y a quoi? dix-sept ans! A qui j'ai enlevé les roues stabilisatrices de son vélo , y a quoi? quinze ans?Il me semble même qu'hier encore je lui massais les gencives au sirop "Delabarre."
Putain, c'est l'heure: J'ai toujours un temps de retard sur la réalité.
J'me casse.
Contexte aggravant: La compétence des usurpateurs égale à celles des infirmiers de "Midnight Express"dont la seule solution consiste à alterner la pilule bleue et la pilule rose me donne l'envie de tourner à contresens.
Sursaut, encore!
Dérisoire! Je sais!
J'ai envie d'avoir froid. J'ai envie d'avoir faim. Sans possibilité de monter le chauffage ou d'ouvrir un frigo.
Partir et fuir ce ciel bêtement bleu et ce temps qui ment comme un miroir. J'ai envie de la brume sur des pavés mouillés à coup de bruine sur le port d'Ostende.
Il me faut du glauque, de l'authentique, de l'outrancier!
Des marins d'Amsterdam, des putes en vitrine, des maquillages qui mentent tout autant que le temps.
Le temps qu'il fait et celui qui passe.
L'outrance et l'excès révèlent ceux et ce qu'ils doivent dissimuler.
Envie de flash back! D'exténuement et de dénuement. De dopamine naturelle, la sérotonine qui apaise, l'adrénaline qui calme.
Trop loin et trop tard le quai et la brume: Altitude et Brouillard, plutôt!
Ce sera donc: S.D.F volontaire (et temporaire) dans les Pyrénées!
Moins glauque!
Et là (re) commencent les compromis: Tu crois que le sport et la solitude c'est l'absolu, la défonce sans autres limites que tes tripes?
Non!
Concessions à la légèreté: J+1:Pour crapahuter en autonomie dans la montagne comme j'ai prévu de le faire en course à pied, pas de tente, un duvet minimaliste, des petits beurre, pâte d'amandes, fruit secs, quatre litres de flotte et basta. Dormir à la belle étoile, si elle veut bien se faire belle.
Concession au moyen de transport:J+ 2: Montée du "Tourmalet" à vélo, donc caisse à boulon obligatoire ( ben oui, pour transporter le biclou). Pas de moto, pas de bras qui s'allongent et les oreilles qui reculent à l'accélération.
Pas de vulnérabilité aux éléments. Je ne sentirai pas le vent et la pluie, l'odeur et la température qui changent aux passages des forêts. Je ne déclencherai pas ma tempête personnelle, mon orage intime: des vents de 200 Km/H en tournant la poignée sans décaniller les arbres. Je subirai "les autres" dans la montée en lacets vers Cauterets à la queue leu leu.
Concessions à l'équipement:Ascension du Vignemale: Pas de cordes ni de batons, encore moins de piolet et de pointes: je passerai par le "Pont d'Espagne"au lieu de Gavarnie et je me passerai du franchissement du glacier vers "Baysselance".
Pas de godillots mais des "New Balance"ulta light qui doivent avoir au minimun deux marathons dans les semelles.
Crash test annoncé, séquence préparation à l'échec.
Concession à la solitude: J+ 3: Pour la partie Canoë il faut ....un canoë et une partenaire qui me rappelle que rien ne se réalise sans Elle:
- "Chérie, tu peux me rejoindre sur la Leyre du côté de Salles avec le Kayak et me récupérer à Arcachon?
- Bien sûr mon amour!"
Une perle , j'te dis!( je vous passe les négociations/concessions)

 Je ne sais toujours pas le pourquoi de cette confrontation avec la montagne alors que j'ai horreur du vide (et je ne parle pas forcèment du précipice).
Besoin de s'élever et de redescendre, rassuré. Et ce coté sombre qui emplit la vacuité de l'esprit durant le sommeil.
Le pitch:Le sujet s'endort à la belle étoile épuisé, le corps empoisonné par les toxines, l'esprit en activation maximale et rêve que notre univers est virtuel, régi selon les règlesd'un webmaster issu lui même d'une intelligence supérieure, lui-même....etc,etc....Un univers de poupées russes.

Redescendu de 1000 mètres, je reviens du monde minéral pour me confectionner un lit de cryptogames, prés de la cascade" du Pas de l'Ours".
Hachés par la course, la montagne et la faim, j'étale le duvet sur ma couche de fougères.
Tous les neurotransmetteurs fabriqués par l'effort, le plaisir et l'angoisse vont créer, sans substance exogène, des connexions improbables entre des neurones qui ne se connaissaient pas.
Le sommeil arrive et le concierge du rationnel rentre dans sa loge.
Sous une couche de brume de mystérieux cocons montent la garde à mon insu.
"- la nuit tu rêves?
- non, je voyage!"
De préférence au delà de cet univers!
La troisième lune D'hyperborée codeTerra II, 9.5 Mo, reflète sur la serre de Germain Gauche une lumière grise et bleu.
Germain contrôle l'humidification et la température de son élevage de cocon, puis enferme sa précieuse culture.
Le temps sur Hyperborée c'est 7 milliards d'années terrestres en un click de souris et Germain Gauche doit à la chance ou à la Variable Inconnue d'être encore vivant sur la planète jumelle de la terre.
A cette différence prés que la vie a prit un autre chemin, sur hyperborée: Ce sont les cafards qui dominent la chaîne alimentaire. Des cafards de 2.50 mètres et friands de chair humaine.
La Matrice a téléchargé un logiciel de reproduction sur Terra II avec une gestation des protéines dans les cocons.
Rasséréné, Germain retourne à son ordi.
Sur la cheminée il y a une poupée russe sous une tête de cerf. Aux murs, tu ne trouveras pas du Dali ou del'Andy Wharrol mais un canevas représentant une scène de chasse dans des tons marronnasse etverdâtres. Dans l'entrée, pas de Jeff Koon, ni de Calder mais un chien de faïence en guise de porte parapluie et des animaux empaillés. Pas de traces d'Ousmane Saw.
Germain Gauche est peut-être une pointure en informatique mais il a des goûts de chiottes.
L'univers où est implanté le système solaire représente un atome de la 10ème poupée russe à l'intérieur de la "Matriochkas" et le système astral hébergeur d'hyperborée est lui même un simple atome dans une autre "Babouchka"quelque part dans la Matrice.
Germain, qui vient de régler son affaire à l'avatar "Jackson M."décidément transgressif au delà du supportable, se remet à sa tache principale celle qui le maintien en vie dans ce monde de cafards: La recherche d'un anti-virus pour éradiquer, enfin, le cheval de Troie code "lapin blanc".
Je n'avais pas d'avis sur la ré-introduction de l'ours dans les Pyrénées.
Des bruits étranges s'immiscent dans ma bulle.
Tout autour, des mouvements feutrés referment un cercle d'inquiétude.
Désormais j'en ai un: C'est non!
"La nuit est le manteau des pauvres"dit Claude Roy aux enfant de CM2.
Le duvet ne m'offre qu'une faible protection contre le froid et la brume. Le fond humide et gelé mordille mes orteils et j'entre dans la mâchoire glacée qui étend sa morsure à l'ensemble de mon corps recroquevillé.
Alors je me replie puisque mes jambes trop courtes m'interdisent symboliquement de toucher le fond. Je fais le lotus horizontal ou l'embryon, que je n'ai cessé d'être, mon menton cherche mes rotules, les trouve et se cale entre mes genoux, ma tête entre dans mes épaules, mes mains se retrouvent paume contre paume, pas si paumées finalement.
Je ne prie pas. Oh, que non!
Je glisse entre mes cuisses mes mains unies vers le centre de ce qu' intimement je suis.
J'ai chaud!
Je redeviens!
Je n'ai plus peur: je ne suis pas encore né.
Alors, je peux dormir.
Autour de moi les cocons semblent plus nombreux!
Germain Gauche( G.G) devait à la Variable Inconnue, celle de l'univers du dessus, sa survie: Les autres cocons contenants ses frères embryons faisaient les délices des cafards, une sorte de friandise dans leur régime alimentaire.
La Matrice avait programmé pour lui l'alternative d'un destin "divin"palliatif à sa finalité nutritive : Germain sera prélevé du cheptel et deviendra Webmaster de l'univers hébergeur de Terra I, autorisation 007, permis de créer et d'anéantir! De Genèse en Armageddon.
Sa "maladresse" était en réalité un algorithme voulu par la Matrice.




Les premiers millénaires en temps terrestre avait été laborieux. Les humains, imbus de l'illusion de leur propre réalité, nommaient "Infini" ce qu'ils ne pouvaient mesurer et "Hasard" ce qu'ils ne pouvaient contrôler.
Durant une petite heure de son absence de gardien de cocons, le chargement des logiciels de traitement de texte fut corrompu par les organiques de Terra I qui se disputaient sur les différents standards à adopter: Logographique, syllabique, cunéiforme, hiéroglyphique, orthographique etc.
Pour corriger, il créa l'avatar Pierre de Roset et l'écriture passât rapidement du calame au clavier et du papyrus aux pixels
Les programmes "autocad" à peine chargés voilà que les organiques le remerciait à coup de mastabas, pyramides, temples, dolmens, mégalithes et autres cathédrales. Autant de tentatives pour tenter de le rejoindre en prolongeant dans la pierre leur existence de chair. Il supprima donc cet outil écoeuré par leur condescendance et leur ignorance.
La programmation mentale des humanoïdes en mode grégaire développât des organisations sociales des plus brillantes qui pourtant se succédèrent selon un cycle immuable: Barbarie-Civilisation-Décadence.
Les édifices-témoins perdurèrent troublants les biologiques suivants qui se perdirent en théories sur les moyens employés par leurs ancêtres pour leur édification.
L'obscurantisme des théocrates ralentissant le chargements du logiciel évolutif, il dut anéantir ces inerties et créa les avatars Copernic, Galilée, Darwin interfaces de décodage de la révolution astronomique et de l'évolution des espèces.
Créant les avatars peste, choléra, lèpres et grippes diverses, Gégé modula la fréquentation de l'espace disponible sur le disque dur. Puis les avatars Hitler A. Mao T, Staline, Ford H. Renault L. Citroën A. plus efficients complétèrent son programme de régulation.
Gégé avait crée l'univers à sa propre image verbalisant en numérique les déviances de son subconscient.[à venir: transition du numérique au biologique]
Cela lui prit six jours. On dit qu'il se reposa le septième.
G.G sans états d'âmes, fournissait l'apport en protéines issu de sa propre races aux cafards. Le circuit neuronal romantique des biologiques verrait là l'improbable ironie de la matrice où il n'y avait qu'indifférence. Le concept du bien et du mal n'existe pas sans la conscience!
Gégé avait le projet pour les prochaines minutes, d'unir la galaxie Andromède(1.4Mo) au système solaire(156 Ko), mais il devait pour cela éliminer le virus code "lapin blanc" menaçant d'en faire un quazard en lieu et place d'une supra galaxie.
L'intelligence artificielle des humanoïdes, dévellopa en son absence une contre mesure défensive le virus "lapin blanc".
Il advint de cette création ce qu'il était advenu du Golem, de la créature de Frankenstein et de la découverte d'Oppenheimer:
Un virus aléatoire, sous différentes versions dont ils perdirent le contrôle et qui menaçait leur survivance.
La version Biologique, téléchargé dans l'A.D.N détruisait les cellules des organiques. La caste scientifique, section médecine lui attribuait des vocables différents selon leurs affinités: métastase, Alzheimer, V.I.H, et autant de cancer générant ses pseudo- spécialistes.
Le"cheval de troie" s'activait ou pas selon les aléas de la régulation nécessaire.
La version Astrophysique les nommait quazard, trou noir, antimatière, naines blanches.
Les ignorances respectives se grisaient de synonymes où se noyait leur incompréhension et leur laborieux progrés.
La version Déiste en liaison avec la caste Skyzophrène multipliait les théories. Les premières en place revendiquaient le statut de religion avec la fallacieuse légitimité de l'ancienneté. Les retardataires, sans martyre et sans historique, celui de secte avec en commun l'autorisation 007 bis, captation de propriétés.
La version Capital des humanoïdes détourna les progrès de la science au deuxième millénaire du temps terrestre et organisa la prédation de la caste des goinfres pour accélérer ce processus de Pandore.
Germain Gauche s'amusa beaucoup de cette capacité des humains à s'auto-détruire, ignorant dans la griserie que lui procurait la puissance, qu'au dessus des avatars, le Grand Manipulateur de marionnettes tirait les fils.




Le Gestionnaire des Gestes, ailleurs quelque part dans la matrice, s'amusait lui aussi du process induit par Germain, au bord extrême du maëlstom de sa propre auto -destruction.
Les G.G se divertissaient parallèlement de l'inventivité de leurs créatures respectives au service de l'illusionet s'étonnaient de leur aptitude à travestir leur apparence de marionnettes et d' avatars.
Le froid me dévore et le vacarme de la cascade me réveille.
La séquence encodage de mon voyage astral a saturé mon mental et j'ai la sensation que mon crâne est un samovar en ébullition.
Le soleil n'est pas encore là. Il me faut un café! Il me faut une douche!
"-t'en voulais de la précarité? ben t'en as!"
Je suis entre un paturage et une cascade, les cairns sont la seule signalétique et n'indiquent que le refuge à une heure de marche.
Mon ado flamboyant me renvoi à ma propre adolescence et les compromis, à mes trahisons.
Je retrouve encore aujourd'hui cette rigide immaturité qui dénie les renoncements nécessaires pour un absolu désuet autant que romantique. Les transgressions, régressives. Les rebellions, vaines. Le scénario initial corrompu ( la trahison) par la peur de la réussite si proche de l'échec. La mauvaise gestion de mon altérité qui sème les germes de l'échec dans l'élaboration de chaque stratégie:
Symboliquement j'ai préparé mon sac (stratégie) avec mes chaussures (la Variable pas si Inconnue que ça) fétiches (romantisme) qui empêcheront le projet d'aboutir (peur de réussir).
Qui tire les ficelles de cette maladresse organisée?
Mon autre Moi, dans l'obscurité de mon âme, prépare mon plantage avec Mon consentement aveugle:
Une étrange dichotomie verbalise le projet et les actes le compromette.
Pourquoi?
-Le statut de victime fédère les compassions et le rend confortable. Mauvais deal:L' équivalent énergie est au moins égal à celui nécessaire à la réussite.
-La confusion de l'esprit qui amalgame entêtement et volonté, idée et obsession, courage d'entreprendre et inconscience du risque inutile.
Mais la sagesse de Sénèque n'empêcha pas la folie de Néron. Alors, j'observe mon clone écrire le même scénar. de vie sous mon regard impuissant, inutile et inquiet.
Avec dans le programme, le virus auto-destructeur.
Comme le Seppuku inscrit dans le destin du Samouraï.
Je me rendors en révisant mon lexique personnel:
Adolescence: Période d'invincibilité et d'immunité qui rend jaloux les adultes et fait la fortune des dermathos.
Enfant: Clone ayant la mission de réussir ce que les anciens ont raté.
La brume matinale a tout recouvert. Je ne vois plus les cocons. Ont-ils seulement existés?
Germain vient de finaliser son anti-virus et se prépare à le Downloader.
L'incidence immédiate sera que le "lapin blanc" cessera de sévir et l'effet domino sera la collision d'andromède avec le système solaire. Un bénéfice immédiat pour l'humanité et, dans un second temps quelques millions d'années en temps terrestre, la fin du monde.
Et, accessoirement, l'avatar de l'inspecteur Pinault ne terminera pas son enquète puisque "la vérité est ailleurs".
Le Gestionnaire des Gestes, le Gégé du dessus, reprochait à Gégé du dessous son interventionnisme.
La régle absolu de la Matrice était La Neutralité et la Non Ingérence. Il lui fallut donc intervenir.
Il lui fallu donc transgresser la règle pour empêcher la transgression de la règle.
Il n'est pas programmé pour raisonner mais pour exécuter!
Il activa donc la "V.I":
La Maladresse Organisée de Germain Gauche.
Le téléphone sonna chez Germain.
Il décrocha de la dextre et de la semestre écrasa machinalement un bébé cafard qui "faisait" déja ses dix centimètres.
Oups!!!!
La porte d'entrée céda sous la poussée de Maman Cafard. Une odeur fétide, pestilentielle et acre accompagnée d'un souffle rauque envahit la pièce. D'une mandibule agile et tranchante elle décallota l'opercule du crâne de Germain.
Celui-ci n'échappat pas à son destin de nourrisseur de cafards. Il donna même de sa personne.
Bien sûr, usant de la fonction parole, encore active lorsque le prédateur entamma sa dinette de cervelle, il argumenta et tenta de faire prévaloir la tolérance de ses maîtres en contrepartie de son rôle d'éleveur de cocons . La cafarde n'a pas l'instinct maternel mais elle a faim.
La bête exécutât le programme et savoura sa vengeance qui sur Hyperborée Terra II est un plat qui se consomme à vif.
L'élocution de notre G.G devint lente, syllabique, alphabétique. Sa voix ralentit, devint grâve comme celle du cerveau de Carl dans le film de Kubrick lors de sa déconnexion, tandis que le cafard faisait des mouillettes avec ses neurones.
La recette du Germain/coque en quelque sorte.
A l'extérieur un taggeur graffe son mur:
DIEU EST MORT-Nietzche
La vengeance est un plat qui se mange froid-Jésus.Christ
Je me réveille en sursaut: il y a une bestiolle dans mon duvet!
Un cafard ou apparenté.
Innocent sûrement mais:




" - Si ce n'est toi c'est donc ton frère!"Lafontaine-je.
Sans plus réflèchir, je l'écrase d'un réflexe de survie.
Avec dégoût: Les coprophages ont mauvaise haleine!





Tourmalet, maispasque.





«-C’est la mère Michel qui a perdu son chat
Qui crie par la fenêtre, il ne reviendra pas!»
Est-ce une périphrase pour dire que Mr est parti, « Chercher des cigarettes Dans l’état du Massachusetts »?
Je l’ai retrouvé Mr Greffier, un peu à plat et en panne de moral:un 4X4 lui a roulé sur le buffet : il ressemble à une pizza et ses tripes sont de sortie comme lorsque l’on marche sur un tube de dentifrice sans bouchon.
Le monde motorisé impose sa brutalité au monde vivant.
A charge de revanche !
Sans se soucier de ma présence, un corvidé fait un festin de l’ancien félin. La nature s’accommode et la chaîne alimentaire improvise.
"- Stop!
what?
- un incipit, c'est pour attirer le lecteur pas pour le refouler: Souviens-toi de Marcel: "Longtemps je me suis couché de bonne heure...."là, les filles qui aiment les chats sont parties et les gars qui aiment les chattes aussi!
- je ne suis pas Proust.
- t'inquiètes, on a vu!
- alors je continuerai à utiliser les symboles, les oxymores, les contre sens et les mots rares au prix de la fréquentation confidentielle de ce blog.
- t'es maso ou bien....?
- non, mais le pays qui affiche 86% de réussite au bac, au prix de l'abandon de l'orthographe et des phrases bien construites mérite un effort.
- ton ironie est minable et rétrograde. Tu es aigri parce que ton fils conjugue le verbe "croiver" au lieu de "croire", use du "si j'aurai" au lieu du "si j'avais", dis "c'est des" en place de "ce sont"et ajoute des E à bonjourE et à c'est durE.
En plus, tu n'es pas champion du monde coté langue.
- cépafô!mais je me soigne: on dit "de plus, tu n'es pas....."
- c'est bon, continue!"
J’ai laissé la voiture à Lourdes et enfourché le vélo « pour un petit tour au petit jour ». Une boucle de 100km environ autour de la ville mariale comprenant la montée du Tourmalet par Barèges, la descente vers Ste Marie de Campan et le retour dans la cité des miracles via Bagnères de Bigorre.
Une nano Odyssée dérobée au temps qui s’érode.
Résister aux envahisseurs famille je vous Hai me! Donner de l’espace temporel à l’aventure intérieure.
« Pour un flirt avec toi, (aventure !)
Je ferai n’importe quoi
Pour un petit tour
Au petit jour
Entre tes bras
Entre tes draps »
Tout est bon pour occuper son mental sur une bicyclette. Se retrouver sans autoradio et sans clim’durant la « solitude du coureur de fond »de quelques heures dans la bonne compagnie de soi-même.
Se re-trouver !
Des musiques au détour d’un virage, des lignes droites au coin d’une phrase, des livres au sommet d’une côte où des mots qui ont imprimé mon subconscient reviennent jaillissant sur un dos d’âne sans rapport apparent et que j’essaie d’adapter à l’instant.
Alors, je découvre une poésie géométrique dans l’assemblage mécanique des cercles de roue et des segments de droite des tubes du cadre. Le T formé par l’intersection de la potence et du guidon m’enchante, le défilement de la chaîne me berce et me ravit le cycle infini des rotations de pédaliers et des révolutions dans l’espace de goudron et de pointillé des bandes blanches.
Seul, je suis seul !
Presque seul.
Au casting : Pénélope, Ulysse ; Le Tourmalet, Les sirènes ; Umberto Eco ; Joseph D’Arimathie ; Oscar Wilde et mon vieux biclou : Le« Cobra 500 »alu de chez Décathlon. Un peu de langue verte, (le greffier : Le chat ; Le buffet : L’estomac ; La mousse, la binouze : La bière ; Le taulier : Le patron ; Enquiller : Suivre, poursuivre) en hommage à Frédéric Dard, Audiard et Antoine Blondin. Pour la bande son : Reggiani Serge ; Delpech Michel ci-dessus dessous ; Brassens Jo et le Vivaldi des « quatre saisons » (de la vie) pour faire classe.
Ça fait du monde sur le porte-bagages !
J’entends le « Printemps » [ allegro……] l’optimisme candide du prime temps. Il y aura ensuite, la joie provisoire de « l’Eté » [tempo impettuoso], la raison obligatoire de « l’Automne »[adagio] et la chaleur froide de« l’Hiver »[ allegro non molto] dehors, dedans Pénélope.
C’est souvent le condensé d’une sortie sur route. Ou d’une tranche de vie.
Les kilomètres obéissent au mouvement des jambes et disparaissent un par un. Tandis que les cuisses montent et descendent comme un piston de locomotive, le vent siffle à mes oreilles des souvenirs mystérieux de comptines de l’enfance que je décode soudainement initié:
« C’est la mère Michel qui a perdu son chat….. » évoque, c’est évident, un mari cavaleur ou l’abandon d'un père.
Contes et comptines usent d’ambivalence, d'ambiguïté et de symboles pour tromper Anastasie (la censure)et Charles Perrault décrivit les exactions de Gilles de Rais sans nuire au prestige de ce notable maréchal de France en imaginant l’ogre de « Barbe Bleue ».
La lecture féerique précéda celle du procès fait au compagnon de Jeanne D’Arc,comme l'enfant prépare l'adulte à moins de naiveté.
La petite chèvre de Mr Seguin combattant toute la nuit contre le loup pour se faire dévorer au jour naissant, serait le symbole de la résistance vaine contre la tentation, selon Daudet.
La diatribe sur la déraison de la Pomponnette, la chatte coureuse du boulanger Raimu, une caricature de l’adultère à l’époque pudibonde de Pagnol.
Et ce petit chaperon rouge prenant la précaution d’emporter un petit pot de beurre pour la conversation (involontaire !?) avec le Grand Méchant Loup n’est-ce pas un prodrome du futur « Dernier tango à Paris » ?
Une miscellanées(féminin pluriel invariable) de crédulité lucide l’emporte sur la schizophrénie douce et le bestiaire plaisant des conteurs.
Fin de l’isolement : Un cycliste me rejoint et nous roulons de conserve. Il me parle de la grimpette mythique. « Le Tourmalet, il connaît par cœur, il est du coin et préfère l’aborder par le versant ombragé car la météo promet un cagnard sévère ». Je reste sur mon projet initial par le coté solaire de l'adret et nous nous séparons à la sortie de la ville.
La montée d’un col me fait penser au tir à l’arc, l’arc à Ulysse et Ulysse à Pénélope.
La mystérieuse chimie du cerveau, sous l’action des endorphines naturelles échafaude des combinaisons mystiques et improbables:
Le Tourmalet devient un Graal, pour d’autres une toison d’or.
Tendre un arc ou monter un col c’est un effort (stérile !?) constant, sous peine de recommencer ou de reculer. Puis une fois bandé, un simple doigt suffit à retenir la corde, respirer, relâcher et c’est la descente. L’arc projette sa flèche vers la rébarbative voiture qui deviendra cocon protecteur, matrice accueillante pour des muscles endoloris, un périnée martyrisé durant des heures.
Mais, n’est pas Ulysse qui veut !
Voilà Adast et Pierrefitte-Nestalas.
A droite, la grimpette vers Cauterets, pour le Tourmalet, c’est tout droit.
Je délaisse Adast et l’une de mes vies antérieures lorsque j’aperçois comme dans un rétroviseur, le jardin et l’escarpolette, l’enfant et la maman lors de nos parties de balançoire. La maman est partie, l’enfant à grandit un week-end sur deux puisque nous ne sommes plus trois et j’ai balancé d’autres Elles sur d’autres balancelles.
La route, déjà, se relève et le cœur accélère de la nostalgie ou de l’effort, inutile comme le souvenir.
Je mise l’enthousiasme contre la mélancolie et me « met en danseuse » avec en ligne de mire un autre cycliste au loin qui ignore la poursuite dont il est l’objet.
La température grimpe elle aussi.
Je n’ai pas d’eau depuis 20 kilomètres lorsque les premières sirènes chantent comme la fontaine sur la place ombragée de Luz-St-Sauveur. Je décline l'invite en apercevant deux compagnons aux maillots bariolés de publicités. Un « mur » à 10% ferme la ville tel un rempart. J’adopte un rythme de forçat avec l’aide des pignons qui glisse vers le braquet le plus favorable [pour les sportifs qui sont encore là je les renvoie à ce lienqui indique les braquets et l’aspect technique de cette ascension…..] Plus nerveux, les compagnons d’Ulysse partent à la poursuite de leur toison d’or. Je suis lâché par les deux Jason. Là commence les choses sérieuses, je suis dans le dur et le secour ne tarde pas :
« De l’importance d’être constant » me souffle le fantôme d’Oscar Wilde. Le souvenir de ce maître de l’hédonisme est pour moi une tape sur l’épaule ou une main au panier.
Les coups de pédales deviennent des coups de cognées sur un tronc et le raidillon finit par s’incliner et tomber tel un chêne abattu. Un méplat, un répit et de nouveau de la pente incessante, usante. Du labeur. D’autres arbres à faire choir.
J’ai le temps de réfléchir à la toponymie pyrénéenne: Tourmalet, tour mauvais, mauvais détour, mauvais tour ? A ses pieds, humblement : Luz St Sauveur : Lumière du saint salvateur.
Toujours cette peur organisée pour justifier les promesses d’avenir meilleur. A la lumière des obscurantistes les incrédules sont des mécréants. Il me semble que la montagne retentit de l’écho d’Umberto : « le rire empêche la peur et sans la crainte, pas de foi! »
Aujourd’hui, plus de croque-mitaine, chacun se suffit de son besoin de croire et de son envie d’espérer « Au nom de la rose ».
J’ai laissé beaucoup d’eau dans ce combat de bûcheron et je cède aux sirènes de Barèges. « Le meilleur moyen de résister à la tentation est d’y céder » Quelques fois !
Merci encore Oscar.
Je réapprovisionne ma future sueur devant des motards attablés, à l’assaut eux, d’une montagne de chantilly et de glace. J’ai renoncé à remplir les verres trop petits à partir du quatrième et ils assistent étonnés au spectacle de l’assoiffé vidant le solde du litre d’eau à même la carafe. Je comprends in petto les chameaux de l’oasis de Ouarzazate.
La sortie de la ville est assez raide, ensuite vers Tournabout en contrebas du plateau du Lientz, l’ascension offre un répit jusqu’au jardin botanique avec toutefois 5, 6 ou 7% de « raideur ».
Puis l’on passe dans le monde vertical au royaume du minéral. Plus de végétal orgueilleux dressé fièrement, simplement de la roche et des cailloux entre les espaces herbus qui font un barbe sympathique aux joues de ce malfaiteur de Tourmalet et accessoirement, la pitance des biquettes.
Poup,poum,poum, les motos de tout à l’heure passent , faciles sur un coup de piston en raclant le bitume.
L’oeil dégagé de la visière des feuillus l’on aperçoit le col et la route en lacets, enroulée autour comme un cache col, enlacée comme une écharpe. La pente ne faiblira plus en dessous de 9, 10 ou 11% de moyenne.
Les jambes tournent lentement, le guidon cherche sa trace en ondoyant, le goudron surchauffé colle aux pneus et l’idée saugrenue de faire demi-tour m’effleure et m’abandonne.
Pénélope attend et le gardien du Graal est derrière son comptoir dans la petite auberge du sommet entre une bière fraîche et une petite garbure qui glisse sur un Madiran.
« Le prix de rien et la valeur de tout » : Le Graal parfois se réduit à une petite mousse bien fraîche par 35° et Joseph D’Arimathie est un taulier de bistro.
L’espace est à la dimension de ma lenteur, et j’approche de l’idée de l’infini tellement chaque mètre me coûte. Les cent derniers à 14% sont surréalistes comme la fidélité.
La manivelle transforme le mouvement alternatif en rotatif pour la millionième fois. L’ensemble fusionnel homme-machine dodeline comme un centaure ivre.
Cabré sur les pédales, la progression en millimètres dent par dent de la chaîne tendue à se rompre se traduit en centimètres chérement gagné à la route.
L’air brûlant assèche les poumons et colle tout autant que le bitume.
Le labeur devient du labour.
La roue avant imprime le macadam de son sillon sans trop de rectitude. J’ai l’impression de rouler sur du papier tue-mouches avec une lourde et antique draisienne qui me trompe avec la pesanteur. Je me bats contre la nature et la température armé d’un pédalier, qui refuse de tourner, et contre la physique et l’attraction terrestre qui ne m’ont rien demandé.
Cette fois-ci, enfin, le dernier chêne bascule et tombe. L’arc est bandé prés à tirer! Je conserve d’un doigt sa tension. La véritable difficulté n’est-elle pas de durer ?
Je roule au pas dans l’équilibre précaire de la nécessité de rester au sommet. Puis, avant d'entamer le coté sombre de la déclivité, tel l’échec succédant à la réussite j’hésite à engranger ce réconfort médiocre, dividende de l’effort.
Dans l’auberge, j’aperçois la pompe à mousse, la serveuse et la binouze. Pourtant, je délaisse ce Graal dérisoire, les photos souvenirs, la tentation de l’ultime sirène.
Il y a, devant la stèle dédiée à Jacques Goddet, des groupes attendant leur tour pour la pièce à conviction qui leur permettra de partager l’instant avec leurs amis.
Un regard, une inspiration et je lâche la corde.
L’arc se détend et j’enquille la descente.
Comme une flèche.
Parviendra-t-elle à temps à Pénélope ?
J’ai résisté ! À l’abandon, à la serveuse, à son breuvage, à sa fraîcheur. Joseph d’Arimathie, qui espérait la relève est contrit, mais j’ai rendez-vous:
Le maître du temps s’en prend à Pénélope !
Sur la bande son Brassens a remplacé Delpech :
« Il porte un joli nom, Saturne
Mais c’est un dieu fort inquiétant […]
Ce matin c’est toi ma belle
Qui a fait les frais de son jeu
Toi qui a payé la gabelle
Un grain de sel dans tes cheveux […]
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d’horloge, de sablier
Mais je connais toutes tes grâces
Et la petite pisseuse d’en face
Peut bien aller se rhabiller »
C’est « l’Automne » [allegro] allez, gros!.
Bientôt la fête sera finie.
Les couleurs flashy de l’été deviendront douceur pastel et cela sentira le cèpe ou le cercueil :
Car il faut partager la route avec les montants de l’ubac et les descendants au ralenti intimidés par la pente. J’ai l’impression d’être un projectile aléatoire, avec le dérisoire bout de plastique du casque pour protéger la boîte à souvenirs.
A 80 Kms /h les voitures de la descente sont des chicanes mobiles et les montantes prennent tout le lit de la chaussée.
A droite, le ravin, à gauche, la montagne en face, un énorme 4×4 avec pare buffles.
Ce pare-chocs comme une herse de château fort doit être très utile pour aller chercher le pain chez Poilâne.
Alors entre le hachoir promis et le précipice annoncé, je strike d’un coup d’épaule son rétroviseur latéral pour préserver mon territoire.
Le chat de l’amère Michel ce soir rentrera au bercail.
Ste Marie de campan. il était temps pour la machine et l’homme:
Les patins de freins sentent le caoutchouc brûlé, les jantes sont noires des freinages appuyés et le pneu arrière râpé par les dérapages des virages pris en travers. Les avant bras tétanisés, les jambes flageolantes, je rejoint Bagnères de Bigorre, m’inclinant au passage de l’école de cyclisme de Laurent Fignon.
Puis Lourdes et la voiture!
Hiver. [allegro non molto] Il était encore temps :
De drôles de pèlerins tournent autour de la voiture un carnet de contredanses à la main.
Coupé au montage:
Quel macho cet Homère !
comme si Pénélope était un enjeu, un récompense alors qu’elle est une entité, un univers à elle seule. Une galaxie avec ses voies lactées et ses trous noirs. Elle est la matière et l’antimatière dévoreuse de lumière et d’énergie.
Pénélope et ses arcanes, ces éblouissantes ténèbres.
Certes pas un repos du guerrier ! Il n’est pas venu le temps de se reposer quand vient celui de la retrouver !
excipit:
J’ai modifié la dimension de ce monde étriqué et du tempus fugit. "Espace mon frère,Kronos mon ami, je vous ai escorté un segment de temps". Allié à ces deux mythomanes complaisants pour un pacte éphémère, les kilomètres se sont réduits en centimètre et les heures en secondes.
Alors, tu as trouvé ? Pénélope c’est la voiture ou bien……. ?
Du sport? oui mais pas que
une façon de voir le monde!





Le trail du Marensin
à Jean-Claude -"dis papy, t'as vu ma carte de France, on dirai un monsieur!" Pauline, qui court vers ses huit ans sans lâcher son doudou, dessinant sa géographie fait de l'anthropomorphisme sans le savoir. Pas bête!......: La Gascogne vue du ciel parait être un visage de titan assoupis qui entrouvre sa bouche à l'estuaire, se régale de l'océan et va chercher son menton du coté de La Corogne. Les Landes simulent des joues hérissées d'une barbe de pins, l'océan, un punk en colère à la crête d'écume. Quand la dune fait la courte échelle par temps clair, on voit l'horizon se relever et le relief ondule comme une mer pétrifiée. Là-bas l'écume est de neige et la chevelure blanchie des Pyrénées annonce sa calvitie de l'été. Ici, Emmanuelle (les extérieurs du film y furent tournés) a ébloui de ses charmes les bateliers du courant d'Huchet, Mauriac a imaginé Thérèse Desqueyroux, Braïce de Naïce est venu surfer d'Hossegor à St Girons et, mon ami Robert emmène le peloton du coté de Mt de Marsan. Que la force soit avec toi, Bob le teigneux! Leurs majestés les Princes noirs se présentent au départ du trail deuxième édition; première partie de 16 km à courir nuitamment. Spécial dédicace à notre couple présidentiel: Louise et Jean-Claude et leur sympathique famille. Le soleil en allant se coucher, s'allonge timidement sur la mer qui rosit, le vent souffle un peu de sable pour cacher leur étreinte, les yeux piquent tandis que 135 somnambules fuient les bandas vers le refuge sombre de la forêt et son folklore mystérieux. Le hibou alerte la faune de l'intrusion. Aussitôt, l'activité animale s'interrompt devant cette étonnante procession. Le mulot, relâché par son prédateur surpris, s'enfuit miraculé en direction de Lourdes. Le xénon des frontales perce la nuit naissante, étire la silhouette de ces cyclopes modernes, déforme les taillis, allonge la sente, exagère les "dépressions évasées". Tout est disproportion, surnaturel, obscurité, rêve. La nature s'anime, taquine, féerique, lorsqu'un de Gironde, qui a mal estimé la distance mais bien apprécié Tursan et accueil Landais, rencontre l'écorce rugueuse d'un pin et titube sous le bombardement de pignes lâché en riposte par le végétal susceptible. Ainsi virevoltant, l'éclairage invite toute la pinède, devenue cavalière involontaire d'une valse fantastique qui fait rire les écureuils. La brise mêle les senteurs de genêt, de résine, de moisissure aux odeurs de l'effort des vivants et promène l'exceptionnelle fragrance par delà les troncs. Les fantômes de gemmeurs, derrière la futaie, crées par les ombres, nés des esprits, vêtus d'imaginaire font des heures sup. engloutis par la dune. Sur le dos de la colline en dévers la chenille humaine se tend par les performances inégales de tout ces improbables dahus. Le sol moussu avale le pas et absorbe l'énergie, la brume mange la lumière et le bruit. D'étranges échassiers hantent le marais les nuits de coureurs perdus: –"Ce sont les spectres de bergers, disent les anciens, qui une fois l'an, viennent réorienter les brebis égarées". Ou alors les bénévoles de l'organisation, peut-être pâtres ou résiniers, qui sans échasses, ni hapchot, ni pitey(*), ne saignent plus les arbres mais encourage les trailers. Soudain une mélopée païenne et barbare retentit, des feux follets se tortillent le long de la trace qui se relève une dernière fois et signale la fin de l'incursion. La lune en retard apparaît, le rapace reprend sa chasse, le sanglier grogne, magnifique. Madame la laie se tourne, s'offre et soupire: -"on est déjà samedi!
.................................................................................................................................. Place de la bourse. Bordeaux. Mars s'éveille pour son dernier jour, Maryclair (bisous) et Bernard (tape dans le dos) sont dans le sas coureurs du semi éponyme en mission pour l'A.s.l.r. à la foulée des deux rives. ..................................................................................................... Place du monastère. Lhassa. Mars réchauffe les matraques. Pran T. Jamb' â tonkoû moine, manifestant, tibétain et motivé révise ses fractionnés en tong devant Thû Vâ Môorflé en godillots cloutés, chef de meute, C.R.S, chinois et énervé. ..................................................................................................... Place de l'église. Vielle St Girons.Mars éclaire une dernière fois le bar du centre. Christian Marensin, le taulier, sort les chaises "Coca Cola" qui vont bien avec la bâtisse à colombage et briques rouge, dresse les tables "Heineken" mais pas les parasols "Miko": -"L'ouben qe bin de Dax qe ba plaoue avoum tres hores". - "le vent vient de Dax, dans trois heures il pleut!" dit-il car, s'il pense gascon il s'exprime en français. Colombage et Coca, authentique et commerce! Départ: la pression est sur les épaules des princes noirs après leur performance de la veille, un paramètre qu'il va falloir gérer en sus du terrain et de la météo. Sont représentés en nombre et qualité les " grosses écuries" du bassins avec les "Millepates" et les "tortues Boïennes"; également des concurrents d'ailleurs: Deux-Sèvres, d'Espagne. La toponymie est charmante autant que la topographie est redoutable. Friande d'énergie, avide d'audace, insatiable d'expérience, De Cabiroulet à la Jaougue passant par Mot, Bache de l'Aygue, et Mount. Ici, ce sont 10 km de casse patte, de dévers gourmant de cheville, de grimpettes dévoreuses de cuissot et de raidillons mangeurs d'hichtio-jambiers. On pense à la référence du prestigieux aîné, le"Grand Bassac", ou le désormais célèbre "Lou Gabelou" de Cenon, sans les cordes et sans la glèbe. Ou bien celui du 19 Avril: le festif et convivial "trail du Prince Noir". Puis c'est la plage d'Arnaoutchot où un léger vent de travers-arrière, coopératif, balaye l'écume des vagues et dépose à nos pieds sa mousse écru. Là pendant trois kms de "Foulée des Baïnes" l'enjambée se fait modeste, fine de trajectoire et judicieuse d'accélération pour éviter les élans de l'océan, camélèon farceur jetant sa langue de mer recrache deux fers à repasser en guise de chausses. Ensuite c'est la Lette Blanche à l'assaut de la dune une dernière fois vers Junca, Pichelèbe le long du courant d' Huchet, des Cyprés Chauves au Pas du loup. Les corps souffrent, les organismes ravitaillent, l'acide lactique assaille les muscles, les cerveaux des uns adaptent leur stratégie quand d'autres doutent et "disjonctent". La tonicité, le talent et la ferveur des meilleurs sont tels qu'il vont rentrer en moins de trois heures avant les premières gouttes, quand d'aucuns termineront à l'orgueil et à la volonté, humidement, et d'autres vont payer cash de leur renoncement, les carences de l'entraînement ou les excès de leur enthousiasme. .............................................................................................

épilogue
Mars brûle ses ultimes rayons sur Lhassa, Bordeaux et St Girons Ainsi, dimanche soir sur la terre Avril lui tord le coup; Robert à pris tout les relais; Maryclair est à l'arrivée, Bernard à la bourre ; Pran est un peu cabossé et Christian Marensin rempile ses chaises, enroule la rubalise, classe les dossards et, 

Adischatz!

Trail du prince noir II ème du nom 

Préambule: Surplombant les vignes et forêts de la commune de Camarsac, le château domine le relief de l'Entre-Deux-Mer.Il fut édifié au XIVème par Laurent de Canteloup, puis agrandit au XVIII par Pierre de Gérès. Il doit son surnom de Château du Prince Noir à Edouard de Woodstock, prince de Galles et fils de Edouard III, roi d'Angleterre, qui y a séjourné pendant la guerre de Cent Ans. La paix règne sur la terre de France en l'An de grâce 8 après le bug de l'an 2000, Edouard est toujours vivant:sa descendance a remplacé la noblesse du sang par la noblesse du cœur, le destrier par le vtt et les joutes ne sont plus qu'oratoires .Les lotissements remplacent les champs de batailles, les tournois ne se font plus pour le mouchoir d'une dame mais toujours pour l'honneur d'une place chèrement gagnée. Dans les veines de ses héritiers coule à jamais l'envie d'en découdre. Sur ses terres. Pacifiquement!


Action!
Une fenêtre météo s'entrouvre timidement pour accueillir les randonneurs et coureurs, sur l'enclave angloise d'entre deux mers rendue au royaume de France. Piqûre de rappel historique, je vous la fait courte: en 1152 après le divorce d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII le Jeune, plus porté sur la prière que sur le frisson crapuleux, Aliénor, en jachère et caliente comme une baraque à frites, rencontre sur Mytic.fr Henri II Plantagenêt dit la poutre de Westminster.
Romantique autant que pragmatique, elle range son patriotisme dans le panty et un Eurostar plus tard, déboulle à London avec la Guyenne dans son hennin et un barricot de Clairet de Quinsac sous le bras.
Riton II, serrurier opportuniste, lui bricole la ceinture de chasteté et la Guyenne devint anglaise.
Nous voilà partis pour quelques bisbilles qui aboutiront plus tard à la "guerre de cent ans". En attendant la communauté européenne prévue dans un demi millénaire, on échange avec les aïeuls de Lady Di et les ancêtres des Beatles quelques horions, on s'interroge à la tenaille rougie à blanc pour connaître le digicode de quelques ribaudes, on s'empale dans la joie et s'étripe dans la bonne humeur jusqu'à ce que, non contents de boire de l'eau chaude avec des feuilles dedans et de faire bouillir les viandes rouge, ils vint aux "Godons" l'idée de rôtir la viande blanche, autrement nommée Jeanne la pucelle, à Rouen en 1431.
C'en est trop, et pour punir ce double outrage à la chasteté et à la rôtisserie, rendez-vous fut prit au château de Castegens pour l'ultime castagne dite "bataille de Castillon" où John Talbot perdra contre Michel Pérunin par 1453 à 0 (Michel, c'est le finisseur qui achevât John d'un coup de hache d'où sans doute l'expression "on s'est fendu la gueule!" qui de nos jours à une connotation plus festive).
L'affaire est conclue mais pour l'Aquitaine, les conséquences ne sont pas bénéfiques. Plus question de chartes au contenu libéral, plus question de "consentir " l'impôt. Jean de Foix, fils de Gaston 1er dit le Lion des Pyrénées, restaure quelques privilèges aux Castillonnais pour calmer le jeu et on se reverra à la prochaine coupe du monde.
L'on me pardonnera cette digression un poil triviale, mais un peu d'histoire ne nuit pas et il est bon de rappeler pourquoi nous portons le béret basque plutôt que le chapeau melon. Pour être équitable, et en terminer avec cette histoire de couvre-chef, c'est grâce à "l'entente cordiale" entre un amateur de cigare et le grand au képi que nous ne portons pas non plus le casque à pointes.
La course:
Donc, Phoebus est provisoirement radieux mais il y a plus solaire que lui au fond des tentes militaires austères, préposées aux inscriptions, Maryclair, Marie-Pierre, Véronique, Babeth, Sophie, Delphine, Danièle, Barbara, Christine, Nora et Sandrine, portent l'éclat sobre et sans paillettes de la beauté en langue d'Oc et les miss de la Dame au chapeau font marchandes de Capus comparées à nos princesses. Ainsi, dans l'assombrissement feutré des toiles, dotée d'autant de bijoux, la vitrine de l'A.S.L.R a des allures de joaillerie et les dossards sont à trois chiffres pour culminer à 845 futurs clients de LAFUMA; INTERSPORT entre autres mécènes avisés.
Chevaliers, écuyers, piétaille et marmaille, car les marmousets sont conviés à la fête, esgourdent David et Gérard à la sono lorsque Alain Létard, prince des mots dont le sceptre est un micro, convalescent châtelain de Lemoine, griot de la course à pied de la pointe de grave aux confins des Pyrénées, enrichit la mémoire vivante de la course nature par sa talentueuse présence. Le plateau s'enorgueillit de la participation de quelques "grosses cylindrées": Pascal 1et 2; Ghislain; David; Denis; Bruno; Marc; Wilfried, gourmands de chrono, les fuselées fusées Ariane; Karine; Frédérique; Annie Rose; Virginie habituées des podiums et entre autres figures amies, Martial le bien nommé, frais quinqua du jour entouré de quelques millepattes, le couple organisateur de l'Apre côte ; Galopins de Guyenne; Denis Boys; A.G.N; Anonymes du Campus et que l'on m'émascule si j'en oubli. Briefing de Patrick, devant la salle des fêtes et le cortège se dirige vers la place Fuendejalon pour le départ réel. (L'on pourrai dire aussi: la salle, défaite, se vide comme le Karouf de Beijing vers un territoire non boycotté, mais bon…) Ce transfert permet au moins bons de voisiner des cardios qui montent à 200, côtoyer du cuissot de rugbyman, d'observer le déroulé talon fesse d'échauffement de ces formules 1 qu'ils ne verront plus que de loin et de dos, rectifier quelque laçage ou l'ajustement d'un cuissard, et de remettre un peu d'ordre dans les boxers masculins. A chacun ses T.O.C pour évacuer la pression du départ. Les assaillants grimpent prestement au château, qui se souvient d'assaut moins pacifique, par le vignoble, accueilli par damoiselle Agnès sur les terres et avec la permission de Thierry Lurton qui vinifie la cuvée spéciale pour l'occasion. Insensible à ses charmes, la cavalcade continue. Pascal décroché, le ciel attristé pleure. Ses larmes célestes détrempent le sol déjà imbibée comme un supporter du P.S.G, la contré est rendue à la météo britannique. Cette ondée complique la course contre le temps. Il s'agit de trouver de la motricité, d'éviter la racine perfide, l'escargot téméraire et la cagouille suicidaire, être Candeloro dans les montées grasses, Grangé dans les dépressions glissantes, Manaudou au passage des gués. Le terme de l'effort approche lorsque Alicia et Bernard maître des lumières, bien que jeune retraité, entre encore dans la carrière et leur allume la grotte.

épilogue.
L'enfant de deux ans né de l'O.P.N avec une cuillère d'argent dans la bouche est déjà mature, grâce à la fidélité des sponsors, l'ardeur des bénévoles, la ferveur des participants. Gageons qu'il invitera, à son troisième anniversaire, quelques équidés pour le castel et fera chauffer la boule à facettes pour guincher la carole, la tresque, l'estampie ou la saltarelle, toutes danses médiévales. Avec D.J David aux platines et Martial au champagne!
Que cela se dise. Que cela se fasse.



Les vingt quatre heures du Mans.
Ou le treizième travail d’Hercule




Des héros, des vrais, des mytho-logiques pour nous accompagner 24 heures durant, il y a pire comme guide.













Préambule: 






Alex Cessif, personnage à l’humour basé sur le contraste de l’euphémisme, la litote et l’hyperbole jamais entre, toujours aux extrêmes, beaux père intéressé par le programme scolaire des ados qui ont, eux d’autres centres d’intérêts, affamé de connaissance, referme le livre d’Alicia, sa belle fille, sur la mythologie grecque.


Jupiter avait la fâcheuse manie de prendre différentes formes pour entrer dans le lit de ses élues. Pluie d’or, cygne, taureau ou plus simplement, l’apparence d'un mari (Amphitryon). Junon, sa femme, bien que déesse en concevait une jalousie très humaine. De ces unions naîtrons quelques demi – dieu que les aèdes (poètes, chanteurs grecs) nommerons « Héros » Aujourd’hui il suffit d’être le sujet d’un roman, d’un film ou d’un quelconque évènement même sportif, pour porter ce vocable. Par exemple: Jupiter et Léda donnèrent vie à Castor et Pollux, avec Europe: Minos et entre beaucoup d’autres, Jupiter et Alcmène : Hercule pour le "compte" d’Amphitryon. Alex C. imagine la scène :

Amphitryon revient d’une année de combat couvert du sang de ses ennemis et de la gloire de ses victoires. Il se précipite, transi et en manque au devant d’Alcmène puis, foudroyé d’étonnement, recule à sa vision : Le ventre rebondit de la belle enceinte jusqu’au fond des yeux casse l’ambiance des retrouvailles. Alcmène pour calmer le jeu, tente le coup de l’immaculée conception : -« Amphy, Souviens-toi de notre étreinte, tu es venu m’honorer dans mon sommeil ». Gematte et Jean Perpahune, les soldats voyeurs qui la gardaient s’avancent et en témoignent.
Oubliant son amour, son humour et sa crédulité, le guerrier valeureux et le mari outragé s’unissent dans une fureur animale.
La main retrouve le chemin du pommeau de l’épée. Il décapite les deux insolents d’un geste dédaigneux et se dirige vers Alc. qui n’en mène pas large. Alors, Jupiter surgi dans un tonnerre de Zeus (c'est le même; cross over entre la grecque est bonne comme la romaine), s’interpose, évite d’un paséo les deux têtes, qui roulent au sol avec une expression comique, bombe le torse, hausse le menton, claque les talons, se drape dans sa cape. Sa voix de stentor, courbe l’échine et fait tomber le glaive du justicier cornu :
« Amphitryon, c’est vrai, j’ai pris ton aspect pour te donner le fils qui te manquait. Tu devras l'élever et l'éduquer.
- Mais, Jupi.....
- y-a-pas de Jupi. Tu ne peux être jaloux d’un dieu ! »
Dégoûté, Amphy s’éloigna en se grattant la double excroissance qui commençait à poindre sur son front, se disant qu’avec ce rat il pouvait, aussi, se gratter pour la pension alimentaire.
Hercule naîtra de cette union à moitié divine avec la vindicte de Junon comme héritage et la bienveillance, parfois distraite, de son glorieux géniteur.
Jupi, non content d’être coureur, était aussi joueur. Ce jour de juin il faisait un tour de pok' et perdait.
Il cédat la mer à Neptune, le feu à Vulcain, l’air à Eole, l’enfer à Hadès et l’amour à Aphrodite. Junon au bord de sa piscine de la villa du mont Olympe, cherchai à nuire à son mari par humains interposés. Elle aperçu tout en bas quelques héros engendrés par son époux dans une ridicule occupation, marchant bizzarement. Discrètement, elle chamboula l’équilibre, souffla des vents contraires et perturba l’esprit de quelques uns de ces pitoyables pantins puis repris négligemment la lecture de Cosmo en sirotant son Vittel fraise. Je vous l’avais dit : Alex est un peu trivial, fait de l’emphase et surtout ….. Il est excessif !


Le rollingblueband, notre équipe, est une espèce de groupe disparate de débutants et confirmés qui vient se frotter à l’épreuve reine de la vitesse en roller comme « les pieds nickelés » de Forton se lance dans la jet-set.
Présentation : Fabrina cinq petits tours et puis s’en vas…..vers la logistique
Maria qui ne promet rien mais tiens tout
Luccho capitaine gourmet, gourmand d’hispanique ressortissante (Maria)
Frank, découvreur de talent (il a enrôlé et formé Fabien)
Aurélien le travail, la technique, l’efficience et le beau geste (il m’a convié à l’évènement)
Fabien venu valider ses 14 premiers jours de roller et qui fait très bien le cake
Bernard, testeur de goudron (oui, c’est le notre) et........
Moi, qui disais en 2005 que c’était la dernière, dans la persistance d’un rêve d’excellence impossible à réaliser, impossible à oublier.
Il nous manque trois équipiers pour faire le compte. Pourquoi sommes nous là ? Sans doute possédons-nous la double identité des super héros : Superman enfile son collant fluo pour sauver le monde le dimanche et reprend ses habits de journaliste le lundi. Ou pour observer le second visage de Janus, découvrir, éclairer notre coté obscur. La schizophrénie de chacun à son stade ultime avant la pathologie. Disons, pour accomplir le treizième travail d’Hercule.
Action! -L'ange slave soupire-……………………………………………………………………… Nous partons en fond de grille pour cause d’absence aux qualifications. Cette position loin de la ligne de départ nous évite l’émotion qui fait monter le cardio pour rien. Franck est aux commandes. Je vois dans sa mâchoire serrée la détermination froide, la maîtrise, le contrôle, peu ébranlé par notre handicapante position et toute son énergie contenue, la consécration du moment tant désiré enfin venu dans ses yeux. Il es t une démonstration de chair du pouvoir de l’esprit sur l’assemblage compliquées des muscles et des tendons.
Juste après la ligne de départ commence la montée longue de 600 mètres, relevée à 3.5 % comme un serpent lové, auréolé d’une passerelle en demi - pneu à l’enseigne de Dunlop. Là, l’horizon bascule pour la courbe et la descente d’un kilomètre à 2 % vers le virage de la "Chapelle". Son ellipse est un amphi. Un théâtre où se joueront tragédies ou divertissements piquants. Un amphi où s’apprendront les trajectoires les plus fines et l’acquisition de la vitesse.
Deux tours et vingt minutes plus tard, planning tenu, il me tend le témoin.
Je démarre façon diesel, il reste vingt trois heures cinquante pour s’exciter. Une féminine de l’équipe russe, plus vive me dépasse à l’entame de la montée. Un coup d’œil rapide, son geste technique est propre, efficace, sa trajectoire tendue sur la sortie des stands que curieusement les "bons" ne prennent pas.
La forme, callipyge mais pas trop, de cette anatomie archi connue est pourtant toujours aussi mystérieuse, je deviens communiste et l’accroche.
J’ai encore tant à apprendre de la féminité, la subtilité du comportement, l’efficience subliminale, le courage discret, l’endurance insoupçonnée.
Elle semble plus puissante car pour la suivre je dois m’agiter les bras dans un geste simiesque tandis qu’elle garde les mains "menottées" dans le dos.
La pente s’incurve à droite sur sa majeure partie comme une tête d’enfant s’incline doucement sur ton épaule en s’endormant, puis tombe, casse à gauche. Mon lièvre, ou plutôt ma hase, peine mais je reste derrière par méconnaissance de mes possibilités et du terrain. Allant chercher la corde, cumulant le dévers à la déclivité, l’ange slave soupire, souffre et ralentit.
J’hésite à l’aider d’une poussée manuelle car je crains d’être mal compris. Je m’abstiens, ne parlant pas le russe, pour éviter un incident diplomatique et ne pas devenir le tchétchène de Poutine.
Je patiente encore quelques mètres jusqu’à l’angle droit ou j’aperçois entre ses.... sa….. foulée la passerelle Dunlop. Je quitte à regret cette distrayante rotondité qui gardera son mystère pour la descente et le virage de la "Chapelle" dans la position fœtale d’un embryon à roulette. Un allemand plus corpulent me passe à droite, j’élargie en groupant encore plus et reste à sa hauteur.
Au-delà des cinquante kilomètres/heure, les mollets vibrent et les jambes ondulent. Le grain du bitume semble être une râpe et nous des futures carottes râpées avec deux cent gramme de tissus en protection. La situation se complique avec deux concurrents droits comme un double I et vingt km/m de moins sur notre trajectoire. Pas d’option freinage, seulement infléchir la direction et, dommage, perdre des dixièmes. Grâce au teuton, qui libère de l’espace en passant au ras des herbacées couchées par le vent de sa course et de ses huit roues de 100 mm officiant comme un coupe- bordure, je choisis de passer entre les deux attardés en train de refermer la porte de mon avenir de rolligbluebandeur en déposant mon A.D.N sur leurs genoux, dans un geste comme à la piscine.
Avec l’électeur d’Angéla Merkel nous échangeons un regard de malice dans une compréhension amusée et internationale vers le faux plat qui mène au virage du "musée".
Dans cette relance, grâce à l’impulsion de sa majesté Dunlop, ou certains restent collés comme des insectes sur une langue de caméléon, nous doublons les lambins par paquets de douze. L’action des neurotransmetteurs adrénaline, sérotonine, dopamine, cette chimie cérébrale mystérieuse oeuvrant aux synapses pour transmettre le bon geste au bon moment explique ce pied qui évite la bouteille perdue que n’as pas vu l’œil, ou, lorsque à l’abri derrière un espagnol véloce, tête baissée, cet écart opportun et millimétrés sans lequel je devenais suppositoire d’une croupe retardataire.
Vient le double droit du garage vert excitant, rapide. Mode d’emploi : Touché du vibreur au premier point de corde, élargir, balancer en croisant deux "Yoko géri" (coup de pied latéral), reprendre le second point de corde et enquiller plein pot la "promenade des goules", un bout droit souvent venté ou l’on se cherche des alliances coupe-vent.
-Le space opéra de stars wars dans les oreilles-
.......... Là, une chenille de "très bons" passe, le dos plat, horizontal, tel une table basse de salon. Sans réfléchir, mon cerveau est déconnecté depuis ma période roulette russe dans Dunlop, je prends l’aspi au prix d’un coup de rein nerveux. Le différentiel de vitesse faible me permet de rester au contact et de recevoir une leçon derrière ces stakhanovistes de la double poussée:
La foulée plus lente mais plus ample, très courbé, le menton sur les genoux et les bras en chef d’orchestre coordonnant et amplifiant l’ensemble.
Bouche béante, j’aimerai la fermer pour éviter son dessèchement et la sensation de soif mais l’épiderme tendu dans cette disposition d’œuf, je suis en manque de peau(bof)
. Nous disparaissons dans le droite- gauche du "chemin aux bœufs", "les esses bleues", le "raccordement". Le front commun solidaire contre Eole éclate et c’est chacun sa vie dans la zone des relais et sa joyeuse mais périlleuse anarchie des relayeurs aveugles des concurrents des écuries voisines.
En apnée, le space opéra de stars wars dans les oreilles, le palpitant en surrégime, je me glisse entre deux dans la position d’un hiéroglyphe égyptien, les épaules de face et la tête de profil pour tendre le témoin à Aurélien et rentre dans les stalles, fatigué et curieux à la recherche de mon temps comme un âne va chercher du son.
Les tours s’enchaînent, les heures passent, plus loin la "Chapelle" n’est plus amphithéâtre, mais pizzaïolo déposant ses pizzas sur les fessiers des téméraires. Bernard nous en ramène une belle :
Je le vois terminer son relais un peu chiffonné, sanguinolent, de la panique dans les yeux et l’apparence de celui que l’on aurai oublié dans la cage d’un fauve.
- « tu t’es battu avec un tigre?
- Avec la piste et j’ai perdu ! »
16h. A son deuxième tour, il est out ! Sa chute ne se voit pas trop au chrono, son courage, si ! Retrouvant un peu de raison, nous décidons de répartir ses tours entre nous en attendant la cicatrisation de l’âme et du corps. Quelques nouvelles du front de cette pacifique guerre :
Fabien champion en devenir, pour l’heure dans le style d’un marcheur botté progressant en terrain vaseux. Pourtant ses temps au tour sont réguliers, s’accumulent et progressent.
Aurélien : Tout petit déjà il n’aimait pas jouer à qui pisse le plus loin alors ce n’est pas une fois adulte qu’il adoptera les théories fascisantes de la domination d’un être humain par un autre, cela ne veut pas dire qu’il n’a pas l’âme d’un compétiteur. Simplement la confrontation avec le temps est un acte manqué comme la séance qualification oubliée et, lorsqu’il décide de se battre c’est contre lui-même, seul adversaire digne de lui. Là, Kronos, le dieu du temps, celui qui passe pas celui qu’il fait, refuse de valider son effort : la « puce » du temps officiel oubliée, il se tourne vers Maria, notre préposée à la pendule et seconde chance de mesurer sa tentative qui lui répond : -« tou é là ? Ye né té pas vou arriver. »(caramba, encore raté)
Franck, le seul à accepter et peaufiner les relais à l’américaine
Luc blessé dans sa chair et dans sa douche (chute en se rhabillant)
Maria ces relais corrects, réguliers en 11 minutes et son assistance aux chronos derrière le muret
Fabrina parfois roulant, tel que prévu à notre contrat tacite, est pour moi une noria revigorante entre les stands, le camp de base et ses spaghettis bolognaise.
-Lève- toi et roule !-
La nuit redoutée arrive. Ses ombres portées donnent une autre dimension aux silhouettes et aux écarts. La nature réduite à sa plus simple expression exhale un soupir humide de son gazon. Je dois dix tours à mes équipiers. Cela sous entend dix grimpettes sur le dos du serpent, alors je me redresse, refuse tout les combats, même les escarmouches et devient épicier, comptable de ses efforts avec des chronos supérieurs à 10 minutes pendant sept rotations.
Mais Junon, déesse outragée, agit sur le destin des hommes pour contrarier les desseins de Jupiter :
Chaque foulée fait un bruit de râpe et m’incite à passer aux stands pour un vissage de sécurité. Allongé sur la moquette bleue une force étrange inonde mon cerveaux de détresse et mes muscles d’acide lactique. L’arrêt est un prétexte de la sournoise (merci Junon) fatigue dissimulé par une fallacieuse prudence.
Les jambes en guimauve, le mental en déliquescence je suis incapable de me redresser. L’espace de liberté nocturne est devenu désert de solitude avec autant de doutes que de grains de silice où je reste piégé de douleur et de rage.
Je pense à Luc qui a pris tous les risques financiers, les corvées administratives et les files d’attente
Je pense à Maria qui a traversé les Pyrénées avec son sourire et son accent charmeur
Je pense à Franck qui souhaite pour l’équipe une place honorable
Je pense à Fabien qui l’an prochain me donnera la bonne trajectoire
Je pense à Bernard sacrifié sur l’autel de la Chapelle pour son premier roulage
Je pense à Aurélien sans qui je ne serai pas là
Je pense à Fabrina.
Je pense à Créon qui fut un roi avant d’être la ville terminus de nos entraînantes randonnées.
Je cherche la troisième voie entre raison et déraison qui me permettra de m’acquitter de ma dette et distraire mon esprit.
Je cherche le remède à l’impuissance et au désamour de la course.
Je cherche le retour du désir.
Je cherche dans le rêve le secours de la mythologie.
Soudain, une opportune apparition de titan en armure argent dans une lumière bleutée me saisit au col, me botte le cul et commande :
« Lève- toi et roule ! »
Jupiter en personne interrompant enfin son poker s’est déplacé incognito sur Le Mans pour donner sa divine riposte à Junon. Alors Hercule détourne Alphée et Pénée (les deux fleuves ) pour nettoyer les écuries d’Augias de mes pensées molles et paresseuses et mes jambes de leur lactine. L’enthousiasme remplace l’abattement comme Créon succède à Amphitryon au royaume de Thèbes.(Amphytrion, en panne de moral, ne s'était pas représenté aux municipales)
Il n’existe pas de photos de cet instant surnaturel pourtant les affaires reprennent. Trois tours plus tard Aurélien est là et je quitte la piste avec le triste record du tour le plus long comme un petit vieux rentrant courbé à sa maison de retraite.
Je refuse la dernière corvée consistant à rapporter le témoin électronique au camp de base comme j’ai refusé à Luc un poste de vigile contre une demi-heure de sommeil et je pars dormir tel un clodo contre un grillage dans un buisson entre les voitures le plus prés possible du circuit, son concert et ses fantomatiques ombres à roulettes.
Demain, tout à l'heure, il faudra coordonner Kronos et kairos concept grec de la profondeur et de l’intégralité du temps. Le premier échappe à notre contrôle de faibles humains, mais le second est à saisir grâce à l’instinct, la connaissance de l’opportunité. Ou la chance !
Trois heures et demi de sommeil et quatorze minutes de roulage plus tard je me décide pour une innovante pratique : Sans expérience des bienfaits des étirements et du massage, je m’oriente vers la tente des kinés.
Au massage, entre les mains de Dyna je m’endors et je rêve. Le sensoriel prend le pouvoir et s’emballe comme une monture sans brides dans le monde des fantasmes : [censuré……] En remontant vers les adducteurs Dyna accède à la zone interdite et le massage semble caresse.
Je me réveille. Elle s’excuse. Je m’éclipse. Penser à lui porter un café!
Des chevilles et des jambes neuves plus tard, le record de cette nuit s’inverse. 8.46.33 au lieu de 18.45.13 « Triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front » Kipling avait raison : tout cela est relatif autant que dérisoire et nous sommes des marionnettes entre les mains des dieux.
11H. l’équipe est au complet, dans les stands et sur la piste.
Briefing, avant le dernier run jusqu’à 16 h autour du capitaine. Parti à sept, nous sommes six depuis quasiment le départ. Les temps de chacun se maintiennent et même s’améliorent. Etat des lieux de l’appart des rollingblueband :
Franck : - « j’arrive pas à descendre sous les 9’.
Aurélien :- j’ai raté mon meilleur temps en oubliant la puce et je suis cramé.
Fabien : - pas d’ampoule et en forme on va finir les gars !
Fabrina :- encore un tour et je ferme.
Moi : - deux tours en suivant, je le sens pas. J’ai du jus pour faire un tour sur deux, mais pas plus.
Luc :- O.K ! vous répartissez les sessions restantes et je vais dormir un peu pour assurer les dernier relais ».
Nous finirons à quatre et Luc n’ayant pu trouver le repos prévu, alternera avec Fabien qui assurera les deux derniers tours de manége du cirque manceaux et aura les honneurs de l’arrivée.
Un peu froissé, un peu mâché, un peu fourbu, nous rentrons : La mission, qui semblait impossible, est accomplie.


Le raid(e) du Ciron




Dico pour les nul(le)s en sport: Un raid comprend plusieurs activités sportives différentes en équipe de 2,3 ou 4. Ici s'enchaînent sans répit: Un trail (course à pieds nature) de 12 Kms, une descente du Ciron en Canoë de 5 Kms puis, 20Kms de V.T.T en équipe de 2, dans les chemins sableux, et parfois escarpés, des Landes .




  • "- Il y a des moustiques?"Demande mon partenaire du jour.
Nous observons, moi intrigué, Maryclair et Jipé compatissant, cet extra terrestre arrivé de Roswell, zone 51. En fait, Didier, en provenance du raid de Bommes, dépéché à ma demande par l'organisation (je suis venu"à l'arrache", sans partenaire et contrairement au raid de Bommes il n'y a pas de catégories solo ici, alors je m'en remet Alin Connue. Didier M. pour le casting du jour.)
  • "- ………? Oui, et des grenouilles dans l'eau, des lombrics dans la terre, des petits zoiseaux dans l'air, la nature, quoi!" répond-je.
TRAIL/12 Kms: Quelques photos de familleplus tard nous bouclons le prime kilomètre en repassant bons derniers devant le parc coureur du site de Bacquourey ou Didier va déposer son litre et demi d'Evian entamé dans la poubelle tout au fond, dédaignant celle toute proche du premier ravitaillement. Ravi de partager mon dimanche avec cet amoureux de la nature et de l'environnement et un peu chagrin de laisser partir mon Jipé et notre Maryclair vers des chronos plus honorables. Rétroactivement, je dépose un boisseau de roses aux pieds de tous ces coéquipiers que, moi aussi, j'ai fait souffrir pour cause de performances déséquilibrées et qui m'ont soutenu par la béquille de leur tact, leur amitié et leur patience. Didier est prof de maths récemment arrivé de Turquie et in petto, je propose l'échange de nos compétences lui l'axiome d'Euclide ou les nombres premiers et moi, le sport.
  • "- Kestufé? Je questionne, le voyant retirer ses tennis et enrouler consciencieusement ses chaussettes dés le premier gué.
  • - je ne veux pas mouiller mes Nike toutes neuves! Me répond-t-il gentiment.
Je souffre de cette obsession de la virginité transposée aux objets. Avisant un autre mal marié houspillant son équipier je propose aux intéressés de reconstituer deux ensembles homogènes et permutant les dossards sans lui laisser le temps de la réflexion, je part réviser le principe d'Archimède sans lui vers la base nautique et en compagnie de Damien 20 ans et plein de jus. Gageons que d'ici l'an prochain nous nous reverrons car, les qualités requises pour la réussite professionnelle sont applicables à tous les domaines, de la plomberie au professorat en passant par la course à pieds, et les intellectuels, cartésiens, sont capables de venir à bout de la longueur des études, d'un plan d'épargne logement ou de la vie conjugale à partenaire unique et définitive.Je lui souhaite un bel avenir pour ce premier pas dans la douleur et l'activité de plein air. Il s'agit désormais de "mettre du charbon"pour conclure les dix kilomètres restants de ce Trail dont le parcours semble recalculé sans doute pour éviter les embouteillages passés.
Le cheminement à travers la haute Lande se poursuit en bordure de Ciron fait de péripéties venues de mon propre enthousiasme ou de l'empressement des autres joueurs:Les lianes artificielles pendent aux arbres pour faciliter les passages difficiles. Engagé à mi-chemin du raidillon, la ficelle salvatrice forme un triangle isocèle lorsque le concurrent suivant, d'un poids double du mien opère une tension brutale. En saisissant cette corde et par son action, le fil devient un arc dont je suis la flèche à destination du talus. La tronche dans la terre, surpris et remaquillé au terreau, ravitaillé de glands et recrachant les restes de fougère, le combat continu pour retrouver les potes, loin devant. Devant, le dossard 6 accroche une racine, s’étale à mes pieds et devient 61 imprimé par mon empreinte bien placée. Vengeance involontaire, injuste et différée, les places sont chères et pas de quartier : rattraper les copains ! Accélérations succèdent aux piétinements. Un éclat dans l'ombrage signale, non pas un radar automatique, mais le flash des photographes. Certainement le quart d’heure de gloire promis à chacun par Andy Warhol ! Le lacet dénoué par chaque passage dans l'eau sans doute farce de batracien ou des tortues boïennes (Hélène et Sophie), loin devant. Les cuissards verts, joliment remplis, en cœur de cible je rejoins et deviens la locomotive de ce train de sénateur. Damien est lâché et moi encore solo.
Canoë/5Kms: -Hérons et libellulles-
J'aide Sophie et Hélène à mettre les canoës à l'eau, attendant Damien et contemplant les camaïeux de vert offert par les rives du Ciron. Plaisir aquatique, canotage, glisse silencieuse ou course avec les libellules agrémenté de la verve joyeuse et parfois déçue des deux concurrents sur la rive affolés par leurs kayak qui prend l'eau: je les informe que c'est le système auto – videur. Audition sélective, ils comprennent : auto – remplisseur. Sans poursuivre ce débat philosophique sur le principe du verre à moitié vide ou à moitié plein nous poursuivons vers les glissières, zones de chavirage et sources de vidéo-gags.Un héron vole au ras de l'eau. Ses pattes traînent négligement, son reflet ondule sur le miroir de la surface. Narcisse volatile reprend son vol aléatoire, ivre de grand air titubant dans le ciel. Sa silhouette blanche tâche les arbres puis l'azur en disparaissant au- dessus de la canopé.
V.T.T/20Kms:-Le concave appartient au convexe-
Au parc vélo, grâce à la petite forme de Jipé,( dans un jour sans, parce que Maryclair, elle est en pleine forme) la jonction s'opère. En hommage à mon matheux préféré, il est désormais l’heure de vérifier si Pi r ² est bien la circonférence de nos roues. Sur le chemin sableux, il y a comme un bug dans le programme pédalage: mon fond de cuissard accroche le bec de selle et je redescend d’un étage, la cale de la pédale auto décroche en plein effort avec réception dans le tibia pour célébrer en avance le festival de mes cannes, l’embout de guidon s’entrelace à la végétation et me précipite dans l’acacia à qui je sacrifie mon petit corps en offrande plutôt que mes pneus. L’agacement point à l’horizon annonciateur de l’orage de la colère, funeste météo bien connue de la perte de contrôle des évènements de la vie ou, plus prosaïquement, de la gestion de l’instant. Je décide d’abandonner cette épineuse compagnie et cette "négattitude" d'Hank Kholer. Les suspensions absorbent la dureté du sol, le terrain mou lui, réclame de réguler leur action offrant de la fermeté face à la mollesse, de la souplesse face à la difficulté. Il en est ainsi dans la diplomatie, l’amour et toutes relations sociales en général et pour sortir de cette sablière en particulier. J’active la touche reset de mon cerveau et je bloque les suspensions de mon biclou afin de conserver à la nature mon amitié et plus si affinités. Là tout se transforme et la difficulté s'atténue: Le tapis sableux ondule comme une maîtresse alanguie alors, la fourche durcie pénètre gentiment la moiteur du sillon et trouve sa trace. Le concaveappartient au convexe ou l’inverse, qui le sait ? La terre se donne au rythme des accélérations successives, se nivelle par l’allure, accepte les coups de reins destinés aux talus rebelles, partage l’objectif de s’unir pour s’accomplir et mieux se désunir satisfait de l’échange libérateur. Je referme doucement la porte en quittant cette sablitude, en apnée, essoufflé, vidé comme il se doit et, la grande aiguille encore aimantée ( c’est le raide du Ciron), j’oriente ma boussole vers le nord magnétique de la silhouette de mes amis. Autrement dit : Un autre univers.
Cette galaxie à deux étoiles me régale du spectacle involontairement offert, de sa lecture du terrain, de l’intelligence de sa trajectoire, son utilisation des appuis, l’opportunité de l’effort dans certaines zones infranchissables sur deux roues (en clair: tu descends et tu pousses au lieu d'insister connement), la gestion de sa vitalité, sa ressource ( le fameux coup de rein) dans les montées abruptes et sa volonté de conclure (bande son :"pour le plaisiiiiir").
Jipé maugréé, mimant Géronte :
  • "Que suis – je "venu faire dans cette galère?
  • "Que "c’est la dernière " Scapinade ;
  • que l’on n’y reprendra plus avant de re-signer, sans doute, quand ce siècle aura neuf ans.
Chacun trouvera sa part de vérité reformatant son disque dur personnel avec les données nouvelles de l’environnement humain ou naturel et du temps qui passe en se méfiant de "l'évaluation qui tue".
Merci, mes amis les bénévoles et toi Isabelle, pour la qualité de cette après midi, ce concentré d’existence et du meilleur de vous ! Merci Damien de m'avoir permis de poursuivre grâce à ton enthousiasme et ton endurance. Bonjour à Didier Mazot (chiste) mon ami involontaire et volontaire du jour qui finira seul et loin. Total respect, camarade !


Le raid Aquitaine.
Où le dernier voyage de Raymond le cochon.
1ère édition du raid multi sport organisé par le conseil général d' Aquitaine.
Les équipes ont des appellations improbables: "Parle à ma main" ou le nom de leur sponsors: "Lyonnaise des eaux"etc...aussi le fil conducteur de ce récit sera les destins parallèles d'un......cochon vers avec un avenir de rillettes et jambon et son éleveur avec un futur de sportif.













1ère partie

Raymond le cochon se réveille et s’étirent dans la soue. Oscar Rapiat, éleveur prés de ses sous, a vendu son lot de gorets et il est pressé: Bientôt, il prend le départ du raid Aquitaine. Cent quatre vingt dix neuf autres concurrents, sortent de sous la couette et s’étirent dans la salle de bain. La représentation régionale devient nationale par la présence d’une équipe féminine de ch’ti. A noter une grosse participation de l’A.S.L.R renforcé par les « dissidents » de Camarsac : Stéphane, le capitaine, Joël le "financeur", Etienne et mézigue, la pièce rapportée, rattrapé de justesse par les cheveux, miraculé de l’équipe initiale intégralement blessés, sous l’égide de Delair et du café du centre à Salleboeuf, merci à eux et à Patrice qui m’a cédé son dossard. Pendant que Patrick, Laurent, Bernard et consort s’échauffent, consciencieux mais distraits, le peloton des coureurs à pieds gagne, mais l’avait-il perdue? la ligne réelle de départ aux ruines de Cayac et, en d’autres temps, celle du chemin de Compostelle.                                     

Gradignan – Cestas : 8km, Course à pieds.
Le chrono enflammé par les " parle à ma main" claque comme un coup de trique pour les "princes noirs T.D.R" .4.14 les séparent mais la messe n’est pas dite et l’histoire fera le tri entre ce qui est subi et ce qui est sous contrôle, car il reste deux jours à tirer. Liaison en bus pour les ex coureurs à pieds et V.T.T pour nous. Raymond hésite avant de monter dans le camion, saisit par un mauvais pressentiment en regardant ses potes moutons, réincarnés en nuages dans le ciel : «- il va faire un temps de cochon » pense-t-il.                                          Cestas – Marcheprime : 18km, V.T.T.         - Sa roue avant fend l’herbe comme une étrave ouvre la mer-
Hésitation parallèle pour le départ des bécanes : il y a promesse de sacrifice humain sur l’autel des pierres formant un entonnoir incompatible avec la sécurité. Le déplacement de la ligne suggérée par un des T.D.R - Princes Noirs est aussitôt validé par Denis speaker sachant parler et aussi écouter. Du bon sens dans les deux sens, cependant Sainte Gamelle exige son tribut et se venge de celui qui l’a privé de son dû en le punissant dans une chute collective. Une roue pliée pour l’un et plié de rire pour l’autre qui apprécie la blague, replace sa chaîne déraillée, tourne les jambes, moulinant comme une hélice, la puissance parle, arrache et postillonne de la tourbe. L’avant fend l’herbe comme une étrave ouvre la mer, le pédalier devient tronçonneuse, défriche et élargi la piste encombrée d’attardés. Nous bénéficions du bonus track à la suite de ce giro - broyeurs qui se marre et se barre. Derrière c’est la guerre. Des dépassements tendus, des pédales qui s’accrochent, des coups d’épaule et des pneus qui se tutoient en faisant un bruit de râpe, des sorties de sentier sanctionnées parles griffures d’ajoncs dérangés, des ornières mal rangées, vues au dernier moment, de la flaquounette qui te plaque au sol. Au guidon, ça ne chôme pas. Les mains en appui sur les paumes par une rotation rapide, saisissent les manettes de dérailleurs, agrippent les cornes de vaches ou tendent les doigts vers les leviers de freins selon les situations : « clic-clac » dit Mr Shimano je pose un (pignon) je retiens deux (dents), « prends- ça » renchérit quadriceps, « reçut 5/5 » encaissent les jumeaux et le soléaire, « merci » dise les pognes en cramponnants les cornes de vache. Un coup de guidon, un coup de rein en danseuse plus tard, quatre doigts se dépose sur les leviers, au cas où, et manoeuvre de l’humain et de la machine en symbiose reproduite autant de fois que nécessaire pour ne pas se faire bouchonner. A ce jeu les dépassements coûtent en énergie pour sortir et revenir dans la trace qui va bien et la jonction s’opèrent avec Steph’ dit Binbin pour le bout droit le long de la voie ferrée déjà vue lors d’un mémorable Cestas - Le Pilat d’il y a quelques années organisé par les « Lézards Verts ». Enfin de l’espace pour s’exprimer. Stéph’ fait parler la poudre. Les côtes fêlées pour lui, les guiboles tremblantes comme un chihuahua cocaïnomane pour moi, ne pas oublier la retenue de tout à l’heure « j’en remet deux » et enquille derrière Binbin qui devrai être alité. Je prends le relais et la succession de cette petite entreprise qui ne connaîtra pas la crise avec en point de mire un " Sanofi Adventis" et, plus loin encore, deux "Lyonnaise des Eaux". On recolle. Ce n’est pas un, c’est une. Je lui lance sans lui être présenté: -" on y va ! " Nous ne serons pas trop de trois pour accrocher les "Lyonnais". Ils ont entre cinq ou six cent mètres d’avance qu’il faudra gratter un par un en pédalant comme des bûcherons. Chaque coup de pédale est comme un coup de cognée et l’écart tombera comme un chêne abattu. Reste cinq mètres. Je suis un peu juste. J’ai le vent sur les épaules et mon maillot à demi ouvert fait parachute. Personne n’a pris de relais, elle, d’inexpérience, Steph de son torse blessé. -"Viens !"Me lance-t-elle s’apercevant de ma défaillance. Comment refuser ? Contact. Septième ciel. Repos dans la roue des Lyonnais. Sublime, elle "saute" les deux d’un effort spontané et relance d’un coup de génie. Spécificité féminine capable de remonter au front quand nous n’avons plus de cartouches dans le fusil. L’artiste joue "le chant de la terre" avec le chemin et moi "j’ai oublié de vivre". G. Mahler pour eux, de la variétoche pour nous. Ils partent, je lache l'affaire: Un, puis cinq et dix mètres. Comme sur les manèges de mon enfance, le temps pour le cerveau de transmettre l’ordre de refermer la menotte, je sentais la queue de Mickey me glisser des doigts. Inexorablement ! En nage et  de rage, je vois le groupe s'éloigner, les mains tétanisées sur le guidon. Des fourmillements m’empêchent de saisir le bidon que je sais plein d’eau et remplit de réconfort. Deux kilos de solitude plus tard Binbin, qui avait lâché, me ramènent du monde. Un chuintement sur les rails tout proche nous pari un T.G.V. contre un supplément d’âme. Tenu ! Sa majesté passe. Le G.V en bémol, mais ça souffle quand même son petit 160. Son air attise mes braises encore fumantes et me murmure "one more time". Phil. Collins coule dans mes veines et me fouette les sangs. Grande plaque devant, je remonte de deux derrière et "gare au gorille" ce n’est plus du vélo, c’est de la balistique : regarder loin, surfer sur la lèvre des flaques, sauter les bacs à sables, chercher le sol meuble avec des astuces de trajectoires. Les caténaires jettent du feu, nos narines de la fumée."Quatre cavaliers de l’apocalypse" pour un" train d’enfer" de quatre kilomètres jusqu’à Marcheprime. Steph’ sucre les fraises des quatre membres, il se réconforte de la pharmacie improvisée de Fabrina et des dix places gagnées au général. Jacques et Stéphane S. des "P.N" ont explosé la pendule et les "P.N.T.D.R" ont déjà repris les "parle à ma main". Prestation remarquée de James et David. Il ne sait pas dire non Raymond arrivant à l’abattoir, surtout quand Omaha Beach le préposé au débarquement des verrats chez Cochonou, a le coup de fourche aussi convaincant que lui l’arrière train sensible.                                  Lamothe – Biganos : 3 km, canoë. Nous bénéficions encore de blondeur solaire pour le repas à Biganos où nous parvenons après une liaisons non chronométrée et sympathique agrémenté de la gouaille et de la bonne humeur de David tandis que nos coéquipiers complètent leurs connaissances de la Leyre et du canotage sportif non sans avoir subi une course à pied imprévue qui n’a pas favorisé Jacques blessé et chaussé pour le vélo. « Il a bien changé mais il me semble reconnaître ce bon vieux Raymond » pense Oscar en se servant une tranche de jambon et une tartine de pâté au ravitaillement du port des tuiles.                                 Biganos – Audenge : 7km, kayack.                    - Le dôme céleste descend comme un couvercle-
L’astre en charge de la lumière et du chauffage prend ses R.T.T et Celestin le céleste, planqué derrière ses nuages, se racle la gorge en proférant quelques menaces lorsque nous mettons à l’eau sur le dernier bout de l’Eyre. Entre les herbiers, le delta étire ses bras et dépose délicatement dans le bassin d’Arcachon « l’invincible armada » d’une centaine de kayaks à l’assaut du port d’Audenge. Là, le ciel met ses menaces à exécution. Le dôme céleste descend comme un couvercle. Nous nous faufilons entre les nuages et la mer en baissant la tête sous sa coupole. Il n’y a plus d’horizon. Le plancher océanique et La toiture divine s’unissent. Fin du monde dans dix secondes. Trois, deux, un, zéro. La surface reçoit les impacts d’un mitraillage Pacifique, le vent ride l’Atlantique qui prend un coup de vieux et se remaquille pour dissimuler l’outrage des temps et du temps. L’ondée est son rimmel régénérant, coulant, mouille nos lèvres par le sel de l’effort et le sel marin venu du clapot trempe nos épidermes. L’océan s’invite à bord, submerge et leste de plomb liquide les embarcations. Eclairs et coups de tonnerre nous promettent un destin de filament d’ampoule grillée mais nous apprendrons à l’arrivée que le bruit venait de la rupture d’une pagaie protestant auprès du syndicat des pelles martyrisées, lassée de rejeter dix mètres cube de mer à chaque poussée de Pascal. Ainsi, Karine cédera son aviron à cet "homme en colère", fils de Chronos et de Vulcain pressé et en feu. Et, beaucoup plus tard, car c’est le temps qui crée l’hyperbole, dans les écoles du pays de Buch la légende dira : « il était une fois un géant...... lorsqu’il pédalait, le T.G.V prenait l’aspi entre Cestas et Marcheprime, quand il ramait, c’est la marée qui s’inversait et jouant avec sa pelle et son seau, il nous a laissé la dune du Pilat». Le temps exagère mais si bellement.                                Domaine de Certes – Graveyron : 4km, marche. Sortis de l’eau, nous arpentons gravement Graveyron car des questions seront peut-être posées avant une petite c.à.p dosée à quatre kilos mais vérifié à trois.six, rapide donc, peut-être un peu trop pour Jipé qui écume aux commissures comme les rouleaux aux passes d’Arcachon, toutefois devant notre équipe à l’arrivée, à l’arrache. Celestin, le peintre qui ne devait pas être satisfait de la teinte du ciel nous en remet une deuxième couche poliment juste à la fin des épreuves et avant le montage des tentes pour nous épargner le lancer de frisbee des enfants de Don Quichotte (allez, je t’aide : l’ouverture de tente 2" Décathlon). L’organisation bégaye, cafouille mais réagit avec le plan B du gymnase salvateur. C’est sûr, c’est ce bon vieux Raymond, se dit Oscar humant saucisses et ventrèches cuites à point du dîner d’ Andernos, il était généreux et aimait la chaleur ! Basta, le livre du destin s’est refermé pour Raymond. Il n’avait pas tout a fait tord, s’il avait su, et surtout aimé lire, il aurait vu sur les ridelles de la remorque qui l’embarquait: Marceau Cisson § Armand Douillette associés - abattoir de Bordeaux - Moralité du premier jour, s’il en faut une, soyez curieux de lecture et sachez dire non quand il le faut pour ne pas avoir un destin de cochon ! Joël, attendant l’ouverture du gymnase, révise ses fractionnés en chassant la cagouille. Ray Glissant pourtant rapide se fait choper. Le chasseur déposera discrètement son butin dans le coffre de la voiture, prés des boules de pétanque pour tester la solidité des coquilles avec la cohabitation des globes métalliques. Bonne nuit. ( Hé, Steph’, reste couché tout est fermé dans la cité du bigorneaux à 4 h du mat) Ce matin c’est la mousson et Andernos ressemble à Bankock.      Grand Piquey - Le Moulleau: Traversée du Bassin d'Arcachon.
     Grande dune du Pilat - Plage de la Salie. Biscarosse: 12 km
                 - L’émotion de Nora-
Aprés un petit déjeuner nautique, l'épreuve de la course à pieds 100% silice avec un départ original et biblique : Les premiers seront les derniers...... à partir du pied de la dune du Pilat. La clim’ est réglée sur 14°, l’abat jour nuageux tamise la lumière et retiens ses gouttes. Une course à pieds est toujours une épreuve de vérité, un combat personnel entre toi et toi. Pas de mécanique et si peu de technologie seulement les jambes, le mental, la vaillance. A ce jeu, si c’est au pied du mur qu’on voit le maçon, c’est au pied de la dune qu’on voit l’électricien et, je vois mon ami partir (bon vent à toi Bernardo). La solidarité joue à fond dans les équipes. Les soeurs Marie, bien dotée en jambes, impatientes pour l’une, longues pour la seconde (voir photo en P.J), assiste Nathalie et Audrey afin de ne pas dissocier l’ensemble MaMaNaAu. En haut, c’est grand, c’est beau, c’est bon, le vent vient d’Amérique. Alors ce belvédère naturel nous fait la courte échelle pour les States, l’imagination voyage dans le temps et l’espace, faisant du ciel une parabole qui compense la rotondité de l’atlas, l’onde, par triangulation nous offre le souvenir des marathoniens d’outre Atlantique MaryclairBernardet Eric sur Verrazano vibrant de leur foulée et nous, frissonnant par le récit qu’en fit la belle. Pardon de cette digression, mais parfois il faut dire son admiration. Nous rejoignons le rivage. Neptune crachote ses embruns et tapote la plage de ses doigts salés aux ongles d’écume, cherchant nos pieds quand nous flirtons avec le ressac à la recherche du solide. Gérard me rejoint et nous allons chercher les princesses. Le vent est partout, nous encercle. Stéphane, les filles et moi tentons de créer une zone de quiétude autour de Nora qui endure. Je comprend à fréquenter, émue "cette marche de l’empereur" ce qu’est une équipe soudée et comment se construit une victoire. Le sourire et la facilité de Sophie (qui m’avait impressionné sur les pentes du Mandarain à Espelette) prenant la bourrasque, l’exemple, le style et la sobriété d’Agnès, l’endurance et le courage de Nora, cimenté par l’efficacité discrète de Sandrine, cherchant et rapportant les ravitaillements pour gagner des secondes, refusant gentiment notre assistance par loyauté avec les féminines qui les talonnent au classement. Elle ne me dit rien, me regarde et je réalise soudain que ma place est plutôt avec Etienne aidé seulement de Joël. Déjà l’arrivée. Les yeux brûlés picotant de transpiration j’aperçois Simon sur un promontoire, mégaphone encourageant, Patrick, soutient indéfectible et la fin du sable qui se cambre pour une ultime montée, un dernier plaisir. L’émotion de Nora coule sur ses joues. Je m’éloigne pudiquement, mes yeux piquent aussi. Pas sûr que se soit la sueur.                                 La Salie – port Maguide : 12km, B§R.
                  -l’art de plaire précède l’art d’aimer- L’ultime étape est un Bike and Run(le B§R est une èpreuve avec un vélo pour deux:Il s'agit de rattraper et dépasser son coéquipier cycliste et de faire l'échange) par équipe.Démarrage souple pour un kilomètre en compagnie de la première syllabe des Mamanaau, puis Binbin donne le tempo et pour lui éviter de fredonner «Capitaine abandonné», songeant à l’équipe je file, chagrin en entendant l’amical au revoir, comme on part en vacances laissant celle qui a des devoirs à terminer. Les équipiers"bécanisés" sont en épi en bordure de piste, encore trois cent mètres et j’ai des désirs de bicyclette mais comme l’art de plaire précède l’art d’aimer, il faut lui courir après avant de l’enfourcher. Ensuite, puisque rien n’est jamais acquis surtout pas le coeur d’une compagne ou l’amitié d’un équipier, concéder, conquérir et posséder à nouveau. Sept kilomètres de sessions courtes et rapides alternant pédalage et "courage". Nous bagarrons avec Ellen, Françoise, Philippe et Philippe, mon chaperon rouge de dimanche passé qui a retrouvé ses jambes d’ex triathlète. Nous somme encore au contact à l’entame de la forêt, son sable et ses grimpettes. Sept kilomètres résonnent comme sept années où le désir change de braquet. Néanmoins conserver son choix initial. Changer serait se renier. Steph’ et moi restons cyclistes Etienne et Jo assurent à bon rythme. Tout le monde retrouve son ardeur et, tiens, tiens....... l’équipe Sanofi. C’est le signe réjouissant que nous avons repris les 7.17 perdu dans l’étape de Cestas. Fin de la mauvaise réputation faite au chiffre sept par la Tora qui écrit en hébreu : « sept ans de vaches grasses, sept ans de vaches maigres ». Malgré le souvenir des conseils de Laurent le magnifique, j’ai un peu de mal aux remontées récurrentes sur la selle de cette sculpture à deux roues dont le piédestal se fixe dans le sillon, mais comme dit Ellen : « c’est pareil pour tous le monde » et je perd le contact avec son équipe. Sans doute attristé, Mr Ricard a pleuré une larme de pastis dans les gobelets du dernier ravitaillement. L’arrivée définitive est à portée de mollets et nous finissons quinzième de l’étape et dix neuvième au général, les jambes en feu, la ferveur dans les veines, une explosion d’adrénaline dans les neurones, la poitrine palpitante de bonheur. Vibrant et vivant. Pat, bien sur est déjà là pour accueillir les dernières équipes et sa promise sur nos talons. L’Aquitaine, son espace, ses lacs, ses esteys, et ses étangs, son bassin unique et ses plages, ainsi que la plus grande forêt d’Europe n’ont peut-être pas été parcouru par d’aussi rapides touristes. Du bel et du bon dans ce paradis hédoniste et épicurien et nous garderont cette sensation inoubliable d’exister à l’intérieur de la carte postale. J’oubliai, sans doute parce que je n’aime pas ce mot, la moralité du second jour. Je prête à Simon, organisateur passionné, perfectible mais réactif, les mots de Jean, spécialiste de la fable et du monde animalier, qui pourrait nous dire : 

 « Et si de vous plaire je n’emporte le prix,  j’aurai eu l’honneur de l’avoir entrepris » 
C’est pas moi, c’est : Jean de Lafontaine.

 P.S : sur le chemin du retour en contrebas du Pilat, Fabrina me dit : « ce matin, le cordon des coureurs sur la crête de la dune, c’était magique! » Comme Ray Glissant, l’escargot évadé et survivant rampant sur le tableaux de bord. 
Merci, Joël !

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