jeudi 21 janvier 2010

Super Nanny.

Comment rendre propre un petit ange en passant par St Jean de Luz, Cahors et Toulouse?
Souvenance vacancière d'une vie antérieure du côté du mois d'Aout.
-"ça sent la frite, Papy."dit Gaby.
Il n'a pas tort, Gabriel: Quand tu déboules à St Jean de Luz, dés la sortie de l'autoroute ce ne sont pas les senteurs de moule et d'iode qui t'assaillent! C'est plutôt le Mac Do voisin du péage qui impose à la ville son empreinte olfactive et son Big Mac.
Alors, tu t'acquittes de l'octroi en apnée en te disant que c'est bon pour la traversée de la baie à la nage de tout à l'heure.
Gabriel!
Nous sommes de passage dans les Landes entre la cote basque et le Lot par le chemin des écoliers pour une visite de courtoisie aux magrets de la belle famille et accessoirement parents de Gaby le magnifique.
Trois ans et des brouettes que ce néo-terrien est arrivé sur la planète et une heure qu'elle m'a posé la question:
-"ça ne te déranges pas qu'on emmène Gabriel avec nous en vacances?"
Ma complice de vie de l'époque a mis un point d'interrogation par politesse, mais c'est le contraire d'un Q.C.M ce genre de question avec une seule réponse possible, comme souvent avec les gonzesses (pardon Madame).
Je fais semblant de réfléchir, pour être poli moi aussi et tandis que je spécule, je m'entends dire: "oui, bien sûr!"entre docilité et spontanéité.
Bon, je l'aime bien Gabriel.
Ses yeux étonnés, sa curiosité, sa démarche enthousiaste et chancelante quand il rencontre un caillou, mais sa maman qui l'affuble à longueur de journée de "mon ange, mon coeur, mon amour, mon trésor, mes yeux"(et pourquoi pas mon clito aussi)pour lui demander ce qu'il veut bouffer, ses repas interminables, ses jouets en permanence sur la table, sa valise de doudou ( S;X ?) divers et indispensables me font craindre un peu, mais "ça peut le faire".
Je souris en pensant à mon père, que nous visiterons bientôt vers Cahors, son coté rustique quand il coupe du pain dur à la hachette (si,si!) pour donner à ses chevaux. Sa tête de professeur Tournesol luisante dessus, hirsute sur les
bords, ses dents en clavier de piano, une blanche, une noire, son "un mètre cinquante" de Zébulon qui saute en croupe sur les vertigineux"Reine" Canelle"ou "Tipi", ses canassons autant dire ses enfants, son autorité quand il saisit la jambe d'un bourrin pour le ferrer.
Je pense à l'émerveillement de ce petit Duquesnoy débarquant chez les Groseilles.
Alors, tandis que je me faisais les bras cinq heures durant en kayak descendant le "Luy" lui- même affluent de "L'Adour"entre Monfort en Ch
alosse et Dax, le plan s'ourdissait:
Ses parents contraints de travailler, le chiard sans vacances est coincé entre une grand-mère coquette et un grand-père bricoleur-débordé comme tous les retraités. Nous, belle soeur, beau frère, héritons du bambin imprévu au programme:
Et, "- ça ne te déranges pas que....."
L'ange Gabriel.
De mémoire, ne serait-ce pas le gars de "l'immaculé conception"?
Le saint esprit descendu sur terre pour engrosser une vierge sans toucher les bords en faisant porter le chapeau au charpentier. Le grand gourou qui donne de la vertu à l'adultère et disparaît sans pension alimentaire dont la secte avec le bizness des statuettes de la vierge (?!) et l'enfant (chuis protestant j'te rappelle) marche encore deux mille ans plus tard.
Total respect, man!
Je prend la menotte de cet homonyme de l'homme d'affaires qui m'appelle déjà papy et, sans rancune, je l'installe dans la voiture.
Tu sais quoi?
Cela nous a rajeuni, Fabrina et moi, ce saut dans le temps du temps où nous procédions à l'élevage de nos propres nains.
Et puis je l'avais bien casté ce môme: à part un seul petit coup de blues le soir lorsque je lui lisais son histoire préférée de "Franklin"au Campanile de Cahors et une amorce de caprice au resto de la cité de l'espace à Toulouse gérée dans la classe et la douce autorité de ma virile et tendre complice, il accepte désormais les légumes, qui ne sont pas des frites, et termine sa gamelle.
Nous avons aussi et surtout réglé le rite du popo:
Sa maman lui met une couche lorsqu'il annonce une pèche imminente (si, si!).
Il démoule DANS sa couche, elle le nettoie et il repart vers d'autres aventures accroché à son doudou.
ça m'a rendu dingue d'assister à ce rituel avec l'obligation de silence poli que je devais à nos hôtes.
Avec nous et loin de sa maman, sans AUCUN problème il évacue en direct.Normal, suffisait de demander.
Tu sais quoi?
Le problème des enfants, ce sont les parents!

11 commentaires:

ballo' a dit…

j'aime bien ta conclusion :-)
sur le coup, on y rajouterait bien un "ben ouais, comme les chiens, quoi !..." si on était sur que ça grince pas...
bonne journée !

dusportmaispasque a dit…

ah! te voilà, toi!
Une amie dit:" nous ne leurs donnons que des outils, et un squelette
à eux de grandir autour

garder le contact est bien sûr très important"
valable a l'amie et aux enfants car sans ma Mie je me sens orphelin.
Sans grincer.

charivarii a dit…

oui ... et non
c'est le relation affective immense qui existe entre enfant et parent qui pose parfois problème
c'est un jeu de rôles dans lequel chacun prend position et il est parfois bien difficile d'en sortir sans aide extérieure
pas toujours évident de démêler l'affaire
mais très important pour le bambin ce voyage hors de la sphère familiale proche
un bon moyen de grandir
pour peu que tu tombes sur des gens "intelligents" et surtout ... gentils
j'aime ce texte, cette histoire
belle journée à toi

dusportmaispasque a dit…

Je pondère: Cette jeune maman, assez peu aidée dans ce cas par un papa pas très intéressé par l'intendance,retarde l'autonomie de l'unique l'héritier, enfant tardif et inespéré se rendant incontournable et use inconsciemment du pouvoir maternel incommensurable dans l'espoir que perdure la gestation heureuse en dehors de son utérus en souvenir des bienfaits de l'ocytocine.
Le désir de bien faire et l'insoumission au temps cumulés. Déjà le prodrome de la peur de vieillir.
Que sais-je encore?
Merci de ton appréciation, je prends "gentils" mais pourquoi les guillemets autour de l'autre mot?

Bougrenette a dit…

Et on constate également qu'il est plus facile de "gérer" les enfants des autres que les siens. Il a fait un beau voyage Gaby.

charivarii a dit…

parce que le mot intelligence ne veut bien souvent pas dire grand chose parce qu'il recouvre trop de choses
disons "une certaine forme d'intelligence"

dusportmaispasque a dit…

bougre: ton lien est inactif, je ne peux pas te rendre ta politesse.
Charivarii:
;-*

cathiminie a dit…

éduquer est un métier impossible, mais les parents sont tenus à l'impossible! j'ai 3 enfants, dont 2 voleront bientôt de leurs propres ailes, mais le petit dernier a besoin d'aller voir ailleurs comment ça se passe sans sa môman, pour son plus grand bien, parce que je sais que l'enfer est parfois pavé de bonnes intentions, même si elles sont maternelles, surtout si elles sont maternelles!Cela me fait penser au mot "bouche-trou" qui désignait, au 17ème siècle, le dernier enfant d'une femme...voilà qui fait sourire et réfléchir aussi!

dusportmaispasque a dit…

Je l'appellerai plutôt "Débouche-trou".
(Mauvaise) blague à part, je me souviens d'avoir tremblé lorsque ma grande a mis des jupes et que mon garçon partait à scooter.
L'acquisition de l'autonomie ne va pas sans quelques risques et nous ne pouvons les garder dans la soie et pour soi.
Soit! Il vaut mieux remarquer discrètement l'odeur du joint sur le vêtement et le préservatif dans la corbeille du bureau de sa chambre,(d'où l'intérêt de faire longtemps encore sournoisement le ménage et la lessive pour garder le contact) sans fabriquer un assisté qui prendrait plus tard sa compagne pour sa domestique, car nous ne faisons que remplacer un risque par un autre.
Keep cool et se réjouir de retarder encore un peu l'instant de l'envol sans en faire des "Tanguy" de Chatiliez.

emanu124 a dit…

Et oui, c'est un grand classique..
Les gosses font avec d'autres ce qu'ils ne feraient jamais avec leurs parents..

Chonchon a dit…

Un bien beau sujet. Je crois que les parents font tous de leur mieux. Ils sont peut être un peu trop bourrés d'informations en tous genres et contradictoires... Un peu de bon sens parfois, c'est tout simple et ça roule.

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