vendredi 26 mars 2010

ExpérienceN° 2



La Dérobade.1/2
Bon, on ne va pas tourner autour du pot cent sept ans: j'ai abandonné!

Assez prévisible. La raison aurait voulu que je ne prisse pas le départ mais la raison contre l'envie, hein, j'ai pas raison?


A quand remonte cet acte manqué? "-le jour de l'inscription." me répond mon ennemi de l'intérieur.

Je me suis inscrit en solo sur un raid (trail (course à pieds 7kmx2)VTT (30km), canoë(5km) où les potes sont en duo parfois mixte (Ci-dessus: Sophie et Eric. J'ai dis duo, j'ai pas dis couple). Il y a déjà là une présomption d'abandon et les germes de la démission sans avoir à rendre de compte à un partenaire.
Ensuite j'ai laissé capitaliser les jours de non-entrainement indexés sur la métèo dans une procrastination oscillant entre l' aquabonisme et le perfectionnisme . On l'ignore mais le procrastinateur est un perfectionniste: faute de ne pouvoir réunir les paramètres de l'absolu il remet au lendemain, puis demain et demain fois trente, le compte est bon et c'est pour demain!
à J - 1 j'ai préparé le matos comme un bon élève avant l'examen, puis j'ai soigné la diététique allant jusqu'au plat de pâtes sauce tomate.
Couché à 21h avec un peu de précipitation et trop d'incertitudes réveillé à 23! Un somnambule, qui ne pouvait être moi, s'est levé tiré de son sommeil précaire par un fantôme de connivence avec le démon de l'échec. J'avais besoin de douceur. A part manger un yaourt, j'vois pas. Les portes et les fenêtres étaient molles et j'avais un éléphant sur la poitrine.Je me suis glissé entre le sol qui montait et le plafond qui descendait, progressant comme Atlas avec le poids du monde sur les épaules, je me suis souvenu d'un litre de gelatti à l'enseigne " Carte d'Or" dans le congélateur à peine effleuré.
Il y avait des traces de ligula vulgaris qui rendait imparfaite la surface de ce cristal impénétrable.
Alors une main qui ne pouvait être la mienne, s'est emparée de l'outil du ciseleur comme un disciple de St Eloi avec des ambitions d' orfèvre. Elle s'est employée à façonner des facettes, un peu à droite, un peu à gauche, et à extraire de ce diamant brut de café, les grains de moka craquants de délice sous une dent complice. Encore une dernière pour parfaire la matière tendre, basanée, soumise. Et ce contenant qui soufflait sur les braises de ma conscience comme le diable au curé des "Trois messes basses":
"-soulage-moi de mon fardeau glacé et, une fois vide, je te servirai docilement à ranger toutes ces bricoles qui encombrent l'établi dans ta cave".
Cépafô y a un bordel dans cette cave! Allez, encore une dernière "dernière"
A l'ultime cuiller, j'ai compris mais trop tard le dessein du fantôme de compromettre mon lendemain. La caféïne n'est pas une bonne idée et je n'ai retrouvé le sommeil que de 5 à 7.
Il y a comme ça des nuits imparfaites qui laissent l'âme morcelée et le corps épuisé.
Au réveil j'étais sur une plage, trempé d'eaux, céans et ailleurs, dégurgitant de l'angoisse, gracié ou dédaigné, va savoir, par les naufrageurs du sommeil. L'eau de mer était ma sueur.
Il était hors de question de ne pas y aller et il y tant de subliminal dans cette "préparation" inversée, l'ironie du Shétan et l'humour des fausses pistes. Alors fourvoyons-nous puisque tel est notre destin et jetons le bonnet par dessus les moulins.
J'ai démarré mollo, refusant toutes les escarmouches durant les 7 premiers kilomètres de trail. Dans les appuis, sur les talus boueux, les ravines, les racines et les ornières me souvenant de la prudence et des quotas: un amour pour la vie et deux chevilles par personne.
J'ai pris du plaisir dans la seconde partie VTT pour 17 kilomètres. Des relances généreuses dans les bouts droits à saute concurrents par grappes de deux ou trois. Les passages techniques ne m'ont pas posé de difficulté à jouer de l'adhérence sur les roches humides et les coups de reins pour jaillir des taillis. Le single track entre les arbres à jongler du dérailleur et des transferts d'appuis m'ont amusés. Par contre, rentrer au parc coureurs rempli des vélos des copains déjà repartis à pieds depuis belle lurette pour le second trail de 7 kilos en direction des canoës m'a fragilisé le mental peu aidé par un physique en très petite forme. Il était treize heures et il commençait à faire faim. Le décalage entre mes sensations de vitesse et la réalité de mon inefficacité m'a gavé. Conscient de ce que ma présence dans le maigre groupetto de retardataires avait de ridicule en petit vieux déguisé en sportif, j'ai décidé d'abréger mes souffrances d'espèce en voie de disparition.
Il était temps de prendre la fuite.
J'ai aperçu opportunément dans un fourré qui bougeait un lapin blanc. Depuis Matrix, il a trouvé chez Alice un gilet pour couvrir sa bedaine et il a dans son gousset une montre molle et sans aiguilles. T'en veux des symboles sur le temps qui s'enfuit? ben t'en as!
Ce sont les oiseaux qui ont vidés le ciel en premier comme un nuage vivant. En plus rapide! Le sol d'herbe s'est mis à disparaitre par touffes entières, le parc à vélo à perdu sa géométrie de roues et de cadres multicolores comme si la lumière faisait fondre la couleur, la palissade perdait ses piquets de bois un à un, les spectateurs devinrent flous. Baissant la tête, j'aperçus les aiguilles de la montre du lapin croisée comme des ciseaux en train de me couper les jambes et mes mains perdre les pixels jusqu'aux poignets puis la dénumérisation s'en prendre à mes avant bras.
Là, j'ai bon: J'ai encore mes lunettes et mon casque de VTT. Je suis bien assis sur une selle mais la pression du vent sur la poitrine est anormale et j'ai les bras qui s'allongent. Apparemment j'ai changé de monture. Il y a du goudron sous les roues, des rail métalliques en bas des murs qui défilent d'un couloir qui rétrécie. Les arbres au delà du grillage ont aussi peu d'espace que dans un code barre. Le compte tour annonce: douze mille. La zone interdite est à 14.000 sur ce genre de machine. Le compteur digital annonce zéro pour les unités, trois pour les dizaines et un deux là où il faudrait un 1 pour être normal.

Je suis sur une moto qui fonce à tout berzingue sur une autoroute.

Tout baigne, j'ai bien fait de suivre ce lapin blanc, pas comme la dernière fois! A part ce Deux en place du Un. A quoi ça tient la vie? Un fil!Un chiffre!
Désertant les "champs de batailles", je suis passé sans transition de la prairie de Bommes au ruban de bitume et s'est en faisant du rangement dans ma tête en mode brainstorming à moi tout seul que je me retrouve en pleine délinquance routière avec la Chevauchée des Walkyries en fond sonore .
Bon, faut couper les gaz, changer de guide et remplacer Richard Wagner par Saint Christophe (Miossec).
La moto est comme un plaisir solitaire dont la puissance éphémère tient dans l'activation manuelle.

Je laisse revenir la poignée droite réduisant l'expansion dynamique de mon univers en débandade atterrissant sur la planète de la translation ordinaire tandis que l'orgue de l'échappement perd ses octaves et que la bourrasque se calme.
To be continued......
Je reviens mais chais pas quand, chuis en plein travaux de démolition.

16 commentaires:

pénélope a dit…

J'adore cette photo. Et j'attends le texte. Quel profil "intérieur"... ! qui laisse à dire, à rêver tes pensées, tes victoires, tes échecs, tes amertumes, tes espoirs...

dusportmaispasque a dit…

Le texte parlera de ça. Bien vu, fô que je l'écrive.
(on est bien d'accord: moi c'est le petit chauve (profil extérieur) à l'arrière plan.)

Pénélope a dit…

C'est très bien. Tu as de l'humour, tu sais te moquer de toi. ça me plait. Bravo pour y être aller avec un certain recul. J'aime bien l'idée du lapin blanc d'Alice et d'ailleurs, je ne vais pas tarder à le retrouver chez Tim.

Bise. Bon week'

dusportmaispasque a dit…

excellente idée: Les costumes, les idées, les personnages, la magie et l'imaginaire. Frustrant de ne pas voir ce Burton/Deep là. Ce serait comme une Paradis sans Johnny, une Taylor sans Burton.... Ulysse sans Pénélope ?
Pareil.

Myel a dit…

Waouh je continue de procrastiner sans vergogne. Parce que toutes ces fois où j'ai laissé passer les trente jours de préparation ne sont pas rattrapables...tu en fais la démonstration. j'ai jeté ma montre et le pèse-personne.

Mrs K a dit…

Où l'on reparle de la glace au café à ce que je vois. il faut voir les choses en face, la caféine n'est pour rien dans ta contre-performance dominicale, je pencherais plutôt pour le caractère hautement calorique de cette substance glacée, particulièrement indigeste dès 23 heures surtout chez le champion en devenir un tantinet angoissé que tu devais être ce soir-là... M'enfin ousk t'as vu qu'on se couche à 21 heures quand on a le trac ?
Bon, je te laisse, je suis en retard, en retard, en retard et le thé n'est pas prêt

dusportmaispasque a dit…

Le cartésien cherche des causes,le foireux cherche des prétextes.
Al. C.
"Dans la vie il n'y a ni récompenses, ni punitions, il n'y a que des conséquences" disait R.G Ingersoll à peu de choses prés.

colo a dit…

En rire, encore et encore, ne chercher ni excuses ni raisons...
¡Perfecto! Es así y nada más.

emanu124 a dit…

Un lapin blanc ? Et il parlait ?

dusportmaispasque a dit…

@ Colo:oui on n'y peut pas grand chose alors rionzun peu!
Merci Colo, c'est calme en ce moment.
@Manu: comme tous les lapins blancs qui se respectent.
Et bravo pour ton succès de blog.

chonchon a dit…

Sacré blanc lapin. C'est freudien, à mon avis. Déjà que chez Lewis Caroll, c'était pas vraiment franc du collier...
Il parait que le Burton est nul...

dusportmaispasque a dit…

Non pas toi, Chonchon: Les phrases qui commencent par : "Il parait que..."sentent la rumeur.
Alors certes il doit l'être puisqu'"on" le dit mais un Burton ne pas être nul parce que de toutes façon on n'y trouve, comme dans les auberges espagnole ce que l'on y apporte soi-même: le monde de "Beetlejuice" La fantaisie de "Mars Attacq"la créativité "D'Edward aux mains d'argent"le mystère de "Sleepy Hollow"la dérision de "Batman" et l'imaginaire des "noces funèbres".
Et........The Deep un acteur ..profond.

Chonchon a dit…

The Deep... acteur profond, elle était facile, celle-là !!! Gniaf gniaf gniaf. Hier soir y avait Edward qui passait sur la TNT. Je l'ai enregistré... je le reverrai pour la x milliardième fois. Miam.
Tu démolis quoi au fait ?

Serge a dit…

Je démolis ce naze d'Alex. Je vais conclure bientôt!

Ballo' a dit…

Tiens, en découvrant ça, je me suis dit que ça pouvait t'interesser.
Comme l'impression que ce qu'il te manquait, c'était pas que la préparation mais une certaine motivation.
Cours !
http://www.aide-et-action.org/ewb_pages/a/actu4080.php
Bon week end !

Chonchon a dit…

Bon. Démolition d'Alex, alors. Et (ré)apparition de Serge ? Suspense !

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