vendredi 10 décembre 2010

Anaphore.


Il n'a jamais vu son père.
Il ne lui a jamais parlé non plus, of course.
Il a vu sa maman "longtemps se lever de bonne heure".
Il l'a  souvent vu rentrer tard le soir.
Il a vu passer son enfance prés d'une vieille grand mère "de bric et de broc" .
Il a vu sa maman quand le grand Cric la croque.
Il a vu plein d'aujourd'hui Dimanche et se faner les roses blanches.
Il n'est pas vraiment devenu trader.
Il est en finale à qui veut gagner des millions
Il trouve le numéro de son père.
Il demande l 'appel à un ami.
Il appelle son père.
Il dit:" j'ai la bonne réponse"
Il  ajoute:" je n'ai pas besoin de toi!"
Il conclut: "c'est mon dernier mot!"
Il a gagné en direct one million dollar.

Inspiré d'une vidéo vu sur Dailymotion version rigolote. Deux histoires vraies: Le Père, Le fils et le Million et
Celle du fils sans le père ni le million.

4 commentaires:

Myel a dit…

Oh ! j'aime le phrasé et j'aime la chute... et en plus j'ai appris un mot : anaphore !

dusportmaispasque a dit…

Je te donne les plus classiques, anaphore en début de phrase (façon G.Pèrec de "Je me souviens"):
« Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
»
— Corneille, Camille dans Horace, acte IV, scène 5

« Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras qui tant de fois défendit cet empire
»
— Corneille, Le Cid, acte I, scène 4

« Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
»
— Louis Aragon, Strophes pour se souvenir

Même l'immense Aimé Césaire en commit une en fin de phrase cette fois-ci:
« Il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu'en France on accepte,
une fillette violée et qu'en France on accepte,
un Malgache supplicié et qu'en France on accepte.
»
— Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme

Dans la prose : « Marcher à jeun, marcher vaincu, marcher malade » (Victor Hugo)
Mais je suis suis certain que tu connaissais cette figure de rhétorique.

sable du temps a dit…

J'ai toujours eu un faible ( mais fort!) pour cette figure de style. Le côté scandant, répétitif, obsessionnel jusqu'à l'excès...
Je souhaite que ce très bon texte, même s'il ne te fait pas gagner des millions, ne soit pas "ton dernier mot"!

dusportmaispasque a dit…

Certains sont limite énervants genre "Je me souviens"mais, sans excès kilucru, j'aime bien notamment celui d'Aragon pour les vingt et trois de Manouchian et de l'affiche rouge. Comme toi si j'en juge par ton "un fort faible" j'aime bien aussi les oxymores.

Messages les plus consultés

Archives de blog