mardi 28 décembre 2010

Douglas Kennedy et Comment le père Noël a rougi!

Avant la lucidité, le père noël était un type sympa:
Une activité fébrile précédait son arrivée avec des chuchotis, une ambiance de complot et une attention centrée sur sa Majesté Moi lorsque je découvrais mes cadeaux. 
Puis une chose étrange arriva. Un être bizarrement fendu, sans parole, rampant,  à qui l'on obéissait toutes affaires cessantes au premier cri: Une soeur! 
Ce mercenaire de père noël se mit alors à me demander d'être sage en échange de ses largesses. Il paraissait être au courant de toutes mes fautes en live. Ce rancunier grâce à ses réseaux d'espions me punissait aussi l’année d' après à la moindre déclaration rétroactive de ses sycophantes inconnus et prétendait connaître le bien et le mal mieux que Moi Même. Plus tard, ce fut le temps de la désobéissance, des rébellions inutiles et des révolutions vouées à l'échec devant la supériorité féminine. Dans une confusion de rires et de pleurs il me fallut comprendre la nécessité vitale pour le partage des cadeaux de dissimuler la faute d'un carreau cassé et cesser d'omettre la rareté des bons points dans le confort de mon subconscient. Vint le temps de la découverte, de la conscience, celui de la duplicité, de la négociation métalepse de la diplomatie et des alliances.
J'entends le psy qui sommeille en toi:
"- tu vas voir! Il va nous faire l'amalgame entre l'arrivée de la féminité et la découverte du mal, la responsabilité des filles d’Ève et la culpabilité de Pandore". 
Pas du trou: cette soeur devint trés vite une complice, bien plus avisée que moi*: nous n'étions pas trop de deux pour  faire verdir de rage Santa Claus et rougir de honte le néo papa Coca-Cola ( l'original barbu était vert, c'est pour Coca qu'il a rougi!) porte parole des parents univoques, confondant, parfois, élevage et éducation. 
Ensemble avec la sister, nous découvrîmes le prix du mérite et le coût du bonheur, la valeur d'un rien, le goût du plaisir et sa rareté, une date par année: Aragon le dit si bien:
"- ce qu'il faut de sanglots pour la moindre chanson
  - ce qu'il faut de malheurs pour le moindre frisson
  - ce qu'il faut de remords pour un air de guitare...."
Un monde... juste, un univers simple, une société binaire faite de carottes et de bâtons, un monde.... juste avant celui plein de murs, de codes et de verrous.
L'heure de l'intervention  du hasard sonna à la porte de nos oreilles comme un colporteur diabolique nous livrant à la frangine et moi le pack complet de  l'incompréhension de la justice, le kit prémiun de la complexité de la culpabilité et la variable inconnue prévalente à la disproportion des punitions. 
Dés treize ans tintèrent les matines du big bang, le gros bourdon et  le grand bug: Départ du père, divorce, éclatement familial, la maman en HP et autres dissonances....
.....juste parce que j'avais dit un jour de colère induite par les grossesses multiples dues aux oeuvres du lapin  en chef:
"-Je ne me marierai jamais et je n'aurai jamais d'enfants"* 
Mais je ferai mon Calimero une autre fois.......
Joyeux Noël!
*et pan! un coup sur l'égo.
*(en ce moment je lis:"Quitter le monde" Douglas Kennedy dont cette phrase est l'incipit et provoque le départ du père.)

4 commentaires:

sable du temps a dit…

j'ai aimé le temps d'avant la lucidité...bien moins celui d'après...
le bonheur a un prix qu'un enfant ne devrait pas payer.
Tu cites :"quitter le monde". On quitte un monde pour en trouver un autre et un autre...et quand "Jane Howard" dit notre passé conditionne nos actes futurs, elle a raison. Bref on traîne tous nos casseroles, certaine faisant plus de bruit que d'autres!!!
désolée, mon propos n'est pas d'une gaîté folle...
Amitiés.

Myel a dit…

Comme le suggère sable, le temps d'avant devait être bien...c'était le temps où je me délectais de tout ce qui se lisait et me tombait entre les mains...

dusportmaispasque a dit…

SdT- j'irai lire Jane Howard quand j'aurai fini le pavé de Douglas.
- Ne sois pas désolée, j'aime bien quand tu passes par ici.
Myel: demain sera encore mieux forcément!
Continue d'écrire... sur d'autre... choses....sujets?Ce ne sont pas les idées (blanches) qui te manquent.

chonchon a dit…

Pour ma part, je m'efforce de rester à la période "d'avant la lucidité", sinon le monde est bien trop effrayant. De même, je préfère la compagnie des enfants... que celle, suffisante et calculatrice, des adultes.
BONNE ANNEE, ALEX !!!!

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