mercredi 19 janvier 2011

Encore une! Rupture(s)



Jacques porte beau sa soixantaine. Sur un malentendu il tombe in love d'une femme plus jeune, Laura.
Dans la tribu des poils aux pattes le mythe de la virilité est souvent confondue avec la compétition et l'amour avec la performance. Laura, elle, est juste amoureuse.....248 pages pour dire que la peur de la perte du désir sexuel mène direct à la perte du....avec un pointe de schizophrénie et tout le talent de Romain Gary.



Veuillez payer contre ce chèque.......

....Vingt euros"et je signe.
Tous les ans à la même période, je m'interroge sur l'opportunité de prolonger mon adhésion au club et, derrière cette petite signature,je m'interroge aussi sur mon adhérence à la vitre glissante et verticale du temps.

Encore cette année se déguiser, mettre des collants fluo et faire des ronds dans la nature pour revenir à son point de départ comme un hamster dans sa roue?

On le sait désormais, depuis que nous avons vu Serge July vendre "Libération" et entendu délirer Jacques Séguéla, toute révolution est inutile,
c'est à dire indispensable, tant l'humanité à besoin de redécouvrir par elle même à chaque génération ce que la génération précédente lui a appris. 
Dans ce monde circulaire, ma vie est faite de ces trajectoires en ellipses qui m'éloignent et me rapprochent de mon nombril. Je suis une bicyclette qui chutera quand l'Autre moi cessera de pédaler obéissant enfin docile à la loi des bicyclettes qui tombent.

(Accroché et suspendu au fil du pendule qui va de l'absurde à l'absolu, enrêné entre lucidité et démence, lutte et renoncement, victoire et reddition, sursaut et acceptation, regain et moisson, j'ai remarqué qu'il me vient aussi invariablement une nouvelle émergence cognitive, peut-être salutaire, peut-être fatale, et c'est dans cette douteuse certitude que je franchis souvent le point de non retour.)

Aujourd'hui, le catalyseur c'est Bernard qui, après une année sabbatique, m'invite à crapahuter sur la terre gorgée d'eau des vignes autour de St Emilion.
Je frémis de froid ou de danger lorsque ma colocataire sur le perron me chambre gentiment et très peu vêtue (à poils, en VO):

"-On annonce des pluies verglaçantes et tu prends la moto?"
Elle me donne....froid. Il ne faut pas chercher dans ce visuel une quelconque congruence avec la météo, ce serait compliqué.
"- euh... oui!", je répond étonné par l'évidence et l'incertitude, "tu sais, ça se mérite le retour de Bernard à la course, ça manquerais de gueule de débouler engourdi de chaleur comme un homme en conserve dans une caisse à boulon.
- La frime, toujours la frime!"
Elle n'a pas tord: j'ai souvent aggravé les difficultés du chemin pour le panache de l'arrivée, un peu comme le gars un peu con qui se tape sur les doigts "parce que c'est bon quand ça s'arrête".
"-Tu vas encore courir, tu veux pas vieillir, c'est ça?courir encore après toi-même et ton ancienne apparence "
Je ne mord pas à cet appât pas rances qui voudrait me garder sous la couette sans répulsion pour les trois kilos de l'hibernation et plus tard devant cette télé qui débite des conneries en continu.
- un DERNIER café?"
Elle a appuyé sur "dernier" et je souris du dedans tant j'aime la psychologie de bistro des pressés de mourir qui carburent à la clope ou au "Red Bull" quand moi je marche à l'enthousiasme......
J'entend la voix sourde du magma de l'en dessous qui n'est* pas de raison:
"-Va vivre avec ton nouveau jouet ta vie de morceau de beurre dans une poêle chaude, dévore l'héritage génétique et garde-moi un peu d'intégrité, j'attendrai!"

Elle n'a pas tord! Passer les 98 chevaux de la moto sur les départementales grasses avec le contact d'une carte de crédit entre le pneu et le macadam c'est un peu les jeux de la mort et du hasard.

"Elles" n'ont jamais tord! le "j'attendrai"me tournera longtemps dans la cervelle.

Et Dagobert s'en va remettre sa culotte et sa tête à l'endroit. La course à pieds 
encore une ...année. La der des der?
* ou n'ai pas, c'est souvent une question d'avoir ou d'être.

8 commentaires:

Colo a dit…

Ah amigo, les douteuses certitudes sont des mets de choix qui ne peuvent que valoriser leur auteur.
Ta longue parenthèse (Accroché-----non retour), bon, tu as trouvé les mots justes, bravo y besos.

NB: j'ai un ami de 60 ans qui court toujours, moins vite, mais il continue.... ET il a deux filles de 4 et 6 ans...la boucle est bouclée?

sable du temps a dit…

pourquoi met-on souvent entre parenthèses ce qui est le plus important?
Amitiés!

Mrs K a dit…

Arrrrrrrrrrrgh ! revoilà la très fée-gnante ! Mais est-ce pour me punir que tu as écrit plein de trucs très longs ou pour me faire honte, ou les deux ?
Tu as pris trois kilos ? Damned ! Il faut remuer davantage sous cette couette et courir, c'est sûr, c'est sûr !

gicerilla a dit…

Je soupçonne les uns qui accusent les autres de ne pas vouloir vieillir de simplement ne pas avoir le courage des autres qui ne baissent pas les armes. La vieillesse est une chose souhaitable pour la maturité qu'elle nous donne mais elle est exécrable quand elle nous décatit, nous enlaidit. Alors je salue ceux qui veulent vieillir en pleine forme, en s'aimant toujours dans le miroir sans faire du maintien de l'image la seule quête valable, car celle-ci est vaine, évidemment ! Alors courez mon cher, courez, aimez-vous bien. On est capable d'aimer les autres si on s'aime déjà soi-même, non ?

dusportmaispasque a dit…

à Colo: j'y suis pas encore tout à fait à la soixantaine, je m'accroche aux quatre ans qui me reste pour y parvenir en bon état.La longue parenthèse est enchantée à ton avis?

à Sable du...: "on" me reproche mes tournures compliquées alors j'isole l'importance de l'être.
Amitié(s) chère sablière.

à Gi: Cépafô.Pareil: L'apparence m'importe peu, juste être présentable me suffit.

à Mrs K: Jamais de punitions puisqu'il n'y a pas de récompense. Les trois kilos d'un hiver c'est gérable affaire de température. Sauf exception, je ne sors plus que par des températures positives.

k. a dit…

je suis venue te dire que je t'ai lu... et c'est tout...??? bon un petit effort : chacun son truc pour se remettre les neurones en place, je serais plutôt une adepte de la sieste (ce qui ne m'empêche pas de m'aimer un peu quand même) "-Va vivre avec ton nouveau jouet ta vie de morceau de beurre dans une poêle chaude" : j'adore !

k. a dit…

au fait ! tu sais, l'acteur est un athlète aussi, d'un genre particulier, un athlète du cœur, ou de l'affectif, disait Artaud... ça aide à bien vieillir également. la bise

dusportmaispasque a dit…

C'est aimable! Dans ma vie statique j'aime assez la lecture et le ciné bien sûr. Quand au "théâtre du pont tournant "Romain Bouteille avec son spectacle "Misère intellectuelle" et venu jusqu'à nous, mais ce n'est pas Shakespeare.
une adresse pour toi (malheureusement en province):
http://www.theatreponttournant.com/

Messages les plus consultés

Archives de blog