vendredi 7 janvier 2011

"Parle-leur de bataille...."


-          « -C’est bien ce que vous lisez ?
Le restaurant est presque vide. Je suis le seul client. Les autres convives  semblent être les commensaux de  la reine des lieux qui vient de  me  questionner.
Du roman qui l'intrigue posé sur la table, la couverture est belle et le titre merveilleux : « Parle- leur de batailles, de rois et d’éléphants » Mathias Enard.
Attirée aussi sans doute par la couve sur fond de camaïeux allant du bleu gris vers le mauve pastel qui représente la silhouette de la basilique Sainte Sophie allongée sur le Bosphore. Des minarets dépassent son dôme comme l’islam de Byzance a supplanté la chrétienté de Constantinople en ce 13 mai  1506.
Ce jour là le Michelangelo post « David »et ante « Chapelle Sixtine »dépose ses valoches sur le quai de la future Istanbul, fuyant le pape Jules II vindicatif et mauvais payeur à l’invite du  sultan pour construire un pont sur la Corne d’or. Au fil des pages il y a dans une langue raffinée, les  récits croisés de  la rivalité, historique ou supposée, entre Léonard de Vinci qui a échoué à la tâche, les affres de la création dans le doute qui envahit  l’esprit du sculpteur, l’ambiguïté de sa sexualité et plus généralement, l’ambivalence de l’amour, la désinvolture des puissants et la précarité des artistes.
Du  titre, la phrase virginale dans son  intégrité est : « Puisque ce sont des enfants, parle-leur  de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de  leur parler d’amour  et de choses semblables. »
L’auteur de cette phrase n’est malheureusement pas cité. Elle figure en page de garde sans guillemets pourtant  il me semble qu’elle est de Rudyard Kipling et non pas de Mathias Enard. J’ai dû penser à voix haute car l’ancillaire a intercepté la prime syllabe du  nom de l’auteur :
-          " -Ki ? me SMS- t-elle.
-       -   pling ! tac-au-tac ai-je.
-      -    ….. ?  baîlles-t-elle."
Je l’aide : après tout pour me servir un  « prince des abysses aux délices du Siam » ( filet de Panga de merde accompagné de riz, thaï peut-être)pourquoi s’emmerder à connaitre les classiques.
-          Kipling ! L’auteur du livre de la jungle. Mowgli ; Shere Khan.Tout ça….
-          - ah bon, moi  je croivais que c’était Walt Disney !
Et moi je rêvais d'une conversation sur l'oreiller ! Retour brutal sur la planète terre ! Sans parachute  j’amorti le choc en fléchissant les genoux et pensant in petto : "pas d’élitisme mon Sergio" Après tout n’ai-je pas  entendu en Juin  dernier sur France –inter l’interview deTerry Riner néo- bachelier  et judoka fraîchement titré disant aux journalistes : « Si vous croivez que les sportifs sont des imbéciles je vous signale que je viens d’avoir mon Bac. »(Authentique) Alors j’ai  de la tendresse pour cette petite serveuse, sa fraîcheur et son innocence et puisque rien ne sera possible entre nous (passsque moi les bécasses...) malgré son corsage rempli du  minimum syndical pour rendre un homme heureux, je me casse vers la promenade sous les arbousiers du front de mer.
« Les passantes » Arcachon le 04/01/2011.

5 commentaires:

Myel a dit…

J'ai vu ce livre chez l'excellent libraire de mon quartier bobo, je ne l'ai pas encore lu...on ne peut pas tout lire !
Comme je te comprends : d'accord pour tirer un coup mais la culture n'est pas que physique...

dusportmaispasque a dit…

Je ne saurais mieux dire.

k. a dit…

mais qu'as-tu fais de ce très beau texte, que j'aurais bien lu une seconde fois ?????

dusportmaispasque a dit…

Tes désirs sont des ordres!

k. a dit…

ils font désordres plutôt ;-) merci Alex...

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