samedi 16 avril 2011

Ceci n'est pas une pipe!

Miroir d'eau. Place de la bourse (?!)
clik  et aparté: "Albin Duppé décida d'un tramway nommé désiré qui arrive parfois en retard. Comme le désir, d'ailleurs!
Alors, la cité séduite s'est offerte tout entière à la pelle et la pioche de son prince charmant dynamique et « droit dans ses bottes ».
Grosse de ses œuvres, la ville accouchât par des césariennes mécaniques de ses vestiges gallo-romain du temps où les rues descendants vers le fleuve s'appellaient des ports conduisant la Devèze et le Peugue vers la Garonne, où le voulait la nature et  le préfet Auzone.
Dupé par Jack, Albin le parachuté canalisât sa rancune et, de son énergie, fit la ville à son image. Narcisse déposa un miroir place de la bourse à la taille de son ego."


Dans la famille Magritte, René.

Le prédateur Leader Price.

Lui, après une journée enfermé, passée à noircir du A4, à prendre café sur café, s'est enfin décidé à sortir. Il a choisi de le faire à roller.
Ce moyen de transport[.......] lui procure une sensation de bien-être instantanée, ludique et apaisante. La Garonne, sensible au flux descendant, forme des tourbillons en passant sous le pont de Pierre. L'esplanade s'offre à lui, rénovée, débarrassée de ses hangars, vestiges du passé portuaire de Bordeaux, devenus insalubres et inutiles depuis que le port s'est avancé à la rencontre de la mer.
Les marées puissantes à force de combler le chenal de limon deux fois par jour ont vaincues le labeur des hommes et compliquées la navigation. Le fleuve a eu le dernier mot et l'escale désormais patiente à Bassens ou embrasse l'océan sur l'embouchure au Verdon.
A l'équinoxe, le choc entre la marée et la vague produit le phénomène exceptionnel du mascaret. Dordogne et Garonne reçoivent à l'intérieur des terres jusqu'à St Pardon et St Macaire cette poussée virile, et entre ces deux saints, les deux rivières, confluent à Ambés semblent être des jambes aimablement ouvertes et ce tsunami, un intense plaisir féminin.
Le lieu, de mal famé est devenu plaisant, d'espace, de vent parfois iodé et accueille indigènes et touristes, sportifs et promeneurs en une tour de Babel mêlant les genres, les langues et les vitalités.
Plutôt dans la fourchette haute des âges de ses congénères d'un jour, bon an, mal an, il en a empilé cinquante sans trop de dommages. Amoureux des mots [.....] au point d'en utiliser toute la palette, des plus complexes aux plus crus, à cause de ses mauvaises manières et en sus de sa petite taille on le percevait parfois, doublement mal élevé et lui assurait la tranquillité. Cette paix, cyniquement voulue, était aujourd'hui malvenue.
Observant cette diversité, roulant, il repère comme un prédateur dans la savane, d’harmonieuses silhouettes. Dont une, isolée, blessée peut-être?
Impact dans cinq minutes.
Elle, physique standard, une petite mine façon Lazare sorti du tombeau, naturelle et lumineuse cependant. Comprimée dans son jean serré, délicieusement féminine, 85 C ou D pour le buste, assise, étend ses jambes, légèrement écartées, allume une cigarette.
Grâce spontanée ou prélude séducteur?
Il s'assoit à distance calculée pour ne pas effrayer la proie. Il la reconnaît pour l'avoir dépassé plus tôt sur la piste qui longe le fleuve, accompagné un instant puis, peut-être inconsciemment, attendue.
Fruit juteux ou sorbet glacé? L'âme exploratrice, il cherche une accroche. Page blanche: Sa pensée préhistorique d'animal en rut se heurte à celle de fauve affamé et perturbe son élocution:
-"keskonfé?" Question laconique qui peut amener à prendre un café, une chambre d'hôtel ou……une veste!
Impact dans deux minutes.
-........? Alerte rouge. Un dragueur Leader Price : Elle ne l'avait pas vu venir celui-là.
"Encore une qui se la joue princesse inaccessible" déduit-il. Il relance et enchaîne, stimulé par ce prévisible silence:
"-non!.....parce que je me disais: le soleil, le ciel, la Garonne, une jeune et jolie gazelle, manque plus que le beau mec de service? Le hasard a bien bossé…..
-oui, mais le beau mec, mauvaise pioche!"
Isolée mais pas affaiblie
"-si, si! T'as entendu parler de la beauté intérieure? Écoutes:"
Médiocre rimailleur, toujours macho, souvent pitoyable, parfois mort de faim, il place les vers imaginés quelques minutes plus tôt:
"La Garonne comme une amante pressée
Se précipite vers son rendez-vous maritime
Brune du limon transporté
Je l'attends, jaloux de cet instant intime,
Verte revenir de ces amours océanes, apaisée."
Impact dans trente secondes.
Tout à l'heure un primate l'avez abordé d'un" j'te kiffe la meuf" rédhibitoire. Eliminé! celui-ci ferait bien d'amener sa rime ailleurs.
"-pas mal, mais la poésie c'est bien, la sincérité c'est mieux !
-justement, j'ai un échantillon sur moi, vingt centimètres ça ira?"
Médaille d'or au championnat du monde catégorie culot, pense-t-elle mais drôle cependant.
Elle rit, montre sa gorge. Bienvenue chez les vivants!
Elle est magnifique, se dit-il légèrement tremblant.
Impact dans dix secondes.
Affublé d'un patronyme incommunicable, antonyme de son romantisme pour l'instant inhibé par sa production de testostérone, il risque osant un shake hand:
"- Jack Facial
-enchantée, moi c'est Vanessa, Vanessa Laupe.
Tout est dit!
Il se penche vers elle. Pratique, la position assise nivelle les différences de taille. Pas de résistance.
Ses lèvres acceptent le tendre rendez – vous.
Impact!
Jack reçoit l'impact en pleine joue. Game over! Il avait pourtant policé son langage et usé de poésie au lieu d'exprimer sa pensée brute. Sans doute manquait-il des pieds à ses alexandrins ou la psychologie féminine est télépathe. Les temps sont durs pour les coqs déplumés. Reste la puissance de l'imaginaire: 

Vanessa n'oppose pas de résistance. Quatre longues saisons, vécues comme un deuil, se sont écoulées depuis la rupture et le départ de cet obsédé de Luc. De trop nombreuses nuits, cauchemardant, où elle se débattait perdue dans une fosse remplies de serpents ou emportée par des torrents de lait, la taie d'oreiller mordue et les ongles plantés dans la couette, tordue par la violence de son désir, et d'autres, angoissantes, tourmentée d' idées de rivières asséchées ou de puits taris. De long week-end à plaire sans séduire, tenue par son serment tacite de fidélité désespérée. Le temps s'est inexorablement emballé depuis qu'elle est quadra. Ce matin les cerisiers sont blancs et ne sont pas assortis au noir de son moral. Ressuscitant l'harmonie de la nature avec ses couleurs mentales, elle laisse glisser son deuil, son serment et sa langue dans cette bouche entreprenante placée là par le destin, surprise et touchée de leur handicap patronymique plus que par le physique banal de l'intrépide, se disant que ce point commun est signe que la vie est une aventure et celle qui débute un façon transitoire, progressive et ironique d'oublier Luc. Luc comment déjà?…….Ah oui, Luc Sur! -"Les affaires reprennent "songe Jack en se glissant dans la bouche de Vanessa, bien décidée, à 

poursuivre la route interrompue de son éducation sentimentale dont les carences ont sans doute causées sa solitude. Dans un rêve, comme un protecteur inconscient de sa pudeur, elle s'est agenouillée, un mascaret dans le ventre. Sucer pour oublier! S'il est un peu vantard, la promesse est bien là pense-t-elle en appréciant la dureté de sa sincérité, occupée par ses pensées elle n'a pas senti les sous vêtements glisser. Pourtant, ses mains prennent appui sur les hanches de Jack pour contrôler l'amplitude et le rythme de ses allers retours. Et son enthousiasme! Se serait dommage d'étouffer à l'oral pour cet examen de passage! Habituellement, elle se méfiait des émotifs et les évitait. De son expérience, ces faux sentimentaux étaient souvent des éjaculateurs précoces. La spontanéité du moment, les circonstances et le lieu, ses cervicales, sa mâchoire et la prudence lui faisaient souhaiter qu’il en fût. "On ne peut trahir un souvenir" pensa-t-elle et le physique de Jack était au antipode de celui de son "ex" annulant le solde de culpabilité de sa morale désuète, caduque et encombrante. Un gémissement de mâle en rut interrompit ses pensées. Elle le tenait en son pouvoir. Elle se sentit vivre intensément et reçut comme une récompense le concentré du meilleur de Lui. La notion de bien ou de mal disparut pour laisser place au bien-être. Elle fut surprise de l’orage intime, bref et violent qui lui tordit le ventre. Son cœur battait à ses tempes. L’échantillon de vie s’écoulait par saccades dans sa gorge. Elle le garda. Puis, ouvrant la bouche pour le libérer, en levant ses yeux vers lui comme une fleur regarde le ciel, leurs regards se croisèrent. L'expression mutine de la fumeuse contrastant violemment avec l'obscénité de l’instant le troubla. Soumis par l'ivresse du franchissement de la frontière entre l'érotisme à la pornographie, il chavira dans un titubement comique. Le caressant d’une main creusée en coquille, soutenant son regard, elle l’avala. Dans un claquement de langue, satisfaite, souriante, elle déposa un dernier baiser sur l’objet de chair brûlant qui lui rendait la vie et l’irremplaçable goût de la première fois. Les occasions se faisaient rares de mettre à jour sa spermothèque.

13 commentaires:

Myel a dit…

Expression à deux voix qui dit que le printemps s'installe !?

sable du temps a dit…

un prédateur "discount"!!! moins coûteux en période de crise? on n'arrête plus le progrès ...
marées puissantes, flux, vagues, mascaret, imagination "débordante"... belle dérive!
très beau texte.

Mrs K a dit…

Je me suis fait draguée par un gentil zinzin un peu plus en amont, juste au bord du miroir d'eau. Bon, c'était pas toi, il avait des cheveux sur la tête et un polo de marin.
C'est pas tout, j'ai un chantier en cours moi Mônsieur.

PS : Lao Tseu est née à Ambarès, fée gaffe à ce que tu dis

dusportmaispasque a dit…

@Mrs K: Je ne veux pas t'accabler de la culpabilité des filles d'Eve mais en même temps s'approcher d'un point d'eau à l'heure où les fauves s'abreuvent..... des règles identiques régissent le Sérengeti et la place de la bourse. Quand à moi, j'ai un alibi: je surveillais la cuisson d' une pintade à la broche.

@Sable: ce texte date un peu (2008) je le trouve un peu immature et d'une psychologie assez primaire mais merci de ton indulgence.

@Myel: Un goût de myel reste en bouche durant quelques caudalies et accompagne le printemps.

sable du temps a dit…

bof!la psycho à ce niveau-là...me ferait presque rire!!!

dusportmaispasque a dit…

Chais pas mais t'as l'air un peu tendue en ce moment, non?

Mrs K a dit…

/home/marijo/Images/La vie/Gironde Bordeaux Chartrons8 30-05-2008.JPG

Je ne sais pas si ça va marcher le copier coller...

Mrs K a dit…

ça ne marche pas groumpfff !

suivre le lien alors ...

http://villeneuvesurlot.canalblog.com/archives/2008/10/08/10880763.html

sable du temps a dit…

euh! non pourquoi?( mes idées sur le vélo...ou la psycho ...ou mon humour à deux balles?)...

dusportmaispasque a dit…

-K: Il n'est pas si mal ton petit pull marine au
fond de la piscine.
-S:pas l'humour: j'ai le même en pire!

Mrs K a dit…

Et c'est ki qui a le droit un très gros baiser de la Fée des zécoles et des zéros pointés pour son annif ?

dusportmaispasque a dit…

Alors là, total respect pour la mémoire, l'initiative et l'intention de la maîtresse des écoles. Tu gagnes une leçon de roller (ou une quille de rouge au choix)Je n'avais pas osé pondre un article sur mon nombril mais je vais me faire violence.
Bise.

Colo a dit…

Sur ton nombril? Ah, tout doux par là, c'est fragile ce faux trou-là.
Aimé ton texte, sí señor.

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