mercredi 4 mai 2011

Trail de Baurech

A Luis, si tu passes par là!
Chercher l'intrus!

Tip,tap fait la pluie sur le Velux. G.Laloose se rendort:"J'économise 12 euros et j'attrape pas la crève!"De plus Ali Bido lorgne sur Ronronette toute nue sous la couette. "Le (septième) ciel peut attendre" se dit Alex C, sourd à la voix de la vertu des éconocroques quand elle prend la voie du vice de  la paresse. Mon troisième Moi lâche ces deux losers, abandonne cette femme endormie, se presse un jus d'orange et saute dans son short.
Quand Jipé me double je suis en mode marcheur dans la première cote avec seulement trois kilomètres dans les pattes anticipant comme un épicier timoré sur le dénivelé positif des 1000 mètres cumulés. De la montée avec modération: On n'est pas au Vignemale mais faut se méfier des mâles vignes d'ici. Je l'ai joué petit bras en optant pour la version 12 bornes de ce premier Trail organisé par les "Anonymes du campus" alors je remets du charbon et j'accroche mon Jipé et Fabienne dans la même foulée.
 Bonne pioche, beau temps, belle vue: lorsque nous parvenons au Km 4 sur le coteau, les volutes gracieuses et avides de la Garonne enlacent le "Breuil " à vide de retour vers Pauillac. "Le Breuil"c'est la barge affectée au transport des tronçons d'A 380. Après une semaine crevante, il me fallait la sévérité des grimpettes, la brutalité des talus, les secousses des descentes, la gîte des dévers, la discipline des rangs de vignes et la tendresse des sous bois le temps d' un fragment de vie sans feux rouges. La prime joie est le plaisir ajouté de retrouver les  sybarites de l'ASLR puisque nous partageons cette philosophie du bonheur.







Nous faisons du yoyo sur le coteau, un coup en bas, un coup en haut. J'ai déjà les crocs au premier ravito qu'une poignée de raisins secs et une gorgée d'eau satisferont. Un comble au pays et au temps des grappes pas encore charnues, des pampres imaginaires et du vin pas encore tiré. Château de Lyde, Km 8 quatre vingt quinze pour cent de chemin et nous sommes sur la liaison goudron entre deux propriétés. La montre GPS de chez Décathlon me permet de contrôler ma course, la distance et ma vitesse. La mesure à la place de l'instinct. "Avant"quand je n'étais pas seul dans ma tête, j'amenais Alan Tousiasm' et son engouement me trompait assez souvent, Jean Rêvencor' s'emmêlait les crayons et Jack Précoss' partait trop tôt. Alors Victor Gueil venait à mon secours et Hank Kholer ne m'était utile que sur les derniers mètres. Depuis l'arrivée de la sagesse, toujours réfractaire à la dictature du temps, j'ai remplacé le chrono par un sablier mais  la technologie me donne l'assistance de sa mesure impartiale. Au creux de la départementale entre Cambes et Baurech la colline se cambre lascive d'un dernier coup de rein. A nouveau, la crête du coteau, les méandres du fleuve et.....  un poste de ravitaillement inutile, trop proche de l'arrivée. La césure entre la prose du 12 et la poésie du 24 nous sépare de nos camarades forçats volontaires. J'aperçois Maryclair prête à prendre le second relais, le plus difficile, des quatorze kilomètres restants Un œil sur le GPS et j'annonce au peloton qui m'accompagne: " 1h dans la musette et deux kilos de descente à dévaler, on va finir propre les gars!"Tandis que les mordus du 24 kilomètres crapahutent encore. Parmi eux  Fabienne, parturiente en gésine* il y a peu. Les femmes m'étonneront toujours.
Il en "reste" suffisamment dans les tripes pour un petit sprint dans le ventre mou de l'anonymat. Sur le bitume, à plein badin dans la descente, les Kalenji 300 achetés en grande distribution chauffent un peu la plante des pieds mais ça passe mieux qu'avec les XA Pro de Salomon achetés dans le magasin spécialisé montagne de la place Camille Jullian. Comme la météo n'a pas tenu sa promesse de pluie, je ne saurai pas aujourd'hui ce qu'ils valent dans le gras mouillé de la marne collante et de la glèbe amoureuse. Avec l'impression de n'avoir pas tout donné, dans un fauteuil et avec une montre honnête (1h08), c'est déjà l'arrivée. Sur cette courte distance Jean Doute n'a pas le temps de distiller son venin et mes jambes peuvent encore me porter.


La bise et on remet ça sur le raid du Ciron Samedi:14 de Trail, 5 kilos de canoë et 20 bornes de VTT: on va jouir!
*pas facile à placer dans une conversation.

9 commentaires:

Myel a dit…

Et je retrouve avec un plaisir de minette ta description fine et savante à la fois de ce que je ne percevais(autrefois) que comme des blaireaux dans des costumes moule burnes qui courent au lieu de dormir!

sable du temps a dit…

courir dans les vignes ....sans même s'arrêter pour boire un verre quelle horreur! et quel dommage!
uù as-tu trouvé un sablier pour courir chez décath ??!
bon courage quand même ! surtout pour la prochaine épreuve !!!

Colo a dit…

Ah, bon, ça existe des montres honnêtes, j'en suis ravie.
Subtil ton texte, on courrait presque avec toi!

gicerilla a dit…

Et si je vous demandais combien de kilomètres parcourus depuis vos débuts ? Moi qui ne dépasse pas les 8 bornes à chaque essai...

sable du temps a dit…

à la relecture et à la "repensure " comme dirait une Ronce (!) je trouve que le vert te va bien au teint !!! ça fait printemps, très rafraîchissant, vraiment !...

dusportmaispasque a dit…

@ Myel: Cépafô, parfois faut rester couché.

@ Sable:"Un comble au pays et au temps des grappes pas encore charnues, des pampres imaginaires et du vin pas encore tiré."

@ Gicerilla: pas mal: 8 bornes c'est l'étalon-age des courses spécifiques: "La Bordelaise"; "La Toulousaine"; "La Parisienne"et il doit en exister d'autres. Quand à moi j'ai commencé à courir en after: après quarante ans. "Avant"? même opinion que Myel ci-dessus.

@ Sable: ce doit être la mini distance:"Avec l'impression de n'avoir pas tout donné, dans un fauteuil et avec une montre honnête (1h08), c'est déjà l'arrivée. Sur cette courte distance Jean Doute n'a pas le temps de distiller son venin et mes jambes peuvent encore me porter."

dusportmaispasque a dit…

@ Colo: Il y a des montres honnêtes, c'est le temps qui est radin il donne l'heure, pas la Rolex!

Myel a dit…

Oh ! non malheur, ne reste pas couché, comment voudrais-tu que je me gourmande de tant de flemmardise ? Et puis courir te va bien parce que tu racontes à merveille. On fait un deal : tu cours...je dors !

dusportmaispasque a dit…

banco, mais t'es pas obligé de dormir: si tu bouges ça m’intéresse aussi.

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