samedi 16 juillet 2011

12/12/2012. Le pacte!

Influencé par la nouvelle de Dino Buzzati, "La leçon de 1980".


Le 12 Décembre 2012 le protocole "employé du mois" avec permis de tuer autorisation 008 avait aboutit par la mort brutale du dernier maître du monde: On avait retrouvé le président du C.I.O, Crapules Intervilles Olympique, et  PDG de "Panem et Circenses Chimical Company"  crucifié selon la mode dite de l'enclouté lancée il y a deux mille et onze ans par J.C, le  chaînon manquant entre la cheville et la vis.
Les profilers et les experts, de Miami à Las Vegas en passant par Manhattan se cassaient le microscope sur l'enquête impossible. La croix, dans tous les cas était retournée. Les clous transperçant chaque main  et les pieds joints  des victimes s’agrémentaient de la page du mois en cours.
Miss Janvier deux mille douze avait inauguré cette morbide série christique en la personne de Christiane Lagardére, dite la tirelire, la présidente du F.M.I, la Fracture Monétaire Incontournable. Elle poursuivait d'un zèle efficient la planification de la misère mondiale selon le triptyque infernal Dévaluation/Prêt/ Privatisation à l'échelle des nations initié par son prédécesseur, BSK le Banquier Superbe cas priapique, lui aussi interrompu dans sa tâche.
L'employé du mois de février, c'était le président de Tatol dit le pompiste fou. Celui de Mars un marchands d'armes international inconnu du grand public et en Avril ce fut le tour de P'tit Lu, un jeune céréalier héritier d'un empire industriel & agro-alimentaire que l'on retrouva "dans la poussière et les bras en croix" Le trophée de Mai dévolu au frère Lagardère, Arnaud, PDG de MMPP, Multiple Médias de Ma Pensée Personnelle. Pour  Juin le lauréat  fut le président Chinois de la S.C.M.M, Sino-Cynique Mondial Marchandising. Crucifié à l'envers, également de la caste des inaccessibles, retrouvé comme ses potes dans un endroit clos de l'intérieur et  sans  indice du tueur en série. Pas la moindre rognure d'ongle, nulle empreinte, juste un échantillon de phanère correspondant à une corne de bouc émissaire et le colonel Moutarde innocenté car sans arme et confiné au  placard. Le papier et l'encre servant à imprimer le calendrier ne correspondait à aucune entreprise terrestre et était calligraphié à l'aide de pictogrammes maya. Chaque crime se reproduisait invariablement le douzième jour de chaque mois à la douzième heure après midi. Chaque minuit à l'heure réservée au crime, le serial killer s'attaquait au sérail des grands du monde avec une maîtrise absolu et divine du temps. Sa précision horaire et calendaire permettait de situer son prochain crime et l'importance internationale de chaque victime donnait une idée du fonctionnement de son esprit criminel.


Les Sherlock du Cluedo, les profiler du FBI et les experts de la police scientifique  unanimes, faute de profiler le coupable, firent le portrait robot de la prochaine victime: sans aucun doute possible un des Maîtres du 
Monde impossible à protéger. De cette  analyse, le lendemain du dernier crime, chaque chef d'état cédait in petto la place à son premier ministre qui la transmettait aussitôt à son chef de cabinet. Le moindre dictateur  ouvrait ses prisons ou s'inventait une opposition pour céder un pouvoir bien mal  acquis dans la brutalité et devenu dangereux. Les chefs d'entreprise quittaient leur fauteuil sans parachute doré et personne n'ambitionnait plus la plus petite parcelle de pouvoir d'une obscure association ou du moindre parti politique.  A la bourse de l'égo la valeur mégalo pointait à la baisse et l’altruisme à la hausse. Les feux rouges disparurent remplacés par la courtoisie, personne ne se battait pour une place de parking ou la possession d'un caddie de super marché. On réédita Henri Laborit et la bible devint "l’éloge de la fuite". De cette apologie de la dérobade "les derniers furent les premiers, les premiers devinrent les derniers" et Dieu repris la main à son profit.
Auparavant à Noël 2011 pour l'anniversaire du petit, dans un moment de fatigue,  Dieu expirant la fumée d’un joint de colombienne avait confié  à l'oreille de Satan, sa lassitude des guerres, conflits, révolutions, petites bisbilles et grosses disputes conjugales. Saisissant le stick que lui tendait son saint patron, le Démon avait pris dans la foulée l'initiative comprenant le pacte tacite suggéré par le boss qui parlait souvent a demi mot avec carte blanche pour frapper à la tête les grands de ce monde. Evidemment, selon son concept manichéen de spécialiste validé et reconnu au royaume du mal. Ainsi soit-il et fut  conçu le plan diabolique d'élimination dit: "employé du mois". Avant que ne soit nominé un terroriste, un communiste et un impérialiste qu’il devint inutile de supprimer, de Juin à Novembre les meurtres cessèrent. Les postes importants libérés faute de candidats, le chômage fut réservé aux irréductibles réfractaires à l'effort financé par la solidarité devenue spontanée et opulente. Les compétences prirent le pas sur le piston et, sans les conflits que l'ONUtile n'avait jamais réglé, la paix régnât enfin sur la terre rebaptisée Utopia. Six mois avaient suffit et c'est de "l'œuvre de dieu et de la part du diable" que fut  solutionné radicalement par le Malin le casse-tête de la paix dans le monde. Comme il fallait un représentant aux affaires du monde à l'actualité défaillante on créa pour le divertissement , la sous-division de l'information avec le poste de Petit Patapon Déficient Alimentaire et on y nommât, au motif que l'acronyme de son patronyme, PPDA, correspondait pile poil à celui de l'emploi, un ex-présentateur des mauvaises nouvelles, écrivain plagiaire reconvertit dans la météo pour causer de la pluie et du beau temps. La banque, l'énergie, les médias, l'alimentaire, la puissance militaire gérée pour le bien commun, restait l'Entertainment pur et dur.
Il se trouva un  candidat téméraire encore avide de pouvoir, oublieux et imperméable à l’expérience récente, pour se présenter à la présidence du C.I.O. Sensible à l'appât du gain et selon les anciens critères du prestige et de l'orgueil sans doute poussé par un lobby de chimistes, le candidat sans adversaire fut élu et régnât jusqu'au douze décembre moins une minute quand on le retrouvât crucifié à l'envers avec le trophée employé du mois de décembre 2012 entre les dents.
Quand Dieu dit: "game over"c'est game over!

Alex C. Oléron Juillet 2011 "Mémoire d'un fuyard, schizophrène et plus si affinités"

6 commentaires:

sable du temps a dit…

ah excellent, excellent !
Je veux bien le voir à l'oeuvre ton sérial killer, pour prendre quelques notes, ça peut toujours me servir !!!. Efficace, avec lui ça déménage !
En même temps, qu'il ne se presse pas trop non plus, vivre à Utopia ça doit être un peu … ennuyeux ( je suis polie ! ) à la longue, non ?
Dis, le Dieu, il en a d'autres des jeux ? oui !, alors raconte, parce que je suis fan !!!
merci de m'avoir fait découvrir Buzzati ( je ne connaissais pas. Nulle n'est parfaite ! )

colo a dit…

Abolir la soif de pouvoir, l'effacer des gènes, quelle magnifique idée! C'est à la portée d'un genéticien...ambiteux, hi hi hi.

J'ai adoré "Le désert des Tartares" et "K" mais aussi, qui est peu connu, "Le Rêve de l'escalier". Je lirais bien celui-ci,merci.

dusportmaispasque a dit…

@ Sable:Vivre en Utopie ne m'ennuierai pas tant que nos corps peuvent nous apporter les joies inépuisables de l'amour.
Jusqu'à il y a peu, j'ignorai Buzzati, quand, à Chassiron, temps couvert, la lecture demeurât la seule issue des nous îliens devenus une fois nos corps repus.
@ Colo: difficile de prendre en défaut ta culture littéraire.L'ouvrage de Buzzati qui m'est venu en mains c'est "le K" recueil de nouvelles très inégales, mais que d'idées et d'imagination chez cet homme-là dans ce tome là.
Bonjour à l'îlienne.

sable du temps a dit…

le Vent souffle fort
les Eléments se déchaînent
là-bas vers le phare ...
( haïku ... de tabac ... comme diraient les marins de la Cotinière ! )

chonchon a dit…

Génial ! Tu devrais développer et nous en faire un roman. J'adore !

dusportmaispasque a dit…

Je tire la langue à aligner vingt mots alors trouver le souffle pour un roman...
Mais merci, Chonchon.

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