mardi 29 novembre 2011

Novembre/Mélancolie/Fuyard




C'est une bûche de chêne. Elle a l'air solide vu d'ici. Pourtant un coin de métal dans le sens du fil, un coup de cognée et le merlin pénètre le bois.

Pareil pour la mélancolie. Un jour de Novembre, t'as plus envie de fuir. Tu lâches prise sans méfiance, un interstice complice  accepte l'intrusion du fer qui s'immisce dans le végétal ligneux. C'est bon! La mélancolie s'est installé et te fend en deux.

Arnaud S. chemine le long du fleuve à marée basse. La Garonne à découvert, c'est une rencontre Meetic qui se déloque. Au premier rencard et à marée haute, elle avait l'air gaulée. Pour son rendez-vous avec l'océan elle a dénudé ses berges et ce sont les épaves des vasières et les bers squelettiques brunis de limon, apparaissants, qui attendent la couverture pudique de l'étale dans le sursis de l'été indien.
Pendant ce temps, Minima de Malis d'Alter Ego, solde sa peine de 35 heures, otage docile du capitalisme avant la permission de sortie du week end."On ira où tu voudras quand tu voudras". Hors les murs de cette femme forteresse Arnaud Stalgie, vulnérable, remplacerait volontiers Jo Dassin par Rachmaninov si son "Prélude" se fredonnait. "On ira nulle part"  sans les fantômes du passé, les portés disparus et les perdues de vue, les enfances  volées et enfants dispersés, mère immolée et père absent. Voyageur sans bagages mais pas sans mémoire de ses vies trop impatientes, imparfaites et inachevées, la dictature de la mnésie*, sœoeur de Némésis, s'engouffre dans la brèche avec son cortège de passantes.
Aquaboniste, désabusé, un genou à terre, Arnaud morfle chaque seconde de cette  armée du temps qui  aura sa peau. Personne pour négocier un sursis, un reste de jeunesse contre un supplément d'âme, paumé dans ce labyrinthe sans le fil d'Ariane qui s'est mise au Bluetooth.


Dans les entrailles d'un frigo vide, j'ai trouvé des ingrédients disparates pour une improvisation culinaire. Tandis que cuisait des Belles de Fontenay (de vulgaires patates comme tout ce que produit la Fontenay) dans de l'eau additionnée d'une poignée de gros sel, j'ai émincé deux escalopes, épépiné quelques tomates et un poivron rouge, pelé un oignon, égoussé deux aulx, réchauffé une cuiller d'huile d'olive, bruni les oignons, entremis la rencontre des escalopes et des lamelles d'oignons frissonnantes de saisissement, dans l'alcôve d'une bien nommée sauteuse, et j'ai déglacé avec la sève des ex-pommes d'amour. J'ai pelé et découpé les pommes  de terre que j'ai fini de cuire dans la chair et le jus  des tomates, parsemé la surface de grains de maïs pour la couleur et posé les escalopes par dessus. J'ai couvert et confié la suite à la garde bleutée du gaz à feu très, très doux. Avec l'idée qu'il manquait un truc, je suis sorti dans le jardin: J'avais deux stères de nostalgie à fendre.
A mon retour, la réponse m'attendait sous la forme torturée d'un tubercule ami. Sans le peler, j’ai répartie à la surface de ma mixture de fines et larges lamelles aromatiques de mon pote Ali Bido, le gingembre.
Histoire de pourfendre la mélancolie si elle s’avise de repasser par là.
*         *Amnésie, sans son A privatif c’est donc la mémoire. Que celui qui n'a pas péché par néologisme …..


Le figth ça compte comme sport?


Ils étaient quatre.
Ça tombe  bien j'avais les crocs, mais j'étais à poils: Les flics m'avait soulagé de mon flingue lors de ma "Garde à vue" avec Claude et Dom.
Quittant le boulevard des odonymes, tournant à droite avenue de l'Insatisfaction, l'horloge de la rue du Temps Passé indiquait minuit et j'avais en bouche l'amertume des jours imparfaits en regagnant mon dortoir 2.0, http://impasse-existentielle.com. Pourtant, on avaient bien lolè sur notre intersection improbable en cellule avec mes nouveaux potes: Claude (Miller) était là en immersion pour la version Endemol de son film, moi, Google avait perdu mon signal GPS, en 2011 c'est suspect, et DSK, toujours ithyphallique et le plus innocent des trois plaidait pour la promotion sociale des ancillaires affectées au ménage sous les bureaux du FMI.
Quatre! J'aime à prendre un petit apèro juste avant ma chasse nocturne aux ectoplasmes  des souvenirs poisseux.
Le mâle Alpha m'a demandé:"- hé, l'ancien, fais voir ta carte bleue!" J'ai sorti gentiment ma carte. Dans la foulée, je lui ai donné mon code, puis j'ai remis la carte à sa place in my pocket avec les gestes lents  du cobra qui mets les mains dans ses poches en disant: " Tu viens la chercher, grand fou?"  Comme dans un film de Bruce Lee, j'avais les articulations qui craquaient en manque de Phytalgic. Ça les a impressionné mon artose et mon look de maître Jedi.
J'avais bien casté le chef de meute. Beau gosse, le kit premium: mannequin-slip chez Vert Baudet, grand, baraqué, belle gueule. Le mec qui prélève sur ton cheptel juste avec le regard lover quand toi tu brames les mots bleus sur une gratte pourrie pour transmettre ton patrimoine génétique à une hôtesse de caisse dans sa twingo sur le parking du Macumba.

"Avenue de l'Insatisfaction"tu parles, frustration, oui! A l'instant où je quittais mes potes et la cellule, Dom avait trouvé un balai, un seau et une serpillière dans un placard pour Claude qui répétait une imitation de Nassifatou N'Diallo*. Récupèrant mes lacets et ma ceinture, j'ai pas vu mais j'ai entendu Claude, trés pro toujours en immersion, qui couinait en Guinéen. Sacré santé ce Dom! Faudra que je regarde TF1.

Voilà le grand qui, vers moi, s'avance. "Il porte sur le front une mâle assurance". Y se prends pour le Cid, ce con!
D'où ça vient la confiance en soi?  Pour le chasseur/se 2.0 c'est la propreté du prépuce, le maillot impeccable, avant un rendez-vous Meetic. Pour lui, c'est le groupe! Son statut de mâle dominant le contraint à l'initiative."Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?"
M'énerve çui-là:  Eh rhan! Penalty dans les génitoires juste pour classer son dossier "contrôle des naissances". 
La confiance en soi dans mon paradigme perso, c'est le ras le Q des caddies à pousser dans le monde des feux rouge. Alors la petite musique du renoncement la joue en sourdine quand l'aigreur des frustrations domestiques me donne l'envie "de hisser le drapeau noir et d'aller trancher des têtes".
4-1= trois autres auto-entrepreneur moins entreprenant du coup, mais quand même ça fait du taf. Avec mon format jockey, je réfléchis avant la colère, tout au plus une légère indignation m'a permis de conserver un peu d'intégrité physique mais j'aime bien les travaux manuels.
Sans nunchaku sous la main, je me suis ravitaillé sur le chantier voisin et re- rhannnn!!!! tandis que les deux regardaient leur idole faire ses adieux à ses accessoires de gigolo et/ou reproducteur, je me les suis fait à l'ancienne avec une pioche.
 J'ai choppé le dernier, en train de filmer l'agression pour la tweeter sur son blog. Looké dress code total geek, tee shirt Apple store avec un reste de Big Mac grande frite dans les plis de son gros bide et casquette Microsoft. Il a encore son doudou dans son sac à dos et de grosses lacunes en orthographe sur les onomathopèes: Grrrrrgl!!! Eructe-t-il en morflant le manche de pioche  dans sa face. Çui-là, quand il aura lâché le concept child free, il baptisera son fils Azerty, ça l'aidera pour trouver les"aaaaa"entre les rrrr et le g.
Dans une casse auto, j'ai fourré, avec les quatre macchabées, une vieille Clio orange DDE en sursis sur le tapis roulant du compacteur qui transformait les vieilles caisses en compression de César.
En cliquant sur "cancel", je réalisais que j'avais supprimé quatre de mes avatars.


*T'inquiète, j'ai changé le nom pour l'anonymat, tout ça.... 

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