jeudi 1 décembre 2011

Un héros américain


C’est mon coté obscur : Titulaire d'une grosse propre, j’aime les petites salles.
L’Utopia, sa salle obscure et sa programmation en VO de films Serbo-croate ou Norvégien bien sûr, mais aussi les multiplexes pour décompresser sans complexes  grâce à  ses blokbusters. Les comic’s du Marvel group, les Spielbergerie et  Impossibeul  maïchun fôôôrci  sont  la garantie fédératrice d’un plaisir partagé par les moins délicats où l’intelligence  se repose sur des scénarii écrits au dos d’un timbre poste avec un vocabulaire monosyllabique,  quelques  onomatopées pour les bruitages et des logatomes en guise de dialogues. Au chaud dans ce confortable cocon de certitudes,  aussitôt après  « Bienvenue à bord » en incorrigible mais  inconditionnel  de Valérie Lemercier depuis « Palace », j’avais enchainé « Real steel » Tu me diras : « bien fait pour ta face, tu l’as bien cherché ! »
Hugh Jackman bien qu’acteur Australien est un héros Américain dans cette daube. Plutôt sexy, le gamin est éligible au casting bonobo: Le sourcil broussailleux du mec qu’il ne faut pas embrouiller et  les favoris de Wolverine raccords avec les biscottos  t’aident à choisir le bon coté. Avec un bonus : Sa petite gueule fait vibrer les ovaires et  il remet le poil à la mode.
Un héros américain est assez sommaire à profiler : Looser  at  the beginning of the movie, il s’endort dans son vomi* mais il peut se transformer en animal si c’est pour la bonne cause de son nombril et se faire un peu de thune sur un  happy end de winner. Le  spectateur se gave  sans culpabilité et s’abreuve  le   voyeurisme au coca pour faire glisser son pop-corn vendus en même temps que le ticket d’entrée  pour les pires  barbaries puisque le héros est sur le chemin de la rédemption. Ici, c’est encore plus déculpabilisant car les gladiateurs sont des robots. Les coups arrachent des membres de ferrailles qui pissent le sang vert des fluides de refroidissement ou giclent de l’huile de transmission.
Alors au début le bellâtre (ménonchuis pas jalmince) perd le combat, son robot, son gagne-whiskies, son fric, sa santé et son  avenir car il a parié le pognon qu’il n’avait pas, s'enfuit, et rapplique vite fait au tribunal. Sa femme,  qu’il a courageusement abandonnée  avant la naissance d’un fils dont il ignore le prénom mais  connaît vaguement l’âge à deux ans prés, vient de mourir. La société des apparences réclame sa part de légalité: Il lui  faut abandonner  la garde du gamin, qui attend dans la pièce à coté, à la belle sœur candidate au job de mère de substitution. Fin observateur du look nouveau riche de la néo-maman récemment blindée par un mariage avec un vieux monsieur très amoureux et qui a les moyens de l’être, Jackman refuse. Il a perçu, avec la supra réactivité des crevards qui vivent sur le fil du rasoir, dans le potentiel des futur adoptants de quoi faire monter l’enchère de son accord à hauteur de sa cupidité.
La scène qui tue :
Papy a prévu un voyage de noce en Europe avec son nouveau jouet et il négocie avec Jackman sur le trottoir en liquide la promesse  de l’adoption du môme en guise de cadeau de retour. Le géniteur abandonne ses droits  de père, rien que ça, contre un nouveau robot.
Le môme, fan de cybernétique, assiste à la scène pas dégouté et marchande son silence auprès du futur beau-père  contre la permission d’assister son « père » à l’entrainement du robot et à la préparation des combats pendant que la future « mère » fait du shopping. Le « père » et l’enfant se voit pour la première fois.  Normalement un metteur en scène filmerait de l’émotion.  Ici pas la peine, ni de peine, gros plan sur l’athlète en marcel et débraillé, mal rasé, un peu décoiffé, mais pas trop. Gros plan sur les billets verts dans une enveloppe kraft. Gros plan de  limousine rutilante avec la bimbo de permanence et  immeubles  en fond d’écran. Les yeux du gamin brillent du futur androïde tandis que  ceux de « l’adulte » compte les billets. C’est  bô, c’est grand, c’est l'Amérique. Le môme/marchandise. Bons sentiments bien poisseux VS Amalgame, cash/dollar/respectabilité.
La suite du film est rempli de message philosophique: " tu as bu tous ces sodas pendant que tu programmais le robot ? dit le père au gamin ". Toi comprendre : toi boire coca et manger chips et toi être beau comme moi,  Hugh!
Final en apothéose sur le ring lorsque l’homme devient divin dans la créativité: Le robot challenger en singeant l’enfant, singe savant et chorégraphe, fait le show! Par les postures de Terpsichore et de Cerdan, il devient presqu’humain de l’œuvre des deux hommes, le mini et le maxi. En face, le robot number-one, froide créature technologique qui ne sait pas bouger aux  rythmes technos (le méchant donc) perdra. Le Golem métallique des Pygmalion's  père & fils,  grâce à sa faculté d’imiter la gestuelle et la technique déiste du père, ancien boxeur, modèlera la plasticité de la famille humaine. Un peu grâce au pognon gagné par les paris, mais bon, c’est pour la bonne cause, on est d’accord.

* Sorry, c'est juste pour glisser l'assonance: movie/vomi 

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