dimanche 18 décembre 2011

Je raccroche.....

Raccrocher? Le sport, certes pour cause de trêve hivernale!
Et raccrocher le téléphone juste après, tandis que Minima de Malis d'Alter Ego paye sa rançon d'otage du capitalisme, me renvoie parfois à l'émotion primale de l'enfant qui voit sa mother dévorée par l'ogre du travail.
Dépendant et enrêné, encore aujourd'hui je sens le sol s'ouvrir sous mes pieds lorsqu'Elle raccroche et pars au taf:
Que se passe-t-il juste après? Juste après? je délire!
Mon esprit s'est évaporé lorsque j'ai raccroché et je pensais me finir l'enthousiasme avec quelques kilomètres en cani-compagnie avec mon pote Elliot en fin d'après midi, mais le temps a changé d'avis sans un coup de téléphone divin pour me prévenir. Sans doute Dieu n'a t-il plus de forfait?
J'ai senti le sol trembler, les voitures disparaître dans le magma de l'en dessous. J'ai consulté ma montre : Il n'était pas encore 2012.
Souvent, d'avoir touché ton auréole, "j'ai dû rêvé trop fort ".
J'ai vu la pluie venir en regardant le ciel, crédule sans craindre de me mouiller puisque que grâce à toi et à ton amour, je suis invulnérable.
J'ai vu, candide et naïf, que cela ne me rendait pas imperméable. Alors neuneu est entré s'abriter dans le temple de la consommation des marchands de mangeaille immédiate et  de déjections futures pour  faire le plein de nourritures terrestres.
La pluie m'a fait changer d'avis sur ma dernière "décision": Hier, il faisait beau et je voulais acheter une moto, pour pouvoir mettre du cuir sans passer par le backroom.
Aujourd'hui, avec la pluie, je pense qu'il n'est pas raisonnable de miser son codévi sur un engin aussi instable que moi, incapable de tenir seul, debout, sans mon fils en guise de béquille et qui glisserait sur une bande blanche humide me rendant propriétaire d'un tas de ferraille et de plastique inutile.
Je suis une feuille morte qui vole au gré du vent dans l'air du temps, sans pouvoir sur ma direction. Spécimen d'humanoïde, spectateur impuissant des délocalisations, consommateur de la misère de là-bas pour le confort d'ici, sujet à la grippe A, aquaboniste devant sa fin prochaine pour cause de réchauffement climatique avec mes envies d'eau chaude matinale et de migration annuelle vers: "la mer, la mer qu'on voit danser, le long, le long, des golfes pas très clairs". Responsable-mais-pas-coupable car j'ai un alibi: Pendant la décadence, je cherchais le cache misère d'un pseudo emploi d'esclave véritable parmi la plèbe de Rome.
J'ai des envies de mortes feuilles et de quitter ce monde d'invisibles et bruyant des villes pour celui du peuple mordoré qui pourrit à l'automne, échappe à l'hiver et renaît tout neuf au prime temps.
Vierge et absout de toutes les avanies passées et en commettre de nouvelles.
Bon, c'est pas tout ça, il faut se bouger, t'attendre, t'imaginer..
Comme pour feuilleter un livre, humecter un index, presque majeur, d'un peu de salive  et tourner la page II de notre rencontre.
Chercher le bouton rose caché entre tes lèvres comme un mot précieux au détour d'une phrase et découvrir tes mystères, explorer notre carte du tendre, oublier qui nous sommes et se révéler qui on est:Un désordre apparent et une vérité indispensable.
Te caresser à l'infini, te posséder peut-être, me laisser envahir de folie raisonnable, heureux de te regarder avant et après et t'entendre pendant, gémir enfin, peut-être. Ton corps me suffit puisqu'il est l'antichambre de ton âme.Par toi, jaillir enfin de la caverne de Platon vers ta connaissance, me réchauffer à ton soleil, désenchainer d'ignorance, ébloui de lumière et boire à ta vérité. La seule acceptable!
Bon! nous commencerons par un café et confirmerons la persistance de nos affinités.
Parce qu'il hors de question que tu finisses entre deux voitures anonymes dans un parking souterrain, les jupes retroussées, les mains posées sur un capot de voiture inconnue, la culotte en perdition autour d'une cheville.ça y est! il fait re-beau: je vais m'acheter une moto.
Tu vois, je t'avais prévenu: je délire!

2 commentaires:

sable du temps a dit…

Très beau texte. J'aime beaucoup et je comprends " j'ai des envies de mortes feuilles ... ".
Celle que tu prénommes Elle, sait-Elle qu'Elle est l'inspiratrice de si belles phrases ?

cathiminie a dit…

wouahou! de la grande forme littéraire!Toujours un plaisir, surtout que ça fait longtemps que je n'étais pas passée chez toi! Délire encore cher ami pour le bonheur de ta lectrice suisse! Bons baisers des montagnes et un joyeux Noël! on dit ça en ce moment partout! ;-)

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