dimanche 4 décembre 2011

Le retour au chagrin de l'ami Jo Laloose.


Aujourd’hui retrouvons notre ami Jo Laloose, magnifique dans l’échec, constant dans le gâchis. 
Il vient de retrouver du boulot ! 
Le travail, c’est  le chagrin selon la langue verte de François Villon, Aristide Bruant, Frédéric Dard ou Antoine Blondin (mes hommages, maîtres). 
Sacré Jo!
De la machine à perdre, admirons cette merveilleuse mécanique en mouvement:
Sur le point d’atteindre son but, les mauvais choix directionnels le conduisent dans l’avenue du Retard et le cours des Embûches par la rue des Travaux Imprévus vers l’allée des Rendez-vous ratés. Évitant soigneusement, l’impasse du Mensonge et les venelles de l’Excuse et du Prétexte, il cherche désespérément le boulevard, périphérique comme son nom l’indique, de la Seconde Chance qui le ramènera à son point de départ. Aucun maillon faible dans cette chaîne de décisions, la dynamique de l’échec et du gâchis sur le sentier de la Guerre, qui n’est pas celui de la gloire, met en marche son mécanisme implacable. Une impression de « déjà vu ».
Retour au monde du chagrin!


« Je suis né un quatre Juillet, à 57 ans.
Verbalisation romantique d'évènements anodins. Amnésique des échecs jalonnant  mes vies antérieures, je suis parfois agité d’un positivisme forcené. En 5 décennies,  le  temps d'une famille éclatée,  une mère en HP, les frangins frangines dispersés, le temps de quelques naufrages, de  faire et d'être cocu, viré une fois ou deux et surtout se démerder pour ne pas être aigri.
"Born on the Fourth of July"Le film d'Oliver Stone avec Tom Cruise, dont je capte le titre et l'ironie du calendrier: l’indépendance des Etats-Unis, naissance de la nation moderne et le début, la déchéance d’un vétéran du Viêt-Nam, de retour à la vie civile. Désertant les champs de bataille, le symbole de la poussière et du chaos est souvent  un tremplin sur lequel j’aime à rebondir.
1er volet : Le  contrat de travail signé à cette date anniversaire validant  le retour dans mon ancien métier après 10 ans de diverses occupations  alimentaires qui ne m’ont pas rassasié et/où je me suis médiocrement épanoui.
2ème Volet : La rencontre de l'alter ego féminin, et la reconquète, eurent lieu 9 mois avant cette date, après que d’autres femmes eussent calmés mes colères. Ces passantes m’ont laissé en meilleure  situation qu’elles ne m’avaient trouvée et dans la culpabilité décroissante de les avoir fuit (ou libéré de ma prégnance),  le point d’orgue de ma résilience fut l’intersection de mes gamètes et de ton ovule. Ainsi commençât la longue gestation vers ma re-naissance mené à terme ce « fameux » quatre Juillet.
Symbolique à plus d’un titre sont ces régénérations qui peuvent devenir assez rapidement  mauvaises herbes selon qu’elles s’implantent en terres arides ou dans des terreaux fertiles.
3ème volet : Les évènements ne deviennent bénéfiques ou désastreux que par la conséquence de nos actions: Il est facile, à la lueur du présentisme, de leurs attribuer la notion de bien ou de mal. Suis-je au bon endroit au bon moment ? Est-ce la chance qui me fait de l’œil ou la déveine qui m’ouvre ses abysses? Une chose est sûre cependant : Ancien  perdant,  je ne vois que les disfonctionnements de cette entreprise qui me donne en ce moment ma chance. Il serait improductif  d’en tenir la comptabilité. 
Cependant, le choc frontal avec la vérité est riche d’informations.
Il est vain d’ignorer un ensemble factuel au prétexte qu’il serait impartial et redoutable. Les portes sont béantes, inutile de les enfoncer: 
L’occultation de la réalité est une dérobade!  
La regarder en face,  une nécessité!
Il s’agit juste d’en retirer l’interprétation faussée par la vision myope des perdants.
L’entreprise: 
Née en 87 au siècle dernier, c' est une coquille vide, au téléphone aphone, à la communication atone. «Et pourtant elle tourne»sans que mon action commerciale, phoning, porte à porte, boitage, exploitation de maigres prospects, ne l’impulse. Une force extérieure et inconnue, sans doute cosmique la maintient dans sa révolution héliocentrique autour d’un soleil qui n’est pas Moi. Le télomètre qui m’a projeté sur l’orbite de cette planète sur la périgée de sa trajectoire était-il assez puissant pour autoriser le boulet que je suis à percer l’écorce de son ovule ?A son apogée l’aurais-je seulement atteinte ? Il y a trois sortes de munitions dans les mâles arsenaux : les élites élues,  les cons damnés et ceux qui tirent à blanc.
Sous le pommier du Japon, Elliot offre sa robe Isabelle aux reflets du soleil. Ronronnette, toute menue, gentiment fessue, est vêtue d’un jean slim et d’un ras du cou en maille échancré sur sa gorge mate et dorée. Le galbe de ses seins pudiquement enrobé par le vêtement, ses charmantes aréoles brunes accrochent la laine légère. Elle prélève quelques fruits sur l’arbre et ses jambes se galbent en se dressant sur la pointe des pieds. Les poires sont mures. Comme moi ! Savourant un expresso, de la douceur de l’instant, de l’amertune du  cafè je frissonne malgré le rayon de soleil entre le  prunier et le cerisier. Sans doute la précarité du présent, l’éphèmère cadeau.
Quatre barreaux sont les premières marches  de mon escabeau des valeurs où j’ai gravés les mots: Disciple/méthode/objectif /réussite.
 On ne peut échapper à la loi des statistiques et celui qui à des habitudes de bruleurs de  feu rouge risque d’y laisser son permis plus surement qu’un autre.  Sur terre, les comportements à risques sont régis par cette loi. Il y a pourtant des non-fumeurs qui choppent leur cancer du poumon ou de la gorge. Variable inconnue du destin ou de la génétique?
Certains gagnants à la loterie sont parfois des joueurs occasionnels et à contrario celui qui joue systématiquement peut y laisser sa  chemise sans récupérer un Kopeck. J’en fait quoi de mes stats quand il y a quelqu’un ou quelque chose au-delà des régles?
Au verso des quatre barreaux  inscrits d’une main maligne sont les maux: Discipline/soumission/dépendance/esclavage.
Le divin arbitre exo-terrestre serait arbitraire? Selon des critères humains Il ne serait pas impartial ?
Que l’on me donne le 06 d’un dieu alternatif au pouvoir diabolique afin que je négocie en direct avec lui mon âme et sa faible valeur marchande.
« Il n’y a pas de punitions ou de récompenses, il n’y a que des conséquences » . Cette phrase d’Ingersol Rand est sèche comme la vérité.
 Une vieille rosse ne se transforme pas du jour au lendemain en cheval de course, c’est tout aussi cartésien et, comme une seconde égale un mois (d’essai) en temps astral…
…. Les naseaux du vieux cheval d’orgueil fument de mon impatience à trouver la princesse charmée qui me signera le gros devis avant que ma petite C1 de fonction ne redevienne citrouille ou, c’est selon, l’haridelle un  étalon.

….A  minuit, un quatre Juillet et une seconde ? »
Jo Laloose « Mémoires d’un fuyard, schizophrène et plus si affinités »


Un mot de Robert Louis Stevenson  pour conclure?
« Un choix, ne l’oublions pas, est souvent plus négatif que positif. Embrasser une chose revient à en refuser mille. La profession la plus libérale détourne à son profit bien des énergies et tarit bien des affections. Si vous travaillez dans une banque, vous ne pouvez pas être en mer [...] J’ai entendu parler d’un maître d’école dont la spécialité était de découvrir le penchant de chaque élève : pauvre maître d’école, et pauvres élèves ! Quant à moi, si vous n’avez dans le cœur rien d’inné, aucune préférence de vie, pas de beau mépris humain, je vous abandonne à la marée : elle vous entraînera quelque part. N’auriez-vous qu’un petit grain d’inclination, je vous aiderais. Si vous rêvez d’être marchand de quatre-saisons, ainsi soit-il et à Dieu va : je paierai l’âne. Si vous souhaitez n’être rien, eh bien, je vous abandonne encore une fois aux vagues de la mer. 
Croyez bien que je regrette profondément, cher jeune monsieur, non seulement pour vous, chez qui je devine tant de vives promesses d’avenir, mais aussi pour votre admirable et très digne père et votre non moins excellente maman, que mes réflexions ne soient pas plus concluantes [...] Peu importera, probablement, ce que vous déciderez de faire ; car la plupart des hommes finissent apparemment par sombrer dans le degré de stupeur nécessaire au contentement de leurs différentes positions. Oui, monsieur, c’est bien ce que j’ai observé : la plupart des hommes sont heureux et la plupart malhonnêtes. Leur esprit descend au niveau requis, leur honneur accepte sans rechigner la pratique de leur métier. Je vous souhaite donc de découvrir une dégradation pas plus pénible que celle de vos voisins, de sombrer bien vite dans l’apathie et de rester longtemps éloigné, dans cet état de respectable somnambulisme, de la tombe vers laquelle nous nous hâtons tous. »


 
R. L. Stevenson, Le choix d’une profession (1879)

2 commentaires:

chonchon a dit…

Oh la la j'ai pas tout compris. Des fois je me demande si t'es pas un peu dingue. Mais bon continue quand même ! J'aime les fous.

dusportmaispasque a dit…

Cé pas moi, c'est Jo Laloose!
Moi, je suis juste shyzo!

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