lundi 28 mars 2011

Changement d'heur.


on heur ou mal heur?
J’ai presque pas touché au mojiiiito. J’ai tutoyé un Saint Emilion de 75 dont j’ai oublié le nom et j’avais des projets pour une téquila que j’avais qualifiée en finale.
T’es cool, sous anesthésie générale et en pleine comédie du bonheur et là… une main invisible dépose un vieux vinyl sur une platine ancienne pour un diamant disparu. "Les Platters" se mettent à geindre : « Only yououou ».
T’as aimé une fois, après, tu meubles. Autant vivre heureux. En attendant.
Cueilli: le silence n'est pas l'oubli. Arnaud Stalgie, despote, addict à la mélancolie, adepte de la  dictature du souvenir, pointe sa face de carême. L'écouter c'est avancer sans progresser, il est en boucle le gars. C’était mieux avant.
J’avais Durandal entre les jambes, et maintenant Damoclès sur la tête. Et alors ? Je n’attaque plus la roche au marteau piqueur je la caresse, lui parle et surtout, surtout, l’écoute jusqu’à ce que la claire source jaillisse. A moi les longues glissades et les douces rudesses. Il ne reste qu’une option : fuir! Tom B. Dunid, à toi de faire!
"[.....ces poumons avaient lâché l'affaire. J'avais quitté son monde pour la retrouver dans le corps de celui qui l'avait aimé avec vingt ans de mieux. J'étais invulnérable. Elle, ne l'était pas!] "
Aux premières notes, il tangue et il titube, tenant dans ses bras un fantôme encore chaud.
La maison vide de meubles dans sa nouvelle solitude et son ancienne obscurité revenue sent déjà la froidure prochaine. Il incline la tête. Ses pas glissent au tempo lent du dernier slow.
Dans la nuit, une étoile filante passe que des milliards d'yeux ne voient pas. Un phare, une luciole, un deuxième soleil juste pour l'éclairer un petit peu lui, car les autres passagers de la petite boule bleue qui tourne autour de la grande brillante à 100 000 km/H sont devant la télé. Tom, l'étoile et l'intersection improbable.
Tout à l'heure, si tout va bien, il sera en Espagne.
Il y est déjà, à vrai dire:
La sierra de Guara, le désert des Bardenas et les copains.
A deux heures du matin il règne une ambiance de Western et tout à l'heure les VTT remplaceront les chevaux du coté de Nocito, San Urbez et Rodellar. Tom, tandis que les potes installent le bivouac, va faire connaissance avec le paysage éclairé par la clarté lunaire ou l'impossible parhélie, va savoir! 
Pèlerin nostalgique, il se souvient de l'arrivée à Bilbao, dans une autre vie, sur la route du "Guggenheim" par la "plazza corazon del Jésus"et son "Corcovado" réplique de celui de Rio.
Il se souvient de la falaise au dessus du canyon de Mescùn.
Combien de mètres y a-t-il de lui jusqu'au sol? Cent, deux cent? Un peu par bravade il s'approche du vide et mime, les bras en croix dans un souvenir de piscine, le geste du "salto del Angel" de l'homme de Rio. Les orteils dépassent de la roche comme jadis minot sur le plongeoir du grand bain, pour ressentir cette délicieuse impression de rater une marche lorsqu'il donnait à son petit corps l'impulsion de l'envol.
Il relève le col de son blouson frissonnant de vent, de vertige et d'émotion. Touché par un réflexe prudent, il tente de reculer.  Hélas Tom B. Dunid dit intelligence à J+1, le mec en bas débit est monté à l'envers ou s'agit-il d'une confusion ergonomique avec le blouson qu'il faut fermer et la montre qu'il faut avancer? Débordé, il fait un pas en avant en cherchant la fermeture éclair.
Alors le changement  d'heure, bien, pas bien?
Trop tard!
Un souffle qui passe, surnaturel et mystérieux le précipite dans le précipice. L’accélération fantastique et le vent de la chute fait claquer sa peau. Il ouvre la bouche de surprise comme on ouvre un dérisoire parachute. En apnée et en apesanteur, la pomme vivante va dans quelques secondes valider les théories de Newton sur l’attraction terrestre.
L'apesanteur, c'est comme le bonheur: faut savoir le faire durer. Le sol est déjà là qui vient à sa rencontre en avance pour le rendez-vous avec le monde de l'en dessous. L'avenir, c'est maintenant.
Il met les mains jointes en avant par réflexe, l'air s'engouffre dans le blouson, le déshabille et emporte le vêtement. Qu'importe, il parait qu'en enfer c'est assez bien chauffé.
C’était écrit: Main invisible – Platters - platine - diamant - femme - disparue- envol- souffle qui passe.
Marrant ce pas en avant quand il aurait suffit d'un repli stratégique pour s'éviter la chute. Le refus des flash-back cèdent devant le remake de sa vie, plus impitoyable qu'en écrivant le scénario de ses mémoires en se donnant le beau rôle. Dans ce cas les souvenirs bannis rentrent au  bercail comme des exilés indésirables.[......]
Finir au fond d’une fêlure! Tout en bas de la ravine, sur un lit de sable, une alchemille fendue propose sa corole rosée. 
A la bonne heure, changement d’heure. Glissement du continuum spatio-temporel comme on dit dans "Retour vers le futur".
Une heure du matin.
Aprés le Somport, Stéphane ralenti en quittant la départementale: faudrait pas accrocher la remorque chargée de VTT à la traine derrière la Laguna. Encore une heure de route! Steph, Fabrice, Bernard et Tom s’engagent sur le chemin de terre qu’ils ne quitteront plus jusqu’à l’auberge du cavalier français à Nocito.
Le quartet cycliste n'est pas encore parvenu à destination. Tom avertit, ne s’approchera pas de la falaise.

samedi 26 mars 2011

Une maison/une femme/une raison.



jeudi 24 mars 2011

Taylor.E.

En réponse aux com




sable du temps a dit…
poster cette photo d'elle est un bel hommage !
Nous n'aurons désormais plus peur de Virginia Woolf...
dis-moi, elle a "usé" combien de maris avec son indéniable talent ? !!!
ma remarque sur ses maris n'était pas méchante. Je sais son parcours et l'histoire de sa vie Chacun d'eux a pris "sa part du gâteau" et s'en est allé...
et je persiste "indéniable talent" ...de "chatte sur un toit brûlant"(?!)

Colo a dit…


Superbe photo-hommage d'une femme si belle qu'on omet trop souvent de dire qu'elle était une excellente actrice...Et eu tant de maris qu'on omet de dire qu'elle était une excellente mère.
Maris: l'acteur britanique Michael Wilding (deux enfants); Nick Hilton (aucun enfant); Mike Todd, qui mort dans un accident d'avion(une fille, très belle, Liza); Eddie Fisher (pas d'enfants); Richard Burton (deux mariages et une fille adoptive, souffrant de polio, Maria); et un politicien-voyou et un maçon victime d'excès, comme elle.


Elle a survécu à tout: à la gloire,à la beauté, à l'alcool, aux médicaments, aux bons ennemis et aux mauvais amis, aux passions et à elle même!
...bon j'arrête, non sans ajouter qu'elle avait un super sens de l'humour.




Un sex symbol  à qui je dois la valeur ajoutée du fantasme à mes rêves et sans doute une érection ou deux, je ne me souviens pas (pas sûr: je n'aime pas trop le papier glacé). Assez engagée dans la lutte contre le sida, sans doute victime d’excès (maispasqueue) et de cette maladie sexuellement transmissible: la vie et sa
complice,  sérial killeuse insaisissable, cette  mort qui tire à vue : Maître Capello et E.T.cette semaine, sans compter les anonymes qui meurent discrètement au soleil levant ou en prenant "un taxi pour Tobrouk".
Merci les filles avec un coup de chapeau à Sable pour cette excellente "Chatte sur un toit brulant" en VF que je n'avais pas osé,et un autre à Colo ( "aux bons ennemis et aux mauvais amis,") pour sa connaissance du dossier.

dimanche 20 mars 2011

Si .....(version enrichie)


Andrew Wyeth. Christina's world

J’aimerais qu’il demande un café noir sans sucre plutôt qu’un alcool et il ne fumerait pas. 
Cet homme ne serait sur mon canapé qu'en raison de ma déréliction, pourtant  j’essaierais d’apercevoir dans l’épaisseur de sa braguette la taille approximative de son sexe. 
Je me serais assurée d’un minimum de richesse intellectuelle au fil de notre relation épistolaire et je rirais poliment de ses bons mots, déjà et un peu, amoureuse afin de me délester des fragments de la vertu et de ses pesanteurs
Je regarderais la lenteur de ses doigts, l’hygiène de ses mains, la longueur de ses ongles. 
Je n’aimerais pas qu’il me fouille. Je n’admettrais ses initiatives digitales qu’en soutien de sa langue. Il faudrait qu’il s’abstienne des gestes  techniques de pseudo-spécialiste. Qu’il soit seulement l’interface docile de mes pensées avec juste un peu de maladresse. Dans l’inconnu de ses manières et de sa durée,  je tenterais discrètement  de jouir une ou deux fois peut-être avant qu’il ne me rejoigne. 
Je garderais le plus longtemps possible son sperme entre mes cuisses et son odeur dans mes draps mais je n’aimerais pas qu’il s’attarde. 
Il partirait dans mon sommeil après avoir déposé un baiser au creux de mes reins, un dernier dans la nuque en me recouvrant de la caresse de l’édredon sans m’éveiller. 
Il faudrait qu’il oublie un tee-shirt. 
Nous nous reverrions le long de quelques mois au rythme de ses pulsions mais plutôt ailleurs, dans des endroits plus neutres que ma demeure.
Puis je le regarderais prendre des habitudes et se détacher de moi lentement. Je me réfugierais dans la sagesse des femmes orientales : "Je t’obéis, mais c’est de moi que te viens ce pouvoir". 
Dans la petite  musique du renoncement je m’acagnarderais  dans l’abandon, mon fidèle fauteuil et je conserverais son tee-shirt.
Puis j’écrirais comme on s’expose au soleil brulant.
J’ai longtemps cru que le luxe était dans les voyages et les villas en bord de mer. Je sais désormais qu’il en est un seulement : être aimée.
Innocente et nue, j’écrirais  comme on se brûle.



"Justine, infortune de l’amant." Vanessa Dick. Baurech le 20/03/2011


wind from the sea.

"l'amour: une définition.

C'est un désir minéral avec des bouts de cristal dedans, un élan en pierre avec des éclats d'éternité sous le calcaire, qui suinte mais qui [ne] coule jamais de source. C'est beau et rêche comme un Basquiat."
C'est bô, c'est là!

lundi 14 mars 2011

Tutti bene!



Hokusai

La Grande Vague de Kanagawa du Metropolitan Museum of Art
sur une suggestion de Sable du temps.

Sorti hier soir dans le jardin voir le spectacle en 3D du ciel, j'ai aperçu un bout de lune, des fragments de nuages et des questionnements sur le pedigree des nues.Nom: Alto-stratus. Date et lieu de naissance: 12/03/2011 à Sendaï. Cessant là mon indiscrétion je suis allé me pieuter me pinçant le nez de trop subir l'halitose des discours de nos sinistres ministres et frémissant à l'impéritie des douaniers du ciel qui gardent nos frontières. Aux préambules du sommeil, j'entendis une voix présidentielle annonçant: "Pas question d'abandonner le nucléaire". De l'état intact de la connerie à la tête de l'état et de son impayable talent de communiquant, je me suis endormi au pays number two des réacteurs en activités dans le monde prés d'une femme à l'utérus bicorne (née presqu'à l'heure de Thernobyl) rassuré d'avoir des pastilles d'iode dans la table de chevet et fier de l'électricité nucléaire dans mes ampoules. Bientôt les marées d'équinoxe, les charmes du Mascaret et ceux de la centrale du Blayais les pieds dans l'eau à la merci des colères d'un fleuve. Chez nous pas besoin d'un Tsunami: 

"Imaginons la conjonction d'un fort coefficient de marée, d'une crue importante et d'un grand coup de vent ! C'est la totale....." 
Saturne dévorant son enfant. Francisco Goya.



vu sur le blog d'Emery

vendredi 11 mars 2011

La redif.

Attention aux rencontres internet, les filles: Relation asymétrique.


Fringues dispersées, une paire de New Balance usées au sol. Vaisselle souillée dans l' évier. Boite de conserve avec une fourchette plantée dedans: "scène de crime" de l'intimité invisible de l'internaute.
Travelling avant. Un clavier, une main s'avance et tip-tap, commence le dialogue virtuel: Deux solitudes anonymes pour une pseudo relation sous pseudos ronflants: Lancelot et Emma Peel.

LANCELOT>Bonjour Emma Peel.Comment vas-tu? EMMA PEEL>Bonjour Lancelot. ça va mieux. Tu m'as manqué.:-)) LANCELOT>Le soleil brille-t-il aujourd'hui? Moins de nuages dans la tête? EMMA PEEL>Oui, ça va mieux, désolée pour hier soir:-( j'ai du te paraître ridicule....un petit coup de cafard.... LANCELOT>Bien au contraire, ça fait du bien de vider son sac...et puis ça m'a permis de te remonter le moral ;-*) EMMA PEEL>Ce n'est pas toujours facile d'être seule tu sais... LANCELOT>Mais tu n'es pas seule Emma,je suis là! EMMA PEEL>Merci Lancelot, depuis des mois tu es là, fidèle, disponible, rassurant....Ton pseudo te ressemble si bien....un chevalier au grand coeur, fier et noble. LANCELOT>Ne pas se fier aux appâts rances;-)))) EMMA PEEL>En plus tu es drôle. Mon coeur ne me ment jamais Lancelot. LANCELOT>Mais je dois t'abandonner malheureusement, une course à faire... EMMA PEEL>Moi aussi, c'est drôle comme on se ressemble. A ce soir généreux chevalier;-* LANCELOT>A ce soir douce Emma, je serai fidèle au poste! Lancelot/

Lancelot/Tom, un djeun's au RSA, enfile son sweat à capuche, glisse une clope entre ces lèvres et sort.

Emma Peel/Simone, veuve, ne fait pas ses soixante-dix ans.

Elle sort, referme sa porte, aperçoit le voisin du dessus,sweat à capuche, clope au bec et attaque:
 "-Jeune homme, depuis janvier 2008 il est interdit de fumer dans..... - ça vaaa, ça vaaa!!!! c'est bon je l'allume dehors de toute façon!"

Celle, celui que tu croit être à l'autre bout du monde est ta voisine, ton voisin. Internet c'est génial!

Source: L'EdS Mars 2010.
Alex C. intime vu par Vuillemin.

mercredi 9 mars 2011

Le verrou.

The Bolt Jean-Honoré Fragonard, 1778 Huile sur toile 73 x 93 cm Musée du Louvre, Paris
On parle peinture?
Allez. Priorité au spécialiste (un peu obsédé je trouve):
quelques explications de Daniel Arasse, un spécialiste de Fragonard source:www.cineclubdecaen.com


"Sur la droite, un jeune homme enlace une jeune femme et de la main droite pousse le verrou du bout du doigt, ce qui est assez irréaliste. La jeune femme serrée contre lui se pâme et le repousse. Toute la partie gauche du tableau est occupée par un lit dans un extraordinaire désordre : les oreillers épars, les draps défaits, le baldaquin qui pend… Un spécialiste de Fragonard a eu cette formule admirable pour décrire le tableau : à droite le couple et à gauche rien (..).

Effectivement, il n'y a pas de sujet dans cette partie du tableau, juste des drapés, des plis, donc finalement de la peinture. En observant les oreillers du lit, Daniel Arasse remarque que leurs bords sont anormalement dressés, comme des pointes vers le haut. En regardant dans la direction de ces pointes, il voit que dans le baldaquin s'ouvre légèrement un tissu rouge, avec une belle fente allant vers l'obscur. (…) Ce repli noir dans le tissu rouge peut cependant avoir du sens par rapport à ce qui va se passer, d'autant plus que le drap de lit qui fait l'angle au premier plan jouxte la robe de la jeune femme et est fait du même tissu que cette robe. Si vous regardez bien cet angle c'est un genou.

Il apparaît donc que ce rien est l'objet du désir ; il y a le genou, le sexe, les seins de la jeune femme, et le grand morceau de velours rouge qui pend sur la gauche et qui repose de façon tout à fait surréaliste sur une double boule très légère avec une grande tige de velours rouge qui monte. "

Pour Daniel Arasse cela ne fait aucun doute, c'est une métaphore du sexe masculin.

Mais le critique d'art insiste bien aussi sur le fait que tout ce qu'il peut dire de ce rien qui occupe la moitié du tableau, c'est que c'est un lit à baldaquin en désordre. S'il commence à nommer les choses alors son discours se teinte d'une vulgarité qui ne correspond pas du tout au tableau. Etre confronté à l'innommable est ce qui l'a passionné dans ce tableau. Nommer le lit comme genou, sexe, sein, sexe masculin dressé, est scandaleux, car c'est précisément ce que ne fait pas le tableau. Il ne le dit pas, ne le montre même pas, au spectateur de le voir ou non.
Pour Daniel Arasse, le spectateur est confronté à l'innommable, non parce que la peinture est dans l'indicible, ce qui impliquerait une notion de supériorité, mais parce qu'elle travaille dans l'innommable, dans l'en deçà du verbal. Et pourtant, ça travaille la représentation. Mais dès que les choses sont nommées, elles perdent cette qualité d'innommable de la peinture elle-même."

Bizarre le gars, non?


L'avis d'une blogueuse:


"En tout cas, merci d'avoir commenté ce tableau. tu m'as donc entendue penser ? j'avais envie de demander si parmi mes visiteurs, quelqu'un pourrait m'en dire quelques mots. J'adore cette œuvre : le sujet est une scène de la vie ordinaire mais il est comme sacralisé. en même temps : il m'inspire un sentiment trouble... Est-ce un viol, une étreinte forcée, une femme plus ou moins soumise à la force de persuasion d'un mâle assuré de sa supériorité ? Cette manière de fermer le verrou, la façon dont la jeune femme recule et repousse l'homme et l'attitude physique de l'homme : bien campé sur ces deux jambes alors que la femme est en déséquilibre : en position de faiblesse.... Je ne sais pas, mais je crois que la question reste en suspend.... pour moi en tout cas..."


et à mon avis:
"Bien entendu je n'ai pas du tout le même avis sur les postures des deux sujets. Celle de Monsieur exprime la solidité, et en même temps, l'habileté de Fragonard capable de transmettre par le dessin du galbe des mollets et le drapé de la culotte l'impression de force et de stabilité. Il pousse le verrou dans un geste de protection de leur précieuse intimité plutôt que dans un soucis de séquestration que tu sembles y voir tandis qu'il soutient sa partenaire titubante de désir.L'abandon de cette dernière est plutôt le signe de la toute puissance de sa faiblesse, accrochée à "l'homme" . Ce n'est pas une soumission mais une attitude stimulante pour la virilité attendue de son complice. Une convention tacite et ponctuelle entre les protagonistes soumis à la loi et au rôle que la nature nous assigne.Gageons qu'après l'échange des fluides la solide rigidité de la politesse sociale renverra le mâle soumis par le plaisir vers ses obligations de galanterie s'il veut à nouveau lui plaire. Toujours songer au retour du désir.
La diagonale partant de la main masculine jusqu'au pied féminin en "apesanteur" donne une impression de légèreté et dynamise la scène judicieusement éclairée par une poursuite naturelle.
Maitrise des tons et de la lumière, harmonie des proportions, une émotion pour une belle oeuvre."





mardi 8 mars 2011

L'adieu de Juliette Levrette.

J'ai failli rater la journée de la femme.


Une portée de renardeaux batifole attendant maman partie au ravitaillement dans le poulailler voisin. Les lapins fous de pleine lune s’enivrent de luzerne. L’astre luit et la nuit d’été ressemble au jour. La tribu des Raminagrobis (nos amis les chats, selon Lafontaine) court en tous sens, les uns pour honorer leurs rendez – vous, les castrés du jour pour annuler. 
Elle arrive! 
Il lui ouvre la portière de la voiture et la serre dans ses bras. Elle  revient à lui comme le refrain d'une chanson, sublime aria de rêve! 
Ce n'est pas le maquillage, inexistant, ni la tenue, elle va bosser, pourtant son sourire, son visage, ses yeux, son regard le fascine du message subliminal qu'elle lui transmet comme une espèce de phéromone visuel. La  mystérieuse chimie circule et le contamine. Ils savent leur avenir immédiat, l'anticipe, le désire. Morts de faim leurs bouches se trouvent et se dévorent. Les épidermes se cherchent, les tee-shirts se relèvent. Elle colle ses petits seins de vingt ans contre son paillasson pectoral. Deux allumettes et un frottoir. Le feu les prend. Les vêtements glissent, les plus précieux sont sacrifiés. Elle se hisse sur la pointe des pieds, bascule ses hanches et s’ouvre. L’ombre s’écarte, libère sa bouche, s’abaisse et se relève, lente, pénétrante, se glisse, progresse délicatement et se cale. Papillon épinglé. Calmés, immobiles, les cœurs ralentissent leurs rythmes, leurs lèvres se retrouvent et les langues reprennent la valse interrompue dans un souffle apaisé. Les corps communiquent, s’activent, se parlent et se comprennent. La raison, c’est la durée et la durée c’est la vie. Ces deux pensées rebondissent comme une entente tacite: Ils savent sans se le dire que cette folie doit cesser avant que d’être emporté par la banalité de la fréquence et le risque d’un danger faussement romantique.

D’une rotation sur la pointe, elle réussit un demi-tour sur elle-même en repliant la seconde jambe comme on enfourche une selle, sans le perdre. Approuvant l’initiative, il s’écarta suffisamment pour cette douce manœuvre mais resta toutefois dans son âtre, dur comme une bûche de chêne au milieu de braises incandescentes. Bougeant lentement, il attisa délicieusement au boufadou tranquillou puis au soufflet avec un rythme qui devint vite celui d’une forge. La flamme repartit en une bouffée brutale. Des vibrations saccadées faillirent l’éjecter mais elle le garda en elle pour une ondulation plus longue avec le tendre gémissement d’une plainte contenue tandis qu’il pensait à ses impôts pour ne pas subir la contagion de ce brasier fatal et l’accompagner encore un peu. La lune rosit de pudeur ou du soleil montant, va savoir. Un nuage lui ferma l’œil comme une paupière.

Elle se souvint qu’il tentât une fois de prendre son chemin de traverse et elle avait depuis interdit à son mari le passage de cet itinéraire bis. Elle se dégagea lentement, le guida en le caressant et lui offrit sa bague la plus précieuse à son troisième majeur. L’arc formé de son corps cambré comme une vénus Hottentote reçu la flèche de Cupidon intrigué et ravi de cette cible inattendue. Son cœur, lui aussi à l’étroit, explosa dans sa poitrine. Elle, le regardant par dessus son épaule, en contrôlant de ses mains posées sur ces hanches dociles l’équilibre de l’attelage et la tendre progression de l’intrus, frémissante, perçut une brûlure puis une chaleur l’envahir. Elle se sentit dominée et puissante à la fois dans une étourdissante composition de bonheur subtil, de plaisir animal, de pouvoir incommensurable. Il murmura dans ses cheveux et la douceur de sa nuque une supplique inutile : Elle était de toute façon incapable de ne pas se laisser emporter. Ils tremblèrent ensemble, leurs êtres hoquetant crescendo, soudés, vibrants de toutes leurs fibres fusionnées en une entité éphémère. La clarté solaire poussa et se mélangea pareillement à la lunaire. Le vent inclina les fleurs vers le sol comme pour les posséder et désaltérer de rosée leurs corolles. Il y eut sur le pré l’ombre chinoise d’un animal mythique à deux têtes dont l’une exhale et l’autre brame. Les lapins, debout, l’œil alerté, les oreilles tendues ont cessés leur dînette. Une fragrance inconnue, à la fois animale et végétale monte de l’herbe. Le jour arrive comme une délivrance. Elle a donné son corps tout entier, un peu de son âme et « quand tu aimes, il faut partir » comme dit Blaise (Cendrars).

Ils partent.

Ils ont eu vingt ans ensemble quelques minutes. Et ils s’en vont chacun dans leur vie comme des gens raisonnables.

Les sens retrouvent le sens et le bon, les organes, leurs dimensions habituelles, la mémoire est marquée au fer rouge. Une source coule au plus intime d’elle. Emue, frissonnante. Elle sourit. Elle se sentait désirée et aimée, comprise et protégée. En secret!
Les renardeaux retrouvent leur maman, bredouille mais contente.





lundi 7 mars 2011

Communication parallèle et comparée.*

*(avec un titre de chiotte pareil on devrait être peinard avec les moteurs de recherche)
"Le discours d’un roi" ou "Les femmes du sixième étage" bien  que traitant de sujets et de milieux diamétralement opposés déclenchent et fixent l’émotion dans ses divers registres tempérés: tristesse ; sourires ; amitié; humanisme ; douceur ; tendresse ; allégresse. 

Si les déboires royaux semblent futiles comparées à la douleur des femmes déracinées contraintes à l’exil et confrontées aux difficultés matérielles, on comprend et compatit au mal-être des membres issus de la cuisse de Jupiter dont Saturne n’a pas fait son menu.
Une fois posés les personnages et leur psychologie j’ai eu les yeux maintenus dans une humidité constante comme un vase sans la goutte de trop qui l’aurait fait déborder.
A ma droite, la sensibilité intelligente des personnages féminins du "DdR", s'exprime dans la scène de la rencontre impromptue des épouses sur le terrain  d'un modeste salon où s’allient, d’une connivence égale et élégante, les conjointes malgré la barrière du protocole. L’incontournable compréhension des femmes est le pouvoir discret de la  coulisse indispensable pour l’avenir des deux hommes. Les dames passant, cessant leur combat de coqs, les hommes peuvent s'entendre et les oppositions devenir complémentaires. Sa Majesté le King peut prononcer son laïus grillant la politesse au grand Charles et son appel du 18 Juin.


Lâche pas la zapette: A ma gauche, autre rencontre impromptue, celle de M.Joubert/Lucchini avec les "bonnes"dans l'escalier. Entre fiesta pour tout le monde, messes dominicales pour les plus bigotes ou distribution de "L'humanité-dimanche" pour les plus rouges, le bourgeois bien nourri sans soucis mais sans joies trouve la liberté en "émigrant"au sixième ciel dans une chambre de bonnes prodrome des amours ancillaires à venir. Là, le bon sens des exilées réglera leur quotidien devenu identique ou presque. Par son humanisme, sa solitude ou son attirance pour Maria ce bourgeois gentil homme s'apercevra qu'il est des conditions humaines plus Balzaciennes que la sienne et que la guerre d'Espagne n'était pas folklorique. 


Chacun dans son film et son monde, ces deux là font l'apprentissage de la difficulté de discourir et de communiquer.


L'un, de l'addiction à Maria butant sur les locutions de la langue à la découverte de l’idiome de Pilar et Carmen. 
Le second, futur roi Georges, trébuchant dans l'élocution  aidé par la diction parfaite d'un non-anglais, roturier et sans diplôme. 
Echange de bons procédés sans la plaie des bons sentiments lacrymaux : Amour pour l’un, amitié pour l’autre, sincérité pour les deux.

Quizz: où est Alex C.*?

Le soucis obsessionnel des appâts rances à l'heure des leurres.
Modèle spécial réservé à Colo: les copines ont pris les meilleurs.
Petit beggin pour la fraîcheur des begginers
Nous ne sommes pas seuls dans l'univers!
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jeudi 3 mars 2011

Au Bain.



Au Bain.
Une sébile sur une couverture,  un écriteau autour du cou communique son message laconique : « Gé fain » et il attend en somnolant dans le froid la compassion du chaland à la sortie de la boulangerie.
Il fait partie du peuple transparent. Un de la minorité invisible. La partie humaine du mobilier urbain dont je ne croise jamais les yeux honteux que je suis d’avoir le ventre plein, le lit garnit et les gonades vides. Sortant de la boulangerie j’étais dans ma période Amélie Poulain et mon empathie s’était revêtue des fringues gothiques de l’Abbé Pierre. Je lui ai tendu le sandwich que je venais d’acheter à son intention.
Son :« - va te faire enculé» m’a cueilli en flagrant délit de pitié insane.
La sensibilité de cet homme blessé dans sa dignité qui n’ose dire qu’en réalité il a soif et préfère le cash. Bien que ne mangeant pas de ce pain là, j’avais mémorisé son verbe pittoresque et la particularité de ce caractère noble et entier.
A quelques temps de là, j’étais résolu à refaire la salle de bains et je me disais que j’offrirais volontiers à cet homme concis, fier et abrupt une opportunité d’améliorer ses relations sociales par l’hygiène et, à ma baignoire, son chant du cygne. Je lui proposai donc l’hospitalité le temps d’un café et d’un bain chaud.
Il était temps. L’envie avait rendez-vous avec la nécessité. Son ambulation depuis quelques temps devenait moins fluide. Le mouvement de ces fesses était comme une bouche cousue par les fils de super glue et rendait difficile l’élocution de chaque pas. Les vêtements demandèrent au déshabillage des gestes lents et réclamèrent de la prudence pour se séparer de la peau sans dommages. A  la mise à l’eau, les passagers clandestins fuirent, qui en sautant, qui en rampants, la trahison imprévisible de leur hébergeur renonçant à apprendre à nager. Une heure de trempage plus tard, l’eau, d’une couleur rendu indéfinissable par la décoction où flottait un magma de poils divers, barbe, crin, fourrures ou cheveux et les chicots qui n’avaient pas résistés au brossage, commençait à refroidir. Pour faire durer, il  tentât le redoux du liquide par des émissions de gaz naturel mais le parfum répandu par les bulles éclatant à la surface lui fit craindre pour le réchauffement climatique. A cause de son empreinte méthane et toujours écolo, il sollicitât sa vessie pour une miction secourable à vocation échauffante afin de prolonger son trempage, quelques desquamations au niveau de la raie tardant à se dissoudre. Il lui fallut pourtant se résoudre avant l’apparition des premiers nénuphars à quitter à regret cette confortable enveloppe.
Moïse ou Boudu  sauvé des eaux,  le voilà prêt, disponible, utilisable, consommable, potentiellement aimable et aimant avec un léger parfum de pisse.
Bon ! Me reste à nettoyer le chantier. Ils ont des lances flamme chez Kiloutou ?

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