mercredi 25 janvier 2012

Effet papillon.


dimanche 15 janvier 2012

Éloge de l'amertume.



J’entrais dans la boulangerie de mes deux avec l’envie de trancher des gorges.
Dans l’antre du faussaire, le dealer ne lâchait pas sa farine comme ça! 
Il fallait encore se farcir le murmure de la vieillesse qui se congratule d’être encore vivante en cherchant sa menue monnaie. A la dernière séance du dimanche matin c'est le temps de la revanche et l'heure de gloire des casse couilles bannis de la semaine active. Un connard en survêtement trépigne en voyant disparaître la dernière "Campaillette" derrière un ancien en plein brain storming hésitant entre la pas trop cuite et la bien craquante fatale aux édentés. Papy pense à ses crochets et l’autre à son 4X4 qui ronronne au ralenti sur le trottoir. Ça sent la brioche chaude, ça chlingue l’hypocrisie des gigots refroidis du dimanche et des nains que l’on pare et présente aux mères-grands emperlousées.
Humanité, j’y pense, donc j’y suis....... jusqu’au cou, dans le magma poisseux d’une tranche de vie à la boulange, le temps de manger mon pain blanc. Je gamberge, entre le néant et la poussière, que la vie est un détour. Dans cette salle d'attente glacée, à quoi bon manger du pain? on va tous crever!
Cessons de sucer des chiens morts, chiions dans la main tendue des pauvres, dérouillons leurs marmots à coup de lattes, sodomisons les ménagères de 50 ans et plus !
Tant pis pour ma place au paradis, l'enfer fera mon affaire.

vendredi 13 janvier 2012

L'état des lieux.

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Je sortais des souvenirs croisés du livre " Vent contraire" et du film "La tête en friche":
Souvenirs/rangement/arrangement.
"Émile Honoré Laforêt. Promoteur immobilier."annonce la devanture.
 La plaque professionnelle est bien connue sur la place de Bordeaux et d'ailleurs.
Son père, Germain, longtemps en friche et cultivé sur le tard par Zola et Balzac, l'avait affublé des prénoms de l'auteur de "La fortune des Rougon-Macquart" et de celui de "la Comédie humaine" comme si, les lisant, il s'était obéré de son inculture auprès des deux auteurs.
 Il a bien pris sa revanche l'Emile!
Sur la cruauté de ses lointains camarades de primaire moquant son prénom suranné et sur son hérédité paysanne avec l'ambition gardée de posséder la terre, de déboiser la forêt et de lotir.
Ce matin, pour empêcher sa tête d'enfler, il revient à l'origine de son métier: un modeste état des lieux avant la visite des candidats à l'arnaque.
La maison, petite, mal foutue, invendable, lui, la vendra.
"Facile" se dit Émile sans se douter de ce qui l'attend. 
Dès l'entrée les murs lui compriment la poitrine. Décidément cette bicoque sent la  défaite. Le salon et surtout les chambres ravivent  des douleurs fantômes comme autant de pièces à conviction. Absentes de la scène de crime, les photos d'un bonheur assassiné dessinent des abîmes blancs sur les murs et des précipices du coté du poumon. Dans la maisons dénudée,impudique et vaincue, les sons ne se cognent plus contre les meubles comme des bruits aveugles et rebondissent sur les cloisons. La toise du petit dernier, qui grandira ailleurs avec un autre père, réveille en lui l'ancienne peine enfouie des enfants coupés en deux par des jugements de Salomon.
Les murs se rapprochent et le plafond descend. Titubant d'ivresse sous la douleur qui l'assaille, il se précipite vers les volets en apnée pompant de l'air pour vaincre sa panique et sa claustrophobie.
Rien à faire: les cadavres sortent des placards. D'avoir  refoulé l'inondation un peu trop souvent durant ses nuits interminables où il s’endort épuisé  entre les mâchoires de  l’aube et de l’aurore, le  barrage fissuré, est en train de lâcher prise sous les coups des trop nombreuses nuits peuplées de spectres. 

Affutés  de séquelles, les rires d'enfants envolés du nid taillent le silence, la chair et l' âme où se réfugie sa mémoire bannie. Passif et écartelé entre leur vie qui prend l'eau et elle qui se noie, cette nuit ou celle d'après, Émile a quitté Angel. Sans bagages vivants, affamé de cette liberté devenue solitude, lassé des soirées, abrutis d'alcool qui dévoraient les journées où les mômes comme des singes savants amusaient les faux amis. Sans doute Émile s'est-il laissé cueillir par la mystérieuse chimie de l'air emplissant la maison ou par une image invisible dans le carré blanc d'un portrait décroché,  victime de ses micros sommeils où l'esprit assoiffé de souvenirs s'abreuve une dernière fois aux sources venimeuses de la mémoire.
 Un objet tombe et résonne sur le plafond.
"-Un grenier" se dit Émile," il y a un grenier!"
L'ultime épreuve du fourre-tout déchirant emplis des bibelots de l'enfance.
"Des souvenirs, tu parles" se dit Émile dégrisé, en poussant la trappe en haut de l'échelle de meunier.
 Oublié dans la pénombre sous une poutre, un jambon sèche, pendu.
 L'imitant,  en suspension sous une corde, tournoie lentement autour d'un tabouret renversé 
le corps d'un homme avec le visage d'Emile

mercredi 4 janvier 2012

Ne lire qu'un livre.


Un bouquin passionnant.
"-Cé bien se ke vou lisè ?


Hors saison, le resto est presque vide et la serveuse révolutionnaire, option "sans culotte". Elle porte son cadeau de noël: une large ceinture, qu'elle a prit pour une jupe, et a déjà utilisé son forfait épilation intégrale du maillot chez l'esthéticienne à l'enseigne de "2 plumes & à poils".
- Cé 2 ki ? Insiste-t-elle avec les lèvres d'en haut.

Du roman qui l'intrigue posé sur la table, la couverture est belle et le titre sorti d’une phrase* de Kipling : « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants », le petit dernier de Mathias Enard.

Mais pour faire simple je réponds :
- Kipling !

- Ki ? Me SMS - t- elle.

-  ......pling ! tac -au-tac ai-je.
     -  ….. ? 

Je l’aide: après tout pour me servir un  « prince des abysses aux délices du Siam » (filet de Panga de merde accompagné de riz, thaï peut-être) pourquoi s’emmerder à connaitre les classiques.

     - Kipling ! L’auteur du livre de la jungle, Mowgli, Baloo, Shere Khan, tout ça….
 - ah bon? Moi  je croivais que c’était de Walt Disney !"
Et moi je rêvais d'une conversation sur l'oreiller ! Retour brutal sur la planète terre ! Heureusement je suis assis et, pensant in petto : "pas d’élitisme mon Sergio". Après tout n’ai-je pas entendu en Juin  dernier sur France Inter l’interview de Terry Riner néo- bachelier  et judoka fraîchement titré disant aux journalistes : « Si vous croivez que les sportifs sont des imbéciles je vous signale que je viens d’avoir mon Bac. »(Authentique).
Y en a un paquet de la génération SMS qui croient à l’existence du verbe croiver, alors j’ai  de la tendresse pour cette petite serveuse, sa fraîcheur et son innocence et puisque rien ne sera possible entre nous (passsque moi les bécasses...) malgré son buste éligible à la cravate de notaire je me casse vers la promenade du front de mer sous les arbousiers  avec le sourire satisfait de l'imbécile, heureux d'avoir échappé aux sirènes de l'adultère.

* La V.O: " Puisque ce sont des enfants, parle-leur  de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de  leur parler d’amour  et de choses semblables. "
Rudyard Kipling.

dimanche 1 janvier 2012

Où les bateaux commencent, où les bateaux finissent!





Reprendre la mer pour la grande traversée.

          -Bonne année 2012!-






       Vieilles coques...

-Fortunes de mer-











"Miraculix" "Adelante" etc......









et "Rien de trop"!
L’excès est un défaut. 
Alex C.

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