vendredi 26 juillet 2013

De l'utilité du mensonge.


samedi 20 juillet 2013

Atelier d'écriture.

La matrice:  Asphodèle


Mon texte ci-dessous. Les mots imposés étaient : liberté, sens, découverte, régime, déraison, pantois, hasardeux, obligation, privé, barrière, demeurer, tabou, aventure, inceste (facultatif), rouge et honte, hallucinant, hangar.



 « -Fais tourner le yaourt ! Dis maman. »
Je lampe en loucedé une ultime cuillerée avant de passer le laitage à ma frangine qui le passera à maman en espérant un second tour.
Depuis le départ du daron avec la télé et les meubles on est 3 sur un yaourt. Avantage : on n’est jamais privé de dessert quand la grosse du dessus dépense des fortunes en régime minceur et les yaya ne passent pas par le frigo devenu  inutile depuis qu’EDF nous a coupé le jus.
Alors quand Momo et Lucien sont venus me chercher pour faire un tour en bagnole, j’avoue, j’ai fui !
Bon, Momo, il a pas de bagnole ! Pourtant je suis au volant de sa béhème sans chercher des raisons!
Dans la cité Momo l’hasardeux, il est du genre à sauter la barrière derrière le hangar du mécano à la découverte des joies automobiles.
« -tiens, range la caisse j’vais faire un retrait ! » 
Sa carte bleue doit avoir la même origine que sa bagnole, et il doit être en rouge à la banque. Nez en moins et par manque de flair je me suis garé devant le CréMu avec beaucoup de déraison et pas mal de folies si je comptabilise les désordres  de cette histoire.
« -laisse tourner le moteur, on en a  pour une minute ! »
Là, j’ai senti l’aventure foireuse et une question supplémentaire  s’empilât à la porte fermée de mon intelligence quand j’aperçus les fils du contacteur de la bagnole pendouillants sous la colonne de direction tandis que Momo et Lucien enfilaient une cagoule puis entraient dans la banque enfouraillés de deux guns sortis de je ne sais où.
Désemparé, pantois devant ce spectacle hallucinant malgré l’alarme qui gueulait je décidais de demeurer devant l’agence fermement convaincu d'obtenir une conversation sans tabou avec mes potes.
Je me suis fait serrer par le commissaire Moulin rentrant du resto avec Julie Lescaut dans la voiture pièce à conviction.
Pendant ce temps, derrière la banque, Momo et Lucien se faisaient la malle sur une mobylette par la sortie des artistes, l’entrée du personnel demeurée ouverte durant leur fric-frac.
Un sentiment de honte m’envahis quand je compris que j’étais juste une diversion dans le plan de Momo et Lucien.
Malgré la session baffes dans le commissariat, j’ai pas lâché le nom de mes « complices » j’ai plutôt insisté sur ma version : j’attendais par hasard devant la banque deux inconnus dans une voiture qui ne m’appartenait pas, préférant passer pour un demeuré que pour une balance.
Chais pas pourquoi : les baffes me rappelaient papa. Comme quoi, dans la mnésie, un truc en plomb se transmute, par l’alchimie du souvenir, en or de la période heureuse où l’on bouffait bien à la maison.
Surtout et sans doute n’avais-je plus envie de partager mon yaourt et marre de n’avoir qu’un bénard du secours catholique pour « faire » l’année scolaire. Là, pour une fois je me sentais "maître de mon destin, capitaine de mon âme". Innocent et emprisonné! Martyr comme Malcom X, Gandhi, Mandela, Eldridge Cleaver, le masque de fer, Lucy Burns.
Et puis c’est quoi la liberté ? Une cage plus ou moins  grande ?
Mon mutisme avait du sens. Moi seul savait que cet"héroïsme" n’était qu’une fuite.
J’ai pris sept ans !
J’allais faire mes universités chez les durs en payant le ticket d’entrée des malfrats, avec, à la sortie, le prix décerné grâce à l’obligation de l’omerta. C’est sûr : Bac + 7 en poche, j’allais trouver du boulot comme convoyeur de fonds, me manquait plus que le permis de conduire. N'avais-je pas payé cash et d'avance les méfaits que j'allais commettre.

En "zonzon ", c’est sûr,  on bouffe plus qu’à la maison !
Ce qui m’a le plus gêné, c’est la sodomie de bienvenu.

lundi 15 juillet 2013

Jornet et Froome

Gentil garçon Kilian !
Accessible, discret, anonyme à la veille de la course et de l’été 2010, nous venions de récupérer nos dossards auprès de l’organisation quand Phill l'a reconnu dans la file d’attente et lui a demandé de poser avec (pour?) nous.
Trois ans plus tard, je lis cette information anodine de l’exploit authentique de ce garçon sympathique tandis que les moutons de Panurge bêlent aux exploits des camés du tour.
 A j+1 de la publication de cette photo la petite voix de ma lucidité me pousse à balayer devant la porte de ma vanité: Même si je n’ai pas d’idoles et sans beaucoup de crédit  pour les phénomènes, je sais que pour mettre un pas devant l’autre il faut bien croire en quelque chose (et surtout en quelqu’une). C’est bien connu, les sceptiques sont immobiles.
" -Et bien qui sont tes héros ?
-Eldridge Cleaver; Florence Nigthingale; John Dillinger; Le Che; Simone de Beauvoir; Gandhi; Jersey Joe Walcott; Aragon; Don Quijote de la Mancha; Camille Claudel; Malcom X; Grandma Baker; Olympe de Gouge;Van Gogh; Villon; Hemingway; Bukovski ; Jim Morrison; Rimbaud; Kurt Kobain; Thérésia Cabarrus; Romain Gary; Monsieur Spock, Charlotte Corday; James Bond ; Don Diégo de la Véga; Mozart; Shrek; Alain Gerbeau, Bernard Moitessier ; Jack Findlay ; Philémon ; Jésus......
-A part Djizeuss, l'acrobate, manque un vrai sportif dans ce panel."
Kilian Jornet fera l’affaire !
Puis le venin du doute vient me polluer le raisonnement.
Pour le commun des mortels, il faut deux jours pour aller et revenir du Mont blanc avec une nuit de repos au milieu.
Alors dopage ?
Pas sûr !
Le catalan a l’exploit confidentiel.
S’il cherchait la fortune et la gloire il ferait du vélo !
Sous les caméras de France 2 avec des « journalistes » en guise de public relation.
Sa performance se réalise au mental, au plaisir, à la passion en bonne compagnie de  l’amitié de Mattéo Jacquemoud, un dur lui aussi, et pas avec la bande son des casquettes Ricard huant sous le cagnard attendant les échantillons de Cochonou que leur balancent à la face les hôtesses de la caravane publicitaire.
Et puis comme eux et pas mieux que le troupeau, j’ai autant envie de croire que je suis un lointain cousin de champion avec quelques gènes de surhomme puisque je suis sur la photo non exempt de la fierté ordinaire. Derrière un tour de magie on sait qu'il y a un truc mais on a envie de croire et d’espérer.

Tant que les médias abrutiront les naïfs addicts aux exploits surnaturels, le dopage perdurera comme « la servitude  volontaire » des moutons en attente de prédateur.

Warning : cela fait quelques heures qu’une forme noire tourne au-dessus de moi.
" Le baron noir" Got et Pétillon

jeudi 11 juillet 2013

Kilian Jornet, un TGV sur le mont blanc.

Kilian est en vert à coté, c'est ma pomme, le petit au bandana.

Kilian vient de faire un aller retour Chamonix/Mont blanc/Chamonix en 4h57.
Une occasion de se souvenir de notre rencontre sur le trail de Font Romeu un été 2010.




Illusion d'optique et cache cache.

Grâce au commentateur qui signe MDM voir la vidéo ici : 

lundi 1 juillet 2013

Jalabert, ma femme et moi.

« Ce matin t’avais un goût de menthe, me dit-elle ! »

-….. ?

Cueilli ! 
T’es là tranquillou à la terrasse dégustant l’After eight qui accompagne le petit noir « chez Fred » place du Palais de L’ombrière (fiction, bien sûr !)et tu ne vois pas, trahi par ta semence de la dernière livraison, venir le reproche, la suspicion, l'allusion au dopage.
J’ai franchi le col du Tourmalet une ou deux fois.
L’Aubisque, le Soulor, Hautacam, Iraty, Ascain, le col d’Ibardin aussi.
Jalabert et consorts en grimpent quatre parmi ceux-là  dans la journée.
La phrase me surprend en pleine ascension.
« - la prochaine fois je prendrais un mojito Tac-au-taquai-je.
Mon deuxième cerveau en pilotage automatique se cale sur la trajectoire d’hier soir et je revis la scène de la veille au ralenti : chez le glacier de la rue Sainte Catherine (toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des situations existantes serait pure coïncidence), je me vois saisissant le cornetto biscuité et sa boule de menthe/éclats de chocolat noir.
La boulette ! Plus veinard que Jaja, tombé par sondage sorti des burnes 15 ans plus tard, me voilà pris en flagrant délit de dopage dés le lendemain aux matines.
Le passé, c’est dépassé!
10 ans plus tôt l’ascension de tes sommets, mon amour, se faisait à l’enthousiasme et sans substances exogènes.
Jaja, fallait pas pisser dans cette éprouvette !
Tout comme « Queens » aurait du raccrocher après la mort de Freddie Mercury et  Iggy Pop devrait s’acheter un tee-shirt.
La voiture en dépôt à Lourdes (histoire inspirée de faits réels) je roule depuis 15 bornes avec une Jeannie Longo de passage alliée de circonstance contre le vent en relais  à toi, à moi !
A la bifurcation ma partenaire d’un jour part vers Sainte Marie de Campan tandis que je continue par Luz Ardiden. Il parait que par là c’est moins raide. Un but identique, deux itinéraires !*.
Célibataire contre le souffle d’un vent de terre, j’en « remet un ». Cliquetis de dérailleur, la chaîne descend doucement d’un pignon et repose délicatement sur le 12 dents en dessous, comme la tête de ma fillote se repose désormais un week-end sur  deux sur mon épaule au cinoche.
50**x 12 : Trop vite, trop tôt je dois réviser mon ambition pour ce faux plat malgré son faible pourcentage qui mène de Nestalas à Luz. Au pied de l’Ardiden  « mettre du gros » car le mur à la sortie de la ville me colle sur place.
A la fontaine de Barèges je refais le stock de flotte. Le passage à 5% du jardin botanique, jusqu’à l’auberge de Louison me recharge la vigueur puis les derniers lacets avec du 8 et du 9% sans répit, la chaleur et le goudron fondu me  colle aux pneus comme le doute accroche sa poisse à mon mental.
Me voilà glissant sur la paroi verticale du temps et du Tourmalet. 
(Tourmalet étymologiquement, c’est mauvais tour.)



49 ans qu’est-ce que je fous là ? D’accord j’ai retrouvé les 60 kilos*** de mes vingt ans, et les jambes ? Et la tête ? Alouette !
Justement, la tête! A vingt piges tu ne m’aurais pas fait grimper sur un vélo et encore moins sur une montagne !
Il est temps de solder les comptes avec le temps. Le temps soigne et guérit. Sans lui, impossible de grandir. C'est lui qui donne au physique à la baisse la valeur ajoutée d'un mental à la hausse. Dans ses lacets se nouent et se dénouent les rêves immatures pour devenir des projets. Quand j'ai fini de batailler contre lui, il me semble que temps donne du talent.
Les mains soudées au guidon qui louvoie en limite d’équilibre « je sens tes seins dressés comme des barricades et sur ma peau tes dents qui brodent des croissants, bleutés comme tes cernes » et ça m’aide à ne pas mettre pied à terre.
Un dernier coup de rein pour les 13% des derniers cent mètres avant la bascule et l’orgasme de « l’arrivée », la débandade de la descente.
Mais d’abord, un fragment de moi à l'intérieur de l’auberge du sommet, un sein dans chaque main, reste accroché à l'instant, le temps de savourer la double récompense d'une garbure et d'un pichet de Madiran tandis que des champions d'un jour pose pour la pièce à conviction, la preuve de leur exploit personnel.

 "Le dopage existe depuis l'antiquité. Il n’a pas été inventé par Virenque, Armstrong, Ulrich, Pantani, Ricco, Rasmussen, Vinokourof, Contador, Jalabert, Delgado, Indurain…(.désolé, il en manque dans la série des pas vu, pas pris : Anquetil, Hinault, Robic, Bahamontés, Bartali, Coppi…). Et il ne s'est pas non plus arrêté avec eux.
(Par respect pour un ami, Luis Ocaña ne figure pas dans cette liste de suspect.)

* les symboles c'est bon?Tout le monde est là?

**le 52 est resté sur les longues lignes droites des Landes, je suis passé au plateau de 50 dents et c’est bien assez pour mes petites jambes.

***mise à jour:10 ans plus tard, 59 ans donc, j'ai retrouvé mon poids de Depardieu en gardant ma taille de Mimie Mathy, ça calme, hein?

vendredi 7 juin 2013

Le dragon d'Olèron.



La réalité: http://www.sudouest.fr/2013/03/19/un-beau-dragon-pour-la-fete-des-saint-georges-998257-1542.php
La fiction (toute ressemblance avec des personnages existants serait tout à fait fortuite):
Lucrèce et Saint Georges.
(inspiré de faits réels)
Elle est sympa Lucrèce!
La langue bien pendue, elle affirme haut et fort que c’est dans les vieilles peaux que l’on fait les bonnes soupes.
Aux débuts des négociations,
enfermée nuit et jour
au sommet d’une tour
elle pleurait toujours.
Au bout de ses jérémiades elle avait retrouvé sa liberté grâce à une fée émue,bonne et désintéressée.
Au bout du conte: arnaque en pays saintongeais et « Bas les masques » voilà que Mireille Dumas lui présente sur la musique de « Sacrée soirée » pour  la bande son, sa bienfaitrice la fée.
La sorcière, quittant sa défroque de fée et troquant sa baguette contre un balai volant, annonce :
« -demain j’enlève le bas »
Et pfff : adieu les gambettes de Lucrèce!
Et la langue fourchue en prime.
Un peu couguar sur les bords, elle  comptait sur son jeu de jambes pour courir le guilledou et elle perdait son principal atout pour choper le jeune dragon en maraude.
Déjà qu’elle avait pris cher pendant sa captivité à bouffer lapin sur lapin et avaler des couleuvres, la voilà maintenant contrainte à la   reptation.
Basta, elle savait rebondir et, en mode survie, ramper pouvait passer pour  la dégaine voluptueuse et chaloupée des pisseuses en jeans.
Restait à gérer la production généreuse de ses glandes venimeuses. Un stock que, faute de crochets solides, elle avait, bon an mal an, du mal à évacuer.
En planque derrière sa dune, patientant dans le sable du temps, elle attendit le départ de la dragonne pour se faufiler en douce vers le nid bien garnis de gros œufs bien appétissants.
L’air du large et le souffle de la victoire faisaient battre le sang à ses tempes d’animal à sang froid salivant par avance au festin des gamètes à gober.
Sur sa trajectoire, Georges S. était lui aussi en planque dans l'espoir de la bonne prise à la hauteur de sa réputation de saint homonyme.
Les dragons se faisant rare, il bouclait ses fins de mois en travaillant pour le compte de l’apothicaire du village voisin en chassant le reptile venimeux.   
D’un coup de bâton fourchu autant que bien ajusté, il captura Lucrèce, la vipère promue dragon, au mauvais endroit au mauvais moment.

Au bout du compte, lui savait que le venin des vieilles vipères perdait de sa toxicité et la pharmacienne saurait en faire un vaccin efficace et rentable.


C'est là que ça se passe

mercredi 5 juin 2013

Record à battre: 6,17gr!


Article vu dans Sud-Ouest:

"Il s’agissait au départ d’un accident de la route. Vers 8 h 40, hier, on signale aux policiers de La Rochelle un homme tombé de son cyclomoteur près du canal, avenue Louise-Pinchon, à Périgny. « Effectivement, une fois sur place, les collègues ont découvert un homme casqué, gisant inconscient près de son deux-roues », raconte le capitaine Didier Lacote, officier de communication du commissariat de La Rochelle. Pris en charge par les pompiers, l’homme est transporté à l’hôpital, où une prise de sang est pratiquée. Les résultats tombent dans l’après-midi : 6,17 g d’alcool par litre de sang ! Cette quantité tuerait n’importe quel individu ne buvant qu’avec modération. « Avec 5 litres de sang, il avait 30 grammes d’alcool dans le corps », note le capitaine Didier Lacote.
A-t-il conduit?
Une fois remis de son coma éthylique, cet homme de 53 ans, qui habite tout près du lieu de l’accident, devra s’expliquer. A-t-il essayé de rentrer chez lui sur son cyclomoteur ? A-t-il conduit sous l’empire de l’alcool, comme semble le montrer la scène de sa chute ? C’est ce que l’enquête va déterminer. Ce triste record rappelle deux autres épisodes survenus au début de l’année en Charente-Maritime : un accident dans lequel était impliquée une femme qui conduisait sa fille à l’école avec 4,02 g d’alcool par litre de sang, le 15 février, au Chay. À Saujon, en janvier, un cyclomotoriste était également tombé sur la chaussée. Il avait 5,25 g/l."

dimanche 2 juin 2013

Cédric Briant: Noyé(s) à Bordeaux et caméras.

Noyés de Bordeaux : a quoi servent les caméras ?
Cédric Briant








Source Sud-ouest du 2 Juin 2013 :
« Selon des images de vidéosurveillance, le jeune Niortais, alors seul, s'était approché une première fois du bord de la Garonne, enjambant la rambarde de sécurité pour uriner dans le fleuve, avant de la franchir de nouveau dans l'autre sens pour poursuivre son chemin. »

A cet instant, avec l’historique de 6 noyés précédent et l’alerte médiatique, 
personne ne réagit à la surveillance vidéo montrant une personne en état d’ébriété franchissant le garde corps.  


Bon, on a compris : des caméras surveillent mais personne ne surveille les caméras !

A défaut, peut-on compter sur la surveillance humaine ? 
Le portrait robot des victimes de la funeste série  et leur comportement largement médiatisés a sensibilisé les bordelais (milieu étudiant; ébriété; proximité des lieux de consommations  et périodicité des habitudes festives; franchissement des rambardes).

Pas sûr :

« Ainsi, un agent de sécurité (?!) en poste au niveau de la Maison écocitoyenne (non loin du miroir d’eau) avait fait une description précise du jeune homme.  Il a décrit sa chemise à gros carreaux orange. Il a indiqué avoir discuté avec lui dimanche vers 3 heures du matin et l’avoir invité à s’éloigner des bords de Garonne en raison de son état alcoolisé. Ce que le jeune étudiant poitevin a fait. ».

Seconde opportunité ratée un peu plus tard:
« L'analyse des vidéos l’avaient également montré [Cédric] déambulant seul, vers 03H45, en bordure du quai vers le nouveau Pont Chaban-Delmas. La caméra avait ensuite perdu sa trace. »
Toujours pas de réaction.

Pourquoi les images des caméras ne sont-elles pas exploitées en temps réel ?

Trop cher ?
Ok !
Quels coûts pour :
  • Les équipements préventifs (?!) « A la suite des six noyades, avait été mis en place à Bordeaux, [.....]10 caméras de vidéo-surveillance rien que le long des berges, des bouées, une brigade fluviale. 
  • Les moyens humains : « enquête de police pour disparition inquiétante. D'importantes recherches, menées sur la Garonne mais aussi dans les rues de Bordeaux, s'étaient révélées infructueuses, jusqu'à samedi. »
  • Les moyens matériels : « Un sonar de la gendarmerie venu d'Arcachon (Gironde) et deux plongeurs avaient sondé le fleuve entre les deux ponts principaux de Bordeaux, distants d'environ 3 km. 
  • Un hélicoptère de la gendarmerie avait aussi ratissé les berges. »
Par pudeur on n 'évoquera pas,
  • L’impact économique négatif immédiat sur le commerce et, à long terme, sur l'image de la ville: « des restrictions aux ventes d'alcool le soir dans les commerces. »?
En même temps, on a la coupe de France : Girondins de Bordeaux contre Evian.

Conclusion : En attendant la prochaine coupe, qui finira bien par déborder, grâce à  la vidéo sans surveillance, des jeunes, qui n’aiment pas l’eau, boivent la tasse même si l’Evian ne vaut pas le Bordeaux.

*Entre guillemets « Source SO »toujours.


vendredi 31 mai 2013

Hommage à mes maîtresses.

J'ai toujours aimé mes maîtresses.
Ma marguerite n'a qu'un seul pétale: passionnément!
Comme dit Jules des Eglises" yé n'ai pas changé..."
"Lorsque j'étais petite, je pouvais regarder avec fascination une goutte d'eau glisser sur une plume. C'était un spectacle étonnant et un peu magique pour l'enfant que j'étais. Je n'arrivais pas à concevoir que les canards, qui ont toujours le cul dans l'eau, ne fussent jamais trempés jusqu'aux os comme je pouvais l'être quand désobéissante je restais sous la pluie, sur la balançoire, à tirer la langue pour boire l'eau du ciel avec application [....] 
L'année avance, mes élèves grandissent, et pas seulement en sagesse, je le vois à ma façon de les regarder de moins haut. C'est peut-être moi qui rapetisse?
Les enfants s'en vont. [….]
[….]Le long ruban de réglisse de ma vie s'enroule et se déroule avec des grâces infinies. Les soirs s'étirent mollement et les matins tremblent de promesse.
Oui, tout est bien.
Avec ou sans plumes de canards."
"La pluie revint avec mardi.
Momo m'annonça sans sourciller que l'Espagne vivait des soucis difficiles et Nesmy m'assura que dans ce même pays on trouvait de l'architecture « romanica, gotica, judaica et arabica ».
Je voulus demander des précisions sur la « robusta » mais un coup de coude d'André me ramena à la raison, on était à la bourre et il y avait encore quatre candidats à faire passer avant midi.
Dehors il pleuvait de plus belle. "

Dans le sas du rêve et de la réalité la maîtresse, encore en apesanteur, songeant émue  au maître d’école de son enfance qui lui transmît l’envie de lire, d’écrire et de compter des heures durant sans compter les siennes.
Fraîche, douce et parfumée, le passeport en poche, elle franchit la frontière du pays du savoir avec une chaude envie de transmettre.
Les maîtres d'école en blouse grise floutés par le souvenir avaient été promus sans trop d’augmentation instituteur en jean pat’d’éph pour finir professeur des écoles baggy avec une option langage SMS kikolol.
Atterrissant sur le coude d’André elle se souvint juste à temps  des injonctions de l’académie d’avoir la note et la pédale douce sur le frein de l’excellence.
A l’étage au dessus, le ministre veut des chiffres de réussite présentables pour sa statistique et sa carrière.
Ne peut-on être bachelier conjuguant le verbe croiver* et sous-ministre* lisant l’étiquette de son pull Zadig et Voltaire ?
Passer à la postérité au titre de vedette sur « télé  allo, quoi? » et future écrivaine* sur la guerre mondiale de 1984 ?
Basta ! La retraite n’est plus très loin.
Encore quelques  années à éviter les balles perdues des grands frères, à essuyer les colères léonines des géniteurs de petits génies hors de portée des critiques et enfin  écrire un bouquin à quatre mains avec Dédé sur les perles du bac.

Fraîche, douce et parfumée passer de la littérature à  la « lis tes ratures ».

Mes Dames, j'ai agi sans votre permission. C'est ma grande faute.
Corrigez-moi: je suis très vilain!

* Teddy Riner un jour à France Inter:"- si vous croivez que les sportifs sont des imbéciles, je vous signale que je viens d'avoir mon bac! "
*Frédéric Lefevbre secrétaire d'état.
*Non, rien!

mardi 21 mai 2013

Mot d'excuse à Célestine

Cadeau de Colo!




Bonjour maîtresse,
Désolé pour mon absence de cette semaine mais j'étais là: http://www.cyclingarchives.com/avfiche.php?avid=4413.
Entre pédaler comme un bourrin et lire Foenkinos, j'ai choisis: j'ai lu son excellent "Souvenirs"en mangeant de la morue.
Pardon et merci!

samedi 4 mai 2013

Abécédaire

Après le sport, quelques suggestions d'étirements:
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 De la part de http://www.thekamasutra.co/a-z




































vendredi 19 avril 2013

Conversation avec Sappho




J'ai du mal à la regarder dans les yeux!
Valérie, voisine et lesbienne, est sur le pas de ma porte et en petite culotte: un triangle rose pale se superpose à un autre triangle sombre.Une troublante pilosité franchit la frontière du liseré de dentelle.
"-t'as de l'ail?
- sans doute, entre!"
Nous sommes tous les deux célibataires alternatifs et nous nous croisons parfois dans le jardin, elle en bermuda sans soutif et moi pas rasé.
Je suis en mode clodo depuis quatre jours. Je vis avec les volets mi-clos et je n'ai pas ouvert la bouche depuis le même temps.
Ma complice finit ses vacances dans sa famille, sans moi qui évite ma belle-mère, et celle de Valérie, je ne sais pas.
Habituellement, elle vient se connecter chez nous attendant d'avoir sa propre connexion.
Habituellement, elle s'habille.
Habituellement, elle s'assoit.
Aujourd'hui, elle s'accoude au bureau, négligeant le siège, cambre son dos et tapote distraitement le clavier en offrant sa croupe, inconsciemment.
"- thé? proposé-je laconique: j'ai un peu chaud aux oreilles de l' intrusion brutale de sa féminité dans ma solitude, mon élocution s'en ressent et j'économise les mots.
Elle oublie l'ordi et s'accagnarde dans le fauteuil sous la mezzanine en écartant les cuisses involontairement, jambes repliées sous les fesses en position du scribe de Thèbes.
- Volontiers! Ta femme est partie? je ne l'ai pas vu depuis lundi, répond-elle verrouillant son regard dans le mien.
-.....
- tu ne devais pas partir à la montagne? Enchaîne t-elle charitablement devant mon silence et ma glotte qui fait l’ascenseur.
Je suis incapable de former une phrase en donnant le paquet de Cérébos à Lesbos.
- de l'ail, pas du sel.
In petto, je l'imagine en gigot et moi en gousse d'ail.
- J'ai envie d'y être, pas d'y aller.
- ???
- Je diffère mon départ depuis mardi. Pas envie de me taper trois heures de bagnole.
Elle rit en basculant la tête en arrière innocemment. Je baisse involontairement les yeux. Elle me surprend en train de réfléchir fixement sur sa vitrine entrebâillée où le foin déborde de la charette.
- faut se décider dit- elle sans malice.
- t'as raison, dis-je en m'éloignant dans le couloir
- j’infuse? demande-t-elle saisissant la théière.
- (moi aussi) vas-y, je vais chercher ton ail"
Elle se marre: la cuisine est dans l'autre direction!
Je me dirige vers les toilettes pour une vidange express sans rendez-vous. Marrant:
Tandis que je m'agite d'un poignet qui n'a pas perdu la main, je pense, entre autres, qu'elle explore son versant masculin opportuniste affectif en usant de son célibat provisoire et moi, mon coté féminin autiste /lucide des impérieuses nécessités.
Cinq minutes chrono plus tard, sans un gémissement au moment de la délivrance, j'émerge et réapparaît dans la pièce où je la trouve une tasse à la main lisant "Zéro de conduite" sur mon blog.
De connivence et amusés, nous poursuivons notre conversation rassurés par le même soulagement.
Sans doute le besoin de troubler et d'émouvoir sans risquer une balle perdue lui suffit-il.
Ce besoin qu'elles ont parfois de plaire sans séduire.
Des heures que j'ai laissé fondre, des jours et des nuits se consumer , sans les cendres et les regrets qui vont avec. Je suis bien.
Je n'arrive pas à partir de cette maison devenue muette et voilà cette voisine avec sa féminité qui me ramène dans le monde réel.
Elle termine sa lecture et me glisse:
- c'est étrange cette écriture hermétique...
- répulsive coupais-je
- si tu veux! Comme si tu voulais parler sans être entendu. Ton humour lourdingue est comme un verrou.
- C'est récent.
- Tu l'as toujours fait.
- Sans le savoir. J'ai découvert, en visitant d'autres blog, nos pudeurs paradoxales. Indécentes et bizarres. Je commence par déclamer puis je murmure quand les invités sont partis. Alors je réécris par dessus, je rajoute les bouts qui manquent, j'élague et débroussaille, j'essarte et distribue des clés.
- C'est"[ta] lettre volée" d'Edgar, tout le monde l'a sous les yeux, personne ne la voit."
(J'aime sa culture.)
"- ta marque de fabrique, sauf que toi ta lettre, personne ne la cherche." (j'aime sa perspicacité.)
"- la marque de mon désintérêt.
- Ou de ta peur."
De la psychologie, maintenant. Faut que je reprenne la main cette gamine de 40 balais est en train de me percer. 
Soulagé pour quelques heures de ma testostérone, mes pensées s'épurent. Débarrassé des contingences d'entre-jambes, je me souviens que l'amitié reste possible, si le mec est moche. 
Là, tous les feux sont au vert. Le temps a fait son œuvre sur ma face. Toujours et encore cette piquante ironie du hasard:
Après tout, Val et son identité sexuelle, c'est un peu comme un pote fendue. Une sensibilité de femme avec une vision d'homme, un arme de destruction massive.
"- Je savoure, enchaînais-je pour couvrir et taire mon coté obscur, comme si elle pouvait entendre le verrat qui sommeille.
- quoi?
- cette liberté sans solitude, la télé silencieuse, les tubes de dentifrice que je n'ai pas à reboucher...
Elle tente de m'interrompre et s'effondre soudain en larmes dans mes bras. Je sens son corps chaud et palpitant d’oiseau blessé. Shit! La boulette (celle-là, fallait l'oser).
Instantanément je vois ma stupidité et son désarroi. Sa séduction maladroite, grossière et pour tout dire, masculine, n'était rien d'autre qu'un S.O.S. 
Elle aimerait bien en avoir des tubes de dentifrice à reboucher. D'une voix hachée par les pleurs
et plus du tout coquette,
elle hoquette:
- Céline..... est...... partie.
Et boum, les vacances ne tuent pas que des automobilistes!
Les vacances!
Période de vacance de l'esprit et de vacuité intellectuelle rapidement emplie d'hyperactivité cérébrale où l'on se découvre profondément soi en s'imaginant être quelqu'un d'autre (ouf).Les ex Peter Pan qui ne veulent pas grandir rechutent et repartent vers le voyage sans fin des illusions toutes neuves pour guérir leur désillusion. Le train des cocus de l'été entre en gare, là dans mon salon. Elle, il, s'est gouré de destination. Chez moi soufflent des vents contraires: elle trouvera ailleurs suffisamment de pleureuses avec leur mot de compassion plein de fausse tendresse.
Et cette odeur de bergamote: Tout contre moi la chaleur presque nue de son corps mouillé de larmes me donne le vertige. Au secours, sauver mon âme: Un salaud pour un salut. J'opte pour la thérapie du coup de pied au cul.
Qu'elle demeure ou devienne femme debout plutôt que pendue à un cou qui ne m'appartient pas tout à fait.
Et tracer sa route loin de moi.
Accroche ta ceinture, on annonce des turbulences:
"-J'te lis le journal, Val? Rien de tel pour revenir sur terre."
"Elle se décroche, interloquée.
"Sans attendre sa réponse, j'envoi mon missile:
"- Une afghane vend sa petite fille pour payer l'amputation de l'ainé parce qu'un enturbanné en mobylette est passé la semaine dernière dans son village de cailloux. Dans le doute, un croisé a fait "yes i can" sur le joystick de son F15 Strike Eagle pour nettoyer ce nid de terroristes. Il ne reste plus que du sang et de la poussière, des cadavres et des infirmes.... alors tes problèmes de bourgeoise bien nourrie......"
Normalement j'ai gagné un baffe ou un coup de pied dans le siège de mes pensées. Mais Valérie est forte! Experte en provocation et je ne suis peut-être pas de taille.

- 10 ans de perdu au bout de vacances pourries, la rentrée en solo. Je me retrouve sur le mercato à 40 balais. C'est Céline d'un coup de joystick, alors ton afghane....
Elle me renvoie sans savoir à ma décennie passée, ma sortie des ténèbres de Juliette et le soleil de Muriel bien mal récompensé par une passante qui tombe à pic.
Je retrouve un peu d'empathie. Je cherche dans mon spicilège personnel la phrase toute faite, l'aphorisme qui tue, le bout de roman passe partout. Je ne vois que Louis Ferdinand et son "Voyage au bout de la nuit". Il y a tout dans Céline !
J'enchaîne:
"-quelqu'un qui t'aides à traverser ta nuit....."
- ne me parles pas de Céline!"
Oups! Elle connait. Et moi je me suis connu plus subtil: Céline, avant d'être le pseudo d’Auguste Destouches, c'est surtout son ex! Et ça saigne encore.
- excuse-moi. Tu veux parler c'est ça?
- prête-moi tes oreilles et dis pas de conneries.
- si t’en fait pas, j'en dis pas! On roule comme ça?
- oui! Je me suis faite manipulée, trompée alors tu pourrais être sympa".
Elle a séché ses larmes et retrouvé de la combativité, alors la thérapie du coup de pied au cul a bien fonctionné. 
Par contre je n'ai pas envie de connaître l'historique: Toutes les histoires d'amour finissent en histoire de chaussettes sales.
"- Elle a changé, Céline reprend-elle.
- elle est partie avec une autre, c'est ça?
- UN autre!"
La trahison est double. Sa distance avec les hommes va devenir de la haine.
"- moche en plus, du bide, des gosses déjà tout fait. J'y comprends rien.
- remonte aux origines, comment était-elle quand elle t'as plu? Comment tu étais, toi?
- en pleine galère, comme elle." (deux misères ne font pas un bonheur.......durable! Mais je ne le dis pas.)
"- elle a changé, mais toi aussi....
- elle a arrêté le sport et repris la clope."
Tiens, comme la "mienne"
"- une rechute
- pour la clope, je m'en fous mais devenir hétéro..."
(C'est vrai que c'est du sport, maispasque!)
"- si elle est heureuse...
- et moi, j'ai rien vu venir....
- que veux tu qu'elle fasse, t'envoyer un faire part? J'ai besoin d'un homme, d'enfants...
Elle re-fume, elle change, des signes tout ça. Quand t'as des problèmes, tes rencontres ont les mêmes problèmes que toi, c'est pour ça que vous vous plaisez. Puis, y en a un qui change, l'autre qui ronronne, sans rien voir....
- c'est ma faute, c'est ça!
- non! Tu ne peux plus agir sur Céline. Par contre t'installer dans le doute et la culpabilité de l'autre, ça va pas t'aider pour tes propres travaux de reconstruction. 
- ça a l'air facile pour toi
- parce que je n'ai pas le nez dedans, sinon on est pareil
- "on" les hétéros tu veux dire,
- Les histoires d'amour, le quotidien, les hommes, les femmes, lesbiennes, homos.... C'est dur de se dire que l'histoire qui te déchires est banale: Tu montes le "Tourmalet" à vélo, t'en chies comme ce n’est pas possible, pour toi c'est un exploit, d'autres "se le font" au petit déjeuner avant d'aller bosser.
- question d'entraînement
- c'est ça
- j'ai pas envie de m'entraîner à me faire larguer....
- pas du tout! Tu vas redevenir une prédatrice, retrouver l'instinct, la sensibilité....
- séduire, s'habiller, se maquiller, mentir.....
- Attentive, créative, vigilante, le meilleur de toi, le talent de l'acquisition, de la conquête, de la conversation...
- je préférerais celui de la conservation
- c'est le plus dur. Mais tu feras tomber les cloisons en gardant les murs. Il te faut un personnage de transition
- je connais! D'ailleurs je commence à croire que je lui ai servi de transition, à cette salope.
- on est toujours le salaud de quelqu'un dis- je un peu à court.
- et toi, ton petit bonheur d'hétéro, ça tourne?
- tranquille, elle m'a rendu fidèle.
- comme un chien? Elle est souvent en week-end, non?"
(Un peu de perfidie comme ça ni vu, ni connu. Ça glisse.)
Elle a un drôle de regard.
"- Monogame si tu préfères"
Vraiment un regard étrange.
"-Elle n'est pas parfaite: elle n'ouvre jamais un bouquin, elle pense que "Zadig et Voltaire" est un magasin de fringues et Candide, une marque de lait, mais depuis le "Goût des autres" je me méfie du mien. Pourquoi serait-il plus légitime que le sien?
(Elle suit le cour de la tomate et connaît le prix de l'essence, c'est beaucoup plus essentiel que de savoir que le tempo du "Boléro" est devenu celui de la pub pour un assureur et que "Juanita banana ressemble à la "Traviata". Cela, je le garde pour moi et mime avec une main horizontale et l'autre perpendiculaire en dessous: Temps mort.)
Elle a tout essayé, Val: la séduction, la flatterie, le dénigrement, la jalousie.
"- Et tes textes quand vas tu te décider à les mettre dans l'ordre, les rendre lisibles et les relier entre eux? Relance-t-elle."
L'émulation. Je l'avais oublié ce truc. La variante de la jalousie: Elle écrit un peu, elle aussi. Elle me cherche. Elle veut jouer à celui "qui a la plus grosse".
J'esquive:
"- il y a des fautes qui traînent, des mauvais accords de participe, des accents mal placés. Il faut tout reprendre. Un jour une femme le fera. Ou pas....
- je peux m'en occuper si tu veux."
(C'est vrai qu'elle est prof.)
"- j'ai dit une fem...."
Trop tard, le lapsus est lâché. Sorti d'un subconscient de beauf sur fond d'irritation que j'oppose bêtement à sa troublante insistance.
Elle a le même regard que tout à l'heure.
Elle se fait muette, relevant une jambe comme on relace un soulier sans se baisser. A ceci prés qu'elle n'a pas de chaussures. Elle n'a plus de culotte non plus, puisqu'elle est en train de la retirer. Deux index glissent sur ses hanches emportant sur leur passage le tissu triangulaire. Son geste descend doucement emportant les deux remparts de sa pudeur et de ma résistance qui vient de prendre un coup de semonce. Puis ce flamand rose unijambiste et gracieux dépose son cerceau de dentelle, se redresse et comme l'échassier, déploie ses ailes, retire son marcel. "Il se mêle à tous ça un peu d'artificiel des monts et des merveilles qui ont un goût de miel"
... Et cette odeur de bergamote.... 
Hypnotisé par ses petits seins invulnérables à la pesanteur et ses hanches étroites, j'appelle ma morale et le chef des incorruptibles au secours, mais il n'y a pas de réseau.
Dans un contre feu dérisoire, honteux de la réduire à une taille de bonnet, je fais mentalement des comparaisons stupides de mensurations et de senteurs. Il est vrai que la nicotine par rapport à la bergamote.....
La double culpabilité est dans mon camp. De ma bévue et de ma passivité complice augmentées  de la mesquinerie. 
Dans un grand moment de solitude, je la laisse s'approcher sans peur mais pas sans reproche. Ce n'est pas moi, c'est Alex, mon avatar. Moi, je suis hermétique et inébranlable. 
Valérie et son arme fatale, Vestale dans mon vestibule. Elle sait ouvrir une porte, pénétrer avec effronterie et sans effraction cette porte qui n'est pas celle d'une chambre forte.
Glissant sa main sous mon peignoir, elle trouve la poignée et s'en saisit. Je suis en red alert un peu trop tardive. Il n'y a pas que l'alerte qui est raide. J'ai dû tomber sur la partie masculine du couple Val/ Céline: Elle me plaque sur le canapé et me renverse. Se glisse entre mes jambes et les ouvre. S'empare de mes chevilles et retourne mon bassin. Je suis comme une tortue les quatre fers en l'air. L' intelligence de ses mains et leur ubiquité capture dans sa précieuse et exigeante cage le petit oiseau qui vient de sortir . Ses mains reprennent mes malléoles, impriment un mouvement de balance, pas celle qui trahit ou qui pèse, celle qui va et qui vient.
Il y a son éloquence et mon renoncement à nos corps qui se parlent. J'abandonne mon statut de mâle à cette femelle virile et offensée, entreprenante, vengeresse et vénéneuse.
Aux changements d'allures, de phases lentes redoutables d'efficacité en accélérations d'une douce brutalité de cette forme saphique qui ondule et mène la danse, j'ai franchi le point de non retour.
Perdu dans son triangle des Bermudes où ma posture féminine subit la perte du contrôle au profit de mon ravissant ravisseur, elle a raison de moi assez rapidement et ma virilité abandonnée aux pieds de Lesbos me permet de prendre le mien.
Dans un bruit de succion et de chairs qui s'entre choquent, j'ai du crier d'un plaisir, incontrôlable, violent, humiliant et dominateur.

............................................................................
Je musarde et je m'attarde le temps de redescendre sur terre. Peu pressé de me séparer d'elle et de verser dans la version biologique de l'extase: Le robinet qui goutte et le verre baveur, souvenir des premières fois où les regards s'évitent, génés. 

Valérie ne se retire pas. Le plus intime d'elle épouse ma flaccidité, patiente à ma détumescence, reconstitue ma raideur et mon envie.
Il est temps pour elle de subir le lycanthrope qu'elle a réveillé. Dehors la lune est pleine.

Docilement, elle se retourne et se prosterne. J'ignore si c'est vers La Mecque mais elle va tomber sur un mec.
J'aperçois une forme, une carnation et une couleur d'abricot dans la pénombre. Sacrificiel!
Ce paon qui fait encore la roue m'offre son précieux ocelle où je progresse lentement.
Je murmure tant que je peux encore parler:
"- t'as mal?
- oui, continue!"
Satisfait, satisfaite de reprendre le pouvoir. Tu parles!
Je vois disparaître mon sceptre, lentement, millimètre par millimètre, engloutis par ces arcanes qui se dilatent.
..............................................................
Il faut que je grandisse!
Il faut surtout que je déménage!

Jimmy Thoman 
"Les Passantes"
 Septembre 2009

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