mardi 1 janvier 2013

La fin du monde a bien eu lieu......


.......pile poil le 21/12 quand elle m'a dit: "Barre-toi!"
Le point d'exclamation n'est pas comme on le croit un signe de ponctuation, c'est une baffe dans ma face. Du fond de son ire méditerranéenne une vague de colère emporte sur le trottoir mon kit complet de vagabond : un ordi, une boîte d’archives, des photos quelques fringues et un téléphone portable tandis que le ciel tonnait, moins fort qu'elle, et que le séisme ouvrait la terre en deux  sous mes pieds. 

Je savais ce que j'avais fait de mon après midi, la question était de savoir comment elle savait ce que j'avais fait de mon après midi. 
Bon, pas grave: je vais avoir du temps pour réfléchir au bien fondé de vider la corbeille de ma boite mail moi qui avais souvent du mal à me souvenir du jour où il fallait sortir les poubelles. 
Et puis il y a toujours un plan B: il suffit de retourner à l'hôtel dont le code d’accès est valable pour la nuitée. 
Par contre, il allait falloir pas mal de liquide pour noyer mon cynisme. Sorti des deux ans de captivité où j’avais Durandal entre les jambes, me voilà maintenant avec celle de Damoclès sur la tête. Et alors ? Je n’attaquerai plus la roche au marteau piqueur, je la caresserai, lui parlerai et surtout, surtout, l’écouterai  jusqu’à ce que la claire source jaillisse. A moi les longues glissades et les douces rudesses. 
Pour l'heure, c'est chaud, l’italienne est bouillante et il ne reste qu’une option en deux F : fuir & fissa! La petit voiture est bien là, refuge de poisson dans un bocal, emplie de ma vie pêle-mêle en sacs poubelles du déménagement improvisé. 
Dans la lenteur douloureuse d'un lémurien  en partance vers le pays de la mémoire et de l'oubli,  je tourne la clé pour retrouver la compagnie ronronante du moteur tandis que le mien double de volume dans cette cage thoracique si bien nommée. Il s'agite, il résiste, il tambourine encore un peu comme ça pour un zeste de noblesse puis, de systole en diastole, cesse de battre la chamade et dépose sa reddition aux pieds de sa triste fonction utilitaire. 
J’ai pu sauver les œuvres fragiles de William Lawson et Jack Daniel’s pour accompagner le "Longues peines" de Jean Teulé mais sans beaucoup d'expérience avec les trucs qui piquent, je n’ai presque pas touché au mojito. Peu familier des bacchanales, à peine ai-je tutoyé un Saint Emilion de chez Lidl dont j’ai oublié le nom et le millésime et j’avais des projets pour la tequila que j’avais qualifiée en finale mais ce  n'était pas comme ça que j’allais  refaire mon stock "estime de soi" après ce "casse-toi, pauv' con". 
Il me faut plutôt et encore et sans cesse combattre ce romantisme puéril cultivé dans le champ du voisin où l'herbe de la pelouse de la voisine est soit disant plus tendre. 
Entre l'enfance volée et l'adolescence confuse entrer, vaille que vaille, dans la cour des grands et les jardins mal fréquentés avec au corps le sentiment d'abandon, le sacrifice contre nature de s'amputer soi-même de son organe le plus essentiel. 

Bien secoué de la cale à la grande verge vergue, je récite à voie haute l'enchaînement des taches utilitaire qu'il reste à accomplir afin de maintenir à flot cette vieille barcasse qui prend l'eau de toute part, écopant le trop plein de rêves démesurés et de larmes interdites. L’aventure est moins excitante de nuit sous la flotte et même France musique ressemble à une craie sur de l’ardoise tandis que le roulis et le tangage  du réalisme me remuent  le palpitant. Je gerbe mon mal au coeur par la portière et reprends ma route jalonnant l'abysse, accompagné d'une  trouille de funambule sur le fil du rasoir  et la carte  du tendre illisible de mon itinéraire d'enfant gâteux.


Alors la fin du monde? Bien? Pas bien? Faut voir à "l'arrivée". Souvent au tempo trop lent de la réflexion, c'est la vie qui choisit à ta place.

Aux dernières nouvelles, la fin du monde est reportée a une autre échéance par encore prévue au calendrier.
L'humanité aura une seconde chance!

4 commentaires:

Lulu a lu a dit…

et tu n'as même pas la télé dans ton bocal pour passer un moment, c'est ballot !!!

dusportmaispasque a dit…

T'as quand même oublié de dire que c'était vach'ment bien écrit , plein d'idée, ect etc..
Les compliments sont rares cette année.2013 va être raide.
Allez, bonne année!

Colo a dit…

Alors moi je dis "Aimable Année", pas dans le sens de gentille, mais dans celui, un peu oublié, de "qu'on peut aimer".
Bon, aimer c'est ce qui te turlupines dans ton tacot. Tu le racontes fort bien, mais où tu te trompes c'est "la vie choisit à ta place", meuh non môssieur, sauf de rares exceptions comme les guerres, les terremotos o maremotos...

Enfin, je t'embrasse pour ce début 2013

dusportmaispasque a dit…

Merci et pareil, Colo, excellente année Aimable (et son orchestre)!
P.S: y a quand même des rebondissements, non?

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