dimanche 2 juin 2013

Cédric Briant: Noyé(s) à Bordeaux et caméras.

Noyés de Bordeaux : a quoi servent les caméras ?
Cédric Briant








Source Sud-ouest du 2 Juin 2013 :
« Selon des images de vidéosurveillance, le jeune Niortais, alors seul, s'était approché une première fois du bord de la Garonne, enjambant la rambarde de sécurité pour uriner dans le fleuve, avant de la franchir de nouveau dans l'autre sens pour poursuivre son chemin. »

A cet instant, avec l’historique de 6 noyés précédent et l’alerte médiatique, 
personne ne réagit à la surveillance vidéo montrant une personne en état d’ébriété franchissant le garde corps.  


Bon, on a compris : des caméras surveillent mais personne ne surveille les caméras !

A défaut, peut-on compter sur la surveillance humaine ? 
Le portrait robot des victimes de la funeste série  et leur comportement largement médiatisés a sensibilisé les bordelais (milieu étudiant; ébriété; proximité des lieux de consommations  et périodicité des habitudes festives; franchissement des rambardes).

Pas sûr :

« Ainsi, un agent de sécurité (?!) en poste au niveau de la Maison écocitoyenne (non loin du miroir d’eau) avait fait une description précise du jeune homme.  Il a décrit sa chemise à gros carreaux orange. Il a indiqué avoir discuté avec lui dimanche vers 3 heures du matin et l’avoir invité à s’éloigner des bords de Garonne en raison de son état alcoolisé. Ce que le jeune étudiant poitevin a fait. ».

Seconde opportunité ratée un peu plus tard:
« L'analyse des vidéos l’avaient également montré [Cédric] déambulant seul, vers 03H45, en bordure du quai vers le nouveau Pont Chaban-Delmas. La caméra avait ensuite perdu sa trace. »
Toujours pas de réaction.

Pourquoi les images des caméras ne sont-elles pas exploitées en temps réel ?

Trop cher ?
Ok !
Quels coûts pour :
  • Les équipements préventifs (?!) « A la suite des six noyades, avait été mis en place à Bordeaux, [.....]10 caméras de vidéo-surveillance rien que le long des berges, des bouées, une brigade fluviale. 
  • Les moyens humains : « enquête de police pour disparition inquiétante. D'importantes recherches, menées sur la Garonne mais aussi dans les rues de Bordeaux, s'étaient révélées infructueuses, jusqu'à samedi. »
  • Les moyens matériels : « Un sonar de la gendarmerie venu d'Arcachon (Gironde) et deux plongeurs avaient sondé le fleuve entre les deux ponts principaux de Bordeaux, distants d'environ 3 km. 
  • Un hélicoptère de la gendarmerie avait aussi ratissé les berges. »
Par pudeur on n 'évoquera pas,
  • L’impact économique négatif immédiat sur le commerce et, à long terme, sur l'image de la ville: « des restrictions aux ventes d'alcool le soir dans les commerces. »?
En même temps, on a la coupe de France : Girondins de Bordeaux contre Evian.

Conclusion : En attendant la prochaine coupe, qui finira bien par déborder, grâce à  la vidéo sans surveillance, des jeunes, qui n’aiment pas l’eau, boivent la tasse même si l’Evian ne vaut pas le Bordeaux.

*Entre guillemets « Source SO »toujours.


2 commentaires:

dusportmaispasque a dit…

Du bon usage des caméras surtout, qui pourraient sauver des vies.
Je ne vois pas l'intérêt de visionner tardivement une disparition tragique pour une enquête inutile.
D'ailleurs la vidéo surveillance ne protègent pas non plus les fameuses et onéreuses bouées des actes de vandalisme.

dusportmaispasque a dit…

A vrai dire, il y a d'autres noyés "banalisés" à Bordeaux comme dans les villes que tu cites et dont on ne parle pas.
Les médias nationaux ont fantasmé et propagé la double rumeur d'un "sérial pousseur" ou d'un trafic d'organe imaginaire.
La rumeur n'a pas tenu devant les faits mais les projecteurs de l'actualité éclairent désormais chaque disparition.
Des projecteurs qui éclairent mais des caméras qui restent aveugles.

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