jeudi 31 janvier 2013

Chronologie et dernier réglage en trois coups de clé de douze.



http://le-vrai-concombre-masque.blogspot.fr
































Vendredi midi OVS* au Grand Théâtre.
*On Va Sortir.

En attendant Géraldine Chauvet nous papotons dans la loge au sujet de littérature. Je livre à Christelle mon opinion sur la lecture en milieu hostile. Explication : Nos vies, en général sont organisées autour d’autrui, enfants, collègues de travail, amis etc. Quand sommes-nous disponible pour « entrer » dans un roman ? Quelques minutes avant l’endormissement pour quelques pages après la prière du soir et le « Boogie Woogie » ? Insuffisant ! Juste le temps de passer l’incipit en somnolant et je m’endors avant de saisir les caractères et les noms des personnages. Le livre, dont je poursuivrai la lecture le jour suivant, aura du mal à me capturer.

Samedi 11h OVS Rives d’Arcins. 

Un rendez-vous pour écrire. Je m’affirme auprès de Babette dans cette idée d’éviter les fastidieuses descriptions des caractères des personnages, exercice délicat réservé aux pros de l’écriture. D’idées préconçues en jugements hâtifs et autres préjugés de la lecture en diagonale, nous gagnerions en concisions si les noms de famille à l'ancienne façon, étaient issus des métiers (Boucher, Boulanger, Pécheur), des lieux (Dupont, Dulac, Dupré, Deville, Duchamp) ou de la région associée a un trait de caractère (Ardéchois cœur fidèle, Tourangeau Sans-Quartier). Pour nous faciliter la lecture, et économiser du papier, la littérature gagnerait à puiser chez sa voisine la bande dessinée ses avatars et ses codes en lui laissant l’exclusivité de ses phylactères.
Ainsi nous démasquerions d'un premier coup d’œil amusé et furtif le manque de modestie d’Yvan Hité, les carences en discrétion de Matt Huvu, l’absence de modération d’Alex Cessif et on devinerait la fureur d’Hank Kholer. Luc Xur dissimulerait mal son idée derrière la tête en collant de prés Vanessa Laupe elle même très libre tandis que l’on s’écarterait de Jack Façial et de ses débordements. On saurait dés les premières lignes que Tom B. Dunid met du temps à comprendre la vie et qu’Arnaud Stalgie regarde trop souvent dans le rétro. Tout aussi handicapés patronymiques, Jean Villevoisin trahira son goût pour l'herbe plus verte dans le pré d'à coté et Armand Getout devra surveiller sa ligne.

Samedi 19h OVS Trail nocturne à Hostens. 

Application:Le récit de la course qui en découle est une narration factuelle de l’évènement où les patronymes livrent la personnalité des intervenants. « L’auteur » use et abuse de sa schizophrénie s’affranchissant de ses obligations descriptives par la caricature et l’emploi des pseudos jusqu’à l’outrance.

En revanche, l’autre récit « La fin du monde... est une fiction. Malgré l’emploi du « je » il serait excessif d’y voir une suggestion intime même s'il est orienté par le paradigme du narrateur . C’est un genre plus romancé où chacun fabriquera ses propres images à partir de son CV personnel sans prétendre verser dans la littérature. Il n’a d’autre ambition que d’être l’escabeau vers le grenier des souvenirs de quiconque ou de personne. Les sceptiques détecterons une façon de dire sans dire car tout un chacun a sa version originale d’une rupture, malheureusement référentiel commun, issue d'un vécu pas banal et que celui qui n'a jamais commis de prétérition me jette la première pierre. A chacun sa fin du monde. Un ongle cassé, la fin du pot de Nutella, une attrition ou une désunion, nous plaçons le curseur de la douleur selon notre degré de confort et notre seuil de souffrance.


mardi 29 janvier 2013

Débrieffing!


Le trail d’Hostens.
Une lampe frontale et un  chargeur de 6 balles en guise de vadémécum  pour franchir  les 12 km du trail nocturne à Hostens dans la haute lande girondine.
La lampe frontale pour  les ténèbres  et les six balles pour flinguer mon coté obscur car, s’il faut être plusieurs pour être vraiment seul, j’ai du monde dans la tête : Allan Thousiasme, Arnaud Stalgie et Cie ont intérêt à modérer, l’un, son enthousiasme et l’autre,ses soupirs.
Le starter tire son coup! Touchée, la nuit tombe, les frontales s’allument et le peloton tel un mille-patte géant piétine le pré à l’assaut de la forêt tandis que des feux de Bengale rougissent le ciel timide.

Le scolopendre furtif rampe vers la futaie sous des éclairs de venin rouge.
J’ai peur !
En queue de peloton, je vais devoir vaincre mes démons qui jouent à domicile sur le territoire des ombres: la paresse, la gourmandise (du chrono), l’envie (de paraître, lestée des quelques kilos de l’hiver).
Sans oublier le mental en surcharge des passagers clandestins Victor Gueil, ce frimeur, G. Laflemme qui revendique un canapé, une pizza et une télé, Roman Talist qui me manipule et Arnaud Stalgie,  « Mr c’était mieux avant », .
Je flingue mon premier démon, Jack Précoce qui part toujours trop tôt, et la raison gardée, je me cale raisonnablement derrière  Martial du Club d’Audenge, un excellent meneur d’allure. Quatre kilomètres de patience durant lesquels je tiens en joue Allan Thousiasme, afin de faire connaissance avec le terrain parfois spongieux, les talus glissants en dévers, les flaques et autres trous d’eaux et trouver un rythme, un souffle, une cadence, un tempo, si possible le mien car le train de Martial n’est pas celui d’un sénateur. 
Dans un éclair de lune, j'ai vu passer le diable dans son landau aux lampes de cuivre.
Je suis à la peine!
Roman Talist et G. Laflemme me glissent à l’oreille leur collection de phrases toutes prêtes :           
« Il faut plus de force pour renoncer que pour se rebeller,  gnagnagna !»
« Tu cours, tu aimes, tu vis au dessus de tes moyens »
« Lâche l’affaire »…etc.
 J’en colle une dans le bocal de Laflemme et Roman s’écrase. Trop tard : Martial est parti dans les sinuosités obscures du sentier.
Pas plus mal, me voilà seul à bord du vaisseau « Moi-Je »avec mes ennemis de l’intérieur. Durant encore deux kilomètres de solitude,  bien calé entre deux groupes, je profite du grand air, du mystère sylvestre, de la distance qui fond entrecoupée des obstacles voulus par l’organisation taquine : franchissement de troncs courbé sous une treille artificielle, single track bien gras et bourbiers marécageux.
Avec la bande son  de Charlie Winston je fredonne « Where  can I buy happiness ? » « Ici et maintenant » répons-je,  grappillant de précieux mètres sur un coureur isolé lui aussi.
« On est bien ?
-         Ça dépend : 6 kms pour ½ heure, me répond-il.
-         Waou ! t’es sûr ? une base de 12 km/h, de nuit dans la gadoue, ça passera pas »
      Il est temps d’en finir avec Victor Gueil et Allan Thousiasme. C’est eux ou moi ! Je leur colle une bastos chacun et je ralenti la cadence.
      Allégé, en compagnie de Roman Talist, j’écris et je chante  dans ma tête mon bonheur d’être là, l’instinct grégaire comblé par le groupe qui m’a rejoint.
      Trop facile ! Mon mentaliste comploteur et complice d’une racine me jette à terre. Ippon dans la merdasse, une cheville en vrac.
     Je n’avais pas touché le sol que j’hurlais déjà ma maladresse, ma rage  et ma douleur : Game over ! Et puisque j’ai appris l’anglais sur un flipper je fais : « Same player shot again » et l’extra-ball vengeresse est pour le mentaliste.
     L’orgueil n’est plus là ! Une boule dans la gorge, je rebrousse chemin avec les arguments raisonnables des perdants : penser à la vie d’après, sauver sa cheville, renoncer avec en fond sonore l’agaçante petite musique de l’abandon, claudiquant vers le poste de secours, quelque part en arrière.
     Enragé et nostalgique, aux frontières de la mémoire et de l’oubli, puisque  je suis tout puissant et que c’est moi qui raconte,  je ressuscite toute la famille de Victor Gueil, son frère le culot,  et ses sœurs l’arrogance, la morgue, la fierté et l’insolence.
     Accompagné de cette smala de la rancœur, sérial killer de tous mes défauts,  je décide de rester dans la course et tant pis pour le temps et les places perdues.
     A chaud, la souffrance disparaît. Je marche puis je cours à nouveau presque normalement.  Pas bien vite mais je cours et rattrape un groupetto. Je joue même le chef de meute les deux kilomètres restants jusqu’à ce que j’entende, dans les clameurs de l’arrivée, un pas régulier derrière et un coureur à ma portée devant.
     C’est bon ! 
     Je n’en peux plus ! 
      L’illusionniste qui sommeille en moi résiste un peu pour la frime mais je ne partirai pas à la conquête d’une place de mieux et céderai la mienne à mon poursuivant.
      Bilan des courses : ligne franchie  à bout et au bout  d’une 1 heure vingt minutes ;  179 ème sur 250 partants ; 200 classés. David, preum’s, a bouclé la promenade en 45 minutes.
      Au ravito il y a de l’amitié et de la soupe chaude. La mine piteuse du cancre prés du radiateur en fond de classe, je rejoins Martial, Laurent, Christophe, Laure et Bruno rendus bien avant moi.
      Arnaud Stalgie la ramène avec son refrain : « c’était mieux avant ! »
     Il me reste une balle !

lundi 28 janvier 2013

Trail nocturne à Hostens

Au Km 10 avant de me péter une cheville sur une racine conspiratrice de la nuit, membre du grand complot de la nature contre mézigue.
( 250 coureurs nocturnes, 1 seul blessé: Ma Majesté Moi. J'ai fini sur une patte 179 ème.)

jeudi 24 janvier 2013

Fin du monde: Replay

Par Toutatis!!!!
Quand on n'a rien dire on ressort les trouilles ancestrales de nos ancêtres les gaulois qui n'avaient qu'une peur: que le ciel leur tombe sur la tête.
L'info du jour c'est l’astéroïde Toutatis qui va frôler la terre aujourd'hui, puis en 2029 et 2036, à 14,4 million de Kms selon l'Express.
Bon, c'est pas tout prés, y a qu'a replier les rétros et ça devrait passer!

vendredi 18 janvier 2013

Féminisme and Co


source: http://www.priceminister.com/offer/buy/1927036/Flori-Jean-Alienor-D-aquitaine-La-Reine-Insoumise-

Livre.html

















Je fréquente discrètement et plus que de raison des blogs féministes  assez intellos, je dois dire.
Comme je suis assez pote avec les idées de çi de  de ce féminisme exacerbé, que l'on pourrait trouver extrême si sa raison d'être n'était pas dans les siècles de mâlitude oppression, moi qui  soigne mon machisme à la vaginothérapie j'apporte avec cette évocation de l'insoumise Aliènor, ma pierre à l'édifice branlant du mec plus ultra.

Bon! les chiennes de gardes vont trouver que les motivations d'Aliènor, vues par un encouillé, sont un peu délocalisées dans le panty, mais blague à part, Aliènor tient sa place de suffragette entre Hypathie et Olympe de Gouge ou Thérésia Cabarrus.

Piqûre de rappel historique, je vous la fait courte: en 1152 après le divorce d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII le Jeune, plus porté sur la prière que sur le frisson crapuleux, Aliénor, en jachère et caliente comme une baraque à frites, rencontre sur Mytic.fr Henri II Plantagenêt dit la poutre de Westminster.
Romantique autant que pragmatique, elle range son patriotisme dans le panty et un Eurostar plus tard, déboulle à London avec la Guyenne dans son hennin et un barricot de Clairet de Quinsac sous le bras.
Riton II, serrurier opportuniste, lui bricole la ceinture de chasteté sur l'air de:
 "Ah mon dieu quel bonheur
d'avoir un mari qui bricôôôôle
Ah mon dieu quel bonheur 
d'avoir un mari bricoleeeeeeur!"
et ainsi libérée la Guyenne devint anglaise dans la volupté avec pas mal de privilèges et de profits pour l'Aquitaine.
Nous voilà partis pour quelques bisbilles qui aboutiront plus tard à la "guerre de cent ans". En attendant la communauté européenne prévue dans un demi millénaire, on échange avec les aïeuls de Lady Di et les ancêtres des Beatles quelques horions, on s'interroge à la tenaille rougie à blanc pour connaître le digicode de quelques ribaudes, on s'empale dans la joie et s'étripe dans la bonne humeur jusqu'à ce que, non contents de boire de l'eau chaude avec des feuilles dedans et de faire bouillir les viandes rouge, ils vint aux "Godons" l'idée de rôtir la viande blanche, autrement nommée Jeanne la pucelle, à Rouen en 1431.
C'en est trop, et pour punir ce double outrage à la chasteté et à la rôtisserie, rendez-vous fut prit au château de Castegens pour l'ultime castagne dite "bataille de Castillon" où John Talbot perdra en l'an de grâce 1453 contre Michel Pérunin par 3 à 0 (Michel, c'est le finisseur qui achevât John d'un coup de hache d'où sans doute l'origine de l'expression "on s'est fendu la gueule!" qui de nos jours à une connotation plus festive).
L'affaire est conclue mais pour l'Aquitaine, les conséquences ne sont pas bénéfiques. Plus question de chartes au contenu libéral, plus question de "consentir " l'impôt. Jean de Foix, fils de Gaston 1er dit le Lion des Pyrénées, restaure quelques privilèges aux Castillonnais pour calmer le jeu et on se reverra à la prochaine coupe du monde.

dimanche 13 janvier 2013

vendredi 11 janvier 2013

69, Rue de la critique.

                                                                                      

               

Bien sûr, pour Feydeau, il y a l'ambiance feutré du Trianon, la bonne compagnie de la bourgeoisie bordelaise et la faconde de Xavier Viton, maître des lieux et metteur en scène de la pièce de ce soir. Autour de nous le public jubile quand j'esquisse d’empathie un  sourire léger à cet amusement leste et pesant. Si performance d'acteurs il y a, elle est surtout sportive. Quiproquos, portes qui claquent, vannes lourdinques qui ne passeraient pas autrement que grâce à  l'indulgence du public pour le théâtre de boulevard. Ringard avant, culte désormais, après tout n'écoutais-je pas les Doors pendant que Cloclo faisait: "Alexandrie, Alexandraaaaahhhh"? Désormais je ne suis pas le dernier à faire hhhhaaaaaalexandrah! en agitant mes petites mains au bout de mes petits bras.
Quelques jours plus tôt, ceint d’enfants qui riaient, de parents qui s’esclaffaient et applaudissaient debout tandis qu’emporté par la foule je souriais, vent contraire encore, avec indulgence sous le chapiteau tsigane des Romanès. Sans doute attendri par le romantisme bien médiatisé du peuple nomade d’antan, quand les verdines s’installaient en lisière de village et les saltimbanques agrandissaient les yeux d’enfants. Pourquoi pas ? Ce spectacle vaut bien celui des Pinder, Gruss ou Médrano avec leurs fauves que l’on soumet au claquement du fouet et la fée scintillante que l’on admirait à 20 mètres du sol et que l’on retrouve à l’entracte vendant du pop-corn dans ses bas résille/filet de pêche.

Plus tard scotché sur un siège de l’Utopia j’admire la composition de Joaquim Phoenix dans "The master"subjugué par l’image, la photo, la beauté torturée du visage de Freddie Quell. Un film incompréhensible au premier visionnage sans les codes du flash-back  Il faudra le voir une seconde fois pour trier les artéfacts mnémoniques et les manipulations du master de l’engramme joué par Philip Seymour Hoffman. Désormais il faudra se résoudre à suivre les diktats des communicants de la prod qui nous vendent la performance physique de l’acteur sans nous soucier du scénar. Vent contraire donc, mais j’y mets de la bonne volonté. Une autre fois c’était pour "Anna Karénina"film inutile selon la critique, merveilleux pour les quatre spectateurs dans la salle de l’UGC ce lundi-là. Chaînon manquant entre la scène théâtrale, la littérature  et le cinéma, la mise en scène de Joe Wright, déconcertante au début, se révèle une valeur ajoutée à cette narration pleine de poésie. Vent contraire encore !




"L’homme qui rit" ne m'a pas fait pleurer mais m’a ramené dans le monde visuel et gothique, égotique, de Tim Burton et je n’ai rien à dire sur Depardieu, vent contraire, toujours.

Quand au livre d’Alexandre Romanès, il prouve qu’avec de bons appuis, on peut faire éditer un bouquin de 116 pages avec 100 mots de vocabulaire et 6 lignes par pages.

Je me suis auto-décerné ce diplôme de mauvais camarade. Que suis-je? Atrabilaire? Ataraxique? Sociopathe à n'en pas douter, terrorisé par le vide des conversations de comptoirs semblables à celles plus chicos des cocktails et tout aussi convenues. 

Pourtant tout va bien dans ma vie, comblé, le ventre plein et les génitoires  vides, je n’ai pas de soucis de transit et je sais qu’il faut lâcher prise quelques minutes pour être heureux dans la morosité ambiante. Juste l'impatience de l'absolu face au genre humain ainsi que l'affirme (presque) Jacqueline Kelen.

Alors je fais des efforts, je sors, je communique et bientôt j’aurai plein d’amies et si ça continue on me verra sur un canapé rouge avec Drucker pour me cirer les pompes le dimanche après-midi ou devant un match de foot à la télé.

Le réseau, Sergi, le réseau!

mercredi 9 janvier 2013

Le livre et le cirque Alexandre Romanès.


Quel cirque!
Les critiques élogieuses sont là!
Les vacheries sont ci-dessous:
Cirque familial comme il est dit en préliminaire, et quand il y a des préliminaires c'est que tu vas te faire emboîter.T'es prévenu: On va te lire les lignes de la main jusqu'au coude.
D'abord il me faut te dire ce qu'il n'y a pas.
Pas de paillettes, de chevaux ni de fauves et pas d'acrobates dans des saltos vertigineux puisque le chapiteau culmine à hauteur de l'antenne de ta Clio. En lieu et place, les artistes sont replets, "la reine des gitans et des chats" potelée et l'orchestre Tony Truant essaient de t’entraîner bruyamment dans son enthousiasme.
L'orchestre, sonore de cuivres et de cordes,  s'honore de ses vocalises et vociférations pour déclencher les applauses: l’aînée est dans ses oeuvres sur une corde, tendue entre deux mats qu'elle utilise alternativement en guise de trapèze, d'escarpolette ou de string. Elle se balance, nonchalante, tandis que le patriarche bedonnant s'extasie et que la mater dolorosa gueule dans son micro. La petite dernière fera des pointes pour un numéro de fildefériste à 20 centimètres du sol assurée par la main de son grand frère éberlué à ses cotés. 
Des ballons et des quilles virevoltent pour de la jonglerie basique et un petit chien mime la mort quand le "dresseur" mime un chasseur. Dans la proximité de ces artistes du culot, on te parlera de poésie,  de magie, d’envoûtement, d’authenticité, d'amour, d'intimité et de coeur, de sortilège et de folie quand tu chercheras encore et en vain le fil conducteur de cette histoire "De reine des gitans et des chats". Si l'on n'est pas trop pisse-froid on peut s'abandonner sur l'épaule du romantisme branchouille et en vogue des tziganes, dans la tradition gitane du foutage de gueule ou céder complaisamment  à leur habitude de te faire les poches.
Tu ne sera pas époustouflé, terrorisé, surpris, médusé ou émerveillé, juste assourdi et allégé de 20 euros ou plus si tu achètes le bouquin du géniteur arnaqueur.
Cliquez pour lire.
Ce qui ne m'a pas empêché de féliciter et de serrer la main de Tony Truant (la "contrebasse") rencontré le lendemain en promenant le cleb's sur le Pont de Pierre, parce que, quand même, quels musicos ces Romanès!
Nota bene: spectateur volontaire et payant le soir du 24 décembre j'ai attendu le départ du cirque le 6 janvier afin de ne pas nuire à ses sympathiques artistes avant de distiller le venin qui précède.

vendredi 4 janvier 2013

N'insistez pas: faites demi-tour!


Cela fait quelques semaines que les oies bernaches ont quitté le bassin d’Arcachon pour trouver vers les tropiques le confort d’un climat moins agressif après un voyage long et périlleux.
« Sont cons ces bestiaux, vains dieux ! » dit l’homme.
Ma migration sera moins risquée et plus confortable, je "remonte" vers mes  origines voir l’ancêtre dans le département du Lot parait-il sous la neige d’après Catherine Laborde. Trop facile la bagnole : en polo, la clim sur vingt degrés, un mazagran de café dans le porte gobelet de la Chevrolet et l’auto radio calé sur France Musique.
Je pense aux oies bernaches !
Et j’ai honte!
Aller voir son daron et le Lot mérite un peu d’effort. Sans compter que les petits virolos de Lauzerte à Montcuq et  Cahors attendent ma bécane de pneus fermes.
Sur une selle, mais sans pédales car à vélo je le sens pas, ce sera la Ducat' et tant pis pour le froid au mimines.
Je sais : il existe des poignées chauffantes pour moto mais je ne suis pas sûr que la batterie de ma petite vieille ait assez de jus pour me chauffer les menottes. (Tiens ça me fais penser que j’ai oublié de détacher ma complice menottée à la tête de lit dans notre salle de jeu).  Allez une paire de manchons, ce bon vieux truc du temps où j’étais coursier à mobylette et seul remède efficace pour n’avoir pas froid aux mains, et c’est bon, roule Raoul !
L’autoroute déroule son ruban noir taillé dans la neige jusqu’à Valence d’Agen. Les abords immaculés diffusent  une lumière surréaliste sur l‘aquarelle vivante des vallons et la nature morte  de pech en combes qui m’entourent. A la dite belle saison, bien que je ne trouve pas celle-ci sans attrait à part que ça caille sévère, c’est un patchwork de prairies où les bouches des cheminées géantes de la centrale de Golfech exhalent vers le ciel leur haleine blanche.  La respiration de la terre me tire du sommeil d’où le ronron de la Ducati m’avait plongé.
Il est temps de quitter le grand ruban pour les petites routes viroleuses du Lot & Garonne.
Zont pas déneigé ces feignants de la DDE ?
Ben non !
Je pose 4 et je retiens 2 = 2 roues qui me manquent pour la soixantaine de bornes restantes  vers la destination finale.  Je sens  que ça va être  rock’n roll et peut-être le final cut.
Faire demi-tour ? Battre en retraite ? Pas tout de suite, résister un peu pour le fun. de toute façon, une Ducati ça tourne comme un porte avion sur une départementale et, pour la retraite, il me manque des annuités.
Poli avec le  levier de frein et la poignée des gaz, mes petites jambes tendues je fais des pointes pour toucher le sol et contenir les embardées de la meule dans la poudreuse.

Conduire une moto, c'est être attentif à l'environnement et, symboliquement, à l'autre. Affaire de compromis avec les carences. C'est faire avec, c'est à dire sans: sans chauffage, sans essuie glace, sans auto-radio et, sans point d'appui être conscient de la fragilité de l'inné et de  la précarité des acquis.
J'aime l'équilibre des pesanteurs et l'harmonie dans la force.
J'aime la vulnérabilité des corps au fond des moi.
Je suis servi: jambes trop courtes, nuit qui tombe et buée de l’effort sur les lunettes : le rebelle du confort et du demi-tour est  à la fête comme un morceau de beurre dans une poêle chaude.
Petit comme Napoléon, désarmé comme la grande (armée) durant quelques kilomètres héroïques, voilà le franchissement salvateur de la Bérézina/Garonne.
Après le canal des deux mers une bagnole a creusé  deux ornières dans la neige fraîche et la nuit frigide. Empruntant un de ces deux rails, avec l’obligation impérative de demeurer dans la mono trajectoire, il me faudra deux plombes pour rallier l’écurie paternelle dans la lumière cyclopéenne et fidèle de ma petite italienne qui ronronne sans faillir*.
….Et deux plombes/retour pour finalement battre en retraite devant une porte close ! je n’ai pas prévenu l’ancêtre de ma venue et il est en goguette.
Re-péage, re-autoroute, bercail, tête de linotte va délivrer sa partenaire oubliée menottée à la tête de lit.


* les réchauffeurs de carbus sont inutiles sur la 600 Mostro originelle, sans allumage électronique donc, malgré ce que je lis sur les différents forums.

mardi 1 janvier 2013

La fin du monde a bien eu lieu......


.......pile poil le 21/12 quand elle m'a dit: "Barre-toi!"
Le point d'exclamation n'est pas comme on le croit un signe de ponctuation, c'est une baffe dans ma face. Du fond de son ire méditerranéenne une vague de colère emporte sur le trottoir mon kit complet de vagabond : un ordi, une boîte d’archives, des photos quelques fringues et un téléphone portable tandis que le ciel tonnait, moins fort qu'elle, et que le séisme ouvrait la terre en deux  sous mes pieds. 

Je savais ce que j'avais fait de mon après midi, la question était de savoir comment elle savait ce que j'avais fait de mon après midi. 
Bon, pas grave: je vais avoir du temps pour réfléchir au bien fondé de vider la corbeille de ma boite mail moi qui avais souvent du mal à me souvenir du jour où il fallait sortir les poubelles. 
Et puis il y a toujours un plan B: il suffit de retourner à l'hôtel dont le code d’accès est valable pour la nuitée. 
Par contre, il allait falloir pas mal de liquide pour noyer mon cynisme. Sorti des deux ans de captivité où j’avais Durandal entre les jambes, me voilà maintenant avec celle de Damoclès sur la tête. Et alors ? Je n’attaquerai plus la roche au marteau piqueur, je la caresserai, lui parlerai et surtout, surtout, l’écouterai  jusqu’à ce que la claire source jaillisse. A moi les longues glissades et les douces rudesses. 
Pour l'heure, c'est chaud, l’italienne est bouillante et il ne reste qu’une option en deux F : fuir & fissa! La petit voiture est bien là, refuge de poisson dans un bocal, emplie de ma vie pêle-mêle en sacs poubelles du déménagement improvisé. 
Dans la lenteur douloureuse d'un lémurien  en partance vers le pays de la mémoire et de l'oubli,  je tourne la clé pour retrouver la compagnie ronronante du moteur tandis que le mien double de volume dans cette cage thoracique si bien nommée. Il s'agite, il résiste, il tambourine encore un peu comme ça pour un zeste de noblesse puis, de systole en diastole, cesse de battre la chamade et dépose sa reddition aux pieds de sa triste fonction utilitaire. 
J’ai pu sauver les œuvres fragiles de William Lawson et Jack Daniel’s pour accompagner le "Longues peines" de Jean Teulé mais sans beaucoup d'expérience avec les trucs qui piquent, je n’ai presque pas touché au mojito. Peu familier des bacchanales, à peine ai-je tutoyé un Saint Emilion de chez Lidl dont j’ai oublié le nom et le millésime et j’avais des projets pour la tequila que j’avais qualifiée en finale mais ce  n'était pas comme ça que j’allais  refaire mon stock "estime de soi" après ce "casse-toi, pauv' con". 
Il me faut plutôt et encore et sans cesse combattre ce romantisme puéril cultivé dans le champ du voisin où l'herbe de la pelouse de la voisine est soit disant plus tendre. 
Entre l'enfance volée et l'adolescence confuse entrer, vaille que vaille, dans la cour des grands et les jardins mal fréquentés avec au corps le sentiment d'abandon, le sacrifice contre nature de s'amputer soi-même de son organe le plus essentiel. 

Bien secoué de la cale à la grande verge vergue, je récite à voie haute l'enchaînement des taches utilitaire qu'il reste à accomplir afin de maintenir à flot cette vieille barcasse qui prend l'eau de toute part, écopant le trop plein de rêves démesurés et de larmes interdites. L’aventure est moins excitante de nuit sous la flotte et même France musique ressemble à une craie sur de l’ardoise tandis que le roulis et le tangage  du réalisme me remuent  le palpitant. Je gerbe mon mal au coeur par la portière et reprends ma route jalonnant l'abysse, accompagné d'une  trouille de funambule sur le fil du rasoir  et la carte  du tendre illisible de mon itinéraire d'enfant gâteux.


Alors la fin du monde? Bien? Pas bien? Faut voir à "l'arrivée". Souvent au tempo trop lent de la réflexion, c'est la vie qui choisit à ta place.

Aux dernières nouvelles, la fin du monde est reportée a une autre échéance par encore prévue au calendrier.
L'humanité aura une seconde chance!

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