vendredi 26 juillet 2013

De l'utilité du mensonge.


samedi 20 juillet 2013

Atelier d'écriture.

La matrice:  Asphodèle


Mon texte ci-dessous. Les mots imposés étaient : liberté, sens, découverte, régime, déraison, pantois, hasardeux, obligation, privé, barrière, demeurer, tabou, aventure, inceste (facultatif), rouge et honte, hallucinant, hangar.



 « -Fais tourner le yaourt ! Dis maman. »
Je lampe en loucedé une ultime cuillerée avant de passer le laitage à ma frangine qui le passera à maman en espérant un second tour.
Depuis le départ du daron avec la télé et les meubles on est 3 sur un yaourt. Avantage : on n’est jamais privé de dessert quand la grosse du dessus dépense des fortunes en régime minceur et les yaya ne passent pas par le frigo devenu  inutile depuis qu’EDF nous a coupé le jus.
Alors quand Momo et Lucien sont venus me chercher pour faire un tour en bagnole, j’avoue, j’ai fui !
Bon, Momo, il a pas de bagnole ! Pourtant je suis au volant de sa béhème sans chercher des raisons!
Dans la cité Momo l’hasardeux, il est du genre à sauter la barrière derrière le hangar du mécano à la découverte des joies automobiles.
« -tiens, range la caisse j’vais faire un retrait ! » 
Sa carte bleue doit avoir la même origine que sa bagnole, et il doit être en rouge à la banque. Nez en moins et par manque de flair je me suis garé devant le CréMu avec beaucoup de déraison et pas mal de folies si je comptabilise les désordres  de cette histoire.
« -laisse tourner le moteur, on en a  pour une minute ! »
Là, j’ai senti l’aventure foireuse et une question supplémentaire  s’empilât à la porte fermée de mon intelligence quand j’aperçus les fils du contacteur de la bagnole pendouillants sous la colonne de direction tandis que Momo et Lucien enfilaient une cagoule puis entraient dans la banque enfouraillés de deux guns sortis de je ne sais où.
Désemparé, pantois devant ce spectacle hallucinant malgré l’alarme qui gueulait je décidais de demeurer devant l’agence fermement convaincu d'obtenir une conversation sans tabou avec mes potes.
Je me suis fait serrer par le commissaire Moulin rentrant du resto avec Julie Lescaut dans la voiture pièce à conviction.
Pendant ce temps, derrière la banque, Momo et Lucien se faisaient la malle sur une mobylette par la sortie des artistes, l’entrée du personnel demeurée ouverte durant leur fric-frac.
Un sentiment de honte m’envahis quand je compris que j’étais juste une diversion dans le plan de Momo et Lucien.
Malgré la session baffes dans le commissariat, j’ai pas lâché le nom de mes « complices » j’ai plutôt insisté sur ma version : j’attendais par hasard devant la banque deux inconnus dans une voiture qui ne m’appartenait pas, préférant passer pour un demeuré que pour une balance.
Chais pas pourquoi : les baffes me rappelaient papa. Comme quoi, dans la mnésie, un truc en plomb se transmute, par l’alchimie du souvenir, en or de la période heureuse où l’on bouffait bien à la maison.
Surtout et sans doute n’avais-je plus envie de partager mon yaourt et marre de n’avoir qu’un bénard du secours catholique pour « faire » l’année scolaire. Là, pour une fois je me sentais "maître de mon destin, capitaine de mon âme". Innocent et emprisonné! Martyr comme Malcom X, Gandhi, Mandela, Eldridge Cleaver, le masque de fer, Lucy Burns.
Et puis c’est quoi la liberté ? Une cage plus ou moins  grande ?
Mon mutisme avait du sens. Moi seul savait que cet"héroïsme" n’était qu’une fuite.
J’ai pris sept ans !
J’allais faire mes universités chez les durs en payant le ticket d’entrée des malfrats, avec, à la sortie, le prix décerné grâce à l’obligation de l’omerta. C’est sûr : Bac + 7 en poche, j’allais trouver du boulot comme convoyeur de fonds, me manquait plus que le permis de conduire. N'avais-je pas payé cash et d'avance les méfaits que j'allais commettre.

En "zonzon ", c’est sûr,  on bouffe plus qu’à la maison !
Ce qui m’a le plus gêné, c’est la sodomie de bienvenu.

lundi 15 juillet 2013

Jornet et Froome

Gentil garçon Kilian !
Accessible, discret, anonyme à la veille de la course et de l’été 2010, nous venions de récupérer nos dossards auprès de l’organisation quand Phill l'a reconnu dans la file d’attente et lui a demandé de poser avec (pour?) nous.
Trois ans plus tard, je lis cette information anodine de l’exploit authentique de ce garçon sympathique tandis que les moutons de Panurge bêlent aux exploits des camés du tour.
 A j+1 de la publication de cette photo la petite voix de ma lucidité me pousse à balayer devant la porte de ma vanité: Même si je n’ai pas d’idoles et sans beaucoup de crédit  pour les phénomènes, je sais que pour mettre un pas devant l’autre il faut bien croire en quelque chose (et surtout en quelqu’une). C’est bien connu, les sceptiques sont immobiles.
" -Et bien qui sont tes héros ?
-Eldridge Cleaver; Florence Nigthingale; John Dillinger; Le Che; Simone de Beauvoir; Gandhi; Jersey Joe Walcott; Aragon; Don Quijote de la Mancha; Camille Claudel; Malcom X; Grandma Baker; Olympe de Gouge;Van Gogh; Villon; Hemingway; Bukovski ; Jim Morrison; Rimbaud; Kurt Kobain; Thérésia Cabarrus; Romain Gary; Monsieur Spock, Charlotte Corday; James Bond ; Don Diégo de la Véga; Mozart; Shrek; Alain Gerbeau, Bernard Moitessier ; Jack Findlay ; Philémon ; Jésus......
-A part Djizeuss, l'acrobate, manque un vrai sportif dans ce panel."
Kilian Jornet fera l’affaire !
Puis le venin du doute vient me polluer le raisonnement.
Pour le commun des mortels, il faut deux jours pour aller et revenir du Mont blanc avec une nuit de repos au milieu.
Alors dopage ?
Pas sûr !
Le catalan a l’exploit confidentiel.
S’il cherchait la fortune et la gloire il ferait du vélo !
Sous les caméras de France 2 avec des « journalistes » en guise de public relation.
Sa performance se réalise au mental, au plaisir, à la passion en bonne compagnie de  l’amitié de Mattéo Jacquemoud, un dur lui aussi, et pas avec la bande son des casquettes Ricard huant sous le cagnard attendant les échantillons de Cochonou que leur balancent à la face les hôtesses de la caravane publicitaire.
Et puis comme eux et pas mieux que le troupeau, j’ai autant envie de croire que je suis un lointain cousin de champion avec quelques gènes de surhomme puisque je suis sur la photo non exempt de la fierté ordinaire. Derrière un tour de magie on sait qu'il y a un truc mais on a envie de croire et d’espérer.

Tant que les médias abrutiront les naïfs addicts aux exploits surnaturels, le dopage perdurera comme « la servitude  volontaire » des moutons en attente de prédateur.

Warning : cela fait quelques heures qu’une forme noire tourne au-dessus de moi.
" Le baron noir" Got et Pétillon

jeudi 11 juillet 2013

Kilian Jornet, un TGV sur le mont blanc.

Kilian est en vert à coté, c'est ma pomme, le petit au bandana.

Kilian vient de faire un aller retour Chamonix/Mont blanc/Chamonix en 4h57.
Une occasion de se souvenir de notre rencontre sur le trail de Font Romeu un été 2010.




Illusion d'optique et cache cache.

Grâce au commentateur qui signe MDM voir la vidéo ici : 

lundi 1 juillet 2013

Jalabert, ma femme et moi.

« Ce matin t’avais un goût de menthe, me dit-elle ! »

-….. ?

Cueilli ! 
T’es là tranquillou à la terrasse dégustant l’After eight qui accompagne le petit noir « chez Fred » place du Palais de L’ombrière (fiction, bien sûr !)et tu ne vois pas, trahi par ta semence de la dernière livraison, venir le reproche, la suspicion, l'allusion au dopage.
J’ai franchi le col du Tourmalet une ou deux fois.
L’Aubisque, le Soulor, Hautacam, Iraty, Ascain, le col d’Ibardin aussi.
Jalabert et consorts en grimpent quatre parmi ceux-là  dans la journée.
La phrase me surprend en pleine ascension.
« - la prochaine fois je prendrais un mojito Tac-au-taquai-je.
Mon deuxième cerveau en pilotage automatique se cale sur la trajectoire d’hier soir et je revis la scène de la veille au ralenti : chez le glacier de la rue Sainte Catherine (toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des situations existantes serait pure coïncidence), je me vois saisissant le cornetto biscuité et sa boule de menthe/éclats de chocolat noir.
La boulette ! Plus veinard que Jaja, tombé par sondage sorti des burnes 15 ans plus tard, me voilà pris en flagrant délit de dopage dés le lendemain aux matines.
Le passé, c’est dépassé!
10 ans plus tôt l’ascension de tes sommets, mon amour, se faisait à l’enthousiasme et sans substances exogènes.
Jaja, fallait pas pisser dans cette éprouvette !
Tout comme « Queens » aurait du raccrocher après la mort de Freddie Mercury et  Iggy Pop devrait s’acheter un tee-shirt.
La voiture en dépôt à Lourdes (histoire inspirée de faits réels) je roule depuis 15 bornes avec une Jeannie Longo de passage alliée de circonstance contre le vent en relais  à toi, à moi !
A la bifurcation ma partenaire d’un jour part vers Sainte Marie de Campan tandis que je continue par Luz Ardiden. Il parait que par là c’est moins raide. Un but identique, deux itinéraires !*.
Célibataire contre le souffle d’un vent de terre, j’en « remet un ». Cliquetis de dérailleur, la chaîne descend doucement d’un pignon et repose délicatement sur le 12 dents en dessous, comme la tête de ma fillote se repose désormais un week-end sur  deux sur mon épaule au cinoche.
50**x 12 : Trop vite, trop tôt je dois réviser mon ambition pour ce faux plat malgré son faible pourcentage qui mène de Nestalas à Luz. Au pied de l’Ardiden  « mettre du gros » car le mur à la sortie de la ville me colle sur place.
A la fontaine de Barèges je refais le stock de flotte. Le passage à 5% du jardin botanique, jusqu’à l’auberge de Louison me recharge la vigueur puis les derniers lacets avec du 8 et du 9% sans répit, la chaleur et le goudron fondu me  colle aux pneus comme le doute accroche sa poisse à mon mental.
Me voilà glissant sur la paroi verticale du temps et du Tourmalet. 
(Tourmalet étymologiquement, c’est mauvais tour.)



49 ans qu’est-ce que je fous là ? D’accord j’ai retrouvé les 60 kilos*** de mes vingt ans, et les jambes ? Et la tête ? Alouette !
Justement, la tête! A vingt piges tu ne m’aurais pas fait grimper sur un vélo et encore moins sur une montagne !
Il est temps de solder les comptes avec le temps. Le temps soigne et guérit. Sans lui, impossible de grandir. C'est lui qui donne au physique à la baisse la valeur ajoutée d'un mental à la hausse. Dans ses lacets se nouent et se dénouent les rêves immatures pour devenir des projets. Quand j'ai fini de batailler contre lui, il me semble que temps donne du talent.
Les mains soudées au guidon qui louvoie en limite d’équilibre « je sens tes seins dressés comme des barricades et sur ma peau tes dents qui brodent des croissants, bleutés comme tes cernes » et ça m’aide à ne pas mettre pied à terre.
Un dernier coup de rein pour les 13% des derniers cent mètres avant la bascule et l’orgasme de « l’arrivée », la débandade de la descente.
Mais d’abord, un fragment de moi à l'intérieur de l’auberge du sommet, un sein dans chaque main, reste accroché à l'instant, le temps de savourer la double récompense d'une garbure et d'un pichet de Madiran tandis que des champions d'un jour pose pour la pièce à conviction, la preuve de leur exploit personnel.

 "Le dopage existe depuis l'antiquité. Il n’a pas été inventé par Virenque, Armstrong, Ulrich, Pantani, Ricco, Rasmussen, Vinokourof, Contador, Jalabert, Delgado, Indurain…(.désolé, il en manque dans la série des pas vu, pas pris : Anquetil, Hinault, Robic, Bahamontés, Bartali, Coppi…). Et il ne s'est pas non plus arrêté avec eux.
(Par respect pour un ami, Luis Ocaña ne figure pas dans cette liste de suspect.)

* les symboles c'est bon?Tout le monde est là?

**le 52 est resté sur les longues lignes droites des Landes, je suis passé au plateau de 50 dents et c’est bien assez pour mes petites jambes.

***mise à jour:10 ans plus tard, 59 ans donc, j'ai retrouvé mon poids de Depardieu en gardant ma taille de Mimie Mathy, ça calme, hein?

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