jeudi 12 juin 2014

Bardenas, Moto, VTT et chevalier de Groland.

Plus loin vers le sud.....

"J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main,
ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin......."me souffle Brassens!
Mais, tout à fait par hasard, et sans la lui demander, j'ai serré, et pas qu’une fois, la main de Serge Nuques quelque part dans le désert des Bardenas.
Démontrons la mystérieuse mécanique du  hasard qui provoque les intersections d’étoiles inaccessibles avec les astéroïdes désenchantés:

Version courte si t'as la flemme de lire: on n'aurait pas dû se rencontrer, mais on s'est rencontré!

"-J'ai perdu mes lunettes!"S’exclame Hélène.
Intérieurement, je l’ai détesté, Hélène !
Car j'agonise de soif.
Pour les lunettes, j’ai un alibi : je matais les motos délaissées par la confrérie des chevaliers de fer en train de se photographier le tout à l’égo à l’entrée des Bardenas.
Donc, retour au point de faux départ, croisement du groupe de motard qui se casse, cherchage et trouvage de lunettes et vrai départ vers le salut : une pinte de bière fraîche pour décoller nos muqueuses buccales et retrouver l’usage de la parole.
Caramba ! Encore raté : les motos sont à l’arrêt sur le chemin gravilloneux devant nous. Québlo! Impossible de passer, la binouze attendra.
In petto, je me dis qu’un de ces blaireaux a du être malpoli avec son levier de frein avant qui, on le sait à VTT comme à Moto, est très susceptible sur le gravillon.
En fait, point de chute et pas de blaireaux mais une crevaison. Une des montures à plat agonise sous le cagnard, son gros cul affalé  sur le bas coté et les bikers sont un peu dans la merde.
On prête une pompe, un dit : « il faut soulager la moto » j’approche ma main de la selle pour abréger les souffrances de la bête et là je reste collé :
Saisissant la croupe de la Honda afin de soulager le pneu arrière du poids de la moto et de faciliter son gonflage l’immense Serge Nuques, pas le dernier pour  tâter du fessu, me devance.
« -Mé,mé,mé, c’est …… »
Les mots et l’eau à la bouche me manque et ce ne sont pas « Hélène et les garçons » Bruno,Vincent et Tomesh qui vont m’aider : personne chez nos vététistes n’a visité ce monument du pilotage qu'est Serge !
Mon gosier en insuffisance de salive et l’esprit en carence d’idée se remettent en marche à fond la caisse sous les stimuli de ses exploits tandis que le Chevalier de Groland cherche dans sa mémoire si je suis un bon ou un mauvais souvenir.
Je l’attaque sur le patronyme, je sais c’est vil, mais je suis à la limite de l’insolation après les 5 heures de VTT par 37°.
Faut faire vite, le bougre a de l’esprit autant qu’il est fin pilote, joyeux compagnon et journaliste le plus  rapide à l’ouest de l’Adour et de la Nive.
« -Serge euNuques, t’aurais pas préféré  Bruno Nuques » dis-je en lui serrant la main sous les éclats de rires de son aréopage.
(Dans une meute, repérez le mâle Alpha dit le manuel des castors junior!
Mouais, en situation de survie, je dirais suivez plutôt la femme:
T’as remarqué les deux gonzesses ? Moi oui!
Et quand tu évoques la castration, l'eunuque donc, symboliquement tu niques le machisme, tu déclenches les rires du peuple fendu et avec le rire des filles, les garçons suivent.)
Désarçonné par ma familiarité, dérouté par l’hilarité générale, incapable de me situer dans son trombinoscope garni de célébrités autant que de fans anonymes, je l’assomme en enchainant avec le récit de ma journée: le voyage depuis Bordeaux avec la Ducati (Olà des filles à cette évocation qui sont aussi en Ducat’, c’est pas du bol, ça ?Les mecs se re-marrent), le Van de Bruno pour mon VTT, ma pompe qu’il tient à la main, l’oubli des lunettes, la crevaison, la rando qui m’a vidé et cette rencontre magique qui m’empli.

Cette suite de Fibonacci qui fait que nous sommes là dans cette entrevue sans enjeu social, chaleureuse, émerveillée parce qu’inutile (car je ne crois pas que j’arriverai à lui fourguer des fenêtres et lui ne m’enseigneras pas le stoppie).

Il demande dans le ressac entre deux vagues de ma logorrhée : «  et toi ? T’es qui ? »
« Personne ! Mais on partage le même prénom et la même ambition de pourrir les caisseux ».
On se re-re-re-serre la pogne et il me propose un autographe sur le corps de pompe.
Je décline en accompagnant d’un geste du poignet à hauteur de l’entrejambe, un amical : « Je suis impressionnable mais j’suis pas idolâtre »
Pas facile à placer dans une conversation mondaine le geste masturbatoire, mais là le public est caliente.
Voila, tout le monde se gondole, du moins il m’a semblé et c’est déjà fini, je ne reverrai sans doute jamais Serge Nuques.


Cependant, grâce à lui, je ne déteste plus Hélène !
Au dessus des barrancos




1 commentaire:

cathiminie a dit…

si tu m'y attendais j'y ai fait un retour avec arrêt sur images. j'avais lu mais pas pris le temps de m'y poser ni de regarder la vidéo. C'est à couper le souffle ces paysages.Je n'imaginais même pas que de tels paysages puissent exister si proches de nos frontières. Il va falloir que je me décide à aller arpenter la côte basque et le nord ouest de l'Espagne, région où je n'ai JAMAIS mis les pieds, et encore moins les roues surtout si ce sont celles de VTT ou moto. peut on apprécier ce genre de lieu sans suer sang et eau. les plus beaux paysages semblent se mériter et vu mon goût pour le sport, je crains fort de ne m'en régaler qu'au travers de notes comme les tiennes. mais ça me donne envie de tenter d'y aller voir de près. Quant à ta note, je savoure toujours avec autant de plaisir ton habileté à jouer avec les mots. Merci pour la ballade. Et je chantonne Brassens...en bonne Cathstafiore que je suis restée.

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