mardi 20 décembre 2016

Fanafody/envoutement

Aventures d'un vazaha, chapitre 16:fanafody

Bon d'accord, j'avais dit que je n'écrirai plus. Et j'écris encore. Mais mes récentes mésaventures me donnent encore de la matière: le fanafody. Ce mot veut dire "médicament", tout ce qu'il y a de plus basique, mais on peut aussi parler de "fanafody fitya", médicaments d'amour, un peu comme les filtres d'amour des antillais dont j'ai déjà entendu parler chez l'ami Djamal à St Mich (ton couscous me manque !).
Il existe ici beaucoup de "potions" à base de plantes, avec des effets + ou - nocifs. Aussi, certains utilisent des grigris qu'ils placent sous le lit mais ça j'y crois pas. Le filtre d'amour consiste en certaines plantes qu'on va te mettre dans une boisson ou un repas. Certaines mixtures te font, paraît-il, bander toute la nuit. Bon, j'ai beau être un queutard bitocéphal, je ne vais pas aller tester. Mais paraît que ça marche. D'autres te font n'avoir d'yeux que pour ta compagne. La aussi paraît que ça marche mais il y a des contreparties, car il y a eu des couples qui ont fait ça mais qui se sont entretués par passion. Toujours à prendre au conditionnel bien sûr. En tout cas, on m'a cité plusieurs cas où, lorsque c'est fait à son insu, le mec devient complètement accroc à sa meuf, ou inversement. Pour moi, si ça marche, ça reste un empoisonnement, car on ne peut pas décider de l'amour.
Ici il y a des cas avérés de français qui soulèvent des questions. Y en a un que je connais, sa meuf est alcoolique, hyperviolente. Récemment elle lui a frappé le crâne, j'ai pas osé lui demander avec quoi mais il a une belle balafre. De plus, pendant la sieste il s'est réveillé avec 2 meufs qui lui faisaient les poches. Là aussi, paraît que c'est sa femme qui a organisé l'escroquerie. Et le mec reste avec sa femme... alors que c'est un bourru le gars, petit mais robuste et surtout qui a la tête sur les épaules. Quand tu entend ce genre d'histoire, c'est quand même inquiétant, les autres français disent qu'il s'est fait "fanafodé" par sa gonzesse.
Autre fanafody, l'empoisonnement. Un autre français se plaignait de douleurs à l'estomac. Il avait des doutes donc à viré sa nana. Puis il a fouillé sa piaule et à trouvé une petite boîte, avec son nom dessus. Dedans, différentes plantes à proscrire par étape apparemment, avec du verre pilé pour l'ultime souper ! Oui oui, du verre pilé. Donc s'il n'avait pas réagi, il aurait tout simplement été tué par une hémorragie interne ! Pour le prix, j'espère au moins qu'elle gobait les boules sa pute.
Comme j'avait dit, je garde de très bon contacts avec Nelly et elle me fourni en jus de fruits. Quand j'ai dit ça en écoutant leurs histoires, tous m'ont dit de faire gaffe. En tout cas, je ne retombe pas en love de mon ex et je n'ai pas mal au bide, donc je pense qu'on est bien Tintin. Je ne pense pas être concerné par ce genre de problème avec les meufs que je fréquente mais je vais faire gaffe.
Perso, celui qui m'inquiète le plus, c'est celui que j'appelle le "fanafody psychologique". Personne n'en parle de celui là mais il nous concerne tous, puisque nous sommes au pit de nos gonzesses. Enfin si, le français natif de Madagascar qui m'avait accueilli à Tana en mars m'avait dit que je serai forcément "fanafodé", comme ensorcelé par ma meuf. Et je reconnais avec le recul que c'est vrai. La 1ere, ça n'allait pas dès le début et pourtant j'y suis resté accroché quasiment toute l'année. Et la nouvelle, qui vient de me raconter des conneries, j'ai du mal à la lâcher... Les filles ici ont une espèce de pouvoir de séduction, une façon de parler qui fait qu'on n'arrive pas à décrocher. Donc faut faire en sorte que le gars dont je parlais au début ne devienne pas moi. Car elles sont fortes les petites !
Pour ces raisons, ça va faire du bien de rentrer en France histoire de couper un peu avec tout ça, de récupérer mon esprit. Je sais que l'amour est envoûtant mais quand même, il se passe des choses bizarres ici. Tu me dira, tant que je ne me réveille pas à côté d'un godzilla tout noir, ça va encore... mais quand même ...
Bisou les amis, j'arrive bientôt, je veux manger de la tartiflette sivouplééééé
😙

dimanche 30 octobre 2016

Mada Money

Aventures d'un vazaha, 
chapitre 12: le peuple malgache et la valeur de l'argent
Salama !
Tout plaquer et partir vivre sur une île au soleil, beaucoup en rêvent mais peu le font. Je l'ai fait mais faut l'avouer, ce n'est pas si facile. Je me suis fait un pote français ici, un mec qui a pas mal bourlingué ces 30 dernières années, beaucoup voyagé, qui m'a dit qu'il y avait toujours un moment de doute. J'y suis.
Les malgaches croient que l'argent tombe du ciel. Je l'avais déjà dit, je n'ai pas eu de problème de vol (pour l'instant en tout cas). Pourtant je commence à comprendre comment ils fonctionnent et en fait c'est beaucoup plus vicieux, j'ai un peu l'impression d'être un PEL pour la famille, comme un investissement sur le long terme. Alors ça m'emmerde de dire ça car ils ont été super accueillant, mais pourquoi ? Je m'explique: je viens de me séparer de ma petite malgache, Nelly. Je continue à penser qu'elle n'est pas profiteuse car elle ne demande jamais rien mais je me rend compte que c'est confortable d'être avec moi. Pourtant, je vis très simplement, j'ai juste une petite cabane en bois, je ne lui fait pas de cadeaux (à part pour son anniversaire et un t shirt qui lui plaisait). Mais c'est toujours mieux que la case de ses parents. Et puis, y a toujours un petit billet pour un resto, pour une bière sur la plage, on mange varié alors que d'habitude elle se contente de riz à tous les repas, y a la moto pour les trajets au lieu du taxi brousse... Mais c'est surtout dans son comportement que c'est bizarre. Depuis que je suis là, je lui demande de se bouger le cul pour trouver du taf, car je n'ai jamais été avec une assistée et de toute façon ce n'est pas bien pour elle de ne rien faire de sa vie. Je croyais qu'elle était sage femme mais en fait elle a juste obtenu son diplôme et puis rien, jusqu'à y'a quelques jours. Car à force d'insistance, elle vient de mettre en place son petit business de canards. Ou plutôt, son frère avait besoin d'argent car il vient d'avoir un gosse. Ses parents sont ric rac et on m'a fait comprendre que ce serait bien d'aider. On te demande jamais directement de l'argent. J'ai dit oui une fois mais qu'il ne fallait pas compter sur moi pour la suite. C'est vraiment à partir de là qu'elle s'est bougée. Et encore, c'est moi qui ai financé la mise de départ. Bref, je la fait courte mais je me rend compte de plein de petites choses. Je ne pense pas qu'elle soit infidèle, elle est tout le temps avec moi, c'est déjà ça. Alors maintenant elle regrette, elle pleure. Mais quand l'amour n'est pas là, ni la confiance... C'est déjà compliqué de vivre avec quelqu'un en général alors ici, ça l'est encore plus. Mais pour éviter de vous raconter ma vie, je prend d'autres exemples sur leur façon de faire:
- Y a un cousin qui a fait un peu d'études, super cultivé et qui parle très bien français, qui bossait dans l'humanitaire. Quand on dit humanitaire normalement c'est pour aider ceux qui ont besoin. Lui se vante d'avoir trafiqué certains chiffres pour s'en mettre un peu dans les poches. C'est lui qui m'a appris certaines coutumes. Il est plutôt sympa, je l'aime bien mais on va éviter de faire des affaires ensemble hein ?! Lui m'a appris le proverbe "tsy kelly lala". Mot pour mot, ça veut dire qu'il n'y a pas de petit chemin. Le sens veut dire qu'il y a toujours un mauvais chemin. En gros, ils trouveront toujours un moyen de te niquer, ils essaieront de trouver une faille dans ton raisonnement pour te gratter un peu de pognon.
- Une cousine à Nelly qui est venue à Morondava pour le mariage que nous avons fêté en Septembre a dit avant de venir: on va aller en boîte, on va boire des bières sur la plage, on va faire la fête...quand Nelly m'a dit ça, commençant à comprendre le système, j'ai pris les devants: "qui va payer ?" Réponse: "toi". Quand elle a dit à sa cousine que je ne voulais pas payer, beh finalement on ne l'a quasiment pas vue et elle n'a pas fait la fête, elle est restée à la maison familiale pendant son séjour.
- un beau frère voulait qu'on aille à Belo/mer, un petit bled paradisiaque au bord de la mer à 3-4 heures de route. Je lui disais que je n'avais pas trop d'argent pour l'hôtel donc qu'on ne pouvait y rester que 2 jours (1 nuit d'hôtel). Il essaie de batailler pour 3 jours, je dis ok. Mais après réflexion, je savais que lui n'avait pas du tout de ronds. Donc je demande à Nelly de parler avec sa sœur et de demander comment ils comptent payer leur voyage. En fait, ils comptaient sur moi pour l'hôtel, les resto et même l'essence de sa bécane ! C'est moi qui finance et c'est lui qui choisi la durée des vacances. Ben voyons ... Voyage annulé. Ce qui est bizarre, c'est le même gars qui m'a filé les makis. Il ne voulait pas d'argent pour eux, alors qu'il avait voyagé 2 jours avec les risques que cela comporte, les makis étant d'une espèce protégée. J'avais donné 20 000 arias (6€) pour la forme et il était super content. Mais il essaie de me gratter... Donc toujours pareil, il ne te demande pas de l'argent directement mais c'est détourné.
- ils ne savent pas dire "ministère de l'éducation nationale", il n'y a pas de mot malgache, ils le disent en français. Par contre, il y a un mot qui existe pour ceux qui prennent de l'argent aux femmes qui sortent avec des vazahas: "joambilo". La femme sort avec un occidental donc, vieux en général. Elle a un amant malgache pour entretenir la tuyauterie, mais son malgache se fait entretenir par elle et donc avec l'argent du vazaha. Le joambilo est un peu comme un gigolo mais la source de revenu n'est pas la même. C'est toujours ceux qui ont qui paient, mais sans être au courant. Et donc il n'ont pas de mots dans leur langue pour dire des mots importants mais ils en ont pour dire des choses vicieuses.
- J'ai déjà parlé de la corruption mais des fois, ça prend un tournant différent: il est arrivé que le ministère fournisse des cahiers aux écoles. Et bien là aussi, la plupart des directeurs revendent les cahiers alors que c'est censé être gratuit. Tout le monde est au courant, les parents râlent mais payent au lieu d'acheter eux même des cahiers à leurs enfants. Ils critiquent mais participent à tout ça, car ça fait partie de leur quotidien. Je me demandait pourquoi ils acceptaient de payer, alors que moi même j'arrive à l'éviter et pourtant je suis une proie facile. En fait je comprend, c'est parce qu'ils sont tous pareils. Enfin non pas tous, mais en général ceux qui sont un peu cultivés, ils dorment pas.
Dernier exemple pour illustrer ce que je vient de dire: ici, il est de coutume de payer pour la famille de ta femme. Alors on peut dire que c'est bien car il y a une certaine solidarité. Sauf que c'est valable également pour des projets bidons. Par exemple, le père de Nelly possède une vieille bâtisse en brousse qu'il souhaite retaper pour accueillir des gens de passage lors de cérémonies, car elle est située à côté du caveau familial (ici ils appellent ça le tombeau). Bon c'est bien mignon leur truc mais perso je sais que je n'y mettrai jamais les pieds. Comme de par hasard, le père a bien expliqué la situation à la famille mais en français, histoire que je comprenne bien. Comme j'ai dit, s'il y a une maladie ou une connerie comme ça, ok pour la cotisation. Mais pour retaper une baraque qui sera vide 11 mois dans l'année, non merci. Et puis là aussi, c'est la façon de faire qui est gênante. En développant par la suite la conversation avec Nelly, je lui ai demandé si j'avais le droit, par exemple, d'acheter des cahiers pour une école. Elle m'a répondu que si je refusait d'aider la famille alors que j'aide des inconnus, ce serai mal vu. Donc si je n'ai pas assez d'argent pour offrir à des déshérités et en plus aider la famille sur des projets bidons, je dois choisir la famille pour éviter les tensions. Là encore, je n'aime pas cette façon de procéder.
Ces exemples montrent que s'ils ne sont pas vraiment voleurs, mais ils essaient toujours de gratter discrètement. J'aurai plein d'autres petits exemples... Et puis ce qui me gêne, c'est que payer n'importe quoi à n'importe qui pose des problèmes humains, de relationnel. Car tu ne sais pas s'il t'apprécie pour ta gueule ou pour ton larfeuille. Sur le mien maintenant, y a écrit "Big mother fucker" comme sur celui de Jules Winfield dans Pulp fiction...
Je ne vais pas vous cirer les pompes mais vous mes proches, vous avez la valeur de l'argent. Personne d'entre vous ne sont des profiteurs, tout le monde se lève le matin pour aller bosser. Ici, toujours pareils, ce sont les plus pauvres les plus vaillants, faut les voir tirer leurs charettes remplies de sacs de charbon, en plein kania. Mais dès qu'ils font un peu d'étude, ils essaient de se trouver une place de fonctionnaire pour se la couler douce (je peux vous dire que les fonctionnaires français sont des petits joueurs face aux malgaches), tout en profitant de l'argent qui "tombe" à droite à gauche.
Comme j'ai déjà dit, je suis pour le partage des richesses. Mais j'aime choisir comment je dépense mon pognon. Je préfère aider ceux qui en ont vraiment besoin plutôt que ceux qui vont me demander telle ou telle chose. Pour moi, l'argent, les cadeaux... ça ne se demande pas. Dont tout ça est un peu gonflant et j'ai préféré me séparer plutôt que de continuer à entretenir quelqu'un qui ne veut pas bouger ses fesses. En plus, moi j'aime qu'on m'aime. C'est con mais je suis comme ça. Depuis + de 15 ans, je le dit sans prétention aucune mais mes femmes étaient amoureuses de moi (Laure, Emilie, Sophie) et ça se voyait. La petite Nelly n'est vraiment pas démonstrative et ça commençait à me gonfler. Comprenant un peu le raisonnement du malgache moyen, je commençait à me poser des questions et ça c'est pas bon. Alors on reste en bon terme, je pense que je vais continuer à la voir de temps en temps car j'aime pas être seul. Et ici je n'ai vraiment personne, même le fameux pote vazaha se casse dans quelques jours pour aller bosser un peu et ramener de la caillasse.
J'ai pensé à revenir en France mais retrouver sa grisaille et sa répression, non merci, j'en ai vraiment pas envie. Donc je vais tout faire pour trouver un intérêt à revenir ici l'année prochaine. J'ai encore mes projets pro et je compte vraiment monter mon truc car c'est facile ici, mais je vais investir plus petit que prévu pour l'instant. Et je vais me trouver une autre activité que mon asso actuelle, car ça aussi c'était bidon. Je pensai aider, j'ai fourni du taf (heureusement pas grand chose, quelques pages de blabla), mais finalement ils n'ont même pas utilisé ce que j'ai fait. Pourquoi me gardaient ils ?... D'ailleurs là aussi ça sentait le cul: c'est eux qui m'ont fait mon papier pour obtenir mon visa mais quand je suis rentré à Mada en juillet, ils m'ont dit que ce serait bien de lâcher un billet pour la signature du papelard... Mais bien sûr. Et la marmotte elle met le chocolat...dans ton cul ! J'ai pas payé, là encore fallait le dire avant. Puis faut être gonflé alors que j'ai fourni du taf. Et pour finir, le gars pour qui je bossait était un beau frère aussi. Bref, je suis déjà en contact avec une autre asso, j'espère que ça m'occupera et surtout que ce sera plus sérieux.
Donc voilà, je suis un peu calmé sur mon engouement initial mais je veux y croire, il y a tellement de choses à faire ici. Et je reste persuadé qu'il y a des gens biens. Désolé de ne pas faire beaucoup d'humour, la situation ne s'y prête pas, j'espère ne pas vous gonfler avec mes états d'âme. Mais j'essaie toujours d'expliquer de la manière la plus objective qui soit ce que représente de tout quitter, de partir vivre dans un pays aussi différent. Fallait bien qu'il y ai du négatif ! En tout cas, je commence à comprendre pourquoi les magaches restent entre eux, les vazaha entre eux. C'est dommage mais c'est comme ça. Moi qui ai toujours était très entourés par de vrais amis, j'avoue que ça risque d'être difficile. Finalement, ce sera peut être ça le plus dur ... Alors on s'accroche, on repart de 0, on profite des 3 mois qui restent et on verra bien ! Inch Allah !
Bises

vendredi 21 octobre 2016

La moto à Mada

Des nouvelles du fiston vazaha à Madagascar
"Pour bouger les fesses de ma petite malgache, je l'ai incitée à faire un peu de business. Pour ça, son idée a été d'acheter des canards en brousse pour les revendre 2 fois plus cher aux restaurants en ville (c'est la règle, c'est normal et ça fonctionne donc, bonne idée). Elle a fait le voyage une 1ère fois seule et j'ai proposé de faire le suivant avec elle, il me fallait un peu d'aventure. 
Donc ça commence par 40 bornes de routes goudronnée, puis 120 de piste. Et beh c'est du sport, on a mis pratiquement 5h30 ! 
Bon pour ma défense, je ne suis pas vraiment sûr du kilométrage, je dirai plutôt 150. Le problème c'est que mon compteur est déjà mort, le leur est soit débranché, soit faux (quand ils roulent à au moins 50 km/h, le compteur indique 10...) et y a pas de bornage en piste. Bref, on va pas faire la tapette, faut se l'avouer, je n'ai pas été très rapide.
Mais d'abord le cross, c'est perso, sans le sac de patate à l'arrière ! Elle est mignonne la petite mais dans le sable, ça m'allège l'avant et sur les bosses, elle me comprime plus les suspates qu'autre chose. Et aussi, elle n'indique pas la bonne direction: j'étais sur un petit cours d'eau quand elle m'a dit "à droite, non à gauche, attend je sais pas !". Résultat: planté. Vous verrez la vidéo à mon retour vers la civilisation, pas assez de réseau ici. 
En tout cas, ce n'est pas pour rien que les pistards utilisent un road book. Et si c'est macho de dire que la passagère n'est pas la bienvenue, j'assume en disant que la moto ça se partage mais pour y prendre un max de plaisir, désolé mais c'est solo.
Donc la piste malgache, c'est du sable, de la terre, du mélange des deux, avec des cailloux, des ornières, des trous, des fourmilières énormes, des buissons biens secs qui te gratouillent les jambes même à travers le jean.... Le pire c'est le sable. Je pensai m'y être habitué chez moi mais là c'est autre chose: super fin, même les 4x4 n'y laisse qu'une trace à peine plus large qu'une roue de vélo. Tu n'as qu'une seule trajectoire possible avec un gros tas au milieu qui t'empêche de prendre l'autre saignée en cas d'obstacle. Et si tu veux éviter un buisson ou une branche d'arbre qui risque de te fouetter la gueule, tu ripes dès que tu es en dehors de la voie, tu pars en guidonnage et c'est super dur à rattraper. En gros, j'ai couché la moto 2 fois quasi à l'arrêt et pris une petite gamelle, sans gravité heureusement (ni pour nous, ni pour la moto). En fait, c'est assez frustrant de ne pas trouver le mode d'emploi. Et puis, comme excuse, la passagère n'aide pas. Alors tant pis pour elle, des fois elle descendait de la meule et là ça allait bien mieux. Une fois que j'étais en piste plus roulante, je réfléchissais à comment passer ces putains de portions de sable. J'ai révisé mes cours dans ma tête et m'est venue la solution: le regard. Ben voui, c'est con, mais c'est la base en moto. Il y a tellement de pièges sur cette putain de piste que j'ai pris la mauvaise habitude de regarder 5 mètres devant mes roues. Mais en moto, cross ou piste, faut élargir le regard. Et effectivement c'est efficace sur le sable, j'ai passé un peu mieux les dernières portions. Je me suis rappelé à mon bon souvenir que la moto, ce n'est pas que du gros gaz et des cojonès, faut être technique quand même un peu. Et puis de toute façon, je n'ai plus les couilles de mes 20 piges, alors faut réfléchir un peu avant d'attaquer.
Aussi il faut de l'équipement. Bon j'ai mis le casque (minimum obligatoire), le jean et les baskets. Mais il aurait fallu des gants, des bottes et au moins une dorsale au cas où. Un masque aussi c'est bien. Je n'ai plus de lunettes de soleil, à part les "Ran Bei" contrefaçon "officielle" de Ray Ban qui déforment plus la piste qu'autre chose. Avec le masque, c'est comme au ski quand il y a du brouillard, tu vois mieux les imperfections qu'avec tes propres yeux. Là je n'avais que mes lunettes de vue classique et avec le soleil, j'en ai chié !
La gestion du parcours est importante aussi. Normalement, on fait de la reconnaissance, on regarde une carte avant de partir, mais là ce n'est pas possible. Alors dernier recours, pêche aux infos mais là c'est encore une autre histoire, j'ai été très mal informé: le chauffeur de 4x4 me dit qu'il fait le chemin en 3h00 max alors qu'il a mis 5h30 ce blaireau, sans panne ni aucun imprévu. On l'a attendu et lorsqu'il arrive, pour lui tout va bien, grand sourire... En même temps, j'aurai dû m'en douter, ici quand il est 10:35, ils disent 11h moins... Moins 5, moins le 1/4, moins 25, ils ne connaissent pas. C'est comme le kilométrage, ils ne savent pas être précis. En me renseignant auprès de la belle famille, ils me disent qu'ils font ça en 2h30. Sauf que même si je n'ai pas roulé très vite, c'est impossible. Mais je n'ai su ça qu'en arrivant, qu'ils avaient dit ça pour m'encourager... N'importe quoi! Je pense surtout qu'ils ne m'en croyaient pas capable, ils avaient tous un petit sourire en coin quand j'ai dit que j'allais le faire. Aurait dû me méfier. Donc une fois sur la route, à une petite pause banane/café/clope dans le seul petit village disponible, je demande à la miss qui me dit "c'est bon, on a fait la moitié du chemin". Sauf qu'on n’était même pas au tiers. Quand je lui demande pourquoi elle m'a dit ça, elle me répond que c'est parce que d'habitude, ils s'arrêtent là pour manger... Sauf que quand tu détaille, elle te dit qu'en camion elle met 2h pour arriver là + 5h pour arriver à destination... Je l'ai regardée, elle m'a regardé, je l'ai regardée...bref, ne pas faire confiance à un malgache pour évaluer une distance ! En tout cas, je pensais pouvoir gérer le parcours sans problème, alors j'ai bien roulé dès le début, pas à l'attaque mais régulier. Sauf que 3 heures prévues en étant large qui se transforment en 5, c'est pas du tout pareil. En fait, ça m'a fait penser au canoë sur la Vézère, version parcours sur 2 jours. Au début t'es content, tu fais le con, tu fumes, tu bois. Arrivée la nuit, tu fais la fête autour du feu jusqu'à pas d'heure. Mais le lendemain, t'as l'impression de faire 2000 bornes! Moi encore ça allait, j'étais avec mon Fanou qui est comme Obélix, si tu rames, tu le ralentis. Mais je repensais au bateau vapeur de l'équipe, avec mes Chacha et Poulpy: pour te repérer, faut compter les ponts. Alors après chaque virage, ils espéraient voir un pont, sauf que la plupart du temps il y avait de graaandes lignes droites https://www.facebook.com/images/emoji.php/v5/fd0/1/16/1f602.png😂. Bref, cette petite session, c'était un peu pareil, à la fin j'étais raide. Mauvaise gestion de la distance.
Ah oui, dernière chose, avant de partir, toujours penser à bien réviser la meule. Ca c'est impératif donc je l'avais fait et ça m'a bien sauver la mise, notamment la vérification et tension du tambour arrière, j'avais oublié comment le pilotage cross différait du pilotage route. Un petit coup de frein arrière pour corriger une trajectoire, quand la poussière t'empêche d'utiliser l'avant, c'est très appréciable ! Ca se fait aussi avec une routière mais là c'est beaucoup plus fréquent. Et puis dédicace d'ailleurs à ma petite chinoise 150 cc, elle a assurée. Redémarrage 1/4 de pet après des pauses ou la petite chute, moteur qui chauffe mais qui ne bronche pas... Elle a des défauts cette petite, de finition surtout. Mais le petit cœur, le moulbiffe, il est là ! Faut toujours respecter sa cavalière, surtout quand elle le mérite.
Donc pour résumer, une virée en bécane c'est : révision mécanique, repérage du parcours, équipement. On se sort les doigts du cul, 1ère en bas, gaz à droite et ENJOY !!!
Voilà, ce petit parcours m'a inspiré, je voulais partager ça avec vous. C'est un peu technique, ça va peut être gonfler les non initiés. Mais faire de la piste à Mada, ça fait partie du folklore, que ce soit en 4x4 ou en bécane, faut le faire. J'en connais quelques uns qui se seraient éclatés avec moi. Même si j'ai quelques courbatures aujourd'hui, je ne regrette pas et je pense que je le referai (à commencer par le voyage retour). Ici ou ailleurs, je reste un motard, car la moto procure vraiment des plaisirs intenses, autant physiquement que moralement. Bien sûr, il y a plein d'autres plaisirs dans la vie. Mais ma virée me confirme que la moto reste dans ma "top list". Au passage, merci ma mère d'avoir fait de la moto jusqu'à 7 mois de grossesse. Et surtout merci mon père d'avoir rendu ça possible, tu nous a transmis le virus https://www.facebook.com/images/emoji.php/v5/f57/1/16/1f609.png😉
La bise

mardi 18 octobre 2016

Fokonolona! Justice alternative.

Les remords d'Oreste
Aventures d'un vazaha, chapitre 11: fokonolona
Ola la compagnie ! Ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit, alors c'est reparti pour un tour.

Bon après la prostition, je voulais parler du "fokonolona", la justice du peuple. En fait, la police ou la gendarmerie malgache ne peuvent rien faire contre les bandits de grands chemins. Le plus souvent, il s'agit soit des "dahalos", soit des étrangers qui font commerce de chair humaine (prostitution sur mineure ou vol d'organes). Pour la 1ère catégorie, les forces de l'ordre sont souvent moins bien armées et moins bien payées que leurs clients. Certains flics vont même jusqu'à vendre leurs armes en "sous marin", lesquelles se retrouvent dans les mains des dits dahalos. En gros, ils se font tirer dessus par leurs propres armes. C'est triste mais c'est la pauvreté qui veux ça. En plus, comme ils sont mal payés, ils sont plus vulnérables et surtout moins motivés que leurs agresseurs.
Pour la 2eme catégorie, nos compatriotes occidentaux, je résume en un mot: corruption. L'argent achète tout, justice, gendarmerie et police et tous, juges, avocats, témoins.....

Alors il se met en place des espèces de milices, constituées de paysans souvent armés de fusils et dont la source d'information est fournie par le bouche à oreille, tout simplement. C'est donc ça qu'on appelle le fokonolona. 


Je l'avais déjà dit, les malgaches parlent beaucoup et de tout. Il y a eu un cas à Morondava ou apparemment, un groupe de personnes a été pris la main dans le sac, en train carrément de kidnapper des enfants. Oui oui, vous avez bien lus. Mais le "lot" kidnappé n'était pas pour eux, ils ont dénoncé le gérant vazaha d'un hôtel en bord de mer. Alors quand on me raconte ça, je dit que c'est un peu facile de dénoncer quelqu'un sans en apporter la preuve. Mais comme de par hasard, le vazaha en question a disparu, laissant du jour au lendemain son domaine (et il est beau) à la merci de celui qui veut se servir. S'il n'était pas coupable, il aurait pu s'acheter sa protection le temps que l'enquête le déculpabilise. Je pense que sa fuite parle d'elle même. D'autant plus qu'on a jamais vu le peuple rentrer dans une gendarmerie pour chopper le gars dans sa cellule. C'est s'il est relâché qu'il doit faire gaffe à ses fesses, ce qui s'est passés à Nosy be. Petit rappel de cette histoire: un enfant de 7 ans retrouvé mort et découpé dans l'eau, les vazahas et le malgache (car on ne le dit pas à la tv mais il y avait aussi un malgache avec eux) qui ont été vu avec lui avant sa mort, dénoncés par le fokonolona, enfermés en prison puis relâchés dans l'après midi alors que toutes les preuves les accablaient. Ils ont été chopés par le peuple puis brûlés vifs sur la plage. C'est clair que c'est radical, qu'ils méritaient un procès. Mais pourquoi ont ils été relâchés si vite ? Pourquoi la police n'a pas informée la population d'un éventuel alibi, sachant ce qui allait se passer ? Beaucoup de questions en suspens dont on aura jamais la réponse.
Je me répète mais en général quand il y a ce genre d'histoire ici, on n'accuse pas sans preuve.
Perso je suis contre la peine de mort car en général il y a toujours la présomption d'innocence. Et puis je préfère que ce genre d'enculés passent la fin de leurs jours en prison, castrés et avec des sodommites. Mais là au moins c'est réglé, pas d'histoire de remise de peine pour soi disant "bonne conduite". Et puis, faut savoir que la population se renseigne avant de faire ce genre de chose, et je peux vous dire qu'ils sont très bien renseignés. Moi même je connais des choses vérifiables et vérifiées qui se passent ici. Donc je ne pense pas que les brûlés de Nosy Be (par exemple) soient totalement innocents. Et même si je ne suis pas totalement d'accord avec la façon de faire, au moins ils n'ont pas pu s'enfuir grâce à la corruption ... On peut dire que c'est barbare, il faut que ce soit juste. Dernièrement j'ai mis des commentaires sur Facebook a propos de Bertrand Cantat qui s'affichait avec ce qui paraissait être sa compagne actuelle. De voir un gars comme lui, qui a défoncé la gueule de sa femme a coup de lattes jusqu'à la tuer, aussi hystérique eut elle été, libre au bout de 4 ans, je me dit que la justice a des fois du mal à être efficace. En gros, des malgaches qui brulent des violeurs/déchiqueteurs d'enfants sont considérés comme des sauvages, mais en France un homme qui a tué sa femme a coup de taloches peut continuer à prendre du pognon tranquille... Alors après tout, j'opte pour la barbarie.
Et puis pour moi, qu'un mec comme Nelson Mandela pardonne à ses détracteurs, je l'admire. Que d'autres pardonnent (en général des femmes en plus) à un gars comme Cantat, je les méprise. Et on peut me tenir un discours pseudo bouddhiste et moralisateur sur le pardon, j'assume totalement. Pour moi le pardon, ça se mérite.
Pour revenir au fokonolona, il ne s'applique donc pas qu'aux vazahas, pas d'histoire de racisme là dedans. Pour les dahalos, quand il y a des attaques armées, des photos sont prises et affichées dans les rues. A la manière d'un bon "Sergio Leone", les criminels sont placardés et un numéro est indiqué pour toute personne qui pourrait donner des informations pour localiser le ou les gars. Et quand les flics n'y vont pas, ce sont les paysans qui se regroupent et vont essayer de les chopper eux même. Et quand ils en chope un, oui c'est barbare, ils le défonce comme ils peuvent. Alors les bons ne gagnent pas toujours, mais ça a le mérite de faire fuir les méchants et les habitants gagnent leur tranquillité pendant quelques temps.
Pour finir sur le fait qu'il y est des assassinats de français: depuis que je suis là, je n'ai pas ressenti de racisme anti blanc. Mais pourtant je peux vous dire qu'il y aurai de quoi. Je suis sûr qu'un arabe en France est moins bien regardé, aussi gentil soit il, qu'un français irrespectueux et baiseurs de gamine à Madagascar. Alors il ne faut vraiment pas croire que le Fokonolona soit mal orienté.
Il y a quelques jours, on a entendu des coups de fusils dans la nuit. Donc là c'est pas comme à Salleboeuf de simples chasseurs. Encore une fois, le fokonolona. En fait, un bar s'est fait braqué, les voisins sont sortis et ont tirés à coup de fusil sur les agresseurs. Alors quand tu entend ça, c'est sûr que ce n'est pas trop rassurant. Mais faut l'admettre, les voleurs se sont barrés et je pense (j'espère) que nous avons gagné quelques mois de tranquillité. Et même si ça peut paraître violent de savoir qu'un bar se fait braqué, je rappelle qu'une bijouterie s'est faite braquée en plein jour à Bordeaux il y a 2-3 ans, a côté de la place des Grands Hommes. J'étais pas loin quand c'est arrivé, une de mes clientes était mitoyenne de la bijouterie (Prévôt, rue Franklin). Même en France, la Police ne peut être aussi efficace. Et encore, je ne parle pas des camions de livraisons qui font ce qu'ils veulent le 14 juillet...
Voilà, encore une fois, c'est ça Madagascar. On s'adapte, on essaie d'y prendre le meilleur et on se tiens à carreau. En tout cas moi je ne me prendrai un coup de rondin dans la face pour m'être tapé une gamine, ça n'en vaut vraiment pas la peine. Et puis, c'est dans les vieux pots.......
Atchao

lundi 26 septembre 2016

10) Sex à Mada

Nouvelles d'un vazaha, chapitre 10: sexe et prostitution à Madagascar

Akory iaby (prononcez "acouryabé" = bonjour tout le monde)
La prostitution à Madagascar. On m'avait dit d'en parler mais fallait que j'en trouve la thématique. Puis j'ai vu une pute qui a eu une promotion: un super buggy flambant neuf. Thématique trouvée. Donc je l'avais déjà repérée, elle traçait en quad, c'était déjà pas mal. Quand je l'ai vue sur son buggy, je me suis dit qu'elle devait faire des pipes d'anthologie, car le buggy est vraiment classe alors qu'elle n'est même pas super jolie. Mais ça m'amène à dire quelque chose de positif : il n'y a pas de maquereau ici. Contrairement en France ou certaines filles de l'Est voient leur familles menacées en cas de mauvaise rentabilité, où les africaines qui ramènent tout pour leur mec, ici au moins elles gardent tout pour elles. Je n'encourage pas la prostitution mais on peut dire ce qu'on veut, ce n'est pas le plus vieux métier du monde pour rien, y en aura toujours. En plus ici, en général, tu la garde pour la nuit : c'est plus romantique et t'as le temps de faire comme pour une bonne rédac: introduction-développement avec thèse/antithèse-conclusion... La totale quoi 😉👍😝
Le côté négatif à y voir, c'est la prostitution sur mineure, facilitée par le manque d'argent. Mais honnêtement, à part une fois ou j'ai eu des doutes dans un hôtel (j'en ai déjà parlé), je n'en voie pas qui aient l'air si jeunes. En fait, on m'a expliqué que quand il y avait un vrai réseau, généralement c'était géré par des occidentaux. Ils ne forcent pas les mineures, ne sont donc pas leur mac. Même en général elles sont nourries/logées et ils leur garantissent des revenus, par le biais de leur clients vazahas. Quand ces gars là font ça, en général c'est pour offrir un service supplémentaire à l'hôtel (super le service...). Il paraît même qu'un Ministre français, que je ne peux pas citer forcément mais on a déjà prouvé qu'ils étaient plusieurs à faire ça, a consommé ce genre de produit ici à Morondava. La classe !!!😡En gros, l'argent et le pouvoir rendent fous, comme toujours. En général, les mineures sont consentantes et je pense que c'est là le problème à traiter, essayer de les soutenir financièrement avant qu'elles en arrivent là tout en leur faisant comprendre les notions d'amour... Car le connard de vazaha qui voudra toujours en profiter, ça malheureusement je crois que c'est un combat contre un moulin à vents. Toutefois, il faut savoir que pour les occidentaux qui font du business malsain, il y a le "Fokonolona", la justice du peuple. J'en parlerai dans un autre texte.
En tout cas, je viens d'apprendre une autre croyance populaire qui m'a bien fait marrer : la sodomie fait maigrir, les prostituées malgaches acceptent la sodomie et c'est pour ça qu'elles sont minces ! 😂 je rigole tellement que je transpire comme Cahuzac au tribunal (re 😂). Ils feraient mieux de dire directement qu'on ne vend pas son corps au lieu de leur faire croire des conneries.
Pour finir, il faut savoir que la loi malgache considère qu'il y a adultère par la femme si elle trompe, jusque ici, normal. Mais pour l'homme, l'adultère n'est reconnu que s'il trompe dans le lit conjugal. S'il dégorge son poireau à l'intérieur d'une autre mais à l'extérieur de chez lui, y a pas adultère. Pas aux yeux de la loi en tout cas. La loi s'applique aux couples mariés mais culturellement c'est dans l'esprit malgache, valable aussi hors mariage. Donc pour en revenir à nos amies les parapatéticiennes, elles ne sont pas toutes "professionnelles". Ici, ce n'est pas comme à Bordeaux par exemple où tu les trouve toujours au même endroit. En fait, tu voies des filles sexy au bord de la route qui marchent, où tu te fais draguer en boîte et dans les bars. Tu ne fais pas la différence entre une gagneuse ou une fille qui veut simplement prendre sa cartouche. Mais ce qui est sûr, c'est que tu vas toujours laisser un "bonus". Les filles profitant de cette culture "adultérienne" (je ne sais pas si ça se dit), tout le monde est logé à la même enseigne, les hommes malgaches paient aussi. En gros, tu peux pas te taper une fille sur la plage en sortie de boîte comme en France sans lâcher un petit bifton. Perso, je n'ai pas consommé depuis que je suis à Morondava (avant 2016 je ne dis pas...) mais en général tu laisse 5 à 10000 ariary (entre 1,5€ et 3€). Tu ne négocie pas le prix avant, tu câline et tu donne ce que tu veux après. En général, tu voie à ce moment là si c'est une professionnelle car elle va te demander un peu plus la coquine... Ou pas si t'as bien travaillé !😜. En tout cas, dans l'ensemble, le sexe a Madagascar est moins bien qu'avec ta régulière mais ça paraît plus romantique que de se faire une petite à Bordeaux. Car qu'elle soit pute ou pas, en France t'y lâche toujours au moins un verre ou un resto avant de conclure, on fini toujours par payer pour baiser...Et oui désolé mesdames, mais Ingrid, elle baise APRÈS le cinéma 😉 (je vais me faire plein de copines en disant ça 😂).
Voila comment se passe le sexe à Madagascar
Veloma iaby

lundi 19 septembre 2016

9) Les pêcheurs Malgaches

Nouvelles d'un vazaha, chapitre 9: les pêcheurs malgaches
Ce matin, un peu de sport (eh oui, les tétons qui pointent, tu te souviens ?...) m'a donné un peu de matière: les pêcheurs.
C'est un ballet assez intéressant. Tout d'abord, il y a ceux qui pêchent au filet. Tu ne vois que la corde qui le retient, tirée par 3 ou 4 gars depuis la plage. Donc ça au début c'est un peu chiant, car si tu ne veux pas faire de détour, il faut sauter au dessus de la corde, qui doit être à 50 cm de hauteur. Pas grand chose me direz vous. Mais quand t'es sportif comme moi, avec une surcharge pondérale d'une dizaine de kg et les baloches qui font office de pendule à la réception, ça secoue un peu. Et faut préciser que si tu contourne les gars, tu te retrouve sur la zone fatidique du caca car c'est aussi ça Madagascar, ils chient sur la plage ! Bon au final, niveau pollution, ce n'est pas pire que nos déchets industriels. Mais t'as quand même l'impression d'être sur un champ de mine. L'avantage, c'est que tu te fais un entraînement à la Mark Landers, à faire un peu plus d'efforts pour affronter les obstacles et dans le sable, c'est bon pour moi.

Dès qu'on s'éloigne un peu, il n'y a plus d'étrons mais des pêcheurs en pirogue. Là ça devient encore plus intéressant. Le rituel est le suivant: les femmes accompagnent les hommes, eux portent le bateau sur l'épaule et elles ramènent des bassines d'une cinquantaine de litres. Quand les hommes font la mise à l'eau, t'as l'impression que les femmes font la prière: elles les accompagnent de sortent de petits cris et de saluts souriants, tel la bonne mère marseillaise qui encourage spirituellement, avec tous ses petits bateaux suspendus dans l'église, les marins au départ du voyage. Ensuite, le ou les pêcheurs, 2 max, taquinent de la vague. Ils sont là, avec leur petite pagaie, observent, reculent des fois, puis attaquent dès que la mer leur ouvre la voie. Tel un Rossi qui va attendre le petit trou de souris que va laisser échapper Marques, lequel va ensuite pleurer de s'être fait prendre à l'intérieur comme une merde... Mais revenons à nos pêcheurs: là où ça impose le respect, c'est quand tu voie la dite pirogue. En fait, ça ressemble à un simple tronc d'arbre dans lequel ils auraient creusé au milieu, d'une largeur de 2 petits culs malgaches (majeurs bien sûr, j'aime pas les pisseuses...) et d'une longueur d'environ 3 mètres. Très étroit donc, mais d'une parfaite adéquation entre efficacité et stabilité, c'est à dire capable d'affronter les vagues mais aussi de ramener suffisamment de poissons pour nourrir la famille et faire un peu d'argent avec le reste. Efficace donc et agréable à regarder, d'inspiration polynésienne. Certaines pirogues ont même une espèce de petit flotteur en bois sur le côté (juste un, jamais 2, je ne sais pas pourquoi...). Puis quand ils reviennent, les femmes les accueillent avec leur fameuse bassine, récoltent le poisson fraîchement pêché et font des va et vient sur la plage afin de les étaler ensuite au soleil. Et ça repart pour un tour, ainsi de suite.

Enfin, y a les boutres. Quand je nage un peu à mon point de demi tour, j'observe, la face au raz de l'eau, ces magnifiques bateaux qui me font penser au Black Pearl. La conception est simple: monocoque d'environ 3 mètres de large sur une dizaine de mètres en longueur, avec un ou 2 mats pour les voiles. Leur construction quand à elle est inspirée de constructions bretonnes paraît il, suite à la colonisation française. Ce qui est marrant, ce sont les voiles: certaines ressemblent à de grands draps mais pour ce qui pourrait être les plus pauvres, la voile consistent en plusieurs t shirts raccommodés. Ça fait un panaché de couleur et ça peut même raviver de vieux souvenirs, car tu peux y trouver aussi bien un maillot de l'équipe de France qu'un vieux LC Waikiki. Eux en général ramène du gros. J'ai déjà posté des photos, on est plutôt sur du requin ou d'autres races, j'ai vu à 2 reprises des engins d'au moins 1,50 m !

Voila j'espère vous avoir bien décrit la situation. Moi même n'étant pas forcément pêcheur ni un gros bouffeur de poisson, j'admire leur boulot et surtout leur façon de faire, leur rituel. Et puis quand tu vois ce qu'ils arrivent à pêcher avec les moyens qu'ils ont, chapeau.
Pour finir, il faut savoir que les pêcheurs sont essentiellement composé d'une ethnie qu'on appelle les "vezo" (prononcez Vèze). Madagascar est composée de 18 ethnies plus ou moins regroupées de manière géographiquement circulaire. Les Vezo sont le seul peuple le plus représenté sur l'ensemble de l'île, essentiellement sur les côtes et dont la souche est constituée des premiers colonisateurs, les austronésiens, c'est à dire venant essentiellement des îles indo-polynésiennes et ça date de plusieurs siècles. C'est un peuple relativement pacifique, il n'y a en général jamais d'histoires avec eux. Et puis les gosses sont mignons: quand je passe à côté d'eux, ils aiment crier "salut vazaha" à gorge déployée, contents de connaître un mot 1/2 de français ...
Bonne journée mes frenchies !

vendredi 16 septembre 2016

8) pourquoi partir et comment rester.


Suite du récit épistolaire du fiston à Madagascar.
Nouvelles d'un vazaha, chapitre 8-mi temps
Salama (bonjour). J'ai écrit il n'y a pas longtemps mais désolé, ça vient suivant l'inspiration. Alors petit bilan à mi parcours. Qu'est ce que je fais là ? J'ai déjà expliqué pourquoi je suis parti: la France ne me correspondait plus. Alors je me retrouve là, face au canal du Mozambique, je viens d'avoir 40 piges et je suis donc à la moitié de ma vie comme à la moitié de ma première année à Madagascar. Réfléchissons : est ce que les amis me manquent ? Pas vraiment. On ne se réuni qu'une fois par mois à peu près, et encore y a jamais tout le monde. Donc on ne peut pas dire que ça manque. La famille ? À part mes frangins et mes parents, pour le reste c'est même pire que les amis, on ne se voie qu'une fois par an. Et malgré cette irrégularité dans nos réunions, y a toujours des embrouilles, donc ça ne manque pas non plus. L'actualité française ? Météo, politique et maintenant burkini et Pokémon Go. Non mais franchement allo quoi !!?? Chacun son truc mais perso, tout ça ne me manque pas non plus.
J'ai tout essayé: mariage, maison, travail, enfants, la jolie voiture, le petit chien... Avec plus ou moins de réussites, je pense avoir fait le tour. Alors j'ai réalisé le rêve de plusieurs milliers de français, à savoir partir vivre au soleil. Est ce que je me sens mieux ici ? Franchement, je pense que seul le temps le dira. Pour l'instant oui. Bon ok, je ressens un petit décalage culturel. Ils me font chier avec leur histoire de porc qu'il faut pas manger avant d'aller à l'océan car c'est une viande sale, alors qu'eux même laissent leurs déchets sur la plage... Leur problème à eux, mes malgaches, est résumé par le titre de leur hymne: "oh terre des ancêtres". En fait, ils ont gardé trop de choses que leur avait dit leurs arrières arrières grands pères, sans savoir si ça voulait dire quelque chose. Dans certaines régions du sud, y en a qui ne mangent pas de poulet parce qu'il y a longtemps, un sorcier s'est fait piqué l'œil alors qu'il essayait d'attraper une poule sous le lit... Certains crèvent la dalle, y a des poulets qui courent partout sous leurs yeux, mais ils n'y touchent pas à cause du vieux qui a dit que la poule était maudite ...
Mais tout ça ne m'empêche pas de vivre. Perso, je mange ce que je veux quand je veux et ils ne m'emmerdent pas. Ici je branle pas grand chose, j'ai pas la tv, internet j'achète du forfait uniquement pour le boulot... pourtant je ne m'ennuie pratiquement jamais. Mon seul contact avec l'Occident: Facebook, qui est gratuit, le matin pour le caca, le midi pour la sieste, le soir pour m'endormir. J'ai jamais autant été sur Facebook ! En fait, le mauvais réflexe que j'avais souvent en France quand j'avais rien à faire, c'était d'allumer la tv. Aujourd'hui je ne critique pas, j'étais le 1er à me marrer aux conneries d'Hanouna, par exemple. Et ça fait du bien, après une journée de taf de se détendre de cette façon. Mais maintenant que je n'ai plus la télé, je m'aperçois que je prend plus de temps pour moi: lire, écrire, réfléchir... C'est con mais je me rend compte que je ne prenais pas beaucoup de temps pour me poser, c'est pour ça que je faisais les choses par automatisme mais pas par plaisir. C'est une sensation bizarre.
Ici j'ai mes petits projets que je vais essayer de mettre en place dès l'année prochaine, questions de moyens. Je n'en parle pas par superstition mais j'espère que ça en fera venir quelques uns d'entre vous. Objectif: 3 ans, après avoir bâti une maison et créé des entreprises que j'espère rentables.
Et après, visite de l'île. Comme j'ai fait en France avec ma petite 106 et un fourgon, je prendrai un 4x4 et je tracerai. Bon la différence, faut le reconnaître, c'est qu'ici je ne pourrai pas dormir dans la bagnole à cause de la sécurité. Mais c'est pas grave. Tu trouve toujours un hôtel à 10 balles la nuit. Y a tellement à voir ici aussi. Madagascar est plus grand que la France métropolitaine, c'est à dire si on ne compte pas la superficie des DOM-TOM. Donc je devrai me régaler. Alors voilà, le bilan à mi parcours n'est pas si mal, y a encore tant à faire... Cette expérience me fait prendre conscience d'une chose: même quand on croie avoir fait le tour de ce qu'on devait réaliser, même à 40 ans, on a la vie devant nous.
En attendant, j'aurai essayé le paddle surf. Bein c'est pas pour moi. C'est agréable d'être sur la mer, sauf que c'est trop physique pour moi, je n'y trouvais pas de plaisir. Je préfère encore le canöé, tu es au raz de l'eau, tu peux profiter du paysage. Le paddle, t'es debout donc tu peux pas profiter de la même façon. Même s'il est plutôt facile de tenir l'équilibre, ça demande quand même une certaine concentration. Et même le mono tombe de temps en temps, s'il se déconcentre sur des vagues. En fait, ça s'apparente à de la muscu, sauf que t'es en plein air: il faut regarder droit devant et pagayer, pagayer... Et quand t'as le vent ou le courant contre toi, t'en chie pour faire du quasi sur place. J'ai réussi à prendre quelques vagues sans tomber, des petites de 50 cm, faut être honnête. Là c'est sympa mais c'est trop bref. Tant pis pour moi. Je vais me faire un peu de natation et ça ira, je veux rentrer en France tel un Gérard Darmon dans Le grand pardon 2, quand on le retrouve exilé au Panama, svelte et bronzé. On peut toujours rêver mais faut que je fasse quelque chose pour mes tétons qui pointent, sur une femme c'est excitant mais là, c'est pas esthétique.
Donc la vie continue, elle est belle, profitez en !

Ba be (grosses bises)

mercredi 14 septembre 2016

7) Les makis de Madagascar

Nouvelles d'un vazaha: chapitre 7
J'avais envie d'écrire et comme je branle pas grand chose aujourd'hui, je profite de la pré sieste dominicale et de mon inspiration du jour pour donner des news. Vous aurez un peu de lecture pour vos retours de playa ou de week end 😉
Bon je suis obligé de commencer par mes petits makis. Qui ne se souvient pas de Rémi sans famille ? Je suis un peu comme lui ici, sans mes familles de sang et de cœur, mais avec mes petits singes (lui n'en n'avait qu'un, mais il avait son gros chien...). En tout cas et très sincèrement j'ai toujours rêvé d'en avoir. Quand je suis passé a l'âge adulte, j'ai compris que ce serait compliqué mais même à l'époque d'Emilie quand on avait plein d'animaux, je conservais l'espoir d'en avoir. Quand on me les a proposés, j'ai refusé la 1ère fois car je ne voulais pas les sortir de leur environnement naturel. Puis j'ai changé d'avis quand on m'a dit qu'ils pouvaient être en liberté. Bon ces petits branleurs ne reviennent que pour bouffer ou pour pisser sur ma table ! Mais ils sont si mignons. En plus, c'est bien pour leur race car ils sont endémiques à Madagascar et surtout en voie critique d'extinction, notamment à cause de la déforestation. Alors l'année prochaine, je prend des femelles pour qu'ils se reproduisent. A part le pissou qui reste exceptionnel, ils ne sont pas encombrants, donc on va essayer de créer une petite colonie.
En parlant de faune locale, je découvre des bestioles plutôt chiantes: les fourmis. On a ici une espèce qui est toute petite, elles doivent faire 1-2 mm, mais elles ont une intelligence impressionnante quand il s'agit de trouver la bouffe. Mes poivrons farcis au repos dans le four, mon jambon dans le frigo, une boîte de lait concentré... Je ne sais pas comment elles se demmerdent mais dès qu'il y en a une qui trouve quelque chose à se mettre sous la mandibule, ça fait un espèce de cordon de plusieurs mètres de long depuis la terrasse jusqu'au St Graal. Vais les niker elles par contre, vais trouver une solution 😈
On va rentrer dans l'été, il commence à faire chaud. On a tous les jours du 30•, toujours pas de pluie. Mais toujours de l'air donc ça passe. Et la nuit il fait bon alors ça va. Quand votre canicule cessera et que vous voudrez prendre un bain de soleil avant l'hiver, ma proposition tiens toujours : logement et bouffe fournis, prévoyez peut être 100 € pour quelques frais, vous serez les bienvenus.
Autre enquiquinement, les bruits la nuit. Habitant dans une cabane, c'est pas super bien isolé au niveau acoustique. Donc tous les bâtards de coqs, selon l'expression de mon ex voisine préférée, les chiens errants et 2-3 fois par mois la musique toute la nuit, ça empêche un peu de dormir. Si on rajoute les coups de fusil tirés par un connard de français qui se vantait d'avoir un fusil histoire de te faire un peu peur, c'est un peu chiant.
Je ne suis pas très loin d'une caserne donc pour la sécurité ça va. Et je pense à certaines gazelles blanches qui seraient contentes : bon je suis plutôt du genre antimilitariste et surtout, je ne suis pas PD, mais faut reconnaître qu'un bataillon d'une trentaine d'armoires à glace, blacks, qui chante en chœur pendant le footing, ça en jette quand même ! Y en a quelques unes qui en auraient les morpions qui font du rafting 😝

Voila, je fini sur une prose belle comme la vie 😇 Bisou

mardi 13 septembre 2016

Nouvelles du vazaha: interlude musical

Nouvelles du vazaha: interlude musical
Je viens de me faire un petit concert des Doors, live at Hollywood bowl 68: de la balle, tout simplement. Ça me fait penser à quel point la musique est un art vraiment universel. Certains n'aiment pas la littérature, le ciné, la peinture... mais je ne pense pas qu'il y ai une seule personne au monde qui n'aime pas la musique. Qu'elle que soit la religion, la culture, l'âge...y a toujours une musique qu'on aime. Alors j'en profite pour me remémorer certains concerts. J'ai pu aller aux premiers grâce à mon père. Ça a commencé avec Elmer Food Beat, dans les Landes je crois. A l'époque je ne comprenais pas toutes les paroles, mais quelle énergie sur scène. Puis il y a eu Goldman tournée "entre gris clair et gris foncé", son meilleur album. Les Floyd, le 11 août 1994. Je m'en souviens d'une part car j'ai toujours le billet, puis parce que ce fut le jour de mon dépucelage, ça ne s'oublie pas ! L'intro: des éléphants gonflables géants dont on distinguais à peine les silhouettes, puis les projecteurs dans leurs yeux qui se sont allumés lorsque la musique est partie, sur le morceau "animals" si je me souviens bien. La fin: une géode qui s'ouvre telle une fleur pour y lâcher quelques feux d'artifice. Le choc visuel. Après, Dire Straits, Supertramp et son grand écran avec une scène pendant laquelle un train défilait de + en + vite au fur à mesure que le piano s'excitait. Pendant ce temps là, mon paternel s'exilait dans sa bagnole pour pouvoir écouter et surtout chanter Brassens sans que personne ne vienne lui briser les miches. Puis y a eu dans le désordre du Tété, John Butler trio, Burning Spear (la réincarnation de Bob s'il était encore là),Yannick Noah, le grand Mathieu Chedid et sa gratte hypnotisante, Bertignac, qui n'arrête pas de tourner la tête lorsqu'il joue, vu avec ma mère, Tryo aux arènes de Dax avec mon amie la Lune en toile de fond et le branleur d'a côté qui me faisait tomber toutes les boulettes de son bédot lorsqu'il sautait, Ben Harper et sa présence si charismatique, son bassiste si synchrone, son percussionniste si envoûtant, ma petite Olivia Ruiz et ses grands cheveux qu'on a envie de tirer jusqu'à s'en caresser les balloches (oupsss 😜😜)... Bref, que de bons souvenirs, j'en oublie peut être mais si je ressors de ma boîte à malice tous les tickets que j'ai gardé, pleins d'autres reviendront. Le seul que je n'ai pas aimé: De Palmas. Il fait du copier coller de son morceau studio puis fait chanter le refrain au public pendant 5 min sur chaque chanson. A chier.
Y a eu aussi quelques vidéos monumentales, même si c'est loin de valoir le live: Queen at Wembley 1986, Iggy pop, Johnny à Bercy dans les années 80, période Berger/Goldman. J'aime pas du tout le personnage mais faut reconnaître quand même la qualité de l'interprète, quand il chante, entre autres, "l'envie" en étant trempe de sueur. Bien sûr U2, Dire Straits Alchemy, Rolling Stones, Beatles, Woodstock 69, Led Zep, Ac Dc, les Red Hot... changeons de registre avec Tryo et les arrosés, leur Reggae acoustique agrémenté d'artistes de cirque (jongleurs, cracheurs de feu...), Christophe Maé sur la plage de Santa Julia. Mais aussi NTM ou Snoop dog avec Dr Dre: c'est vraiment pas ma came mais il faut leur reconnaître leur patate. Même Vanessa Paradis j'ai kiffé (oui oui j'assume). J'ai peut être des goûts de chiottes, j'avoue n'aimer que des artistes commerciaux, mais je sais que vous trouverez sûrement un artiste qui vous a donné du plaisir. Je reviens à ce que je disais tout à l'heure: la musique est tellement universelle qu'il y en a pour tout le monde.
Et surtout, n'oublions pas nos live à nous: à l'enterrement de vie de garçon du Poulpe, sur la plage accompagné du gazou du Gillou, chez mes malgaches qui m'ont fait découvrir "salade de fruits" de Bourvil...
Voila, j'avais envie de vous faire partager un peu de ma culture musicale. Que ça vous donne envie d'écouter du Celine Dion en passant l'aspi, ou du Vivaldi à fond en étant enfermé dans le noir, c'est toujours mieux que d'aller chasser du Pokémon ou de scruter un burkini pour essayer de voir si elle est bonne en dessous !

La bise au chien 😉

lundi 12 septembre 2016

6) Installation, bajajs et mangrove à Morondava


Nouvelles du vazaha, chapitre 6
Salut les amis. Voici mes petites nouvelles
J'ai dû faire des photos d'identité: pas de photomaton ici. Tu vas dans la rue, y a un photographe et un gars qui tiens un drap derrière toi, sourire et c'est bon. Avantage: photo avec lumière naturelle ! Ce qui m'amène à vous raconter un petit exemple de tentative de corruption. J'ai fait les photos car j'avais un mois pour m'enregistrer à la Préfecture de Morondava et surtout déposer mon dossier pour avoir mon papier de résident. La bonne femme me dit que le préfet n'est pas là pour la signature car il est en vacances. Résultat, sans que je demande rien d'autre, elle enchaîne en me disant qu'elle a soi disant un contact au ministère de l'intérieur pour me faire mon attestation, mais faut payer ! À vrai dire, ils disent pas "faut payer" mais "on peut s'arranger". Je lui ai simplement demandé si elle ne pouvait pas me faire une attestation de dépôt de dossier, comme me l'avait indiqué le Préfet lui même lorsque je m'étais renseigné au préalable ... et j'ai eu mon papier, gratos ! C'est incroyable comme les personnes qui sont aux meilleures places essaient toujours de 
Bajajs en stand by allée des Baobabs
gratter !...
Un jour, j'ai entendu cet'encu... de Berlusconi dire que les personnes de race blanche étaient plus intelligentes que les personnes de race noire. Il s'était, heureusement, fait critiqué pour avoir dit ça et l'affaire était tombée a l'eau. Mais concrètement, je sais qu'il n'est pas le seul à penser ça... Maintenant je comprend: en fait les pays en voie de développement n'ont pas de système scolaire efficace. Ici un prof de Français ne parle pas bien français, alors qu'en France un prof d'anglais parle parfaitement l'anglais. Surtout, la plupart des exercices sont posés comme des QCM, même aux examens, en gros avec des réponses déjà établies. Donc l'élève n'a aucune réflexion sur le problème qui lui est posé, mais il répond soit en cochant une case au hasard, soit dans la bonne case s'il a bien appris sa leçon. Comment apprendre dans ces conditions ? Bein on apprend pas vraiment, ou on récite bêtement quelque chose qu'on a appris, sans se poser la question du pourquoi du comment. Bref, pour revenir à nos moutons, les noirs ne sont pas plus cons que les blancs, mais ils manquent d'un système éducatif qui tienne la route. Ces choses sont tellement évidentes chez nous qu'on n'imagine pas à quel point c'est important d'avoir des profs compétents. Pour preuve: un africain qui fait des études en France (par exemple) sera aussi cultivé et intelligent qu'un blanc, voir plus car il n'aura pas la même motivation. Après, il y a aussi le problème de tous ces pays que les occidentaux ont colonisé mais ça, c'est un autre débat. En tout cas, c'est impressionnant de voir à quel point ce manque d'instruction touche une population. À part ceux qui ont fait des études poussées, la plupart ne savent pas compter, pas s'exprimer correctement. Ils ne sont pas cons mais c'est comme un bon mécanicien qui n'a pas les bons outils: il arrive à réparer mais y mettra plus de temps...
Ça y est, j'ai ma moto, ça fait trop du bien ! Plus d'autonomie et d'indépendance, car les bajajs ne viennent pas te chercher devant chez toi. Bref, j'apprends la conduite sur le sable et franchement, c'est chaud. Je l'ai déjà dit, faut mettre du gaz. Le problème ce sont les obstacles. Striker un gosse, ça se fait pas et un zébu, ça peut te laisser une corne dans le cul...alors je pense avoir trouvé le juste milieu: en 3ème sur un filet de gaz. Mais je me suis quand même tapé une poule sur la route goudronnée. Faut savoir que c'est très con une poule ! Elle traverse la route et quand elle te voie, elle se met à courir mais dans le sens où tu roules. J'étais entrain de doubler un taxi  et elle se jette sous mes roues: ça a tapé sur ma bécane mais aussi dans le pare choc du taxi. Et dans le rétro elle courait encore. Con mais solide. Elle risque de chier directement une omelette pour demain matin, pratique quand tu n'as pas de mixeur ! En tout cas, ça se la joue à la Joe Bar Team, toi tu te dis "meuh non ça passait" et ton sac de patate à l'arrière qui rigole. L'esprit est toujours là !
Je ne suis pas sûr que ce genre d'histoires passionne, mais pourtant je pense qu'il est important de comprendre comment un pays fonctionne alors j'essaie de vous donner un max d'infos. Car quand même, depuis la France, on critique un pays sans savoir de quoi on parle. Moi même avant de venir la 1ère fois, j'avais peur de tout et j'étais super pessimiste. Mais pour l'instant, touchons du bois, tout se passe bien.
Ce matin, je pensais à mon ancienne vie. Je suis allé faire ma petite session de paddle à 09:00, à la fraîche, puis je suis rentré cheveux dans le vent sur ma bécane, l'océan derrière moi, la mangrove à gauche, les cocotiers à droite, le batard de 4x4 qui arrive en face de moi sur ma file parce qu'il double un pousse-pousse, et moi le soleil sur les épaules... Bref, à la malgache, j'ai vite oublié ma vie à la française.

La bise

samedi 10 septembre 2016

5) où le vazaha reprend la lumière

Nouvelles du vazaha, chapitre 5
Salama ! Je ne pouvais pas rester sur un pamphlet aussi négatif, fallait bien que je continue à vous faire voyager un peu. Alors me revoilà !
La saison touristique est lancée a Morondava. Maintenant, les blancs que je croise en quad sont accompagnés d'une petite bombasse de 20 piges. Vous voyez ce que je veux dire ?... L'économie reprend son cours !
La ville vie bien, le business fonctionne, les coupures d'électricité sont plus fréquentes (+ de monde). Mais comme dit le grand Charles: "il me semble que la misère, paraît moins pénible au soleil". Je confirme. Sauf qu'ici, ce n'est pas spécialement la misère. Morondava, c'est comme Lacanau, une petite station balnéaire, à part qu'ils sont noirs !
Les petits lézards d'ici sont marrants: ils font un bruit d'oiseau. Y en a partout et il paraît que s'ils te tombent dans les cheveux, pas d'autre solution que de tout couper. Sympa !
Je me suis adapté à mon "inconfort". Pas d'eau chaude ? Tous les matins, je mets mon seau au soleil pendant 1 heure ou 2 et c'est réglé. Trop de déchets ? Je brûle les miens. Je ne sais pas si c'est bon pour la taxation carbone de Mada mais bon, c'est plus propre en tout cas. 
Rouler en moto ici : j'avais dit que c'était relativement discipliné sauf qu'en fait y a une règle: c'est le + gros qui passe ! En clair, un vélo est prioritaire sur un piéton mais doit laisser passer la moto, qui elle laisse passer le bajaj, après que le 4x4 se soit imposé, mais avant que le camion ai fait sa manœuvre car c'est le plus gros de tous !!!! Tu me suis Bobby Wan Kénoby ? Et si tu prend le risque de klaxonner le batard qui t'as coupé la route en 4x4, il risque de te mettre un coup de volant devant ta gueule, tel un barbu sauvage ... Bref, faut faire gaffe quoi. Surtout que je mets pas de casque ici. Alors pour éviter les risques, je prends au max les pistes sablonneuses. Sinon, quand j'habitais à Cenon city et que je traçais avec l'ami Ben Gallinié, on avait des barbelés dans la poche pour semer la racaille mal intentionnée: une idée que je pourrai peut être exporter...
Avec la chaleur, les tenues sont courtes et les filles sont jolies. Mais les jolies filles au bord de la route, c'est comme la carte du Resto: tu regarde mais tu ne lèche pas, ça fait désordre !
Et pour finir, j'ai récupéré mon iPhone. Un gars l'avait ramassé mais lorsque j'avais fait appeler Nelly pour être sûr qu'il comprenne (en malgache), il ne voulait pas me le rendre. Il était verrouillé à distance donc quand il a vu qu'il ne pouvait rien faire (merci Apple), il m'a recontacté et a essayé de prendre un gros billet. J'aurai bien voulu lui dire d'aller se flageller la couille de gauche avec des orties sauvages, mais il n'aurait pas compris ! ( non ça c'est cadeau, j'avais envie de la placer quelque part...). Le pire, c'est qu'il était soutenu par un général qui parlait très bien français. J'ai expliqué au général que ce n'était pas une question d'argent mais une question de principe: à partir du moment où le gars a trouvé l'IPhone mais n'a pas voulu me le rendre, je considère que c'est du vol. Et moi je ne paie pas un voleur. J'ai expliqué que je ne voulais pas participer à ce système corruptif et que je ne voulais pas inciter au vol. Au final, j'ai quand même payé, mais l'arrangement est correct (l'équivalent d'une dizaine d'euros). J'ai réussi à placer mon message, j'estime que c'est une petite victoire. Et j'avoue que lorsque j'ai dit que j'avais un tonton général, ça a bien calmé les choses aussi. J'espère ne pas me faire voler et pour l'instant je n'ai pas eu de problème d'insécurité, pourvu que ça dure car il a fallu que j'élève un peu la voix, j'aime pas ça...
Ca y est, c'est fini !

Veloma

vendredi 9 septembre 2016

4) La peur de rester, le courage de partir


Aventures d'un vazaha, chapitre 4: retour à la mère patrie
Encore une fois, texte très long. Mais comme je ne peux pas expliquer Madagascar en quelques mots, désolé mais cette fois je ne vais pas vous faire voyager. Mon approche est différente, je voudrais faire partager mon sentiment et expliquer les raisons de mon départ. Car d’être rentré quelques jours me fait prendre conscience que j’avais besoin de bien plus que de soleil…
Alors, coup de gueule sur la situation en France ! Sachant que je n'ai pas les mêmes opinions politiques que la plupart d'entre vous, je préfère prévenir plutôt que susciter des débats interminables. Mais comme j'aime encore mon pays, j'ai besoin de le dire. Et si tu réfléchis bien, on peut plus faire grand chose. Mada me fait prendre conscience à quel point notre liberté s'est dégradée.
Exemples:
- tu pars de Mada, tu fumes ou tu veux. T'arrives à l'aéroport de Paris, tu dois t'enfermer dans un bocal de 20 m2 avec 30 gars pour fumer ta clope. La France, c'est le pays des libertés, non ? Et ils ont moins de cancer du poumon que chez nous ! Y a moins de cancer tout court d'ailleurs, alors qu'en France, c'est la 1ère cause de mortalité, avec les maladies cardiovasculaires. Maladies dues au stress et à la malbouffe…
- L'autre jour à l'apéro, j'ai parlé de nos alcotests et de l'amende qui allait avec, si tu te faisais gaulé. Ils ont halluciné. Alors je réponds qu'il y a eu grâce à ça d'énorme progrès en sécurité routière, que cette restriction a sauvé des vies, ce que je pense vraiment. Sauf qu'après réflexion, 0,5 grammes, c'est vraiment pas beaucoup quand même...
- Si je me fais choper à 200 sur l'autoroute, 2 fois dans l'année, je me retrouve en zonzon avec des braqueurs d'épicerie. On va me dire que je suis un danger pour la société, que je suis un assassin potentiel. Sauf qu'objectivement, je sais que je suis moins dangereux à 200 sur une autoroute que le connard qui va tourner à gauche sans clignotant parce qu'il est au téléphone avec sa pouf.
- Si je loue ma baraque à quelqu'un qui paie pas son loyer, je vais mettre 2 ans à le virer de chez moi... Normalement, si ton locataire te paie pas, tu le dégages à coup de pied dans le cul. Et si tu lui met une branlée, on devrait pas te foutre un procès au cul pour avoir voulu récupérer ton bien...
- Si je veux faire un feu à la Vache morte, faut être sûr qu'il n'y ai pas d'hélico qui passe dans la nuit, sinon la chipo grillée sur le "barbecue-jante" de Banner va me revenir cher.
- Au boulot, si j'embauche et que mon employé ne branle plus rien après sa période d'essai, faut que je sois sûr de trouver la bonne astuce pour le virer, sinon prud'hommes garantis.
Certes, si il y tant de règles, c'est parce qu'il y a des connards qui ont fait n'importe quoi, qu'il a fallu réglementer. Mais pourquoi la "connaritude" est elle si répandue ? Nous sommes bien un pays civilisé que je sache, nous sommes censés savoir bien nous comporter sans forcément avoir besoin de toutes ces restrictions. Comprends pas ...
Bref, plein de petites choses dont je me rends compte. Certes, à Madagascar c'est l'anarchie. Mais y a pas tant d'accidents de la route que ça, proportionnellement à la population. Il n’y a presque pas de maladies à la con, que des choses virales, dues au climat…
Si tu veux bosser, tu bosses. Si tu veux pas, tu bosse pas. Tu n'auras pas de ronds, pas comme la plupart des RMIstes qui sont des branlemuches et qui préfèrent se payer une 8/6 au lieu de nourrir son drôle avec les 400 balles que l’Etat lui donne, après les avoir pris sur les salaires de ceux qui bossent (allocations « familiales »). D'ailleurs on devrait supprimer certaines aides sociales, ça motiverai les gens à se bouger le cul ! Et pourtant oui, je suis socialiste. Mais dans le sens communiste du terme, à savoir le VRAI partage des richesses, à bon escient…A Madagascar, il y a de la corruption. Mais finalement, en France aussi. La différence, c’est qu’elle est plus vicieuse qu’ici, car l’argent est prélevé à la source, pas le choix…
Pour finir, à l'aéroport : tu pars de Tana, ils sont tous noirs, t'es un des seuls blancs. Facile pour jouer à « qui est Charlie ? ». Tu arrives à Paris, t'as des blancs, t'as des noirs, t'as des gris, t'as des marrons, t'as des jaunes… perso, je suis pour la mixité et je trouve ça plutôt beau quand j'arrive. Sauf que la mixité d'aujourd'hui n'est pas acceptée. Un rebeu reste un rebeu, même s'il a sa carte d'identité française. Quelle idée ont ils eu aussi de se faire péter la gueule dans nos stades ces connards ??!!! Mais à la base, la terre appartient à tout le monde, donc pour moi un pays riche dois partager sa richesse et accueillir la misère du monde, plutôt que de la partager avec des assistés, et oui ! Oh la levée de boucliers, combien j'en connais qui ne sont pas d'accord avec moi ! Mais désolé les amis, n'oublions pas la chance que nous avons eu de naître ici. Je dis bien la chance, car personne ne choisit d'où il vient...
Car comme dirait l’ami Maxime : « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher…Etre né quelque part, pour celui qui est né c’est toujours un hasard. Je suis né quelque part, laissez moi ce repère, ou je perds la mémoire ... Est-ce que les gens naissent égaux en droit, à l’endroit où ils naissent ? »
Donc faut trouver un juste milieu sur les règles à imposer, mais ayez conscience de la force d’être nés en France et faites en sortes qu’on ne soit plus obligés de nous imposer les choses. S’il y a du 49/3 pour imposer une loi travail, c’est parce que les gens ne comprennent pas que le monde est pauvre et que la France est trop assistée, garde trop pour sa gueule. Et donc je me répète, si je dis tout ça c'est justement parce que j'aime mon pays. La France restera toujours mon pays de cœur. Alors gardez en conscience la chance que vous avez d’être français.
Un jour, mon frère m'a dit que nous n'étions plus libres. Je lui ai répondu que c'était faux, qu'on avait toujours le choix. Finalement, je reconnais que notre liberté se limite à une soi disant légalité imposée et à nos moyens (financiers j’entend), mais qu'il y a de moins en moins de choses légales à faire et de moins en moins de moyens. C'est sur qu'on a rien à voir avec la Chine ou la Russie, mais en Malgachie j'ouvre les yeux sur pas mal de choses. Alors oui il faut de l'ordre, mais un peu d'anarchie, quand même ça fait du bien ! C'est mon côté rebelle qui me fait dire ça !
La politique, par exemple, reflète bien la contradiction et le malaise français : il y a, dans toutes les familles, dans tous les groupes d’amis, des engueulades à cause de la politique. Pourtant, une chose est sure et indiscutable : on l’a tous bien profond !!! Alors gardons cette liberté de choisir notre destin. Oui je sais, je suis moralisateur. Mais comme je suis loin et absent pour longtemps, j’en profite. N’en déplaise à certain.
On a la liberté de faire ce qu’on veut de notre cul, c’est pour ça que je suis parti. Alors rejoignez-moi vers des terres plus saines ! Je dis ça car beaucoup n’ont pas vraiment compris pourquoi j’étais rentré en France : c’était pour renouveler mon visa, c'est-à-dire pour rester le + longtemps possible à Mada. Même mon autre frère, quand il m’a amené à l’aéroport, savait ce que j’étais venu faire mais pourtant était surpris de voir toutes les choses que je ramenais avec moi. Il m’a dit « mais comment vas-tu faire pour tout ramener en France ? ». Mais pourtant je le confirme, peut être que je m’enflamme et qu’il est un peu tôt pour dire ça, mais mon avenir ne semble pas être en France ! Quand je reviens, je suis juste content de vous voir et de faire de la mobylette, mais il me tardait de revenir ici. Le confort matériel ne me manque vraiment pas et j’ai la chance d’être en bonne santé alors si je reviens vivre en France, ce sera vraiment s’il m’arrive quelque chose de grave. En parlant de confort matériel d’ailleurs, ici, tu peux tout acheter à l'unité: une clope, une dose de shampooing, un doliprane... Pas bête, ça pourrai réguler la consommation de masse à l'européenne ! Il n’y pas de pub pendant la mi temps des matchs, donc ton gamin ne risque pas de te demander de lui acheter le dernier Iphone, que tu vas payer en 4 fois pour pas te mettre dans la merde financièrement. Alors oui je me suis acheté un Iphone en France. Mais je justifie car ça me permet de rester en contact avec vous et surtout de continuer à bosser. Car oui, j’ai besoin de garder un travail en France, pour ma retraite, ma sécurité sociale… les choses que nous sommes un des seuls pays au monde à avoir, encore faut il en avoir conscience. Pour le reste, ce soi disant confort… Quand tu n’as rien, tu t’aperçois qu’en fait tu n’as pas besoin de grand-chose, juste l’essentiel : rester en vie et en bonne santé ! Et ça, ça suffit à mon bonheur.
Je suis fier d’être français et j’en garde les avantages. Je vais continuer à payer mes impôts en France et à engraisser ma caisse de retraite car j’ai conscience de la chance que j’ai. Alors que je pourrai très bien déduire pas mal d’impôts et même gratter le RMI, lequel me permettrai de vivre très correctement ici. Mais je choisi le partage, je dépense mon pognon là où il y en a vraiment besoin. Tant pis s’il y a des profiteurs. Je dirai même : qu’ils en profitent ! Car je sais que moi, tant que je suis debout, j’aurai toujours la possibilité de me refaire la cerise si je suis obligé de rentrer en France, j’en ai conscience. Mais j’espère vraiment pouvoir rester ici le plus longtemps possible. Je m’achète ma liberté, celle qui consiste à faire ce que je veux, donc je quitte physiquement la France et ses règles, pour n’en garder que le meilleur.
Voila, ca c’est dit…
En tout cas ça m'a fait plaisir de voir vos faces de crapule ! Heureusement que je suis bien entouré quand je rentre en France. Tout le monde ne sera pas d'accord avec moi, encore heureux d'ailleurs. C’est ce qu’on appelle la liberté d’expression. Mais mes amis et certains de ma famille, je sais que vous avez de vrais valeurs. Heureusement que je vous ai, vous m'avez manqué quand même ! Je fais juste un constat et comme j'aime bien écrire, beh je me défoule. Mais rassurez vous, j’ai fait le tour, maintenant je n’écrirai plus autant. J’enverrai essentiellement des photos pour montrer que je suis encore là…

Alors comme on dit ici : masotoa ! C'est-à-dire bonne continuation et bon courage !

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