lundi 22 août 2016

Pouvoir et coiffure

Cet article va me coûter quelques amis. Soit ! Les fidèles me pardonneront et les meilleurs resteront.


Moi tu me connais, je suis plutôt vent contraire, alors plutôt qu’hurler avec les loups souvent je quitte la meute.
Ainsi, je compte plus de contempteurs que d’amis

Le coiffeur présidentiel touche 9000 balles ! Et alors tu les gagnes pas toi, les 9000 balles ? Franchement, c’est pas pour ça que ça coince ?

Perso, vu d’ici, cela ne me dérange pas qu’un travailleur manuel gagne autant qu’un ministre. On m’objectera que c’est notre fric. En forme de prolepse je réponds à ceux qui m’accuseraient d’antiparlementarisme primaire : Et alors ? Les ministres aussi !

Un gouvernement en état de marche ( !?) ça coûte un max. Tous ces ministres nommés grâce à des réseaux caduques et consanguins, mus par l’opportuniste plutôt que par la conviction, dont l’incompétence bien planquée sous le gilet pare-balle de l’impunité, avec des favoris issus du népotisme et du piston nous coûtent beaucoup plus que leurs salaires officiels si l’on ajoute le prix de la gabegie induite par leurs conneries.

Un empereur ou un roitelet, dont j’ai oublié le patronyme et le millésime, répondait au dédain de ses conseillers à l’adresse de son barbier réputé pour la sincérité et la pertinence de ses conseils :
« J’ai plus de confiance en celui qui pourrait me trancher la gorge tous les matins que pour les flagorneurs qui m’entourent »

Alors pourquoi pas un staff réduit avec un coiffeur à neuf mille balles et aux chiottes les bons à rien.
"On peut connaitre la vertu d’un homme en observant ses défauts"

mardi 16 août 2016

L'employée du Moi (Rupture(S)























Les gares modernes ressemblent à des tunnels tandis que la vieille gare Saint Jean a conservé l'immense structure métallique du temps où il fallait du volume pour dissiper les fumées des motrices à charbon des " Bêtes humaines" de Zola.
L'immensité, inutile depuis l'interdiction de fumer, est désormais à la dimension des joies savoureuses de l'arrivée et à la douleur contenue du départ.



Il a quitté le quai de la gare sans se retourner.
Elle aussi sans doute.
D'un pas pressé de s'éloigner il rejoint la rue Eugène Delacroix à l'angle de la rue Fieffé. La petite voiture noire est bien là, comme un refuge mais sans la passagère de tout à l'heure.
"-Tiens, on m'a piqué le volant" constate-t-il.
Il lui faudra quelques secondes pour réaliser qu'il a ouvert inutilement la porte passager et s’est installé à la place du mort.
Les gestes lents, il tourne la clé pour retrouver la compagnie ronronnante du moteur tandis que le sien double de volume dans cette cage thoracique si bien nommée.
Il s'agite, il résiste, il tambourine encore un peu comme ça pour un zeste de noblesse puis, de systole en diastole, cesse de battre la chamade et passe la main à sa seconde fonction utilitaire qui a la mission  de faire tourner la boutique.
La prison, avec ses barreaux de cotes, est bien verrouillée chez les gens raisonnables.
Le cœur ne s'envolera pas pour se tromper de vie confirmant, comme s'il le fallait encore, ce que l'état adulte comporte de renoncement.
La donne n'est pas nouvelle pourtant, il faut encore et sans cesse combattre ce romantisme puéril entre l'enfance volée et l'adolescence confuse pour que le coeur d'enfant entre, vaille que vaille, dans la cour des grands avec chevillé au corps le sentiment d'abandon, le sacrifice contre nature de s'auto expurger de l'essence du sentiment.
Dévasté de douleur de la cave au grenier, il récite à voie haute l'enchaînement des taches qu'il reste à accomplir, plein de rêves trop grands et de larmes interdites. Les chaos de la route et du réalisme le meurtrissent à chaque secondes jalonnant l'abîme avec cette trouille de funambule qui ne le quitte pas sur le fil du rasoir de son itinéraire d'enfant gâteux.
Elle, c'est cette rencontre internet, qui s'éloigne doucement comme un soleil de Décembre fond lentement dans l'atlantique.
Une rencontre sans avenir, une  des belles passantes, celles qui ne restent pas.
 Elle avait, dans l'ovale délicat de son visage sans l'altération de l'attrition, le sourire discret de l'apaisement d'avoir traversé sans dommages la zone d'inquiétude des dernières heures avant celle de la quiétude bienheureuse des retrouvailles familiales. Elle s'en alla heureuse et lègère vers l'obsolescence programmée de cette parenthèse enchantée et son mari alternatif.

Plus tard, il sut que la ménagère de moins de 50 ans était une sérial qui leurre, 
et qu'il fut d'elle, l'élu du lit, l’employé du mois.

lundi 8 août 2016

Rupture(S)






"Trop de colère dans ma tristesse; c'est peut être plus sain, va savoir. Peut être un espoir de vivace là-dedans. Une colère, c'est une sortie; autant y voir une issue. J'ai peur quand c'est la tristesse qui gagne, je ne sais pas vraiment pourquoi. Je n'en reviens pas de la brutalité des choses. Encore. Comment peut-on se tromper jusqu'à se demander à quel point je t'invente. Ou bien combien tu m'as roulée dans la farine jusqu'à l'os. Que ce soit parce que je suis profondément limitée, après tout, c'est possible. C'est selon. Une histoire de point de vue. La faute à quoi, perso, je m'en fous juste totalement puisque le résultat est le même. Une chape d'oppression, des mots qui débordent de la cuvette avec bâtard et salaud en leit motiv idiot. Des mots que je ne dis jamais, je me contente de les écrire. Je n'ai jamais écrit qu'avec mon ventre, ma tête au grand complet, trop pleine pour élaborer. Un écrit digestif, en somme. Ce qui tue tout espoir, c'est que j'ai jamais su expliquer quoique ce soit du cœur, et j'ai jamais su dialoguer. Je suis une sorte de mammifère, ruminant pour parfaire le tableau. J'ai trop besoin de l'évidence. L'idée qu'il faille un plaidoyer pour être comprise, lever la main droite pour être entendue, argumenter pour culpabiliser, ça me rend parfaitement silencieuse. C'est dire si je suis fatiguée. C'est dire si c'est foutu pour ma gueule. Si je fais appel, je bêle et je rejoins le troupeau. Une histoire d'orgueil mal placée; la fierté de rester du côté de la vache. Le pire, c'est que je ne supporte pas plus la main tendue bien niaise, les coups d'éponge à la volée: je flaire l'entourloupe, le "ta gueule" implicite un peu comme les lapins sentent le renard. Un réflexe archaïque d'animal qui me fait tout rétracter. Bâtard de machiavel. Salaud de bourreau. Le pire, c'est juste que je ne supporte rien. Il me reste pas beaucoup de marge de manœuvre quand je suis au pied du mur de mes limites et de ta connerie (et vice et versa). Je m'isole, et c'est mieux pour tout le monde. Je n'ai rien à dire, tout à gueuler. Je bois trop de café, une illusion de vigilance. Je plante crânement mon bonnet. Et je suis la première étonnée quand je pleure; une flaque de pluie qui fait miroir, un hérisson écrasé, la victoire de la droite et me voilà à chialer. J'étais plus forte avant. Pourtant, j'avais tellement peur. Quelque chose a ployé, un truc s'est affaissé. C'est dingue ce que j'ai changé. Je me sens stupide et douloureuse comme une rage de dents. J'attends qu'on me regrette, j'attends que l'on se barre, enfin. Deux putains de contradictions à rajouter à mon palmarès de névrosée. J'attends de toi et c'est ça qui me ruine. Je suis crédule quant à notre unité et je sais bien que je me leurre, que c'est moi la seule vivante là dedans. J'ai des preuves. Et ca sera comme d'habitude, la lassitude de tenir bon, ce désintérêt pour ma propre carcasse qui fait que je finis toujours par me trouver sordide de tant me souvenir, l'absence de corps. Ce n'est pas tant le sexe qui me manque, mais j'ai rien trouvé de mieux pour me sentir exister. Et puis cette tranquillité que j'espère, ce besoin primate d'être rassurée, et ce machin qui fout tout le temps tout en l'air: ma foi en ton humanité."
http://desordonnee.blogspirit.com/archive/2010/02/22/jour-de-merde.html

Messages les plus consultés

Archives de blog