dimanche 5 février 2017

De l’intérêt d’avoir un animal de compagnie (!?)


Au pays de la communication conjugale, je peux tout entendre une fois franchie la frontière de la fondue de poireaux de la brasserie le "Voltigeur" juste avant les-courgettes-craquantes/tomates-confites.
Dans le camp d'en face, chez Ronronnette, ma chatte/tigresse, l’anesthésie culinaire agit aussi puisqu’el

le met une sourdine à sa coutumière envie de sortir à l’occasion quelques cadavres des placards augmentée de son goût pour me mordre les mollets.
Pas pour longtemps!
Devant l'immeuble Cap Science Alain* s'étire.
M'approchant de lui, je lâche à ma compagne que je n'ai revu Alain depuis pfttttt....points de suspension.
"-Alain qui?"me demande-telle
Deux choses que j'ignore: le temps passé sans lui et le nom de "l'ami"
Deux marqueurs évidents de, je cite: "mon désintérêt pour les gens et mon incapacité d'écoute" comme elle dit et, de là, les guillemets autour du mot "ami".
Mouais, c'est vrai que l'Ami Alain, au hasard de nos rencontres sportives, n'a pas souvent l'occasion d'en placer une et apparemment il n'est pas le seul.
Je me penche vers Elliott-le-chien puisque nous sommes en permission de sortie resto-promenade sur les quais de Bordeaux (c'est à mon pote Elliott que je dois d'être l'aimant de sa maîtresse et que je lis souvent dans ses yeux la réponse aux énigmes féminines).
« -T’as remarqué, me dit Elliott, il n’y a pas cette fois chez Alain la micro-expression de panique de celui qui cherche une issue de secours lorsqu'il t'aperçoit? ».
Je me marre : je comprends, avec le recul et grâce à la psychologie canine, les embarras d’Alain, lui à pieds, moi à roller, dans ses tentatives de sprint pour échapper à mes monologues tout à sa politesse sociale limitée par la gentillesse de sa vitesse de pointe.
De griffes en ronron, le miracle de la féline accrochée à mon épaule change le regard d’Alain sur moi. Il m’identifie comme un animal social oubliant l’emmerdeur que je fus et qu'il fuit d'ordinaire et me démontre une attention particulière.
Mais pas que : je lui découvre un strabisme inconnu lorsqu’il me cause. Suivant l'azimut de son regard, je comprends assez vite qu'il est la victime du sourire et des yeux pétillants de ma compagne toute en sobriété, sûre de sa silhouette et de ses proportions qui la dispensent d’artifices vestimentaires ou cosmétiques.
Avec le privilège du mâle élu par l’amante religieuse qui me dévore lentement, j’observe, savoure et découvre l’éloquence d'Alain à l’adresse de notre duo, amusé en souvenir de son mutisme quand il me supposait en solo, puisque en dehors du sport nous ne savons rien de nous (tiens, il ne m’écoutait pas non plus ?). Qu'avons-nous à savoir, nous mâles autistes et sportifs de surcroît,à part le solde des kilomètres d'un marathon, le rythme du cardio et la VMA / VO2 maxi?
De l'échange,il apprend la nature de mon métier et je découvre le sien.
Par le jeu du billard à trois bandes et les rappels au silence de ma duettiste à chacune de mes interruptions (j’aime bien les versions courtes quand ce n’est pas moi qui cause), nous découvrons les voies transversales où nos intérêts convergent comme un poisson rencontre un hameçon.
Nous échangeons nos cartes et des promesses de collaboration.

* le prénom a été changé

3 commentaires:

Célestine ☆ a dit…

Dès que l'homme a un chien et une chatte, il redevient un animal social, alors ? ;-)
¸¸.•*¨*• ☆

Serge Pradoux a dit…

Il en a l'apparence et le gain qu'apporte la sérénité mais le guerrier sommeille

Célestine ☆ a dit…

^^

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