jeudi 31 juillet 2008

à Fabien

Banque - route à Lacanau Résumé Cher Fabien, une réponse en attendant le récit sur mon blog ( qui sera un peu plus fantasque):
Dés le départ de St Médard, gros traffic dans les deux sens,on partage la piste avec des cyclistes de tous les genres: sportifs aguerris, papys en décrassage des excés alimentaires de la veille, familles avec enfants et remorque. Un des sportifs nous propose son aide et son "aspi".
Je remercie et décline : nous sommes "froids et il a l'air "d'en avoir sous la pédale".
Franck me suis.
Puis le raisonnable devient inversement proportionnel à notre envie d'accélerer: Deux cyclos à la portée de notre allure passent. Nous décidons de les "accrocher". Bonne pioche, il acceptent notre compagnie, nous permettent d'anticiper sur les freinages, les dépassements, les croisements par des ralentissements prudents et des relances compréhensives.
Ils ont bien pigés la spécificité de notre conditions de rollermen. 7 km de bonheur, de convivialité et de partage qui nous ravissent jusqu'à Salaunes ou nous décidons d'attendre nos cyclistes préférées alourdit de bagages. Là, nos deux "aspirateurs" font demi - tour et partage notre attente, nous annonçant la moyenne et leur étonnement admiratif: 28km /h soutenu.
Jonction et roulage plus modéré en compagnie de notre équipe composée de Nelly, Marjorie, Fabrina et Manu à vélo, Franck et moi à roulettes. Pardon d'avoir omis les présentations. Puis, un autre rouleur, une autre tentation. "Le plus sur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder" disais Oscar Wilde ou à peu prés. Là c'est Franck qui craque et au bout de 5 km de folie, c'est le cycliste en reprise de pédalage( comme il nous l'apprendra à la pause) qui lache l'affaire, essouflé d'avoir pris tout le vent sur les épaules.
Re-roulage en commun, et à l'entrée de Lacanau, les chevilles en R.T.T, je m'étale comme une bouse.
Repas, baignade pour les plus courageuses ( Marjo et Fab), Glaces,d'ailleurs je pense que les filles acceptent de souffrir rien que pour satisfaire leur gourmandise sans culpabiliser et pour conserver leur silhouette de rêve.
Sur le chemin du retour long et monotone, deux barouds d'honneur: pointe de vitesse à 38 km/h pour moi à la suite (et l'aspi)d'un groupe de V.T.Tistes et celui de Franck à 31 en poussant Nelly. Je passe sur l'incident que tu pourras lire sur le Blog de Nell.
Grosses bise en espérant t'avoir donner envie de rouler.
Serge.

banque-route à Lacanau- l'intégrale

Jusqu’au bout de la piste Flaschback Des bonnes et des moins bonnes idées jaillissent au cours des bons repas : les F.B.I (les fausses bonnes idées). Cela peut-être : -« Hey Jacky ! Si on sortait la décapotable cet aprèm’ ? » J.F.K le 23/11/63 à Dallas -« Hé Nick ! Si j’enregistrais un deuxième C.D ? » Carla B. Un jour. Palais de l’Elysée. Et, entre ces deux tragédies, un peu d’air frais : -« si l’on faisait Bx – Lacanau à roller pour s’entraîner ? dit l’Homme. Sont-ce les feuilletés Chèvre, confiture d’oignons (l’âpreté du chèvre t’assèche les papilles et le sucré de la confiture d’oignons te les prend par surprise, ça pétille de saveur comme un préliminaire amoureux de bonne augure), le cru médoc, les yeux de Nelly, la persuasion de Franck (dit l’Homme) ? Je m’entend répondre affirmativement, sans songer au retour qui risque d’être aussi copieux que le poulet aux olives mais peut-être moins savoureux. Personne ne remarque que pour cet entraînement là il faudrait……. De l’entraînement, comme personne ne remarque que j’achève consciencieusement les congolais maison du dessert. St Médard. Gare cycliste. 9h Regroupement des aventuriers de la piste. L’Homme a concédé un départ au plus avantageux. Ce sera : St Médard – Lacanau ( 47X2) Les autres membres de l’équipe originelle des rollingblueband, pas fous, se sont trouvé des occupations moins énergiques pour leur réveil dominical et Frank à enrôlé deux cyclistes intérimaire : Marjorie et Manu inconscient ou courageux. L’équipage vélo, Nell et Fab accompagnées des déjà cités, et piétons à roulettes, Franck et moi, petits épargnants de l’effort à venir partagent le ruban goudronné avec quelques sportifs chevronnés, papys en décrassage des excès de la veille, convois familiaux avec remorque remplies de nains, tous cyclistes. Les muscles froids, nous déclinons l’offre de roulage en commun d’un conseiller clientèle sportif de la première catégorie l’investissement vitesse nous semblant au dessus de nos moyens. Puis, quelques minutes plus tard, nous cédons à l’attrait des subprimes et prenons la roue de deux tentateurs pour un gros rendement de 28km/h sur 7 km où nous rattrapons et dépassons le 1er "conseilleur" jusqu’à l’échéance de Salaunes où le réalisme nous revient et réalisons nos dividendes avant la banqueroute de la fatigue. Attendant les autres actionnaires alourdit de l’impôt bagage – glaciaire – pique – nique nous remercions les deux inspirateurs d’avoir tenu compte de notre spécificité de roller lors des dépassement, croisements et relances douces aux intersections. Jonction pour quelques bornes en commun avec nos pistardes préférées (toi aussi, Manu on t’aime), mais cela ne dure pas : la fièvre de l’or de la vitesse nous reprend et là, c’est Franck qui met le feux derrière un coursier en reprise de pédalage comme il nous l’apprendra telle une excuse à son épuisement après 5 km de vent sur les épaules franchis allégrement à nous abriter. Le paysage, extérieur jour, plein soleil, comme on dit au cinéma, 29°, nous offre sa perspective en ligne de fuite comme les rails de cet ancien chemin de fer aujourd'hui goudronné sur deux segments longs comme un P.E.L. Derrière la roue de Fab, d’une régularité bienvenue de métronome, qui mène le train de ce convoi entre Ste Hélène et Saumos pendant neuf kilomètres puis, dix de mieux, à découvert jusqu’à l'ombrage de la Marina de Talaris où repose sur le clapot le voilier du couple M§Ms ( merci Nell). Je me prends les pieds dans le tapis de l’entrée de la ville et chute comme le cours d’Alcatel Lucent sur le sol Cannaulais avec le chant des grillons sous les pins en surchauffe. Arrivée. Stop. Après, c’est l’Amérique. Lacanau. 12h30 Pique–nique, binouze, plage, et voici venir Manu et Voici qui nous donne des news des people : - « Jenifer s’est "remise" avec Obispo - elle s’est remise au pipo ? - C’est reparti avec O-B-I-S-P-O! - elle est repartie au bistrot? - t’es lourd ! » Soit ! Allégeons. Je vais tenter la baignade. L’océan roule sa houle fraîche et menaçante dans la baïne en formation. Dans le champ de vision : Marjorie. Ses harmonieuses proportions mériteraient à elles seules un blog : lamermaispasque. Com. Un sixième sens me recadre le regard dans le bon axe : Juste à temps. Fabrina sort de l’eau et m’observe. sur le chemin du retour.16h30 La batte et les bêtes. Aprés quelques délices glacés, à valoir sur les prochains débits énergétiques, nous reprenons la rando. Le balancement monotone du geste de poussée un coup à gauche, un coup à droite, lassant me cause une torpeur dangereuse. Alors, réveillé par un groupe de V.T.Tistes, je solde mon compte épargne de tonus par une échappée en leur compagnie, puis pour ne pas payer les agios à un taux d'usure je m'intercale dans le train reconstitué qui m'a rattrapé. Lors d'une pause de récupération nous sommes témoin d'un incident: un échantillon de 3 B:Bétise Brutalité Bestialité, un triste spécimen "d’humanité", qui a tord d’être alcoolisé, s’en prend à deux jeunes à cyclomoteur, qui ont tord d’être là, trop vite, trop insolent, trop dangereux. L’énergie scandalisée de Nelly, l’autorité diplomate et sage de Franck ne réussira qu’à différer le différent. Revoilà le gamin que nous avions réussis à arracher des mains des excités, accompagnés de son père, du sang dans l’œil, de la vengeance dans le regard, une batte de base-ball dans la main. De ces trois éléments la batte recèle certainement plus d'intelligence que les deux "bêtes"et ces deux générations d’abrutis de père en fils se dirigent vers le groupe d’hystériques pressé de changer leur destin de victime en destin de coupable. Impuissant, dégouttés, attristé, nous repartons, concentré dans une colère canalisée par nos valeurs de l’effort inutile et désintéressé qui ne sont malheureusement pas universelles. Franck prend le commandement et sous son impulsion et la participation active de Nelly la dream team amène la meute à 31 compteur. St Médard. Gare cycliste.19h30 épiloque. Le jour et le week-end meurent lentement sous le regard impassible du soleil déclinant. Les compteurs indiquent pour Nelly 99. 5km, pour Manu : 100 tout rond et deux fois deux heures trente. Je prends l’info de celui de Manu, la barre mythique atteinte. Champagne et synthol, C’est ma tournée ! P.S: les allusions monétaires sont un private joke destiné à la plus jolie des banquières.

mercredi 30 juillet 2008

derby des Pyrénées

David ,  Ben et ...facile: chuis en jaune!
¨Les débuts du planteur de bâton.
Tout en haut, au fond a droite après St Lary, avant de devenir espagnole et que l'ours ne s'éveille, la montagne pousse son dernier cri:"Derby des Pyrenéééééées!!! - dépèchez-vous,après je range les flocons répond l'hiver -et moi,j'envoi les marmottes renchéri le printemps." C'est à Piau et c'est le 22 Mars,un Cannonbal version neige.Départ:pic de Piau,seul ou en équipe, arrivée:la station. Pistes noire, rouge ou bleue;patinettes,skis,snow,trottinette des neiges etc… une seule règle: le premier en bas.C'est basique: toi, tes gambettes et tes cojones car, tout shuss même sur les bleues, ça" enquille velu"et tu déboulles entre la billetterie et l'E.S.F, les skis autour du cou, à la terrasse du "Hampton".J'aime le concept ,pas de moteur, de l'espace, une économie de règle et de feu rouge, autant que j'aimerai vous y retrouver car les occasions sont rares a l'A.S.L.R de tâter de la poudre(use)et il y a en ce moment à Davos quelques commerçants qui vont nous réchauffer la planète avant que nous ayons le temps de dégainer de la spatule. Plus d'infos sur www.derbydespyrénées.com

Anniversaire Seventies

Un livre sera présent, alors vite à vos cartons pour trouver la meilleure photo du Diego, celle que tous les autres n'ont jamais vu peut être, celles qui révèle une deuxième personnalité (peut être des scoops ??!!!), celle qui montre l'athlète qu’il est, celle qui montre qu’il supporte mal l'alcool, celle qui montre le fétard que l'on cannait... etc etc.... car nous avons tous vécu des expériences multiples et variées (et en tout genre) avec El Diego ! La légende de Zorro Certains connaissent le Didier don Diego de la Véga, d’autres connaissent le coté Zorro : L’un est (était?!) urbain, night-cluber, festif, tequila et chicas, le second plus rural remplace l’étalon par le Specialized tout -suspendu, sans renverser une goutte de marguarita . Les filles sur mes genoux, les gars, faites cercle et écoutez l’histoire de tonton Sergio : Il était une fois, dans la Charente profonde, humide et sombre de novembre, celle où le taulier te demande ta ceinture et tes lacets lorsque tu réserves ta chambre pour t’éviter de te pendre, Stéphane dit binbin nous avais entraîné dans une de ses spécialités ; la rando-cyclo : « tu-vas-voir-facile-100 bornes-même-pas-mal ! » 80 km plus tard, côte à 15% (çépatouplalaCharente) passage à la Chabal (brutal, quoi !) sur des rails agressifs comme des all blacks nourris à la salade la veille du quart de finale, Diego « libre dans sa tête », casse un rayon de son arrière roue ; Effet immédiat, la jante touche le patin, frottement et la côte passe pour lui de 15 à 45%. Là où Armstrong changerait de braquet, MaryClair congédierait son mécano, Bernard ferait manger le vélo au vendeur (mâche bien, Francis c’est du 7005) Jack’O prêterait ses outils et Pat’oz sortirait son manuel d’entretien, notre Didier, lui, se retourne alerté par le bruit et non par le surcroît d’effort et reprend son pédalage, régulier comme un métronome. C’est cela, Didier : du cœur pour la générosité, un bon foie pour la distillation et des cuisses pour les côtes. Mais pas que cela! Ce book est là pour ça. Allez, on t’aime Bienvenue au pays des quarantenaires, et………. BON ANNIVERSAIRE, AMIGO !

quand papa devint papy


WEEK- END à MARSEILLE

Gare St Jean. 5 h 58 Tom part voir Gabriel, son petit fils venu de Stephy, avant qu’il ne rentre en C.P.
La nuit mourante crée dans le compartiment une ambiance intime déniée par les voyageurs aux regards qui s’évitent. La passagère d'en face s'isole, écoute Mozart sur un diskman Sony et ce panel de population qui va partager cinq heures d’existence banale s'ignore en consommant de la musique en conserve. Le "mariage de Figaro" s’il n’est pas à la Scala est aussi sacrilège que prendre du Bordeaux en perfusion. Finissant la lecture de la dernière (espérons) livraison de Pascale Clark, (circulez, y a rien à lire) Tom, coinçé et contraint dans ce passage obligé où l’activisme est en veille, pour ne pas perdre une miette d’instant s’agite l’organe de la pensée et éclaire ce tunnel de temps mort par l’observation du spectacle de la vie.
Voyage dans le tout et le n'importe quoi.
Le jour se lève les paysages défilent et révèlent l’histoire. L’inclinaison des toits témoigne du climat et les enseignes commerciales de l’importance des villes. Un Leroy Malin et un Auprès toutes les 500 000 âmes, la famille Mulliez a ses exigences comme Paclerc et Bricomarrant.
Les uns somnolent, d'autres gambergent:
Voiture onze, place trente quatre, Adrien Lecouvreur muté d’Oil en Oc (pardon: venu par le nord de la Loire vers le sud) se demande comment il facturera les toitures de moindre surface. Facile: la lauze sera plus chère que l’ardoise. Siège vingt deux, Thomas Benjamin Duni, néo grand-père tendance écolo décrypte le chemin qui, de ville à ville quand il est de fer, témoigne sans fioritures du désarroi urbain : Casernes désaffectées, lotissements compactés, friche industrielle et autres blessures faites à la terre par l’activité humaine, s'alternent.
L’accélération vertigineuse et irréversible du progrès qui chauffe la planète à bout de nerfs.
Bien sûr, réchauffement climatique et périodes glaciaires se sont succédé et la vie a survécu sous différente forme mais pas à l’échelle des générations et il aimerait que Gab. développe et profite du règne des humains entre celui des dinosaures et avant celui d’après. Égoïste, certes mais il faudrait additionner tous ces égoïsmes individuels des décideurs, eux aussi parents, pour préserver l’héritage des minots analyse -t -il.
Les passagers Toulousains investissent le compartiment. Des jeunes et une grosse dame avec "la vie financière " sous le bras et les bijoux qui vont avec.
"-A par la nourriture et l’argent comment s’occuper quand le puit se tarit et la fente cicatrise pense G.Lalouze cocu récidiviste et aigri.
- Si j’était blindé, je construirai un mas en Provence et j’y logerai ma femme, «mes frères zes mes sœurs oho je ferai le bonheur » de toute ma descendance songe Jean Villevoisin, envieux et fauché.
- Tu meurs d’amour si tu vis d’amour mais si tu vis d’argent, tu meurs de quoi? Un linceul n’a pas de poche dit le poète relevant le niveau de cet échange télépathique.
- Mais tu as une jolie boîte" conclus Tom B. du nid…. dans ce débat virtuel en s'assoupissant.
Voyage dans le temps et l'au-delà.
Demi sommeil hanté de douleurs fantômes. Le temps comme un élastique se contracte brutalement.
C'était un Vendredi vingt ans plus tôt.
Il se remémore la cassure, la séparation, son cataclysme affectif. La joie de se retrouver, père et fille, suivie de cette détresse presque immédiate de se quitter toute les semaines.
Il revoit son bébé, cette maman d'aujourd'hui, un an au compteur, morve au nez, vêtements neuf du dimanche précédent, sales et déchirés qui l'attends.
Il n'imaginais pas en ce temps l’autre chagrin.
Celui d’Angéla, sa maman, femme enfant quittée parce que responsable de l’exclusion de David, l’aîné d’une première vie et ado en besoin d’attention.
Sans doute mal conseillée de détresse, metteuse en scène involontaire (?) et coupable de cette hebdomadaire tragédie. Dimanche soir, il ramènera encore sa poupée costumée par Jacadi, coiffée Chapka et chaussée by Chaparral, lucide de sa propre mise en scène à vocation rééquilibrante.
Puis, il la quittera, courbé, alourdi d'une tonne de culpabilité de cette non assistance à bébé en danger obligatoire et légale.
La saison des amours est devenue la saison des déchirures et, de souffrir trop, il ne voit pas d'autres peines que la sienne: celle qu'ils transmettent à l'enfant subissant des colères qui ne lui sont pas destinées. Le bébé n'a ni les yeux ni le cœur dans sa poche.
Puis, les trajectoires divergèrent :
Angéla continuera de donner une dimension tragique à son malheur et y trouvera une grandeur néfaste de Colomba. Chaque action encouragera les réactions, l'escalade, la démesure, les dégâts et l’on oubli l’origine du mal, comme les vendettas corse de Mérimé, alimentées par le principe puéril du: "C'est pas moi qui ai commencé". Némésis, déesse de rancune, se nourrie et grandie de chaque réaction défensive provoquant des dommages collatéraux irréversibles.
Alors, Tom, cancre à l'école de la vie avec zéro en géographie pour cette carte du tendre erronée et zéro en conjugaison pour ce passé décomposé, s’inscrivit aux cours pour adultes, découvrit l' efficacité du non - être et du non - agir et s’éloigna en compagnie de Lao tseu, rencontré dans le lit et l’affection de Marie F. sa prof d’anglais un peu philosophe aussi.
Tourner la page, fermer le livre et les écoutilles. Etre étanche pour ne pas sombrer. Il vécu cette double décennie de résilience à cultiver, sur ce terreau sombre comme de la tourbe, d’autres roses de la vie à la rencontre de "belles passantes", à ne pas se laisser emporter par la douceur de la nostalgie qui revient toujours plus forte comme une vague attaque la falaise et risque devenir, par effet domino, le tsunami dévastateur de la mélancolie. Ambivalence des sentiments, quand il cessa d'aimer, il cessa de détester.
Puis, enfin le regain: Vivre pour aimer et aimer vivre. Avec Juliette Sauveur à la reconstruction et David de retour d'une année passée avec sa mère dans la Drôme, pour les finitions.
-"jeu équestre, en six lettres? Lui demande son vis à vis féminin en train de croiser les mots.
-étalon? Tac au taque-t-il encore endormi
-je pensais à "manège"
-je pensais à la jument!"
Elle sourit.
Faudrait pas laisser sécher pense-t-il, mais désormais monogame grâce à Juliette qui a pris le contrôle, conduit depuis déjà cinq ans sans dérapages et qui, si elle ne sera pas la femme de sa vie sera celle de sa mort". Un tunnel, pas assez long pour une tentative de gynécologue avec la cruciverbiste, et la Méditerranée explose de soleil et de mer au visage par contraste." Je suis déjà venu le siècle passé, se souvient-il, en 69 marcher pieds nus du cours Belsunce au parc Borelly.
A Bourges pendant ce temps Juliette naissait et je n'étais pas père". La vie a de ces raccourcis... ................................................................................... Gare St Charles 11 h 42 Marseille, l’africaine.
Ici, " Alice au pays des merveilles" se dit: " Fatima chez Tati " et on se parfume à la rascasse du coté du vieux port se souvient-il.
Ca y est ! En face de lui, notre Dame de La Garde, entre les deux, la ville, bientôt son bébé. Et le bébé d‘après. Celui de vingt deux, celui de cent vingt jours et Stéphane, géniteur. Il anticipe et pleure. Ce sera fait. Un Mac Do a envahit de son odeur de friture l’esplanade éponyme. Tant pis pour la rascasse.
Il prend la pose en haut des escaliers, la ville à ses pieds, magnifique! On n'a pas deux fois l’occasion de faire une première impression!
Dommage ! Ils arrivent derrière lui du parking plus fastoche mais moins majestueux.
Façades taguées, bariolées comme un visage trop maquillé, pas pire que les déjections canines parisiennes, linges aux fenêtres comme à Naples, Tunis ou Barcelone, ce sud là transpire la vie, sent la liberté juste avant l’anarchie et respire l'humanité préambule exotique du Maghreb, sur la route du nid familial. ....................................................................... Samedi, roller avec "la fillote" sur le vieux port:
-"Papa, vè la sardine lance Stephy!
- peuchère, 2 euro le kilo ! Combien je t'en mets, pitchoune? Saisit l'opportuniste sardinière, c’est ton père? Il est jeune! Il est marié? Mitraille-t-elle, comme s’il était absent.
- célibataire pour la semaine rétorque Tom pas rebuté par sa taille égale à sa carrure. Il paie et s’enfuit pourtant de cette femme carrée, de sa moustache et de ses verres de lunettes en tessons de bouteille, sa fille dans une main et les sardines dans l’autre. [.....]
Natation et jogging aux calanques de Méjean, avec Mathéo, tonique bambin de quatre ans (et demis, c’est important pour vite grandir et intervenir avec ses supers pouvoirs dans ce monde injuste des adultes). Faudra revenir pour la chasse à la cagole. Dimanche, le Rhône, généreux, leur passe La Camargue avec l’aide des Barcarins aux Salin de Giraud. Là c'est Daytona beach sur Rhône: on roule sur la plage jusqu'au bout du sable et du jour.4x4 et motos, cabriolets et quads; Barbecue et liberté, naturisme et bronzette... ...............................................................................
Déjà le départ.
Ça piquote dans la région des sinus.
"- Tu me donnera une photo de ta face pour mon fond d’écran? Demande Stephy émue
- prends en une de Georges Clooney, c’est moi avec des cheveux!
- What else! "Conclue-t-elle en référence à monsieur sex-machine (à café.)
Elle aura toujours le dernier (bon) mot!
Tom l'ignore à ce moment, mais il ne la reverra jamais!

samedi 26 juillet 2008

L' adieu de Juliette L.

En hommage à Marcel Aymé, un bref aller-retour dans la capitale pour une visite au passe-muraille, qui passe d'un monde à l'autre, puis.........
Une portée de renardeaux batifole attendant maman partie au ravitaillement dans le poulailler voisin. Les lapins fous de pleine lune s’enivrent de luzerne. L’astre luit et la nuit d’été ressemble au jour. La tribu des raminagrobis (nos amis les chats, selon Lafontaine) court en tous sens, les uns pour honorer leurs rendez – vous, les castrés du jour pour annuler. 
Elle arrive! Il lui ouvre la portière de la voiture et la serre dans ses bras. Elle  revient à lui comme le refrain d'une chanson, sublime! Ce n'est pas le maquillage, inexistant, ni la tenue, elle va bosser, pourtant son sourire, son visage, ses yeux, son regard le fascine du message subliminal qu'elle lui transmet comme une espèce de phéromone visuel. La  mystérieuse chimie circule et le contamine. Ils savent leur avenir immédiat, l'anticipe, le désire. Morts de faim leurs bouches se trouvent et se dévorent. Les épidermes se cherchent, les tee-shirts se relèvent. Elle colle ses petits seins de vingt ans contre son paillasson pectoral. Deux allumettes et un frottoir. Le feu les prend. Les vêtements glissent, les plus précieux sont sacrifiés. Elle se hisse sur la pointe des pieds, bascule ses hanches et s’ouvre. L’ombre s’écarte, libère sa bouche, s’abaisse et se relève, lente, pénétrante, se glisse, progresse délicatement et se cale. Papillon épinglé. Calmés, immobiles, les cœurs ralentissent leurs rythmes, leurs lèvres se retrouvent et les langues reprennent la valse interrompue dans un souffle apaisé. Les corps communiquent, s’activent, se parlent et se comprennent. La raison, c’est la durée et la durée c’est la vie. Ces deux pensées rebondissent en un syllogisme tacite: Ils savent sans se le dire que cette folie doit cesser avant que d’être emporté par la banalité de la fréquence et le risque d’un danger faussement romantique. D’une rotation sur la pointe, elle réussit un demi tour sur elle-même en repliant la seconde jambe comme on enfourche une selle, sans le perdre. Approuvant l’initiative, il s’écarta suffisamment pour cette douce manœuvre mais resta toutefois dans son âtre, dur comme une bûche de chêne au milieu de braises incandescentes. Il attisa délicieusement au boufadou tranquillou puis au soufflet avec un rythme qui devint vite celui d’une forge. La flamme partit en une bouffée brutale. Des vibrations saccadées faillirent l’éjecter mais elle le garda en elle pour une ondulation plus longue avec le tendre gémissement d’une plainte contenue tandis qu’il pensait à ses impôts pour ne pas subir la contagion de ce brasier fatal et l’accompagner encore. La lune rosit de pudeur ou du soleil montant. Un nuage lui ferma l’œil comme une paupière. Elle se souvenait qu’il tenta une fois de prendre son chemin de traverse et elle avait fait entretenir par son mari le passage de cet itinéraire bis. Alors, elle se dégagea lentement, le guida en le caressant et lui offrit sa bague la plus précieuse à son troisième majeur. L’arc formé de son corps cambré comme une vénus Hottentote reçu la flèche de Cupidon intrigué et ravi de cette cible inattendue. Son cœur, lui aussi à l’étroit, explosa dans sa poitrine. Elle, le regardant par dessus son épaule, en contrôlant de ses mains posées sur ces hanches dociles l’équilibre de l’attelage et la tendre progression de l’intrus, frémissante, perçut une brûlure puis une chaleur l’envahir. Elle se sentit dominée et puissante à la fois dans une étourdissante composition de bonheur subtil, de plaisir animal, de pouvoir incommensurable. Il murmura dans ses cheveux et la douceur de sa nuque une supplique inutile : Elle était de toute façon incapable de ne pas se laisser emporter. Ils tremblèrent ensemble, leurs êtres hoquetant crescendo, soudés, vibrants de toutes leurs fibres fusionnées en une entité éphémère. La clarté solaire poussa et se mélangea pareillement à la lunaire. Le vent inclina les fleurs vers le sol comme pour les posséder et désaltérer de rosée leurs corolles. Il y eut sur le pré l’ombre chinoise d’un animal mythique à deux têtes dont l’une exhale et l’autre brame. Les lapins, debout, l’œil alerté, les oreilles tendues ont cessés leur dînette. Une fragrance inconnue, à la fois animale et végétale monte de l’herbe. Le jour arrive comme une délivrance. Elle a donné son corps tout entier, un peu de son âmeet « quand tu aimes, il faut partir » comme dit Blaise (Cendrars). Ils partent. Ils ont eu vingt ans ensembles quelques minutes. Et ils s’en vont chacun dans leur vie comme des gens raisonnables, les sens retrouvent le sens, les organes leurs dimensions habituelles, la mémoire est marquée au fer rouge. Une source coule au plus intime d’elle. Emue, frissonnante. Elle sourit.Elle se sentait désirée et aimée, comprise et protégée. Secrètement! 
Les renardeaux retrouvent leur maman, bredouille mais contente.

vendredi 25 juillet 2008

Les épousailles du Prince Noir et de la Dame Blanche(*)

 
Montussan.
Les conversations bruissent, les amis se reconnaissent et papotent sur le perron de la mairie Soudain une déesse fragile et menue surgit. Les paroles deviennent murmures puis silence. La foule s’ouvre comme la mer Rouge devant Moïse. Je ne l’ai jamais vu si belle. De sobriété gracieuse, de discrétion éclatante, de bon goût. Nous applaudissons spontanément cette apparition pour la montée des marches Montussannes. Un torrent intime bouillonne dans son être dont seuls jailliront quelques embruns au barrage des paupières de cette femme en béton désarmée. L’as parmi les as, vêtus par un coûteux et célèbre couturier italiens, souriant, apparemment détendus pour sa consécration. Sans doute l’expérience de l’excellence, l’habitude des sommets et la modestie des puissants. Ils disparaissent dans l’ombre et l’hôtel de ville où ils ont réservés une chambre, celle des consentements. Ils vont se dire haut et fort devant autant de témoins que d’amis ce qu’ils se sont murmuré. C’est le jour J, l’heure H, la minute aime. Elle va dire OUI à la question pour un champion. Le rassemblement des supporters les plus pieux se dirige à l’azimut vers l’édifice catholique. Quand soudain, Au seuil de l’église l’eau bénite frémit et se met à bouillir dans le bénitier. La voûte abbatiale tremble. Un souffle puissant et surnaturel soulève la robe ecclésiastique et glace les dévots : Celui Qui Sait Tout voit que je suis parpaillot comme Véro, athée, agnostique comme personne mais quand la tête est passée….. J’entre comme Henri IV dans Notre Dame : si « Paris vaut bien une messe » ces deux là valent bien que je me damne et de finir comme Ravaillac, écartelé entre l’amour de l’amitié et la fidélité au protestantisme. Nous échangeons un regard complice: Véro calme Luther, moi Calvin et tout rentre dans l’ordre de la sérénité.
J'aperçoit Laurence. Un bref tremblement de trac aussitôt maitrisé agite imperceptiblement ses bras dénudés et sa voix noire, fine et puissante en direct de New Orléans et de sa gorge  monte  sans faillir sous la voussure millénaire. Un frisson fait vibrer l’air et l’assistance.
La princesse charmante et le prince charmé persistent dans leur consentement, logique point d’orgue d’une grande série d’heureux évènements de la dernière décade. Alors, le "canon de Pachelbel" nous tire à bout portant des frémissements émus, lorsque Karine, métissage de beauté et d’art, se penche sur l’ harpe dans un geste d’Erato(*) à la rencontre du ré grave. Par sa posture et sa chevelure, son visage et sa mine, son interprétation resplendissante de jeunesse et de talent convie la Grèce antique à l’union des belles âmes. Quelques bondieuseries et Gospel plus tard les mariés de l’édile et les époux de dieux sortent sous les pagaïes, les arcs, les roues, symboles de notre amitié et de nos passions. Désormais, chaque jour le goût de la vie sera plus savoureux et le coût de la vie moins onéreux chaque année fiscale. Nous espérons rester dans vos mémoires. Vous resterez dans nos cœurs et nous, déjà, réclamons du rab d’AXXXXXXXry. Alors……..Vite un garçon !
(1)le prince noir vous voyez qui c'est, en plus sympa et moins belliqueux que l'original et la dame blanche c'est celle de Fausto Copi dont il disait qu'elle était sa drogue parlant de sa maitresse devenu son épouse)
(*) une de 12 muses: celle de la musique
Château de Camarsac Voilà un CDD qui se termine et un CDI qui s’entame entre ce sympathique garnement polyvalent comme un couteau suisse capable de concevoir un raid clé en main ou sangler un baudrier, déjauger un cata (maran) sans cata (strophe), monter sur le podium ou creuser une piscine, tenir un micro ou lâcher ses poursuivants, construire une palombière ou de solides amitiés et cette alchimiste jolie transformant le sable du Pilat en or de Maguide(*) et les gènes de Pat en jolies petites princesses pour une durable union. Celle au regard qui parle et dit:-« reste pas là, bouge » ou : -« fais moi un garçon ». Il faut la comprendre, elle ne répètera pas, accepte le mariage et nous permet, nous convie au spectacle réjouissant de la passion raisonnée de l’un avec le raisonnement passionnant de l’une. Tout deux également belle et beaux ont cependant une déformation : ils ont chacun deux cœurs. Celui de l’élégance et du courage et l’autre tout entier pour s’aimer. -Pat s’était endormi, rompu de fatigue et de bonheur en botte de terrassier, un GPS au poignet, une pioche à la main il voit Sandrine curieusement et inhabituellement vêtue. Autour de lui des plafonds, de la moulure, des lustres haut dans son ciel, des tapisseries et des tableaux dans son horizon, de la marqueterie et des tapis sous ses pieds, l’agitation, la clameur d’une noce dans sa tête. Penchée au dessus de lui : ELLE ! - qu’est ce que tu fait dans mon rêve ? - tu ne rêves pas ! dit-t-elle en l’embrassant Le didji envoie du gros son, présage de gros bonheur. Que la fête commence. Que la vie continue !
(*) lire le "raid aquitaine.

Jalles vertes, Amazonie et bonne fête maman:


A Laurent, 
le magnifique des sablons, grâce à qui je ne me cogne plus dans les arbres.
Magudas.9H Peu de monde pour cette séance d’entraînement proposé par et sur les terres de Laurent à Magudas proche du site où a lieu la rando V.T.T éponymes des « Jalles Vertes ». Grosse actualité ce 25mai. L’éloignement, la météo, la fête des mamans, le grand prix de formule 1 ou le début de Rolland Garros......toutes bonnes raisons, mais s’il en est une qui soit la méconnaissance du terrain de jeu, voici matière à vous faire une opinion : Ellen, Patrick, Philippe. N de rouge vêtu et un petit, vieux, chauve et binoclard ont répondu oui à l’appel de la forêt et à l’invitation du maître des lieux. Le menu du jour, unique comme à la cantine, se compose de 1/2 heure de CàP, 2 h de V.T.T et 1/2 h de B§R. Passons sur la session course à pied qui, quelques soit le lieu, est toujours aussi........plaisante, l’intérêt de l’endroit est le parcours vélo : un single track comme son nom l’indique, mono trace, étroite, inaccessible aux « motorisés »donc pas d’ornières ni de saignées trop profondes. Pas de montée impossibles et raisonnablement vallonnée avec quelques liaisons sableuses, tassées par l’hygrométrie, compactés par les passages précédents pour relancer ou bien se refaire les poumons. La confiance en soi et surtout la confiance en celui qui précède est déterminante et, une fois enclenché le programme « je lâche rien », le tempo joué par Pat chef d'orchestre commentant les pièges et donnant les braquets, nous passons adagio, andante et presto subito. Là c’est une autre musique, et il y a du travail pour tous les sens : la vue pour l’analyse et les réflexes, de l’oreille interne pour l’équilibre, un bâillon pour taire l’instinct de conservation qui te souffle dans le centre de la raison : « tu vas mourir ». Ca défile sur le tourniquet comme à Monaco, malgré la visibilité bloquée par la roue arrière du meneur la coordination des gestes devient fluide, efficace et l’odorat hume l’humus et invente une odeur aux genets, l’oeil sélectif apprécie la lumière verte comme en Amazonie sans voir la jalle 15 mètres en contrebas, le guidon de quarante passe entre les arbres , pas celui de quarante deux : un pet à gauche, un pet à droite et sa passe en diagonale, avec un doigt de freinage pour faire pivoter l’arrière, la souchette saillante te vire de la trajectoire par un coup de raquette qui met le biclou à l’équerre, en sandwich entre un prince noir et un chaperon rouge je suis la tranche de jambon qui craint le petit pot de beurre. Pat et Laurent échange l’un son rôle de chef de meute contre celui de coach privé pour les premier tour de roue d’Ellen à V.T.T et ça repart comme après le « pace car ». Dans la roue de Lolo Ferrari, les arbres défilent comme au 14 juillet en beaucoup plus prés et je découvre le pédalage en continue, seul le frein, arrière de préférence, régule la vitesse, les jambes tournent, appui à droite, appui à gauche, flexion, extension, l’avant glisse, l’arrière vit sa vie mais « ça passe », coup d’épaule dans le bouleau trop prés, coup de boule dans les branches trop basses (ne pas oublier le casque) suivant le « boss » je récupère quelques miettes de son talent (merci, Laurent) et j’ai l’impression de "marcher sur l’eau"avec 2008 ans de retard sur l'illusionniste de Nazareth. Une pause. Gépado: Je tète, fêtes des mères oblige, au Camelbag de Laurent qui me donne des encouragements, de l’eau et du bonheur avant le bike and run final après le passage aux stands. Nous n’avons pas de notre coté de la Garonne un circuit aussi ludique et jouissif de pur pilotage. Alors........... La symphonie de Patrick, le tourniquet de Monaco, les coups de raquette de Roland Garros avec les couleurs de l’Amazonie, vous faites comme vous voulez, mais quand à moi je décerne la Palme d’or à Laurent pour le film du dimanche !

Le raid(e) du Ciron




Dico pour les nul(le)s en sport: Un raid comprend plusieurs activités sportives différentes en équipe de 2,3 ou 4. Ici s'enchaînent sans répit: Un trail (course à pieds nature) de 12 Kms, une descente du Ciron en Canoë de 5 Kms puis, 20Kms de V.T.T en équipe de 2, dans les chemins sableux, et parfois escarpés, des Landes .


  • "- Il y a des moustiques?" Demande mon partenaire du jour.
Nous observons, moi intrigué, Maryclair et Jipé compatissant, cet extra terrestre arrivé de Roswell, zone 51. En fait, Didier, en provenance du raid de Bommes, dépéché à ma demande par l'organisation (je suis venu"à l'arrache", sans partenaire et contrairement au raid de Bommes il n'y a pas de catégories solo ici, alors je m'en remet Alin Connue. Didier M. pour le casting du jour.)
  • "- ………? Oui, et des grenouilles dans l'eau, des lombrics dans la terre, des petits zoiseaux dans l'air, la nature, quoi!" répond-je.
TRAIL/12 Kms: Quelques photos de famille plus tard nous bouclons le prime kilomètre en repassant bons derniers devant le parc coureur du site de Bacquourey ou Didier va déposer son litre et demi d'Evian entamé dans la poubelle tout au fond, dédaignant celle toute proche du premier ravitaillement. Ravi de partager mon dimanche avec cet amoureux de la nature et de l'environnement et un peu chagrin de laisser partir mon Jipé et notre Maryclair vers des chronos plus honorables. Rétroactivement, je dépose un boisseau de roses aux pieds de tous ces coéquipiers que, moi aussi, j'ai fait souffrir pour cause de performances déséquilibrées et qui m'ont soutenu par la béquille de leur tact, leur amitié et leur patience. Didier est prof de maths récemment arrivé de Turquie et in petto, je propose l'échange de nos compétences lui l'axiome d'Euclide ou les nombres premiers et moi, le sport.
  • "- Kestufé? Je questionne, le voyant retirer ses tennis et enrouler consciencieusement ses chaussettes dés le premier gué.
  • - je ne veux pas mouiller mes Nike toutes neuves! Me répond-t-il gentiment.
Je souffre de cette obsession de la virginité transposée aux objets. Avisant un autre mal marié houspillant son équipier je propose aux intéressés de reconstituer deux ensembles homogènes et permutant les dossards sans lui laisser le temps de la réflexion, je part réviser le principe d'Archimède sans lui vers la base nautique et en compagnie de Damien 20 ans et plein de jus. Gageons que d'ici l'an prochain nous nous reverrons car, les qualités requises pour la réussite professionnelle sont applicables à tous les domaines, de la plomberie au professorat en passant par la course à pieds, et les intellectuels, cartésiens, sont capables de venir à bout de la longueur des études, d'un plan d'épargne logement ou de la vie conjugale à partenaire unique et définitive. Je lui souhaite un bel avenir pour ce premier pas dans la douleur et l'activité de plein air. Il s'agit désormais de "mettre du charbon"pour conclure les dix kilomètres restants de ce Trail dont le parcours semble recalculé sans doute pour éviter les embouteillages passés.
Le cheminement à travers la haute Lande se poursuit en bordure de Ciron fait de péripéties venues de mon propre enthousiasme ou de l'empressement des autres joueurs:Les lianes artificielles pendent aux arbres pour faciliter les passages difficiles. Engagé à mi-chemin du raidillon, la ficelle salvatrice forme un triangle isocèle lorsque le concurrent suivant, d'un poids double du mien opère une tension brutale. En saisissant cette corde et par son action, le fil devient un arc dont je suis la flèche à destination du talus. La tronche dans la terre, surpris et remaquillé au terreau, ravitaillé de glands et recrachant les restes de fougère, le combat continu pour retrouver les potes, loin devant. Devant, le dossard 6 accroche une racine, s’étale à mes pieds et devient 61 imprimé par mon empreinte bien placée. Vengeance involontaire, injuste et différée, les places sont chères et pas de quartier : rattraper les copains ! Accélérations succèdent aux piétinements. Un éclat dans l'ombrage signale, non pas un radar automatique, mais le flash des photographes. Certainement le quart d’heure de gloire promis à chacun par Andy Warhol ! Le lacet dénoué par chaque passage dans l'eau sans doute farce de batracien ou des tortues boïennes (Hélène et Sophie), loin devant. Les cuissards verts, joliment remplis, en cœur de cible je rejoins et deviens la locomotive de ce train de sénateur. Damien est lâché et moi encore solo.
Canoë/5Kms: -Hérons et libellulles-
J'aide Sophie et Hélène à mettre les canoës à l'eau, attendant Damien et contemplant les camaïeux de vert offert par les rives du Ciron. Plaisir aquatique, canotage, glisse silencieuse ou course avec les libellules agrémenté de la verve joyeuse et parfois déçue des deux concurrents sur la rive affolés par leurs kayak qui prend l'eau: je les informe que c'est le système auto – videur. Audition sélective, ils comprennent : auto – remplisseur. Sans poursuivre ce débat philosophique sur le principe du verre à moitié vide ou à moitié plein nous poursuivons vers les glissières, zones de chavirage et sources de vidéo-gags.Un héron vole au ras de l'eau. Ses pattes traînent négligement, son reflet ondule sur le miroir de la surface. Narcisse volatile reprend son vol aléatoire, ivre de grand air titubant dans le ciel. Sa silhouette blanche tâche les arbres puis l'azur en disparaissant au- dessus de la canopé.
V.T.T/20Kms:-Le concave appartient au convexe-
Au parc vélo, grâce à la petite forme de Jipé,( dans un jour sans, parce que Maryclair, elle est en pleine forme) la jonction s'opère. En hommage à mon matheux préféré, il est désormais l’heure de vérifier si Pi r ² est bien la circonférence de nos roues. Sur le chemin sableux, il y a comme un bug dans le programme pédalage: mon fond de cuissard accroche le bec de selle et je redescend d’un étage, la cale de la pédale auto décroche en plein effort avec réception dans le tibia pour célébrer en avance le festival de mes cannes, l’embout de guidon s’entrelace à la végétation et me précipite dans l’acacia à qui je sacrifie mon petit corps en offrande plutôt que mes pneus. L’agacement point à l’horizon annonciateur de l’orage de la colère, funeste météo bien connue de la perte de contrôle des évènements de la vie ou, plus prosaïquement, de la gestion de l’instant. Je décide d’abandonner cette épineuse compagnie et cette "négattitude" d'Hank Kholer. Les suspensions absorbent la dureté du sol, le terrain mou lui, réclame de réguler leur action offrant de la fermeté face à la mollesse, de la souplesse face à la difficulté. Il en est ainsi dans la diplomatie, l’amour et toutes relations sociales en général et pour sortir de cette sablière en particulier. J’active la touche reset de mon cerveau et je bloque les suspensions de mon biclou afin de conserver à la nature mon amitié et plus si affinités. Là tout se transforme et la difficulté s'atténue: Le tapis sableux ondule comme une maîtresse alanguie alors, la fourche durcie pénètre gentiment la moiteur du sillon et trouve sa trace. Le concave appartient au convexe ou l’inverse, qui le sait ? La terre se donne au rythme des accélérations successives, se nivelle par l’allure, accepte les coups de reins destinés aux talus rebelles, partage l’objectif de s’unir pour s’accomplir et mieux se désunir satisfait de l’échange libérateur. Je referme doucement la porte en quittant cette sablitude, en apnée, essoufflé, vidé comme il se doit et, la grande aiguille encore aimantée ( c’est le raide du Ciron), j’oriente ma boussole vers le nord magnétique de la silhouette de mes amis. Autrement dit : Un autre univers.
Cette galaxie à deux étoiles me régale du spectacle involontairement offert, de sa lecture du terrain, de l’intelligence de sa trajectoire, son utilisation des appuis, l’opportunité de l’effort dans certaines zones infranchissables sur deux roues (en clair: tu descends et tu pousses au lieu d'insister connement), la gestion de sa vitalité, sa ressource ( le fameux coup de rein) dans les montées abruptes et sa volonté de conclure (bande son :"pour le plaisiiiiir").
Jipé maugréé, mimant Géronte :
  • "Que suis – je "venu faire dans cette galère?
  • "Que "c’est la dernière " Scapinade ;
  • que l’on n’y reprendra plus avant de re-signer, sans doute, quand ce siècle aura neuf ans.
Chacun trouvera sa part de vérité reformatant son disque dur personnel avec les données nouvelles de l’environnement humain ou naturel et du temps qui passe en se méfiant de "l'évaluation qui tue".
Merci, mes amis les bénévoles et toi Isabelle, pour la qualité de cette après midi, ce concentré d’existence et du meilleur de vous ! Merci Damien de m'avoir permis de poursuivre grâce à ton enthousiasme et ton endurance. Bonjour à Didier Mazot (chiste) mon ami involontaire et volontaire du jour qui finira seul et loin. Total respect, camarade !

le raid Aquitaine


 
                       
                                                                    


                              
































Le raid Aquitaine
Deux cent concurrents, sortent de sous la couette et s’étirent dans la salle de bain. La représentation régionale devient nationale par la présence d’une équipe féminine de ch’ti. A noter une grosse participation de l’A.S.L.R renforcé par les « dissidents » de Camarsac : Stéphane, le capitaine, Joël le "financeur", Etienne et mézigue, la pièce rapportée, rattrapé de justesse par les cheveux, miraculé de l’équipe initiale, intégralement blessés, sous l’égide de Delair et du café du centre à Salleboeuf.
 Merci à eux et à Patrice qui m’a cédé son dossard. Pendant que Patrick, Laurent, Bernard et consort s’échauffent, consciencieux mais distraits, le peloton des coureurs à pieds gagne, mais l’avait-il perdue? la ligne réelle de départ aux ruines de Cayac et, en d’autres temps, celle du chemin de Compostelle.                                     



Gradignan – Cestas : 8km, Course à pieds

Le chrono enflammé par les " PàM"(parle à ma main)" claque comme un coup de trique pour les "princes noirs T.D.R" .4.14 les séparent mais la messe n’est pas dite et l’histoire fera le tri entre ce qui est subi et ce qui est sous contrôle, car il reste deux jours à tirer. Liaison en bus pour les ex coureurs à pieds et V.T.T pour nous.                                      

Cestas – Marcheprime : 18km, V.T.T.        
Hésitation pour le départ des bécanes : il y a promesse de sacrifice humain sur l’autel des pierres formant un entonnoir incompatible avec la sécurité. Le déplacement de la ligne suggérée par un des T.D.R - Princes Noirs est aussitôt validé par Denis speaker sachant parler et aussi écouter. Du bon sens dans les deux sens, cependant Sainte Gamelle exige son tribut et se venge de celui qui l’a privé de son dû en le punissant dans une chute collective. Une roue pliée pour l’un et plié de rire pour l’autre qui apprécie la blague, replace sa chaîne déraillée, tourne les jambes, moulinant comme une hélice, la puissance parle, arrache et postillonne de la tourbe. L’avant fend l’herbe comme une étrave ouvre la mer, le pédalier devient tronçonneuse, défriche et élargi la piste encombrée d’attardés. Nous bénéficions du bonus track à la suite de ce giro - broyeurs qui se marre et se barre. Derrière c’est la guerre. Des dépassements tendus, des pédales qui s’accrochent, des coups d’épaule et des pneus qui se tutoient en faisant un bruit de râpe, des sorties de sentier sanctionnées par les griffures d’ajoncs dérangés, des ornières mal rangées, vues au dernier moment, de la flaquounette qui te plaque au sol. Au guidon, ça ne chôme pas. Les mains en appui sur les paumes par une rotation rapide, saisissent les manettes de dérailleurs, agrippent les cornes de vaches ou tendent les doigts vers les leviers de freins selon les situations : « clic-clac » dit Mr Shimano je pose un (pignon) je retiens deux (dents), « prends- ça » renchérit quadriceps, « reçut 5/5 » encaissent les jumeaux et le soléaire, « merci » dise les pognes en cramponnants les cornes de vache. Un coup de guidon, un coup de rein en danseuse plus tard, quatre doigts se dépose sur les leviers, au cas où, et manoeuvre de l’humain et de la machine en symbiose reproduite autant de fois que nécessaire pour ne pas se faire bouchonner. A ce jeu les dépassements coûtent en énergie pour sortir et revenir dans la trace qui va bien et la jonction s’opèrent avec Steph’ dit Binbin pour le bout droit le long de la voie ferrée déjà vue lors d’un mémorable Cestas - Le Pilat d’il y a quelques années organisé par les « Lézards Verts ». Enfin de l’espace pour s’exprimer. Stéph’ fait parler la poudre. Les côtes fêlées pour lui, les guiboles tremblantes comme un chihuahua cocaïnomane pour moi, ne pas oublier la retenue de tout à l’heure « j’en remet deux » et enquille derrière Binbin qui devrai être alité. Je prends le relais et la succession de cette petite entreprise qui ne connaîtra pas la crise avec en point de mire un " Sanofi Adventis" et, plus loin encore, deux "Lyonnaise des Eaux". On recolle. Ce n’est pas un, c’est une. Je lui lance sans lui être présenté: -" on y va ! " Nous ne serons pas trop de trois pour accrocher les "Lyonnais". Ils ont entre cinq ou six cent mètres d’avance qu’il faudra gratter un par un en pédalant comme des bûcherons. Chaque coup de pédale est comme un coup de cognée et l’écart tombera comme un chêne abattu. Reste cinq mètres. Je suis un peu juste. J’ai le vent sur les épaules et mon maillot à demi ouvert fait parachute. Personne n’a pris de relais, elle, d’inexpérience, Steph de son torse blessé. -"Viens !"Me lance-t-elle s’apercevant de ma défaillance. Comment refuser ? Contact. Septième ciel. Repos dans la roue des Lyonnais. Sublime, elle "saute" les deux d’un effort spontané et relance d’un coup de génie. Spécificité féminine capable de remonter au front quand nous n’avons plus de cartouches dans le fusil. L’artiste joue "le chant de la terre" avec le chemin et moi "j’ai oublié de vivre". G. Mahler pour eux, de la variétoche pour nous. Ils partent, je lache l'affaire: Un, puis cinq et dix mètres. Comme sur les manèges de mon enfance, le temps pour le cerveau de transmettre l’ordre de refermer la menotte, je sentais la queue de Mickey me glisser des doigts. Inexorablement ! En nage et  de rage, je vois le groupe s'éloigner, les mains tétanisées sur le guidon. Des fourmillements m’empêchent de saisir le bidon que je sais plein d’eau et remplit de réconfort. Deux kilos de solitude plus tard Binbin, qui avait lâché, me ramènent du monde. Un chuintement sur les rails tout proche nous pari un T.G.V. contre un supplément d’âme. Tenu ! Sa majesté passe. Le G.V en bémol, mais ça souffle quand même son petit 160. Son air attise mes braises encore fumantes et me murmure "one more time". Phil. Collins coule dans mes veines et me fouette les sangs. Grande plaque devant, je remonte de deux derrière et "gare au gorille" ce n’est plus du vélo, c’est de la balistique : regarder loin, surfer sur la lèvre des flaques, sauter les bacs à sables, chercher le sol meuble avec des astuces de trajectoires. Les caténaires jettent du feu, nos narines de la fumée."Quatre cavaliers de l’apocalypse" pour un" train d’enfer" de quatre kilomètres jusqu’à Marcheprime. Steph’ sucre les fraises des quatre membres, il se réconforte de la pharmacie improvisée de Fabrina et des dix places gagnées au général. Jacques et Stéphane S. des "P.N" ont explosé la pendule et les "P.N.T.D.R" ont déjà repris les "parle à ma main". Prestation remarquée de James et David.                                   

Lamothe – Biganos : 3 km, canoë.

Nous bénéficions encore de blondeur solaire pour le repas à Biganos où nous parvenons après une liaisons non chronométrée et sympathique agrémenté de la gouaille et de la bonne humeur de David tandis que nos coéquipiers complètent leurs connaissances de la Leyre et du canotage sportif non sans avoir subi une course à pied imprévue qui n’a pas favorisé Jacques blessé et chaussé pour le vélo.                   
Biganos – Audenge : 7km, kayack.                    

L’astre en charge de la lumière et du chauffage prend ses R.T.T et Celestin le céleste, planqué derrière ses nuages, se racle la gorge en proférant quelques menaces lorsque nous mettons à l’eau sur le dernier bout de l’Eyre. Entre les herbiers, le delta étire ses bras et dépose délicatement dans le bassin d’Arcachon « l’invincible armada » d’une centaine de kayaks à l’assaut du port d’Audenge. Là, le ciel met ses menaces à exécution. Le dôme céleste descend comme un couvercle. Nous nous faufilons entre les nuages et la mer en baissant la tête sous sa coupole. Il n’y a plus d’horizon. Le plancher océanique et La toiture divine s’unissent. Fin du monde dans dix secondes. Trois, deux, un, zéro. La surface reçoit les impacts d’un mitraillage Pacifique, le vent ride l’Atlantique qui prend un coup de vieux et se remaquille pour dissimuler l’outrage des temps et du temps. L’ondée est son rimmel régénérant, coulant, mouille nos lèvres par le sel de l’effort et le sel marin venu du clapot trempe nos épidermes. L’océan s’invite à bord, submerge et leste de plomb liquide les embarcations. Eclairs et coups de tonnerre nous promettent un destin de filament d’ampoule grillée mais nous apprendrons à l’arrivée que le bruit venait de la rupture d’une pagaie protestant auprès du syndicat des pelles martyrisées, lassée de rejeter dix mètres cube de mer à chaque poussée de Pascal. Ainsi, Karine cédera son aviron à cet "homme en colère", fils de Chronos et de Vulcain pressé et en feu. Et, beaucoup plus tard, car c’est le temps qui crée l’hyperbole, dans les écoles du pays de Buch la légende dira : « il était une fois un géant...... lorsqu’il pédalait, le T.G.V prenait l’aspi entre Cestas et Marcheprime, quand il ramait, c’est la marée qui s’inversait et jouant avec sa pelle et son seau, il nous a laissé la dune du Pilat». Le temps exagère mais si bellement.                                

Domaine de Certes – Graveyron : 4km, marche. 

Sortis de l’eau, nous arpentons gravement Graveyron car des questions seront peut-être posées avant une petite c.à.p dosée à quatre kilos mais vérifié à trois.six, rapide donc, peut-être un peu trop pour Jipé qui écume aux commissures comme les rouleaux aux passes d’Arcachon, toutefois devant notre équipe à l’arrivée, à l’arrache. Celestin, le peintre qui ne devait pas être satisfait de la teinte du ciel nous en remet une deuxième couche poliment juste à la fin des épreuves et avant le montage des tentes pour nous épargner le lancer de frisbee des enfants de Don Quichotte (allez, je t’aide : l’ouverture de tente 2" Décathlon). L’organisation bégaye, cafouille mais réagit avec le plan B du gymnase salvateur.
Fin du premier jour de Course
Joël, attendant l’ouverture du gymnase, révise ses fractionnés en chassant la cagouille. Ray Glissant un escargot lambda pourtant rapide se fait choper. Le chasseur déposera discrètement son butin dans le coffre de la voiture, prés des boules de pétanque pour tester la solidité des coquilles avec la cohabitation des globes métalliques. Bonne nuit. ( Hé, Steph’, reste couché tout est fermé dans la cité du bigorneaux à 4 h du mat)

Ce matin c’est la mousson et Andernos ressemble à Bankock.      

Grand Piquey - Le Moulleau: Traversée du Bassin d'Arcachon.
     Grande dune du Pilat - Plage de la Salie. Biscarosse: 12 km
                 - L’émotion de Nora-

Après un petit déjeuner nautique avec les batelier d'Arcachon l'épreuve de la course à pieds 100% silice avec un départ original et biblique : Les premiers seront les derniers...... à partir du pied de la dune du Pilat. La clim’ est réglée sur 14°, l’abat jour nuageux tamise la lumière et retiens ses gouttes. Une course à pieds est toujours une épreuve de vérité, un combat personnel entre toi et toi. Pas de mécanique et si peu de technologie seulement les jambes, le mental, la vaillance. A ce jeu, si c’est au pied du mur qu’on voit le maçon, c’est au pied de la dune qu’on voit l’électricien et, je vois mon ami partir (bon vent à toi Bernardo). La solidarité joue à fond dans les équipes. Les soeurs Marie, bien dotée en jambes, impatientes pour l’une, longues pour la seconde (voir photo en P.J), assiste Nathalie et Audrey afin de ne pas dissocier l’ensemble MaMaNaAu. En haut, c’est grand, c’est beau, c’est bon, le vent vient d’Amérique.
Alors ce belvédère naturel nous fait la courte échelle pour les States, l’imagination voyage dans le temps et l’espace, nous offre le souvenir des marathoniens d’outre Atlantique Maryclair, Bernard et Eric sur Verrazano vibrant de leur foulée et nous, frissonnant par le récit qu’en fit la belle.
Pardon de cette digression, mais parfois il faut dire son admiration.
Nous rejoignons le rivage. Neptune crachote ses embruns et tapote la plage de ses doigts salés aux ongles d’écume, cherchant nos pieds quand nous flirtons avec le ressac à la recherche du solide. Gérard me rejoint et nous allons chercher les "princesses". Le vent est partout, nous encercle. Stéphane, les filles et moi tentons de créer une zone de quiétude autour de Nora qui endure. Je comprend à fréquenter, émue "cette marche de l’empereur" ce qu’est une équipe soudée et comment se construit une victoire. Le sourire et la facilité de Sophie (qui m’avait impressionné sur les pentes du Mandarain à Espelette) prenant la bourrasque, l’exemple, le style et la sobriété d’Agnès, l’endurance et le courage de Nora, cimenté par l’efficacité discrète de Sandrine, cherchant et rapportant les ravitaillements pour gagner des secondes, refusant gentiment notre assistance par loyauté avec les féminines qui les talonnent au classement. Elle ne me dit rien, me regarde et je réalise soudain que ma place est plutôt dans mon équipe devant avec Etienne aidé seulement de Joël. Déjà l’arrivée. Les yeux brûlés picotant de transpiration j’aperçois Simon sur un promontoire, mégaphone encourageant, Patrick, soutient indéfectible et la fin du sable qui se cambre pour une ultime montée, un dernier plaisir. L’émotion de Nora coule sur ses joues. Je m’éloigne pudiquement, mes yeux piquent aussi. Pas sûr que se soit la sueur.                                 

La Salie – port Maguide : 12km, B§R.
                  -l’art de plaire précède l’art d’aimer- 

L’ultime étape est un Bike and Run(le B§R est une èpreuve avec un vélo pour deux:Il s'agit de rattraper et dépasser son coéquipier cycliste et de faire l'échange) par équipe. Démarrage souple pour un kilomètre en compagnie de la première syllabe des Mamanaau, puis Binbin donne le tempo et pour lui éviter de fredonner «Capitaine abandonné», songeant à l’équipe je file, chagrin en entendant l’amical au revoir, comme on part en vacances laissant celle qui a des devoirs à terminer. Les équipiers"bécanisés" sont en épi en bordure de piste, encore trois cent mètres et j’ai des désirs de bicyclette mais comme l’art de plaire précède l’art d’aimer, il faut lui courir après avant de l’enfourcher. Ensuite, puisque rien n’est jamais acquis surtout pas le coeur d’une compagne ou l’amitié d’un équipier, concéder, conquérir et posséder à nouveau. Sept kilomètres de sessions courtes et rapides alternant pédalage et "courage". Nous bagarrons avec Ellen, Françoise, Philippe et Philippe, mon chaperon rouge de dimanche passé qui a retrouvé ses jambes d’ex triathlète. Nous somme encore au contact à l’entame de la forêt, son sable et ses grimpettes. Sept kilomètres résonnent comme sept années où le désir change de braquet. Néanmoins conserver son choix initial. Changer serait se renier. Steph’ et moi restons cyclistes Etienne et Jo assurent à bon rythme. Tout le monde retrouve son ardeur et, tiens, tiens....... l’équipe Sanofi. C’est le signe réjouissant que nous avons repris les 7.17 perdu dans l’étape de Cestas. Fin de la mauvaise réputation faite au chiffre sept par la Tora qui écrit en hébreu : « sept ans de vaches grasses, sept ans de vaches maigres ». Malgré le souvenir des conseils de Laurent le magnifique, j’ai un peu de mal aux remontées récurrentes sur la selle de cette sculpture à deux roues dont le piédestal se fixe dans le sillon, mais comme dit Ellen : « c’est pareil pour tous le monde » et je perd le contact avec son équipe. Sans doute attristé, Mr Ricard a pleuré une larme de pastis dans les gobelets du dernier ravitaillement. L’arrivée définitive est à portée de mollets et nous finissons quinzième de l’étape et dix neuvième au général, les jambes en feu, la ferveur dans les veines, une explosion d’adrénaline dans les neurones, la poitrine palpitante de bonheur. Vibrant et vivant. Pat, bien sur est déjà là pour accueillir les dernières équipes et sa promise sur nos talons. L’Aquitaine, son espace, ses lacs, ses esteys, et ses étangs, son bassin unique et ses plages, ainsi que la plus grande forêt d’Europe n’ont peut-être pas été parcouru par d’aussi rapides touristes. Du bel et du bon dans ce paradis hédoniste et épicurien et nous garderont cette sensation inoubliable d’exister à l’intérieur de la carte postale. J’oubliai, sans doute parce que je n’aime pas ce mot, la moralité du second jour. Je prête à Simon, organisateur passionné, perfectible mais réactif, les mots de Jean, spécialiste de la fable et du monde animalier, qui pourrait nous dire :                                
« Et si de vous plaire je n’emporte le prix,                                   j’aurai eu l’honneur de l’avoir entrepris » C’est pas moi, c’est : Jean de Lafontaine
P.S : sur le chemin du retour en contrebas du Pilat, Fabrina me dit : « ce matin, le cordon des coureurs sur la crête de la dune, c’était magique! » Comme Ray Glissant, l’escargot évadé et survivant rampant sur le tableaux de bord. Merci, Joël !

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