dimanche 29 août 2010

Des glaçons qui vont faire(un peu) de bruit.

"-Anne Alvaro est belle....
- tu déconnes?
-m'emmerde pas! j'te dis qu'elle est belle! Elle serait répudiée au casting pour te vendre une bagnole ou des yaourts, un peu distanciée des beautés officielles de potiche, celles qui valorisent les Narcisses et celle qui fait bander les impuissants. Hors le monde où le minimun syndical se mesure à l'aune des 95/60/95 elle, elle a les traces que laisse la beauté des amours et des rires, des bringues et des pleurs, des lendemains de fêtes et des sorties de tombeaux. Il y-a-t-il de l'amour sans joies? De la joie sans souffrances? Et des souffrances sans cicatrices?
Donc, Anne Alvaro est belle et ça se voit!"*
 y fait beau, j'me casse et je repasserai pour finir ce "Bruit des glaçons" parler d"Inception "; de"Tournée" et de"The killer inside me"peut-être de "Salt" mais ça m'étonnerais.
* il est pas beau mon syllogisme?

bande son, Félix Leclerc: "Ailleurs"
"Je brise tout ce qu'on me donne
Plus je reçois et moins je donne
Plus riche que forêt d'automne
N'aide personne
Bonheur m'alourdit et m'ennuie
Ne suis pas fait pour ce pays
Avec les loups suis à l'abri
Clarté qui bouge et toi qui gigues
L'amour n'est pas sous tes draps blancs
Au fond des cieux où sans fatigue
Le vent
Matin qui joue sur l'océan
Soir de gala rempli d'enfants
Ailleurs, cher amour, on m'attend
Il faut que tu y sois aussi
Sinon je ne sors pas d'ici
Cent fois mourir homme dans tes bras
Que vivre dieu là-bas sans toi
Te l'ai dit en janvier
Te le dirai en août ...."

jeudi 26 août 2010

Laboratoire.


"Gorm, Bjursta, Billy... D'où viennent les noms des meubles Ikea ?

Quand on parle d’Ikea, on peut évoquer le design des meubles (original), les prix (imbattables), le choix (pharaonique), l’organisation de l’espace (diabolique), mais on occulte souvent les deux véritables raisons qui font d’Ikea bien plus qu’un marchand de meubles. En réalité, Ikea n’est Ikea que pour deux raisons principales et suffisantes : les gros paquets de caramels et la crème de hareng, d’une part mais surtout le nom des meubles ! Vous ne repartez pas avec une étagère en pin et une chaise en paille chez Ikea, non.
Vous quittez l’entrepôt fièrement muni de Aspelund et de Bjursta, ce qui vous donne la fugace impression de posséder un objet exotique et mystérieux.
Quelle est la véritable origine de ces noms parfois barbares que vous notez docilement sur votre petit bloc-notes ?
Mon horloge est un proverbe
Ce sont en fait des noms composés d’un seul mot d’origine suédoise, danoise, finnoise ou norvégienne et qui obéissent à un système de nomenclature très précis. Cette idée de transformer les traditionnelles références chiffrées par des noms émane du fondateur de la marqeue, le Suédois Ingvar Kamprad. Lui-même dyslexique, il avait tendance à confondre les références classiques !
Afin d’éviter les confusions, il eut donc l’idée de rapporter chaque famille d’objet à un type de noms, Et ce avec une logique qui ne manque pas de poésie :
Les meubles de salon, salle à manger, média et les tapis correspondent à des noms de lieux suédois, norvégiens, danois ou finlandais. Donc, lorsque vous vous asseyez sur Bjursta, vous êtes en fait plongé dans une ville, un village ou peut être même un lieu-dit scandinave; Quant aux articles de salle de bains, ce sont des lacs, des cours d’eau et des baies; Les meubles de jardin, des îles. De quoi nourrir les méditations des rêveurs.
De façon plus prosaïque, les bibliothèques répondent à des noms d’occupation et les articles de cuisine sont nommés à l’aide de termes grammaticaux. Les ustensiles et accessoires pour rideaux répondent à des appellations plus fonctionnelles et des termes géométriques et mathématiques. Quand aux ustensiles de cuisines, ce sont des champignons, épices, herbes, fruits, baies etc…
Certains articles sont nommés de façon descriptive, voire allégorique ! C’est le cas des luminaires qui répondent à des termes musicaux, chimiques, météorologiques ou encore noms de saisons ou de bateaux. La literie est associée à des plantes, des fleurs, des pierres précieuses et des termes associés au sommeil et au confort.
Il peut également percer une certaine fantaisie, comme pour les images, cadres et décorations murales qui répondent à des expressions familières. Un peu comme si l’on nommait une horloge « Riennesertdecouririlfautpartiràpoint» en français ! Les objets pour enfants sont des oiseaux, des mammifères, des adjectifs.
Et parfois, Ikea peut même être à l’origine d’associations quelque peu tendancieuses. On apprend ainsi que les meubles et bureaux possèdent des prénoms d’hommes quand les femmes baptisent pour leur part… les rideaux et les tissus ! Souvenons-nous qu’Ikea a été fondé il y a plus de cinquante ans !
Mais ne pensez pas que ce soit fait à la légère : on ne nomme pas un bureau « Jerker » sans y regarder à deux fois !
Bureau d’études
Il existe, quelque part en Scandinavie, des personnes qui planchent sur les quelques 3 000 références à inventer par an. En effet, le catalogue contient près de 9 500 produits, et 30% changent de nom tous les ans. Il ne faut pas que le terme soit déjà utilisé ou s’avère offensant dans une autre langue.
Pourquoi alors ne pas prendre des références internationales qui ne donneraient pas, pour le coup, l’impression aux millions de clients non scandinaves d’attraper une dyslexie foudroyante ? Parce que, explique Ylva Magnusson, responsable presse d’Ikea Suède, « Etre suédois est une partie importante de notre philosophie et de notre marque ». C’est dit. On a tous quelque chose en nous de Suédois, même si ce n’est que dans un coin de notre salon...


Marie Lafragette."



Je tente un truc. Un essai en laboratoire: comment ça bouge quand je copie/colle un article de Marie Lafragette vu sur Yahoo?

Des cons certe han!





samedi 21 août 2010

On s'détend

















mercredi 18 août 2010

Fest'arts







D'une malle, un vélo et sa remorque, d'une toile noire érigée entre deux spots, elle a annexé quelques mètres carrés de la rue Gambetta habillant le pavé d'un bout de moquette rouge que les passants hésitent à franchir.
Le spectacle a déjà commencé:
Solen harangue et houspille! Ceux qui passent et les téméraires qui s'assoient.
"-J'aime pas les trous, ça m'annnngoisse!"
Elle enrôle, elle installe, elle compacte à sa manière un parterre de spectateurs involontaires.
Gestuelle de cirque, déplacements exagérés genre petit Poucet mais botte de sept lieux, sa silhouette filiforme charme et l'expression du visage aux mimiques de théâtre de No en instance de maquillage capte le chaland hésitant.
"-serrez-vous, c'est frontal, sur les cotés vous n'y verrez pas"
Et ça fonctionne:le piéton vertical replit ses cannes et devient statique et assis,obéissant, charmé, acquis, sans avoir encore rien vu. L'abattage de Solen vaut une promesse du bon moment à venir.
Laborieuse, la ville aux heures closes s'ouvre aux saltimbanques devant une banque fermée et les commerces somnolents. En cet Aout 2010 qui, à peine entamé, déjà donne des signes de fatigue, étals de candies, déballage, baladins, cracheurs de feux, augustes en redingote, fakirs et gratteurs de guitares, équilibristes et accordéonistes sont les maîtres de la rue pour le off des Fest'arts à Libourne.

J'étais dans ma vie d' Émile Honoré Laforêt
J'avais une maison aux rives de cette Dordogne qui mouillait les pieds lors des grandes marées quand le mascaret s'invitait au rez de chaussée.
L'année Maybe. Miraculeusement retrouvée et aussitôt repartie.
Définitivement! Involontairement!
Solen est arrivée un fin d'Aout sans doute ou était-ce en septembre?
Qu'importe! c'était la fin du Moi la plus difficile de mon existence
Il pleuvait.
Sinon elle n'aurait pas été trempée d'orage et de désespoir avec son vélo à plat, sa remorque, sa fortune dans un malle trop petite pour sa passion trop grande, sa marionnette, une sono atone et son enthousiasme pour l'heure un peu douché
Moi ,j'avais dans le cœur un grand vide comme celui de la chambre où je ne dormais plus, des rustines et une garbure qui mijotait sur la fonte du poêle.
J'ai réparé son vélo tandis qu'elle honorait ma soupe. J'avais des lasagnes en phase terminale. J'ai fait une béchamel et j'ai mis au four à gratiner. Pour pas gâcher, j'ai aussi creusé un puits dans une pomme, que j'ai empli de crème fraiche et de cannelle et mise au four dans un caquelon.
Et puis comme l'automne nous faisait sentir son empressement d'envahir l'entre deux mers, et parce qu'elle me rappelait Maybe, Solen a passé l'hiver à se refaire la santé et l'enthousiasme avant de repartir vers sa vie de patachon, d'artiste de rue, de saltimbanque, la foi chevillée au corps, l'espoir dans le cœur et la sébile désespérément vide. Je n'avais pas de questions ni d'opinions sur sa vie de bohème,juste de l'admiration pour sa ferveur et la flamme de ses yeux, elle qui n'avait pas encore renoncé.
Amour, succès, reconnaissance. Autant de maladies mentales sont ces obsessionnelles certitudes de croire à son talent auto proclamé et il faut être gonflé de prétention pour prétendre à l'état de gagnant qui touche si peu d'élus pour tant d'appelés. Motivé ni par une gratitude de bouteille à la mer ramassée, ni par la reconnaissance du bas ventre, ou par le retour sur investissement des couples GIE*, attendre le succès ou préserver la puretè de l'amour de la salissure du quotidien relève d'une  même démence.
Puisque le talent ne suffit pas. 
Et pourtant!
Maybe! La synthèse et mon privilège. Il me souvient que je posais après l'amour mon oreille sur son ventre pour écouter la théorie du meilleur spermato preum's à l'ovule.
Tu parles: elle* fait ce qu'elle veut, l'ovule! Elle bloque l'entrée et attends que tous le monde soit là.
Elle ne choisit ni le plus vif, ni le plus ceci ou le plus cela. Elle choisit le plus compatible. Celui qui complètera ses propres qualités et non pas celui qui l'écraserait de son arrogance de vainqueur. Il n'est pas impossible qu'un vieux têtard, la flagelle au ralenti, se pointe en déambulateur et à la bourre et soit élu.
Elle sait attendre.
Maybe m'avait attendu renonçant au chant, puisque le talent ne suffit pas, et à la carrière pour déchirer des tickets à l'entrée d'un ciné qui vendait aussi du pop corn, mais surtout pas aux cigarettes qui font rire et ces poumons avaient lâché l'affaire. J'avais quitté son monde pour la retrouver dans le corps de celui qui l'avait aimé avec vingt ans de mieux. J'étais invulnérable. Elle, ne l'était pas.
De résilience en résurrection, revenu enfin sur son territoire à coup de subterfuges, transfuge de toutes mes vies où j'avais cru aimer alors que je n'aimais que l'amour, j'avais rejoint son univers, suivi son rythme, respiré sa peau, reconnu sa chaleur et retrouvé la tendresse. Il me fallait encore tout désapprendre et apprendre d'elle.
Fuyant sans cesse le bonheur, de dérobade en débandade et  d'une mue à l'autre, c'est maintenant lui, le fuyard.
La vie c'est mortel et, à part l'enclouté qui résurrectionne trois jours plus tard pour rejoindre, pas rancunier, son daron qui est aux cieux, d'elle, qui paya l'addition de tous les excès antérieurs, je ne tiendrais jamais plus le visage entre mes mains.
Tandis que j'occupais définitivement la chambre d'amis, Solen vivait des hivers régénérants dans notre alcove désertée à jamais et repartait inlassablement vers sa vie, de tournées en fêtes et de fêtes en festivals.
Défaite les lendemains de fêtes, je retrouvais cette migratrice et sa passion échaudée en automne avec dans l'escarcelle aussi peu d'euros que de goy dans un film d'Arcady, puis sa ferveur de nouveau intacte dés le printemps piaffant aux canicules.

L'impitoyable arithmétique additionnât les années d'attente de nos chairs qui pourrissaient l'une au tombeau, l'autre dans l'absence et de Solen qui usait sa jeunesse. Trois saisons sur quatre, je partageais cette vie de répétitions, celle des spectacles et celle des déceptions, à la lumière de son soleil, au cœur de mon hiver.

Puisque le talent ne suffit pas et comme son ventre s'arrondissait des œuvres d'un illusionniste inconnu qui lui fit un instant de bonheur éphémère, l'effet mère d'un numéro de prestidigi/tateur et parce que le Karouf d'à coté embauchait des caissières*, elle Sourit-Bonjour-Au revoir-Merci* huit heures par jour au bip des code barre sur le tapis roulant de son renoncement.
Elle mange presque à sa faim. Elle est juste un peu aigrie.

Solen a remplit son espace. Chaque passant conquis, assis ou debout figé par sa mobilité, sa folie et sa fraicheur. Tout en se maquillant au noir de fumée sous les aisselles et au vermillon sur les lèvres pour un numéro de marionnettiste cracheur de flamme. Elle lace un bustier inutile sur son 85 B gracieux et un nez rouge plus tard au son d'un radio-cassette, elle entame un dialogue de ventriloque avec un négrillon de chiffon sorti de sa malle à malice. Au royaume du pas grand chose et des bouts de ficelles, des crèves-la-faim et des croques-notes, la reine blanche et solaire devient accessoiriste minimaliste qui pénètre avec sa pince monseigneur les chambres fortes des passants réticents. A l'énergie, elle gagne à sa cause, un par un les intrus dans la coulisse de Sa rue devenue coté cour, coté jardin. La narration poétique, comique, émouvante touche la part enfantine des grands et la curiosité complice des petits. Nous la suivons dans sa folie exubérante comme un tournesol suit le soleil de l'aube au crépuscule captivés par ce jour d'été qui durerait vingt minutes.
Prés de moi était Maybe.
Puis  Solen salue son public assis qui "y va"courageusement de quelques euros et les "debout"de la foule impécunieuse, ingrate pourtant émue et mouvante qui se carapate à la vue de la sébile.
Pauvrement riche d'applaudissements nourris, l'artiste dinera ce soir du buffet à volonté de la réalité suivi du plat du jour, de tous les jours, le plat de résistance de l'avarice.
Au dessert, le fakir d'à coté viendra avec les cigarettes qui font rire les solitaires des espérances .

"Mémoire d'un fuyard, shizophrène et plus si affinités" Saint Pardon le 12 d'Aout 2014)


* On me signale dans l'oreillette le genre masculin de ce mot. pfttt! j'ai du mal avec cette langue machiste qui met des couilles dés qu'un truc est créatif. Même si Dali,que j'adore par ailleurs pour ses mise en abimes, disait: "La capacité créatriiiiiice de la femme est esseeeentielleeeeement biologique!" quel branleur! On peut être un génie absolu et dire des conneries: Déja le LA de Femme est suffisament connoté femelle et de plus que serait ce con-là  sans Gaïa. Un homme, et surtout un artiste, n'est que l'interface d'une femme entre l'oeuvre et le support.
Conclusion et avec la permission du Grand Larousse et du Petit Robert, j'émascule, comment veux-tu, comment veux-tu que je?.......,ce mot!
* Groupement d'intérêts Economiques
* Pardon: Hôtesse de caisse, mais là ça l'fait pas!
* je sais, le culte de la SBAM c'est plutôt chez Auchan.

vendredi 6 août 2010

Chatte & chien.




Casting,par ordre d'entrée en scène:
Elliot: le chien.


Elliot et moi avons trouvé un échange gagnant/gagnant pour régler le fascisant soucis du  dominant/dominé.
Hier soir, à dix sept heures il lambinait encore sur les croquettes restantes du premier service. Puis à 23 H,  il a hoché la tête et son museau a secoué l'écuelle vide d'eau ensuite, désassoiffé, il s'est tourné vers le placard pour commander le plat du jour.
Ce matin, il a juste réclamé le liquide et le solide a suivi: nul besoin de se répéter, il s'était fait comprendre hier soir.
La promenade de ce matin, exempte de mauvaises rencontres, lui a donné soif.Cet être, à n'en pas douter, supérieur,entre dans une clairière, pareille à celle d'hier pour moi simple humain et neuve pour lui d'odeurs inédites.
Oreilles dressées, le corps cambré à l'arrêt et à l'affut du bruissement des feuilles, il sent,une fois, deux fois, trois fois, ressent la nature et la vie frémissante des buissons. Les fourrés hermétiques interdisent toutes pénétrations et la recherche de nouveaux amis ragondins ou lapinoux. Ici sont les frontières du pays de lapereaux comme en témoignent, sous la forme de petites crottes sphériques,les oeuvres de leur processus naturel et biologique d'artistes conceptuels. 
Un taillis au sphincter plus souple s'est laissé fourrer. 
Wrong way! Le conduit était sombre et court et ne menait qu'à un carrelet verrouillé par des micro sensations médiocres tandis que nous souhaitions tous deux découvrir la porte d'Ishtar et accéder aux jardins de Babylone.
Elliot a souhaité rentrer, démonstration faite de la soumission voyante qu'il m'accorde à l'extérieur avec mes:" assis, reviens, fais gaffe, Elliot!" auxquels il obéit quand nous croisons un Vttiste, tandis qu'à la maison, c'est lui le boss.
Transaction gagnant/gagnant te disais-je!


mardi 3 août 2010

Aux sources vénimeuses de la mémoire.



Mémoire d'un fuyard, schizophrène et plus si affinités.


Aux sources venimeuses de la mémoire.


"Émile Honoré Laforêt. Promoteur immobilier."annonce la devanture.
La plaque professionnelle est bien connue sur la place de Bordeaux et d'ailleurs.
Son père, Germain longtemps en friche et cultivé sur le tard par Zola et Balzac, l'avait affublé des prénoms de l'auteur de "La fortune des Rougon-Macquart" et de celui de "la Comédie humaine" comme si, les lisant, il s'était obéré auprès des deux auteurs.

Il a bien pris sa revanche l'Emile!
Sur la cruauté de ses lointains camarades de primaire moquant son prénom suranné et sur son hérédité paysanne avec l'ambition gardée de posséder la terre, de déboiser la forêt et de lotir.
Ce matin, pour empêcher sa tête d'enfler, il revient à l'origine de son métier: un modeste état des lieux avant la visite des candidats à l'arnaque.
La maison,petite, mal foutue, invendable, lui, la vendra.
"Facile" se dit Émile sans se douter de ce qui l'attend.
Dés l'entrée les murs lui comprime la poitrine. Décidément cette bicoque sent la  défaite et ravive des douleurs fantômes comme autant de pièces à conviction.
Absentes de la scène de crime, les photos d'un bonheur assassiné dessinent des abimes blancs sur les murs et des précipices du coté du poumon. Les sons ne se cognent plus contre les meubles comme des bruits aveugles et rebondissent sur les cloisons. La toise du petit dernier, qui grandira ailleurs avec un autre père, réveille en lui l'ancienne peine enfouie des enfants coupés en deux par des jugements de Salomon .
Les murs se rapprochent et le plafond descend. Titubant d'ivresse sous la douleur qui l'assaille, il se précipite vers les volets en apnée pompant de l'air pour vaincre sa panique et sa claustrophobie.
Rien à faire:les cadavres sortent des placards et, lui, refoule l'inondation un peu trop souvent.
Un barrage fissuré, est en train de lâcher prise sous les coups des trop nombreuses nuits peuplées de spectres:

Entre deux longs temps dans l'avant et l'à peu prés.
Sur le ruban de l'autoroute Juillet croise Aout et sur le pays d'entre deux mers dîne un groupe d'amis d'un jour et de fin du Moi dans la tête d'Émile.
Le vent d'Autan emporte la voix d'Émile réclamant la matière première et collabore à l'excitation des braises avant leur rendez-vous avec les darnes du poisson.
"- Le maquillage euh, la marinade du thon de haute mer, c'est bon! J'ai du tison amoureux qui s'impatiente!"
La Garonne monte encore derrière le chemin en contrebas du talus. Bambous saules et plumets dissimulent le flot et les verres inutiles de l'apéro vidés de leurs attraits capturent les lueurs des derniers brandons du brasero comme un supplément de soleil couchant.
Le ponton ne sera jamais terminé, trop couteux et il faudra mettre à l'eau à l'étale pour ne pas s'envaser.
L'énorme thon rouge, plus que jamais en voie de disparition, achevé, quelques uns s'attardent sur le "maigre" du mulet en charpie péché par Fred sans renverser son verre de Bourbon:
"-il en reste sous la joue bâbord" annonce-t-il. Prévu pour être servi à la française, les filets "levés" au couteau, il semble plutôt avoir été dépiauter à la grenade.
A quatre heures du matin, Mick et Mike sont partis chez Miranda. Ils reviendront avec quelques feuilles qu'ils découperont et sécheront à la poêle.
May négocie un dix grammes et Naomi crée du lien à l'écart dans le salon avec  Chris, Chef de prod pour se sortir de la mouise qui l'attend à la fin du tournage. Nat, l'assistante ronfle sur le sofa comme le Concorde des infos de tout à l'heure annonçant son premier décollage sans se douter des complots qui s'ourdissent au pied du canapé.
Priot tend son verre exsangue de rouge vers la bouteille de Gaillac qui lui cède quelques larmes en s'inclinant.
Il se saisit d'une bouteille indemne:
"-balles neuves"
Les filles gloussent.
Avec un temps de retard, Christophe le petit nouveau en voie d'intégration, libère un rire instinctif et grégaire pour satisfaire son besoin de chaleur humaine.

Cherchant la relation utile Mathilde, en quête de murs où accrocher ses merdes d'art contemporain pire que les "Gluts" de Rauschenberg, s'est désintéressée assez vite d'Émile, inutile puisqu'elle à un toit sur la tête jusqu'à la fin de l'été, pour les promesses de Stan, le régisseur qui connait un voisin, qui connait un épicier, qui connait un gars qui possède une galerie.
Les joints tournent et les rires inégaux ou utiles fusent sur la coordination pas évidente main gauche/rhum arrangé et main droite/ganja. La moindre mimique a des vertus comiques sur les esprits qui veulent se plaire et vaincre l'ennui. C'est Priot le mieux entrainé à se mettre la tête à l'envers qui joue au mâle dominant.
Les deux Mike rapportent les feuilles séchées à la poêle, bien allumés.
"-elle fait de l'huile" glisse Mick trivial, à l'oreille de son complice en apercevant Mathilde en surchauffe, sur le point de conclure tandis que Priot, dépose le petit David sur le toit d'une bagnole.
Le môme aux yeux cernés échange sa solitude, ses quatre ans et son sommeil contre la compagnie amusée des adultes et l'indifférence de ses parents.
Trente deux dents et un mètre soixante seize plus tard, David comprendra la blessure sonore de la risée suivant la dernière phrase de l' ami Priot à la cantonade:
"-Quand t'es défoncé, c'est marrant un nain!"

Aiguisés de séquelles, les rires taillent le silence dans ce salon hostile coupant dans son âme où se réfugie la mémoire bannie. Passif et écartelé entre leur vie qui prend l'eau et elle qui se noie, cette nuit ou celle d'après, Émile a quitté May lassé de voir leur môme servir de singe savant lors de ces soirées qui dévoraient les journées.
Émile s'est laissé cueillir par la mystérieuse chimie de l'air emplissant la maison ou une image censurée dans le carré blanc d'un portrait décroché victime de ses micro sommeils où l'esprit assoiffé de souvenirs s'abreuve une dernière fois aux sources venimeuses de la mémoire.

Un objet tombe et résonne sur le plafond.
"-Un grenier" se dit Émile,"il y a un grenier!"
L'ultime épreuve du fourre-tout déchirants remplis des bibelots de l'enfance.
"Des souvenirs, tu parles"se dit Émile dégrisé, en poussant la trappe en haut de l'échelle de meunier.

Oublié dans la pénombre sous une poutre, un jambon sèche, pendu.

L'imitant, le corps de Thomas Benjamin Dunid en suspension sous une corde, tournoie lentement autour d'un tabouret renversé.

Et si je vous disait comment on en arrive là?
En passant par là:

Mamayou.

Qu'est-ce que je fous dans cette aquarelle?

Le fond est honnêtement bleu ciel pour un après midi de Juillet et moi je révise les noms des nuages.
Pas un souffle de vent. Des cumulo-nimbus suspendus, espacés, répartis dans le cadre formé entre le cèdre et le magnolias d'un tableau qui ne doit rien à la main d'un artiste s'il n'était "Céleste Divin-Aquarelliste". Plus haut, les cirrus s'effilochent sur les bleus qui rivalisent comme les souvenirs de Mamayou.

Hier soir, elle me serrait la main pour la première fois saisissant la poignée de ma fatigue pour ouvrir la porte de mon alibi:Je ramène la première et dernière femme de ma vie presque intacte à sa maman. Je dois laisser ici Maybe et repartir en solo accompagné d'une légère tristesse. 
"-restez pour la nuit!"propose-t-elle.
Il me reste une grosse heure de route et le cocon de la "safety car" risque de n'être pas très sûr. Nous interceptons des regards qui se disent OUI.
Encore plus belle et amoureuse que le premier jour de nos premières vacances May vient renouer avec Elliot, le chien et Clio, la voiture pour rentrer en ville plus tard.

Au matin, Mamayou m'embrasse et (m')enchaîne:
"Restez à déjeuner vous repartirez ensembles à Bordeaux.
Pendant le repas et bien au-delà, la chaude mémoire de Mamayou est comme une scintillante nova lointaine et éteinte. Pourtant brulante encore. Sa lueur illumine la compréhension désormais et elle adoucie quelques souvenirs blafards avec les couleurs pastels d'aujourd'hui.
May apporte suave et subtile, les retouches personnelles et les nuances à la  gouache de son ressenti de ces petits arrangements avec le passé.

Auditeur impartial, passif mais pas sans passion me voilà intégré puisque simultanément la bidoche du barbecue gémissant ses dernières braises contre la haie vient d'offrir sans résistance à la lame du Laguiole, son ultime bouchée, l'âme de ma récente belle-mère, son hospitalité et la vie, sa suprême offrande.
Intégré je suis. Intègre, c'est une autre histoire.
Aimer désormais comme "Boudu sauvé des eaux" aime la bouée qu'on lui jette.
La reconnaissance du verbe aimer conjugué dans la panique.
Le besoin de résilience n'a pas la patience d'attendre le désir, avec la complicité des mots tactiques esclaves soumis à la stratégie de ce sentiment opportuniste et sans sexe parfois.
Le besoin d'amour désespéré, forcené et vital ferait aimer le vivant. Juste le vivant et sa chaleur.
Chance, hasard, aléas, compassion du destin: La faveur du présent est du genre humain et de sexe féminin. Ouf!
Deux mois passés dans l'intimité croissante et constante de Maybe et rien n'indique une quelconque lassitude depuis "l'arrangement" mais la crainte des sentiments factices m'envahit moi,la contrefaçon,l'illusionniste, l'usurpateur. Simple passeur et fragment du temps! 
A moins que...
Quand le maïs sera récolté, il faudra tailler la haie.
Ambitieux, le dandy bichon provoque Elliot dix fois plus grand et le vent se lève entrainant quelques fibres de sa carpette d'aiguille de pin dans nos assiettes.
L'aquarelle, déjà change de tons et les camaïeux de bleu rosissent.
Déjà, "fuir ce bonheur de peur qu'il ne se sauve"
Je me détache d'ElleS et prends la route du retour.
Le rond point, l'autoroute et déjà l'envie de lui parler pour ne rien lui dire, juste entendre sa voix.
Je revoie tout mes départs, mes dérobades, mes régressions et mes fuites en avant.
Et surtout mon inaptitude a téléporter le bonheur.
Celui d'avant, si proche et déjà trahit. Trop de rose et pas assez de bleu, il était nécessaire d'abandonner sept ans et sept vies trop étroites et pourtant sans nuages.

Repenti, j'ignore quel jour nous sommes, quel tableau je suis en train de repeindre et vers quelle nuit je me dirige.
On doit être en été! Achevées toutes les autres vies. Luxure, gourmandise, orgueil et paresse, envie et colère. La nuit et l'hiver bientôt seront de retour pour une nouvelle alliance de froidure.
Il me faut devenir enfin moi: j'ai retrouvé Maybe Perhaps, la première peut-être.

"-Quand tu aimes, il faut partir!"insiste lourdement Roman Talist, gardien de l'ordre établi ou de la paix, imitant la voix de Blaise Cendrars.
J'ignore encore et toujours si ce second Moi manipulateur ou bien intentionné travaille à ma sauvegarde ou à ma perte.
Mercenaire de l'ordre, le changement le dérange. Il transmet, dés qu'il le peut à qui l'écoute, sa trouille de la zone inconnue.
C'est la main de Tom B. Dunid et non la mienne qui glisse dans le mange disque moderne le CD de Léotard Philippe.
Tom B. Dunid, l'être qui comprend tout à J+1 est de retour.

Elle,Maybe, peut être celle "qui j'ose aimer...."*
".....qui m'a pris pour un dieu tombé
au moment qu'on n'est plus fidèle
qu'à la dernière rencontrée
une femme! n'importe laquelle
qui tienne encore la nuit couchée
et pour qui on sera sûr et blême
au matin, la pute de soi-même"
Il est grand temps de changer de peau, encore,et de rejoindre le monde des certitudes aléatoires. Délocaliser cette réalité onirique et cette encombrante schizophrénie!
Pourquoi pas une peau de promoteur immobilier?
Squatter l’intérieur d’un spécialiste de la spoliation, c’est fun, non ?
Un lapin blanc passe au loin. Il a en bandoulière,l'outil, le moyen, la méthode, la corde qui me pendra au cou de la dernière femme ou à la poutre dans le grenier.
Je m'acquitte du péage et quitte (maispasque)l'autoroute.
J'ai dit: "au revoir" à Mamayou.
J'ai menti: c'était "Adieu!"
Ce n'est pas moi!
C'est Tom B. Dunid, Alex Cessif, G. Laloose et le lapin blanc!

Damazan le 30 Juillet. "Les Passantes"
*Hervé Bazin, plus connu pour " Vipère au poing".

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