samedi 25 février 2012

L'élection du roi boiteux.

Version trouvée sur You tube.


Un roi d'Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied;
C'était au pied gauche, je pense;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espèce adroite,
S'appliquèrent à limiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Il apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait;
Et de l'antichambre à l'office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura: «Monsieur, qu'est-ce à dire ?
Je crois que vous ne boitez pas."

"Sire, quelle erreur est la votre!
Je suis crible de cors; voyez:
Si je marche plus droit qu'un autre,
C'est que je boite des deux pieds

mercredi 22 février 2012

To be or not to bee.


Histoire de Kangourou, d' Etre et d'abeille.
Le pitch: D'avoir voulu être le wannabe, une écrivaine aimant sa plume risque de se faire plumer par les éditions acompte (laisse, c'est volontaire!)  d'auteur, mais pas folle la guêpe.......

"Wannabe !!! Il est joli ce mot !! il sautille comme un kangourou, je trouve...Wannabe, Wannabe ! Pour un peu,  il me ferait sourire, voir même rire, si il ne cachait pas, dans sa poche ventrale, les envies et rêves de tellement de petits êtres, dont je fais partie, évidement.
 Le Wannabe veut être. Quoi de plus normal ? Il veut être parce qu’il écrit et que l'écriture ne vaut que si elle est lue...Alors, le Wannabe saute sur les forums...Il va ici, il va là. Il offre, aux forumeurs, ses mots en cadeaux. Certains aiment, d'autres non. Peu lui chaut que ses écrits provoquent commentaires flatteurs ou désobligeants pourvu qu'ils fassent réagir.... L'écrivain vit aux dépends de celui qui le lit. De plus, les compliments confortent et les critiques sont constructives (enfin devraient l'être)...
Tout mais pas l'indifférence...
Je suis une quinqua cachant son amertume sous un voile de  faux-assentiments, sous des haussements d'épaules résignés mais hargneux. Je dis oui avec la tête, je dis non avec le cœur. Je pense  mériter être lue et aimée, voir connue et reconnue. Je bataille, j'ai bataillé, je ne sais pas si je vais continuer à batailler...Parfois, des regains de hargne me prennent et je me lance à corps perdu dans la mêlée...j'agite mes ailes comme les moulins à vent, j'émets des phéromones comme les insectes, j'inscris, dans le bleu de mon ciel, des signaux en ronds de fumée  j'envoie petits et grands messages sur les réseaux sociaux où je pêche, parfois, des êtres qui ne cherchent pas du tout...ce que je veux, en fait !! Parfois, prise d'une espèce de rage, je copie-colle, je manuscrite (ça fait pro des tapuscrits reliés), je rédige une lettre de motivation motivée-qui ne peut que toucher l'être de chair et de sang qui est chargé de sa lecture- et j'enveloppe, je colle, j'oblitère... Et je poste. Et puis j'attends, un mois, deux voir plus...Je me suis découverte patiente. L'espoir, n'est ce pas,  aide à garder patience. Et puis me reviennent, une à une, mes enveloppes kraft avec mon adresse que j'ai écrite moi-même -avec mes petits doigts et mon stylo, en m'appliquant bien pour que mon nom ne m'écorche pas trop en me revenant à la figure...Voila, tout sombre. Le Wanabe ne sautille plus, il est cloué au sol...il ne prendra pas son envol vers les sommets de la gloire où il se voyait déjà...Cruelle désillusion, amère dépitation.
Moi,je rêve ...je vous dis? Vous ne rirez pas, n'est ce pas??? J'ai envie...le facteur -non j'ai pas envie du facteur !! Commencez pas, hein, autrement on ne va pas s'en sortir. J'ai envie: le facteur passe, comme tous les jours et dépose mon courrier. Mon fils chéri va le quérir:-" Y a une lettre pour toi, maman...Il est mignon, mon fils(mais ce n'est pas le sujet).
Tiens, l'en-tête me dit quelque chose... Éditions Le sceau de l'ange !!!
Coup au cœur. C'est un des grands éditeurs à qui j'ai envoyé mon bébé de mots...Ce coup au cœur, vous l'aurez compris, est différent parce-que là, c'est une enveloppe blanche que je reçois,  pas mon inévitable emballage kraft. Le papier sent bon la vanille et l'adresse est écrite par  une main qui s'est appliquée à copier mon nom avec des courbes velours, des déliés de soie et des ronds sans aspérités, sans prises au vent, des ronds bien ronds...Je la regarde, cette enveloppe, je la hume, la caresse. J'essaye, en transparence, de deviner ce qu'elle contient...
Une lame...pour l'inciser…
 Non, pas une lame, une languette en bois pour ne pas heurter les matières, Juste glisser dans le coin de ce papier superbe, une petite pointe d'olivier poli comme un galet...et..., découvrir...Mon avenir peut-être, mon devenir...J'écarte les bords de cette couture...Je tremble...Est-ce normal ? J'attrape et, comme on aide un oisillon à sortir de sa coquille, extrais un coin de ce satiné duveteux et l'aide à venir au jour...Je déploie l'aile 21x29,7, m'assoie et lis :


"Madame,

nous sommes heureux de vous annoncer que votre manuscrit L'armure et la plume a retenu l'attention de notre comité de lecture pour la qualité et l'originalité de son écriture...
Nous vous proposerons, dans les jours qui suivent, un contrat d'édition dont nous reverrons, avec vous, les paragraphes que vous ne trouverez pas  à votre convenance et que nous modifierons à votre envie...
 

(bon, là, je rêve, s'il vous plait, ne m'extirpez pas de mon songe avec des ricanements sarcastiques, je fantasme...).
Je vous propose de nous contacter, par mail ou téléphone pour convenir de la suite à donner à notre aventure.
Recevez, madame, l'expression de mes sentiments distingués...
Votre dévoué...
Emilion Nouszensemble"
Sympa,  hein?
Aiiiiieuuuuuuuuuu !!! C’est qui qui me pince ? Ha oui, pardon, je rêvais !
J'ai reçu de tels courriers mais après "l'originalité de son écriture"  apparaissent les mots qui fâchent..
.

"Pour les frais de maquette afférents à la publication, nous pouvons proposer des facilités de paiement (règlements en 6 ou 7 mois)", 

ce qui, avouons-le, laisse présager des jours moins souriants...

Nous sommes des Wana-bee, mi kangourou mi abeille,  nous, dont les mots  sont stockés comme la gelée royale dans les alvéoles de la ruche. Nous pensons mériter autant que ces "autres" dont  le nom  permet de faire la différence. Nous envions  l'insolente injustice qui fait qu'un ancien truand devienne un auteur connu et que  ses mots  fassent un film. Nous envions l’insolente malchance qui fait que nous n’ayons aucun "travers" digne d’attirer l’attention des grands de l’édition, de l’œil de l’information. …
Wanabe, Wanabe...sautille kangourou, brasse de l'air, agite pour rien...
Wanabe, Wanabe, tu es ridicule mais tu crois, contre vents et marées, qu'un jour, peut-être, un oiseau-mouche puisera ton nectar et embellira  le monde..."
Lyse Dune.

dimanche 19 février 2012

Les nettoyeurs d'Iraty.

La plus noble conquête après le passage des nettoyeurs.


"....... Nous gravîmes la pente intrigués par les silhouettes couchées de chevaux foudroyés. Dans un cromlech, comme sacrifiés au culte d'un dieu préhistoriques,  ne restaient que les os recouverts de peaux des animaux surpris par l'orage dont les vautours avaient vidée les entrailles......"
A notre arrivée un vautour était à l'ouvrage. Timide et phobique des paparrazzi, il s'est enfui à notre arrivée.

mercredi 15 février 2012

Margareth, dame de fer.



Film avec Meryl Streep.
Depuis «  Le choix de Sophie » j’aime bien Meryl Streep, pourtant je n’irai pas voir son interprétation de la dame de fer.

Primo parce que je trouve cette mode agaçante du glissement du métier d’acteur vers le travestissement assez préjudiciable à la crédibilité de leur  jeu.
Un interprète doit-il se déguiser pour être crédible ? La transmission de ses émotions vécues, ressenties, comprises et restituées au spectateur ne doivent-elles pas être vécues, ressenties, comprise et admises par celui-ci sans les fioritures de la ressemblance et les colifichets ridicules du déguisement ? On le sait bien que ce n’est pas Rhys Ifans le Shakespeare dans le film d’Emerich, « Anonymous »! Cela ne l’empêche pas d’être (ou ne pas être) le rôle. Evaluer un acteur sur sa capacité à se travestir et ne devoir le jauger qu'à  son  talent d’ imitacteur ou, voir l'acteur seulement, sobrement, être et du personnage l’enveloppe devenir, avec le simple parement de quelques  défroques?* (l'être étant l'ultime syllabe d’interpr-être, n’empêche, j’t’f’rai dire) 

Deuzio, parce que les extraits m’ont suffit. Vous avez sans doute vu ce passage où Madame Thatcher, ironique et fière, enjoint son état-major d’un:
« -Messieurs, ces dames nous attendent au salon. »
D’accord! C’est ça l’apport de la féminité à l'exercice du pouvoir ? Et l’ambition ultime d’une femme, ressembler à un homme dans ce qu’il a de pire?
Défendre le caillou des Falklands comme le premier imbécile venu défend sa place de parking en roulant des mécaniques ?
Sans compter que l'on lui connait un taux de testostérone  et un bon C.V  à Maggie. Il en est même aussi dénué de fantaisie que de magie: affamer d'une mâle intransigeance ses prisonniers, certes en grève de la faim, comme si mettre l'IRA hors d’état de nuire ne suffisait pas à l’exigence, légitime, de la sécurité d'Albion?
Gouverner avec autant d’inhumanité, soutenir Pinochet jusqu’à l’absurdité pour lui renvoyer l’ascenseur des Malouines?
Vient à moi, Dame de fer, que je te revisse le clitoris avec ma clé de douze.

Parce que une femme c'est comme un homme en mieux à l'actrice, singeant les encouillés couvert de sanguinaires médailles en chocolat ne devant plus à leurs compromissions qu’à un véritable courage, j'enlève un point pour sa contribution non indispensable à la promotion de la gloire surfaite de cette odieuse caricature d’homme.
Pourquoi pas un film sur Alliot-Marie et son offre de service très opportune à Ben Ali  de  son savoir faire à tirer sur les foules.
Simone Veil, réveille-toi! Elles sont devenues folles.

Ceci dit, j’aime bien Meryl Streep !
* Votre mission , si vous l'accepter: venir à bout de cette phrase et devenir le 100 000 visiteur de ce blog confidentiel!









mardi 14 février 2012

Saint Valentin.

Le dieu Min
Dans la camisole de la réalité, je me suis éveillé.
Tout l'or et le plomb de l'en-dessous formait le magma de mes sentiments. Je sentis la lave en fusion bruisser dans mes veines durcissant ma chair sur quelques centimètres.
Ronronette prés de moi s’étirait et réclamait ma caresse d’un impérieux coup de tête.
Par Saint Valentin, Priape  et d'autres dieux ithyphallique, je me suis exécuté.





D'aucunes trouveront ce texte peu romantique, c'est vrai!*
Comme n'est pas fausse la nécessaire trivialité déposé dans le peson de la balance de cette lourde et opportuniste mièvrerie. J'ai mandaté le dieu Min pour restituer l'allure et la déité de cet acte charnel.


* sinon j'ai ça, mais c'est pas beaucoup mieux.

lundi 13 février 2012

Entre nous.


Probable déclaration de candidature à la présidence cette semaine de l'illusionniste sortant qui semble avoir envie d'un nouveau tour de manège. Le gagnant au loto 2007 de la française des gueux aurait-il déjà tout flambé?
Entre nous, j'ai les urnes trop pleines d'usurpateurs à talonnettes pour avoir envie d'ouvrir cette boîte de Pandore et rencontrer un autre faussaire.

dimanche 12 février 2012

Sein Valentin


Lilas blanc: Amours prometteuses.
J’entrais dans la boutique avec aux reins des envies de poinçonneur des lilas.
Elle était là, belle et mutique dans l’écrin d’une robe blanche.
En jargon de fleuriste le lilas blanc signifie : « Amours prometteurs ».
Je prends l’initiative de mettre au féminin singulier ce langage de fleurs et laisse à Gainsbourg la métaphore du poinçon.
Par le filtre de sa secrétaire, auprès de qui je venais réserver les leçons de conduite de mon fils plus souvent que nécessaire, je n’avais jamais entendu sa voix. Fasciné autant qu’intimidé depuis la maternelle par les jupons et les maîtresses, j’envisageai de satisfaire ce fantasme en faisant d’elle la mienne au sacrifice de quelques points en gage de cet écart de conduite.
Son silence garant pour moi du mystère, je lui prêtais une puissance spirituelle et secrète qui l’isolait du magma souterrain de mes désirs. Il me fallait déboulonner cette statue, la dévêtir de cette agaçante auréole, me parer de la vertu de cette conquête par la possession de son aura  et tenir la promesse à l’enfant que je fus, invariablement amoureux de mes profs féminines.
Une institutrice, fût-elle d’auto-école, pouvait avantageusement succéder à ma lointaine monitrice de colo, combler mes lacunes et étancher ma soif de connaissances.
Etourdi des serments électriques et muets de ses yeux encourageants, noyé dans son regard humide, mâle chimiquement handicapé par des synapses qui ne connectaient plus, il me fallait remonter aux sources de ce Nil. Elle accepta spontanément mon invitation à diner avec un E superflu trainant sur son« Bien sûreu »moi qui me serait contenté d’un oui sans faute.
C'est un petit garçon pitoyable et victorieux, se souvenant de ses propres failles en orthographe et se méfiant de sa soi-disant intelligence, qui allait au rendez vous l’épée au fourreau sans savoir si elle était Durandal ou de Damoclès .
De pataquès en liaisons fatales à l’orthographe et préjudiciable à la nôtre, elle me racontât son parcours d’esthéticienne vers le « professorat »:
Son instructeur, camerounais et moniteur d’auto-école, après un passage sur la banquette arrière de sa Clio, l’avait initié vigoureusement aux subtilités de la conduite et aux avantages de la promotion sociale. Sitôt la mâchoire guérie suite à cet oral d'embauche et ayant retrouvé la faculté de s'asseoir, elle intégrait le corps enseignant béate, comblée et reconnaissante.  
Là, Durandal en a pris un coup! Pour donner une chance à la nôtre, je lançais un pont sémantique désespéré entre la bagnole et la muse Grecque de l’histoire,  qu'elle rompit en répliquant:
«-De toutes façons les grecs cé que des pédés et des copieurs en plusse, passque la Clio cé Renault qui la fé».
J’ vous dis pas la déroute de Durandal.
J’ignore s’il y a un rapport avec la bagnole mais ce jour là j’ai connu ma première panne.

samedi 11 février 2012

Le compte est bon!


Comment vas-tu?
 Genre de question que tu poses à l’inconnue d'une bouche en forme de bouteille à la mer:
"- et toi?"
crédit photo: Yvon Buchmann
Et là tu imagines le dialogue virtuel qui te parlerait de puits tarits et d'oued qui s'assèche et tu pourrais enchainer sur ta prostate. Si Elle te raconte le mal de l'Ange qui ne soupire plus sous les coups de boutoir du prince charmant aux chaussettes qui trainent, tu raconterais l'arrangement conclus il était une fois avec tes idéaux qui tardaient à venir et la vie qui s'écoulait, impatiente. Il faut maintenant payer la trahison des renoncements nécessaires et des promesses non tenues à l'enfant que tu fus par l'adulte devenu de bric et de broc de ses choix par défaut. Il te faut rire, beau joueur, à l'humour de cette vie incompétente et autiste qui t'avais promis en 48 heures chronos celle conviée au banquet des affamés et te la donne en 48 ans rassasié et frugal. C’est ainsi: La vie commence à l’an zéro et le mode d'emploi à l’an quarante.
Alors, n'écris pas au service après vente pour gueuler: il te répondrait qu'Elle aurait pu ne jamais te parvenir, que les heures sont des années
et si l’arithmétique ne te convient pas, Monsieur le comte est bien bon et t'intime:" -retrouve l’eau à la bouche, ferme-la, trace ta route et ne freine pas au panneau trop tard!

dimanche 5 février 2012

Forêt d'Iraty.



Ces derniers temps, au prétexte de l'hiver, je n'exposais plus mon petit corps à la froidure. Sans doute avais-je enfin cessé de me détester ou n'avais-je plus nulles fautes à expier.
De cette posture nouvelle, j'excluais la faiblesse honnie des matinées sous la couette et la perte de ce que Nabokov, page 156 de "La Vénitienne",  nomme " la force physique de l'âme": la volonté! 
C'est dans la moiteur du déni que je cédai ma vigueur et ma sveltesse au tyran de la paresse,  en contrepartie  du repos d'un guerrier sans victoires.
C'était sans compter sur le retour du démon.
Déjà trop de matins que je n'étais plus en mode "saut du lit, douche froide, et en route vers de nouvelles aventures!". La dernière femme a calmé ma colère et il y a belle lurette que ma belle luronne, puisant de ma sève la ressource, m’a fait lâcher prise. Chaque nuit, j'entrais dans l'être abandonnant le paraître un sein dans chaque main.
Désormais, c’est en bas débit que je me reconnecte à la vie le matin.
Le temps existentiel des, où suis-je? Qui suis-je? À quoi bon? Précède le temps physiologique, pipi, popo, tidej, etc, et je suis rarement au bureau avant onze heures.
Chalets d'Iraty-Un dimanche-Un matin par moins 18º
Iraty, c'est dans les Pyrénées, pas très haut: 1300 mètres, mais ça serre.
"Destinée
Nous étions tous les deux destinés..."
Dans un groupe, faut un boulet et dans le panel des occupants du chalet il y en a un qui se réveille avec radio nostalgie et Guy Marchant, alors nous aussi!
Avant que de subir le revenant Cloclo-Alexandriiiie-Alexandraaaa, je suis preum's sous la douche sans commettre de meurtres. Puisque c'est mort pour le ski, ce sera raquette pour tout le monde! J'accroche ces palmes des neiges comme je l'ai vu faire dans "Le dernier trappeur". Juste à temps pour m’éviter Rika Zaraï en train de bramer dans la cuisine, j'entame le sentier sous les vannes des potes avec une démarche de pingouin.
Au premier lacet, déjà seul dans un monde de couleurs et de silence, je mélange affaiblie par les mélancolies du matin Henri Pourrat et Guy Marchant, "l'hiver est le manteau des pauvres" et "nous étions tous les deux destinés" Certes!
Sous les  fayards, le démon attendaient.
Lui seul savait que d'efforts, de sueur et de désirs j’avais la faim:
De Madrid  au Vignemale, le souvenir des deux derniers marathons me semblait être des archipels insondables s'éloignant dans le sillage du paquebot de la vie pas-que-belle des feux rouges, des places de parking à trouver et des frigos à remplir. 
Je cours! 
Banni, je cours! 
Étranger à ceux qui marchent, je cours! 
Poursuivant ou poursuivis du bonheur ou du démon, gourmand de l'un , fuyant l'autre, devant ou derrière l'autre moi: Arnaud Stalgie. 
J'ai sur les talons  un fantôme diurne sans ombres et sans respiration dont les raquettes claquent. Je relègue à l'horizontale sur mes épaules les bâtons ralentisseurs qui servent alors de support à mes bras.
Mon ombre est "celle d'une croix".
 Je cours!
Le soleil tire ses traits entre les branches pleines à craquer de neige. La poudreuse du chemin crisse et geint sous ma foulée. J'ai rendez-vous avec mon alter ego. Je l'aperçois, loin, fou et flou, ce jeune homme quinquagénaire à l'entrée d'une neuve décennie, membre enthousiaste d'un quatuor de vététistes.
Parce que la mélancolie est un pays et la mémoire un personnage, je le rattrape prévisible, époumoné et heureux à l'endroit de l'intemporel et à l'heure du souvenir.
 Je tombe dans les bras de cet ami retrouvé avec des abdos tout neufs et des cuisses en feu. Je revois cet adret, trop pentu pour pédaler dans l'herbe luisante de soleil, et nos vélos d'autrefois sont en travers sur nos épaules comme mes bâtons d'aujourd'hui. Nous gravîmes la pente intrigués par les silhouettes couchées de chevaux foudroyés. Dans un cromlech, comme sacrifiés au culte d'un dieu préhistoriques, des animaux surpris par l'orage ne restaient que les os recouverts de peaux dont les vautours avaient vidée les entrailles. Puis nous avons enfourché les biclous, débranché le cerveau et enquillé la descente retrouvant le monde de la verticalité mais à l'envers. Comme lors de l'escalade, le pédalage est impossible! Une fois les freins lâchés, nous devenons des projectiles, assis sur la roue arrière, le bide sur la selle et les bras tendus vers le guidon du marteau piqueur transmettant les chocs de chaque pierre. Arrivés en bas, étonnés d'être vivants, nous traversons le ruisseau dans une gerbe qui douche nos ardeurs.
Et "quand il croit tenir son bonheur, il le broie". Donc, asservie à  cette loi, l’image se dissipe et le passé se soumet.
En travers du chemin, Le ruisseau toujours là, calme encore ma ferveur, permettant la fusion avec la chaleur du présent et l'humanité du groupe qui se reforme.
Malgré "la confusion des sentiments" tiraillé entre le bonheur d'ici et maintenant et le plaisir de là-bas et d'ailleurs, le présent est bel et bien le cadeau. Présent/cadeau, c'est bon?Tout le monde est là? On y retourne!
À la recherche d'un gué, nous traversons sur des cailloux glissants un goulet du ru étranglé par ses propres méandres.
Vigilant à la rencontre de cet autre démon, celui de la lassitude qui me voudrait finir en compagnie de Michel Drucker sur un canapé rouge dans une lucarne un dimanche après midi. 
Auprès de l'âtre, dans les braises de l'abandon, dans la petite musique du renoncement, dans l'offrande du repos, je relirai "La Vénitienne". 
Puis, chuchoterai à Vladimir : "l'obsession, c'est l'ubac de la volonté!"

vendredi 3 février 2012

Crédibilité.




J'entrai dans la boutique avec l'envie de trancher des gorges. Bottle up’s feeling dirait Shakespeare, avec au cœur l'insatisfaction  des vies imparfaites et l'angoisse des sables mouvants, j'avisai entre deux incunables la lampe à huile, incrédule. "Aladin's property-Made in Taiwan" était gravé dans le cuivre martelé.
Bonnard, pensais-je, je vais pouvoir arrêter l'hiver et l'augmentation de la TVA, refiler l'Oscar à Jean et zéro signature à Marine, ressusciter des morts et visiter de lointaines passantes d'un coup de tapis volant. Puis, taxer ses dernières  thunes au génie de la lampe, me payer une Ducati, la revendre et financer le programme: "Fin de la faim dans le monde". Passque y a des priorités: d'abord une virée à bécane!
Un génie-tout-puissant, ça peut être sympa dans ce monde de murs, de codes et de verrou.
Des "mille et une nuits" sans sommeil, me reste le mode d’emploi :
l  Frotter la lampe magique,
l  un dessin animé en forme de géant bleu baraqué va jaillir........
l  et me proposer de réaliser trois vœux.
Trois!  S’agit pas de  se louper, faut fantasmer utile. L'amour, l'outil, l'art et la manière, c'est bon, chuis complet, voyons voir: un boulot de maître du monde? Trop crevant!
Reformer les Beatles? Non merci, j'ai toujours préféré les Stones!
Supprimer la pauvreté? O.K, mais qui va vider les poubelles?
Ah les contes de l'enfance! Lus avec les yeux de l'adulte un peu psy de Bruno Bettelheim dans sa " Psychanalyse des contes de fées" ils  m’entraînent, consentant, dans des gorges profondes et des méandres souterrains. Par exemple: j' ai des doutes sur l'innocence de ce petit chaperon rouge partie danser un dernier tango à Paris avec son petit pot de beurre, son loup, ses grandes dents et sa big dick, ses fuck's intentions et, tandis qu'elle se laisse gentiment enculer, je réfléchis à la soi-disant puissance de ce génie emprisonné. Il y a enfermées dans cette lampe toutes les terreurs de l'enfance et l'illusion  des promesses. Nonobstant sa mauvaise humeur de géant assez con pour se laisser piéger sans rien à bouffer pendant des siècles il va y avoir ses courbatures à gérer et chuis pas kiné. Il y a assez d'usurpateurs à talonnettes pour me donner  envie d'ouvrir cette boîte de Pandore et rencontrer ce faussaire. Je préfère négocier avec le cador qui l’a fait marron: de même que l’enfer et le paradis, un coupable est plus fun que la victime.
Comme toujours le salut est dans la fuite: abandonnant la lampe à 350 € et l'illusionniste à deux balles, je me dirige vers la fée des lieux. La brocanteuse est raccord avec ses antiquités, je lui propose un verre au bar à vins en face à l'enseigne " Chai & Rasades".
Il y a, rue du Chai des Farines, un hôtel borgne et ses chambres louées à l'heure.
Il y a, rue du Chai des Farines, sous le ciel qui se penche, une femme qui chavire, un sommier qui gémit, un homme qui s'épanche. 

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