mercredi 13 décembre 2017

Prédateurs & prédatrices

Comme si la raison, le conscient étaient les seuls gouverneurs de notre existence.
 
On oublie les forces en sous-sol qui nous agissent "en douce", mais avec quelle efficacité, quels résultats cocasses, dramatiques ou bienfaisants.

Certains appellent ça l'inconscient. Il est bien plus malin que nous, enjambe les étapes inutiles et nous fait avancer plus vite.
Même si l’on croit payer plus cher.

Petit retour dans l'underground, le sens souterrain des mots.La lumière? Guide vers la connaissance ou phare de naufrageur? 
Lulu la luciole est un insecte affectueux et plein de ressources. Tandis que la maisonnée ronronne des enfants endormis, les devoirs terminés laissent la place pour des rêves tout neufs. Réminiscence du temps où elle aimait, elle émet une lumière froide pour ses amours secrètes de lampyres ( c'est son nom de code chez les grosses têtes: toi t'apprends un truc et moi j'évite une redite) Une fluorescence, un photon dans l'espace comme une bouteille à la mer ou un message sur meetic.fr. Le message reçu par le mâle agit comme une phéromone visuel qui rapplique vite fait pour un câlin furtif. On peut être admiratif, ou envieux c'est selon, de l'efficacité du principe tout en se disant que la bestiole n'est pas regardante sur le choix de son partenaire. Si cela n'a rien d'étonnant pour le mâle qui voit là une opportunité de déstocker de la petite graine, on peut se réjouir, ou pas c'est selon, que nos "femelles" à nous soit plus sélectives. Le prince charmant "déboulant" sur sa mobylette au prime rendez-vous en tongs/chaussettes blanches remontées jusqu'aux genoux risque le retour dans ses foyers avec dans sa poche un "- Euh, je préfère que l'on reste amis". En affinant d'un peu de curiosité, nous apprenons que le message lumineux peut être modulé par la tentatrice afin qu'il corresponde à celui d'un mâle d'une race alimentaire. L'amoureuse devient prédatrice selon l'origine de sa faim. L'insecte récepteur, qui n'en est pas moins homme, se précipite transi d'amour sans se douter qu'il est le plat du jour. Madame luciole a le pouvoir de dire oui, comme chez nous, afin de combler la faim de l'une par la fin de l'autre. Pragmatique la nature! Romantique aussi: parfois c'est un simple clin d'oeil à une inaccessible étoile. 
Mais là ...
Lulu garde son espoir bien au chaud, dans le secret de son petit cœur de luciole.

jeudi 7 décembre 2017

Over the rainbow


Bander , un état de grâce, on ne peut pas tricher.
L'alignement des planètes, un miracle aussi fugitif qu'un arc-en- ciel.

Le joli temps des calins est un jeu de cache-cache, les soucis le tuent, autant que la distance. Et quand la distance s'ajoute aux soucis....pas besoin d'un dessin.
D'ailleurs, elle a bon dos la distance, même à dix centimètres ces saletés de petites fleurs désalignent vos planètes en un rien de temps, minent votre fragile entente, tout explose .Vous croyez être en phase avec votre voisine de plumard et brusquement pour un oui pour un non, vous ressentez,la distance, l'hostilité, l'absence .

Vous voilà arrivés dans le neuvième cercle de l'enfer , espérant sans trop y croire que "ça" va revenir,que le miraculeux alignement se refera ...  
 Mais tout au creux de vous, vous savez que ça relève de la récitation d'un mantra désespérement inutile.Vous n'avez plus votre mot à dire. L'avez-vous jamais eu, d'ailleurs?

C'est l'arc en ciel qui commande.


vendredi 24 novembre 2017

Dans l'angle mort

J'avais goûté à ce parfum de femme sur ses lèvres et sa nuque et depuis j'étais resté collé. Elle m'avait accordé très vite d'autres fragrance encore plus inoubliables mais sa bouche, elle, était passée en zone interdite. Pour moi le baiser, etc, etc… était le check point Charly de notre "no wife/husband'land. La  zone libre de cette libertine pressée se trouvait désormais dans l'angle mort du rétro et je glissais dans l'éloignement. Notre chemin de traverse rejoignait la grande route conduisant chez la ménagère de moins de cinquante ans et vers mon errance de fildefériste.Il restait dans son sillage les effluves merveilleuses d'un bonheur en voie d'extinction. 
Alors autant écrire moi-même la lettre de rupture qu'elle n’écrira jamais. A la manière de Virginie Despentes au delà de la frontière du non-dit et du chacun pour soi:

"Je t’ai roulé une pelle comme un raque un ticket d’entrée au cinoche parce ta bande annonce m’intriguait. Et surtout je n’avais pas le temps. A bientôt cinquante piges j’ai encore des mômes à torcher, il me faut trouver une idée de menu pour ce soir et la baraque n’est pas finie de payer. Alors  j’ai ressorti mes copiés/collés qui t’ont tourné la tête comme un puceau se cuite à sa première boum et t’as confondu mon Q avec celui de Sophie Marceau. Toi tu gamberges en boucle pourquoi une libertine n’avale pas ton sperme comme une vieille nympho à l’arrière d’une bagnole et puis tiens, je t’annonce qu’il ne faudrait pas me prendre pour une salope parce que je suis juste curieuse de vérifier s’il y a une bite dans chaque braguette. Alors tu peux m’enculer si ça t’amuse mais je n’ai eu qu’un seul amant. Se donner sans appartenir ça te parle, mon amour ? Estime-toi heureux que je me souvienne de toi comme de mon premier Tampax qui, entre parenthèses, m’a donné plus de sensations que ta trique qui a le trac dés qu’un poil de Q est de travers.
D’ailleurs ça m’étonne que ce weekend tu aies pu te vautrer dans la chair flasque et molle d’une chatte moisie admirative de tes gribouillages cinq fois en vingt quatre heures avec une trique de compète. Elle a payé pour les autres. T’as dû baiser le samedi et vomir le dimanche. C’est ce que j’aime chez toi, tu prends ta bagnole pour aller te rincer la queue aux pieds d'une cathédrale en toc et t’es capable de prendre un TGV pour aller baiser à Paris une gonzesse qui habite à coté de chez toi.
Et puis c’est juste que t’es un peu moins con que les autres et encore ça dépend des moments …et aussi ce que j’aime bien, c’est que t’es réglo et t’es assez marrant, enfin parfois. Sans être vraiment amoureuse, je t’aime bien et j’aime bien t’étonner en te traitant comme un homme, enfin tu vois ce que je veux dire.
Je t’ai gardé en tête de gondole le temps d’un printemps et tu lèches nos derniers instants comme un môme s’attarde sur le fond d’un pot de Nutella. Tu peux toujours courir pour sentir ma langue s’enrouler autour de la tienne. Regarde, il est essoré ton pot de Nutella !"


samedi 18 novembre 2017

Histoire de faussaire


La baigneuse Jean Antoine Gros
  Empathie, politesse sociale, mensonge, schizophrénie. Nous ne sommes pas obligés de descendre ces quatre marches vers l’enfer. Pourtant, avec la désinhibition des réseaux sociaux ou d’autres addictions, bien planqués derrière un clavier, les egos sur-vendus peuvent, à l’épreuve de la rencontre, tenter l’aventure de poursuivre dans la mascarade de la camaraderie pénétrant dans les cœurs par effraction sur le registre tendancieux de l’amitié. Amitié, trahison, découverte, déception et c’est au tour de "l’autre" s'il fait le choix d'être une victime, de descendre de quatre marches conduisant  vers l’autre enfer en embuscade, celui de la perte de confiance, de l’estime de soi, de la suspicion et de la paranoïa.
Lassé de simuler, le faussaire quand à lui, est soulagé d’être découvert. Ou en colère !  Cette seconde réaction le fait entrer dans la catégorie des pervers manipulateurs. L’un est soluble dans l’amour, la compréhension, l'amitié et le pardon,  l’autre relève de la psychiatrie ou des tribunaux.Il y a cette immensité où l’on se perd parfois parmi les lois supposées du fonctionnement de l’inconscient « ce haut lieu de désirs dégueulasses et peu avouables » comme disait Freud


  J'ai, pour ma part renoncé à courir derrière les usurpatrices à l'image photoshopée, ou pas, qui sacrifient un temps précieux à leur aspect glissant vers une fatuité qu'il faudra payer de beaucoup de réticence. A l'effeuillage, il y a beaucoup de pétales interdits et une corolle pleine de déjà vu, sans compter les figures qu'elles s'imposent comme un label de compétence et qu'elles exécutent sans spontanéité écartant sans le savoir la volupté  du hors pistes. Et ma velléité d'intermittent affectueux, du coup!

   Récemment je me suis vautré dans de la chair souple, prodigue et authentique très éloignée des standards normés et assez proche des formes généreuses des peintres italiens de la renaissance. En fait de renaissance ce fut la nôtre. J’ai bandé comme je ne me souvenais plus que l’on pouvait bander aussi vite, aussi dur et aussi longtemps. J’ai caressé des rides et pétri des replis, du bout des doigts ou à pleine mains, j’ai léché des fentes, écarté des lèvres et sucé des fêlures, à pleine langue, à pleine bouche d'un corps extraordinaire de beauté inversée, implacable et somptueuse dont je me suis servi et que j’ai servi, que j’ai déplacé comme un meuble avec soin ou vigueur selon sa fragilité ou sa docilité, un instant suspendu quelques part dans les limbes et la confusion d’un enfer décadent ou d’un paradis perdu. J’ai bu et inondé de souillure ou de nectar le meilleur de ce que nos organes avait promis d’échanger. Nous nous sommes repus de nous, de claquement de chair en bruit de succion, jusqu’au point de non retour. Celui où l’âme se souvient qu’elle est au service des sens. Une  entité bicéphale et désespérée extraordinairement humaine, disponible et sans défense. J’ai éjaculé comme on sabre le champagne. A chercher sa bouche pour introduire une extension de moi et rester au plus loin et au plus profond d'Elle, nous n’étions plus que viande dégoulinante et ravie, la dignité accrochée à un croc de boucher pornographique. Pendant que je cédais à l’irrésistible attraction cosmique de ce vortex où disparaissaient la lumière et la substance, j’entendis une longue plainte d’animal vaincu dont j’étais incapable de savoir si elle émanait d'Elle ou de moi. De nous deux certainement. Sans doute sommes-nous des voyageurs épuisés, égarés dans l’oasis de l’acceptation de soi, éblouis comme de vieux mômes par un hasard inespéré enfin comblé.   
  Depuis je n’ai de cesse de recommencer dans l’abandon et la déraison avant de payer l’addition de l’absence et de l’oubli 


Ebats sur la BO de  

mercredi 8 novembre 2017

Point break


La jeune femme siffle crânement dans la maison où rode un chien enragé. La peur qui fait d’elle une petite fille rassurée par son propre bruit c’est celle de Cosette dans la noirceur des bois mais sans Jean Valjean. La peur de tous les dangers. Le pire étant de perdre le discernement, cette capacité à ce jour intacte, de détecter parmi eux ce redoutable renoncement que la raison impose. Elle imagine l’endormissement qui la guette insidieusement de se laisser attendrir, captive et lasse, par cet extrait de bonheur furtif quand le futur ex s’activait au fourneau le temps d’une chanson douce à la radio et que le chien ronronnait . Dés demain il va falloir renoncer à tout cela. Mon dieu quel chantier ! Rester ou partir? La trahison ultime que l’on fait à soi-même ou bien porter le "chagrin des départs'? A contre courant de ses propres décisions lentement muries jusqu’au pourrissement! La peur de se fourvoyer avec entêtement dans l’impasse du raisonnement. Et constater, front et genoux écorchés à force d'escalader le mur du fond, que la trouille est une bien mauvaise conseillère. Animal apeurée, guidée par son instinct bien plus infaillible que l’intelligence, dont l’oreille dressée perçoit troublée le murmure du doute. Une teinte claire et perturbante venant adoucir la noirceur de la certitude. Ce n’est pourtant pas le moment de mollir la nuit précédant la ligne d’arrivée. 
Rupture(s) Bacalan 2017

mardi 7 novembre 2017

Le chaigle

Le vazaha 2017-10 : en pleine réflexion
Salama be
Voici un peu les nouvelles mes amis, je suis en pleine réflexion spirituelle. Y a pas à chier, je suis bien ici. Le soleil a son effet, je répète encore une fois qu'il n'y a pas de bonheur plus intense que d'ouvrir ses volets tous les jours sur un ciel bleu. Je sais que ça ne vas pas durer, on va rentrer dans la saison des pluies. Mais celle ci est si courte ! Qu'est ce que c'est 2 mois pluvieux, avec quand même beaucoup d'éclaircies, quand on a 2 jours de pluie le reste de l'année ? Franchement c'est le pied. Et même s'il fait chaud, y a toujours de l'air, c'est top. Donc vraiment ma motivation première à rester ici c'est la météo. Et j'ai beau essayé de me trouver une autre destination en cherchant d'autres pays combinant pluviométrie/ensoleillement/humidité, je ne trouve pas.
Pourtant il manque quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas vraiment. Un peu l'amitié et l'amour de mes proches, ça c'est sûr. Mais un peu seulement car sur le long terme, je vais être honnête, les moments de joie dans ces domaines sont malheureusement de courtes durées. Pas à cause des gens, mais à cause des vies qu'on mène en Occident. Travail / stress / argent / grisaille ... tout ça fait que je ne me sens pas heureux en France, même bien entouré. Car justement cet entourage est pessimiste. Et ça me déprime.
De bosser dans un hôtel dans lequel nous sommes 2 occidentaux pour une soixantaine de malgaches me fait encore plus prendre conscience que l'argent ne fais pas le bonheur. J'ai déjà parlé de tout ça mais aujourd'hui ça devient un problème. Problème car je m'aperçois que mes petits malgaches, même s'ils sont heureux malgré la pauvreté financière de leur vie, sont capables de se voler entre eux. Exemple : une femme de ménage a perdu son job pour avoir volé le tel portable d'une autre.
Alors oui l'argent ne fais pas le bonheur, mais on se vole pour assouvir un plaisir si fugace. Et c'est là que le bât blesse, je ne trouve pas mon bonheur dans ce monde malsain où tout n'est que superficiel.
Gandhi disait : "il faut savoir vivre simplement, simplement pour que tout le monde puisse vivre". Pourquoi, dans ce trou du cul du monde où les gens vivent avec - de 50 € par mois, l'envie de consommation est si présente. Moi à part mes chiottes que je demande pour pouvoir chier confortable, je n'ai pas l'impression de manquer. Alors oui j'ai un iPhone. Mais ça me permet juste de communiquer. Y a 2 ans, j'aurai fait un crédit pour me payer le dernier à 1000 dollars mais maintenant je me rend compte à quel point c'est bidon. Chacun son truc mais aujourd'hui je trouve ça bidon.
Alors quoi ? Dois je vivre en ermite ?
On dit que l'amour est une force, qu'à 2 on est plus forts et patati et patata... mais ici, même si ça se passe bien avec ma femme, la réalité est toujours la même : on en veux toujours plus. Le plus riche, le plus beau, le plus intelligent, le meilleur plan cul. Je le vois bien, ma chérie ne me regarde pas comme si j'étais le dernier. Mais je sais que je ne suis pas le seul à penser ça, en France comme à Madagascar ou n'importe où ailleurs je pense. La surconsommation est partout, dans le matériel comme dans la chair.
Alors je ne suis pas malheureux, vraiment. Mon business fonctionne suffisamment pour vivre ici, j'ai un toit, à manger, une nana qui me plait. Mais je ne l'aime pas, car elle ne m'aime pas. Alors manque encore un truc. J'ai l'impression que c'est un jour sans fin.
Ici, j'ai souvent parlé du peuple vezo. J'admire ces hommes et femmes de la mer, qui vivent dans des paillottes au bord de la plage, de baise et de poissons. Mais comment s'intégrer dans un peuple comme ça quand on vient d'un monde où tout s'achète, même l'amour ?
En fait, je ne suis pas malheureux mais je ne suis pas heureux car l'humanité me rend triste.
Je vous rassure, je n'ai pas envie de me foutre en l'air, j'aime trop le cul et la bouffe. Ou bien si l'enfer existe, il paraît qu'on y bouffe de la viande et de la chatte. Mais pas envie de vérifier, on ne sait jamais, le diable est capable de me mettre sa grande fourche dans le cul. Et mon cul il est fait pour extraire, pas pour prendre 😉😂
Pour finir, je rêve d'un monde où l'homme et la femme se complètent comme l'eau et la soif, un monde où tout ce que l'on peut acheter par l'argent n'a aucune valeur. Mais ce monde existe t'il ? Il paraît que dans la vie d'un homme, la plus grande joie c'est l'amour. Alors j'attend ...
Bises
PS: hier j'ai pris le bajaj pour ramener des meubles chez moi. Ça faisait + d'1 an que je n'avais pas eu ce chauffeur et il me dit : "elle est où Apie ?". Inoubliable qu'elle était ma pitoubelle. Ce n'est pas cette réflexion qui m'a amené à écrire ça aujourd'hui. Mais j'y repense : pourquoi un chien laisse t'il une telle présence ? L'animal est il meilleur que l'homme ? ...
J'aurai voulu être un chaigle, mélange de chat et d'aigle, pour pouvoir me lécher les couilles tout seul et être libre comme l'air !

jeudi 2 novembre 2017

L’abandonnite.




 Il y a parfois dans l’air cette béatitude de la note bleue entre les platanes de la place Buscaillet.
Puis, une scène banale de la vie ordinaire gâche la douceur de l'instant.
Un "papa"( ?) se cache et constate l’effet de sa disparition. La petite fille abandonnée passe de l’étonnement à l’angoisse, la panique et les pleurs. Elle court irrationnellement à contre sens de la cachette, le sanglot crescendo.
Le daron signale sa présence à la petite dans la zone mentale bien entam
ée du syndrome de l’abandon et reprend sa marche en souriant. Il semble dire à la tablée majoritairement féminine qui ne le calcule même pas : « -Vous avez vu le bon géniteur que je suis ? »
La petite fille, trophée trottinant sans collier au bout d'une laisse virtuelle à quelques mètres derrière, n’aura pas le secours d’un mouchoir, d’un câlin, d’une parole
Au nom de la non-ingérence dans la vie des petites filles qui pleurent, j’ai replongé mon nez dans mes lasagnes oubliant "qu'avant" j'étais le Zorro des bacs à sable.
Dans ma prochaine lettre au père Noël, il me faudra penser à souhaiter que la petite fille devenue femme tombe du premier coup sur la bonne rencontre bien venu(e) digne de l’aider à traverser sa nuit
L’abandonnite. Bacalan 2017 

mardi 31 octobre 2017

L'écriture SNCF

Dans les yeux


Carcassonne, Narbonne, Béziers, Agde, on dirait le sud. La voix SNCF crépite avec l’accent d’ici qui rend acceptable le retard du Bordeaux- Saint Jean/Montpellier-Saint Roch : « ½ de retard dû à la gestion du trafic en gare de Toulouse-Matabiau. Veuillez nous excuser, cong »
½ heure ! 

C’est toujours ça de gagné pour l’héroïne du polar que je suis en train de lire. 
Le tueur au pic à glace, saisit son arme encore dissimulée dans son blouson quand sa victime se retourna. Les deux protagonistes découvrirent simultanément leur visage et suspendirent l’action. Le tueur reconnu sa cible grâce à la photo. Des yeux clairs, une glabelle franche, le nez droit avec le sceau de l’ange divisant la lèvre supérieure d’une bouche fine et merveilleusement dessinée. Dans sa version naturelle, un léger maquillage cernait ses yeux de bleu et ses cheveux élégamment en bataille donnaient l’impression subliminale de sortir des bras d’un homme ou d’y tomber bientôt. Un brillant discret ornait sobrement son oreille, l’autre était inondée par la vague de sa chevelure. Elle lui souriait et son sourire, dont on ne pouvait définir s’il était naissant ou inachevé, légèrement ironique, peut-être désabusé, étirait sa bouche comme un flamant rose déploie sa voilure.
Pour sa part, le tueur "travaillant" les frangines au pic à glace était moins avenant. Sa description physique a déjà été faite par Victor Hugo.
C’était Quasimodo !
Sujet de moquerie, n’inspirant que du dégoût, de la haine et de la peur, il a trouvé sa vocation et du boulot comme tueur des femmes. C'est le contrat: elle ne doit pas  témoigner! Pour la plus grande satisfaction de ses employeurs, d’un geste unique, rapide et sûr il sectionnait habituellement sans état d’âme la moelle épinière de ses victimes. Il en avait du raisiné sur les pognes, l'impitoyable! Son efficacité, au fil des meurtres, était décuplée par la beauté de ses victimes. Plus elles étaient belles, c'est-à-dire inaccessible, plus le tueur était impitoyable. C'était pour lui la seule possibilité de les posséder. Il jouissait de leur détresse, de son pouvoir, dans l’éternel combat entre l'amour et la mort. Sans rien savoir d’Eros et de Thanatos, il sacrifiait au second ce que ne lui concédait pas le dieu de l’amour.
Celle-ci était différente. Son regard croisa le regard du tueur sans broncher, sans peur, sans apitoiement, sans compassion, sans moquerie pour son aspect. Ils devinèrent ensemble ce qui échappait au langage. Leur identique et imperceptible faiblesse cachait une peur enfantine et un intense besoin de protection contenus des années durant par un barrage mystérieux. La féminité de sa victime transcendait cette force immanente de l’absolu désir avec la certitude nouvelle d’une possession. Il découvrirent ensemble sans doute possible ce qu'il y a de plus troublant de tout échange humain: la réciprocité.
Du coup, le tueur ne trouvait plus son pic à glace, ni son envie, ni son besoin de tuer.
Pour Quasimodo à la rencontre de son Esméralda, il ne fallut qu’une seconde à son instinct pour se décider tant cette vérité détenait d’évidences. La dureté du menton exprimait la force tandis que la tendresse étrange du regard modérée par l’intelligence savait user de l’une et de l’autre avec discernement. La puissance de la douceur et le velours de la fermeté en faisait une arme de construction massive pour le bienheureux d’en face. Dans ce regard sans répugnance, les années de frustration laissaient place à une séduisante perspective comme un boulevard d’immondices est nettoyé par la mousson. L’absence de dégoût, qu’il voyait pour la première fois dans les yeux de cette femme, n’était rien d’autre que de l’amour dans sa forme la plus pure sans la maladresse de l’innocence.
Moes, la brute qui l’accompagnait, l’organisation qui prévoyait l’éloignement des tueurs, la mort certaine, longue et douloureuse pour le contrat non remplit qui l’attendait, ne pesaient plus très lourd dans la balance de sa conviction. 

Le pic à glace sectionna la nuque de Moes épargnant celle gracile qui portait ces yeux-là.
Un simple regard de femme l'avait mis à genoux

Inspiré (just a little) de « Rien ne sert de mourir »James Hadley Chase

Hôtel Belambra La grande Motte Juin 2017



samedi 28 octobre 2017

Bacalan Story



Quand j’ai quitté Bacalan en 69 j’ignorais que j’y reviendrais quarante et un an plus tard.
J’y vécu des moments historiques : Mai 68, la construction et l’inauguration du pont d’aquitaine et mon éviction à coup de pied au Q du collège Blanqui. Historique ça aussi. Vous l’avez compris mes amis la petite histoire personnelle croise l’Histoire, la vraie avec un grand H et c’est là, dans cette fêlure que la Hache de la nostalgie nous ouvre en deux. Que l’on soit un chêne ou une allumette.
Pour moi Bacalan est une terre rebelle peuplée de résistants. De souvenirs et d’émotion.
Celle de la transgression quand j’apportais en 68 à mon vieux la gamelle du piquet de grève dans cette atmosphère où le temps suspendu et la nuit tombée portait l’angoisse de la répression ou l’espoir de la revendication. J’avais seul le droit de passer devant le cantonnement des CRS pour aller à l’A.R.N.I avec le double privilège de l’aîné de la famille et du jeune mâle à la tête brûlée. Première confusion : comme si le courage était une exclusivité masculine alors que ma frangine avait plus de couilles que moi quand elle passait la première à la piquouze au dispensaire de la rue Dupaty sans oublier maman qui revenait les avant bras brûlés par l’acide des batteries de la SAFT pour me payer un falzar neuf à la rentrée.
Celui de la transgression encore où s’exprimais mon refus de l’autorité à commencer par celle de l’éducation qui après Mai 68 n’était pour moi que l’outil de l’état pour fournir des arpètes aux usines. Confusion encore ! Je sais désormais, mais trop tard, que l’éducation est la seule permission de sortie dans la prison de la démocratie.
Celui de la transgression aussi quand je trimais avec une carte d’identité jamais fournies pour aller décharger les primeurs du Maroc aux hangars climatisés des bassins à flots dés 15 ans. Confusion aussi car la transgression n’est pas la triche. Et pourtant la résistance est toujours clandestine. Putain c’est compliqué !


Et ce pont d’Aquitaine pas encore ouvert où nous allions à trois sur un Solex et sur le viaduc en construction en passant la barrière de sécurité le dimanche à voir la Garonne d’en haut au bord du vide à plat ventre sur le béton.
Et ces murs escaladés pour boire du Pschitt en direct prélevé sur la palette d’un dépôt oublié quelque part derrière la rue Achard
Et d’autres conneries de rebelles en carton.
Pourtant Bacalan restera, à tord ou raison, terre de solidarité et de résistance, de dockers vainqueurs et de métallos chômeurs, d’amis retrouvés et de causes perdues, de jeunes candides tout neufs et de vieux militants épuisés ! 
D’émotions et de souvenirs vous disais-je!

dimanche 22 octobre 2017

Conte de faits macabres

Hier soir c'était au tour de Peach sur la scène de "On the road company"


La voix off de ce conte de la folie poétique nocturnale et sépulcrale, c’est le Peach de "Hamlet est à la bourre" sans son complice Jean-Luc Veisse.
"Embarrassada" est le mot espagnol pour dire que la dame attend un heureux événement nous apprends la voix.
Peach n’est pas que la voix off, c’est aussi l’auteur, le metteur en scène et l'éxècuteur de ce texte magnifique. Son intelligence et son talent réside dans cette novlangue bien tapie dans ses neurones bien barrées. Riche de néologismes, Lune levante, Ogritude, je n’ai pas tout capté car ce texte mérite une lecture papier, son espéranto est basé sur le concept de l’acte raccourci à sa conséquence. On retrouve l’idée en Napolitain "fatigaré=travailler"
La rencontre,volontaire, entre la baronne Von Griffonobel et une équipe de rugby (à 13 ou à 15, Peach ne précise pas) lors d’une troisième mi-temps et voilà l’ogresse bien embarrassée. C’est le point de départ de ce décompte de faits qui permettra à Peach de mener tambour battant à grand coup d’archet et de percussion son histoire fantastique de monstres et de morts vivants décapités ou de parturiente en gésine (femme enceinte en VO) asphyxiée par les flatulences d’ogresse, d’âne sans tête, de géniteur électricien mâle adroit en tracteur au fond d’une mare putride, de sage femme en deudeuch, de triplés catapultés et abandonnés et de fantômes bienveillants. L’homme seul en scène largement schizophrènètique déploie son énergie et son imagination gore digne de Tarrentino pour la bien nommée délivrance avec projection de l’ogrelet à vingt mètres des cuisses maternelles jouant au yoyo avec son cordon ombilical, dévorant son placenta tout chaud tandis que les cochons se régalent du liquide amniotique livré dans l’auge par une baronne pressée de se "désembarrassée". Afin de donner vie à sa galerie de personnage Peach s’est arrêté à Leroy-Merlin pour s’équiper en botte caoutchouc, plaque de béton, chaîne, maillet et tapette à souris. Animer prends tout son sens de donner une âme avec ce visage aussi mobile que celui de Jim Carrey dans the Mask, ce petit corps monté sur des jarrets secs et nerveux en chemise de lin fendue bougeant avec l’énergie sexy de Jango Edwards et l’inventivité de Gustave Parking à moins que se soit ces trois là qui aient plagié cet anglais anonyme de Saintonge.
Sortir au plus tôt de l’anonymat puisqu’il anime si bien et de Charente pour notre plus grand plaisir et une scène plus internationale, c’est le destin que je souhaite à ce membre inconnu des Monty Python

dimanche 15 octobre 2017

A la Rencontre de Xxxx

« Tu vas tomber amoureuse ! Frimais-je» Phrase miroir : Avec ce masque de vantardise, j’ouvre le canal de la vigilance, la tienne et la mienne. Les sentiments peuvent être un danger. J’ai beaucoup pensé à ne pas te soumettre ce texte, Toi que je ne nomme pas encore Sxxxxwxky. Même et surtout parce que je te sens, à la fois, sensible et émotionnellement stable, par intermittence ou alternance. Il est vrai (le texte), dans mon ressenti et, peut-être, juste dans la réciprocité. Je l’ignore. Cependant, si je suis capable d’analyse, je ne peux m’empêcher de passer de l’éloquence à la grandiloquence et tu sauras faire le tri entre rire et chanson. Par conformisme, on se  doit de rassurer, par sa posture immobile, la statue sur son piédestal en face de soi. Pourtant, existe la tentation de faire un pas vers elle afin que la vie soit plus qu’un musée. Surtout et seulement, si elle (il ?) est attirante, chaleureuse  et animée.  Il faut donc se donner des gages de stabilité émotionnelle afin de protéger sa zone de conformité et mon texte d’hier n’a d’autres desseins que te donner l’envie de me connaitre ou de me fuir. Depuis la découverte du feu, même si on se brûle, on n’aura plus jamais froid. S’il y a une chose que nous ne verrons jamais, c’est la feuille de salade coincée entre les dents des habitudes. Nous ne serons jamais rien d’autres que des amants s’aimant dans la joie et baisant la vie. 

….puis des amis le plus tard possible 

PS...Comme elle faisait partie de "mon plan de carrière", je me retrouvais donc seul dans le labyrinthe de nos sentiments. Et je compris soudain le sens de notre rencontre : l’impulsion qu’elle m’avait donnée et l’énergie qu’elle m’avait insufflé était désormais le fil conducteur qui me sortirait du dédale de ma vie. Sxxxxwxky contenait entre autres délices, des petits bouts d’Ariane. J’avais encore et pour longtemps au bout de mes doigts l’odeur sacrée de ses phéromones qui me conduisirent dans le droit chemin....

samedi 14 octobre 2017

Cantat. Bertrand


Je partage dans les grandes lignes les idées et admire l’efficacité de  Jean-Marc Gancille et Isabelle Camus Ils   m’ont aidé, mais pas qu’eux, par leur action et convaincu par leurs publications à prendre conscience que l'on peut bouffer sans tuer et limiter mon empreinte carbone pendant mon passage sur cette planète. Depuis, dans ma vie quotidienne je suis végétarien, sans télé, sans eau chaude, je hais le zoo, je ne fréquente plus le cirque, mon chien ne connait pas la laisse et encore moins la muselière et  je travaille dans l’amélioration de l’habitat et les économies d’énergie. Et puis voilà la contre image dont parlait Roland Barthes. Le point noir au milieu du visage qui finit par envahir l’image.

Ces deux (ex ?) ami.e.s Facebook dont je crois fermement à l’humanisme sincère et au féminisme authentique s’affiche avec et soutienne l’assassin chanteur au prétexte du droit à la réinsertion de celui qui a payé sa dette. Je leur suggère donc de continuer cette noble croisade avec d’autres poètes rebelles légèrement moins glamour, Emile Louis, Francis Heaulme ou Marc Dutroux par exemple
source image: Internet

vendredi 13 octobre 2017

L'énigme du Sphinx* (la question qui tue)




Je la voyais toute les semaines. Parfois deux fois par semaines.
Ainsi, à chacune de mes visites elle en savait un peu plus sur moi. Ce que je buvais, ce que je mangeais, ce que je lisais, les sous vêtements que je portais, si j'avais un animal de compagnie. Elle ne communiquait que par des bruits étranges : Bip, bip quand elle me passait au scanner. N’empêche, malgré cette timidité, j’étais sûr et certain qu’elle communiquerait un jour avec moi. Bon timing, c’était aujourd’hui!
J’étais prêt pour La question :

"Vous avez la carte de fidélité du magasin ?"

*Installé sur un rocher du mont Phicium, (ou sur les remparts de Thèbes), le monstre posait une énigme qu'il avait apprise des Muses, aux voyageurs qui passaient à proximité. Ceux qui n'arrivaient pas à résoudre son énigme étaient immédiatement tués et dévorés

jeudi 12 octobre 2017

Dans la matrice. L'inversion du temps


J’avais garé la Chevrolet entre une vieille Clio et l'arche de Noé. Malgré le déluge, le goudron fondait avalant un SDF enlisé lentement par le sable mouvant du trottoir sa 8.6 à la main et une fissure gigantesque ouvrait la rue en deux comme si Armageddon hésitait entre deux différents final cut. Des maisons copiées/collées d'un lotissement Bouygues jaillirent des hordes de nains fringués comme Harry Potter. Spiderman chancelait sous les coups de Doc Octopus et Peter Parker prenait des photos pour son Facebook. Le joker et sa bande de nains se ruèrent à l'assaut d'un magasin Toy's R' us la Kalachnikov à la main tandis que Captain América poussait sa mobylette en rade. Catwoman à quatre pattes acquiesçait en miaulant sous les secousses de Batman accroché à ses hanches. Une meute de chien coursait un loup garou et Dracula faisait la queue pour donner son sang devant le centre de transfusion sanguine.
Allées Gaudi le Mac Do flambait, bien fait pour sa gueule, et quatre cavaliers de l'apocalypse brûlèrent le feu rouge devant la Sagrada Familia. La fin du monde approchait et ce n'était le moment de faire le malin.
Le rayon d'un laser épelait le jour et l’heure de ce putain de calendrier sur un ciel tagué de fumées noires. En zoomant l’écran de mon GPS je vis que les rues n’étaient que les fils d’une toile d'araignée d'une ville en spirale. Un lapin blanc me confirmant en branlant du chef que j’étais bel et bien dans la merde et dans la matrice.
In petto, je passais en mode tortue tentant d’aller sans dommage du point du jour au crépuscule qui, de toute façon, n'en avait plus pour longtemps. 
Ne pas bouger, surtout ne pas bouger !
Impossible: La rue collait à mes chaussures. 
Mon immobilité était inutile : je représentais une belle aubaine en protéine pour la bête alertée.
Une gigantesque araignée surgit. 
Immense vulvaire et pornographique, fêlure géante érigée face à moi, rosée, le bord des grandes lèvres légèrement velues, juste ce qu'il faut.
Les femelles de mes rencontres étaient souvent et sans peine plus grandes que le petit mâle dominant que je suis et le dimorphisme sexuel n'était pour moi qu'un défi augmenté. Je me préparais au corps à corps, ce fut un bouche à bouche. 
Sans langue de bois pour ne pas choper d'échardes nous parlâmes le même langage d'une langue vivante vers le consentement d'un plaisir mutuel.
La belle est la bête!
Elle est moi!
Tandis qu’elle fondait dans ma bouche, j’arrosais généreusement ses amygdales débordé par l’altérité de nos deux désespoirs.
Je jetais un coup d'œil à ma tocante molle de Dali dont les aiguilles ne tournaient plus dans le sens du temps.
J'étais dans la matrice spectateur confus de l'inversion du temps. 
Dehors, la nuit était noire de monde, les vents étaient contrariés, la Chevrolet conduite par mon moi alternatif manœuvrait pour un créneau entre une vieille Clio et l'arche de Noé pendant que débarquait sa ménagerie. La pluie revenait dans les nuages et la fumée des cigarettes des piétons qui marchaient à reculons faisait des volutes à l'envers retournant dans leurs cylindres de papier. 
Quelqu'un, quelque part dans la matrice avait cliqué sur "Delete"!
Bonne pioche: le temps rebroussait chemin et moi, j'allais rajeunir.
Le lapin blanc, le gilet de travers et la montre à gousset explosée, soulevait la jupe d'Alice-ça-glisse au pays des merveilles.

samedi 7 octobre 2017

Faut qu'ça pète

J'avais écrit ce truc entre les deux tours des élections présidentielles et complètement oublié de le publier.
Avec le recul, c'est rigolo

Casting! 
Avec Hamon comme leurre, qui a bien joué le rôle de la diversion, suivi loyalement par sa troupe de bras cassés et La Peine en épouvantail repue d’avoir trop servie, je choisis, déclare et prône en conscience le régime sec, ferme, lucide et définitif de….. du coté obscur ....de l'abstention. 
Non pas en espérant que mes amis fassent le job en se bouchant le nez, mais en l’absence de perspectives d’avenir radieux et dans la mortification de la victoire possible de ceux qui usurpent le nom de « Patriote »
Et sans omettre à ce casting Manu, l'autre, Valls rallié avant cette victoire volée, par des traîtres et rejoints désormais par des opportunistes courbés, contraints et toujours "loyaux" dans un ralliement aussi prévisible que l’échec de leur boute-en-train, au sens de celui qui prépare la jument de la république à la saillie de l’étalon Macron pommadé et familier des haridelles et coutumier des vieilles rosses
La consigne de vote issue de cet entêtement irrationnel parée de la pesante loyauté d’imbéciles vertueux, ou complices, qui veulent contraindre leur armée mexicaine à faire preuve de responsabilité en votant pour un adversaire de pacotille est assez indigne. Macron n'est que le second étage du pétard mouillé Hollande, président priapique désireux de prolonger son érection par procuration.
 L’ancien parti des R25 a réussi, par calcul pour certains et aveuglement pour d’autres, à faire de ce point d’orgue de la liberté qu’est le suffrage universel un geste de peur et de collaboration, le repli stratégique d’une armée de godillots.
Aux lendemains qui ont suivis la primaire payante, il est plus que probable que notre opinion ne « les » intéresse pas, seul notre vote restaurerait un peu de leur puissance perdue avec la suspicion d'un reliquat d’appétence misérable pour des miettes de gâteau.
Cette stratégie est révélatrice d’un angélisme Canada dry qui a plutot la couleur et l’odeur du machiavélisme
Version courte
Voter c’est collaborer, s'abstenir c'est résister!
Car c'est dans la dictature annoncée que la révolution trouvera sa légitimité et sa raison d'être.
Colère!

mardi 3 octobre 2017

Ecologie, variante iconoclaste



  On a retrouvé Christopher Knight. A vrai dire on ne le recherchait plus vraiment. C’est juste que l’homme des bois marchait sur l’autoroute quand il s’est fait chopper. L’autoroute ! C’est là que tout a commencé

   Et si le sens originel de l’écologie est que l’impact de l’homme sur la nature soit proche du zéro absolu, alors Christopher Knight en est un exemple intéressant.

   Un beau jour de 1986, Christopher Knight, un jeune homme sans histoire monte dans sa Subaru et roule un peu au hasard sur les routes des États-Unis. Alors qu'il est dans le Maine, plus d'essence, plus un dollar en poche. Il abandonne sa voiture et s'enfonce dans la forêt. Il va y rester 27 ans, vivant dans un campement de fortune, à quelques kilomètres des premières habitations, sans que personne, jamais, ne soupçonne son existence. Il a commencé son "ermitage" sous Ronald Reagan, sous la présidence de RR pas sous le bureau de Ronald Reagan,  et ne sera repéré que bien plus tard.  En un peu plus d'un quart de siècle, il n'aura échangé qu'un seul mot avec un randonneur croisé par accident: "Bonjour". Pourtant, Christopher Knight n'a rien d'un fou. "L’homme le plus solitaire du monde" était d'une prudence de Sioux: dans la forêt, pour ne laisser aucune trace, pas même une brindille cassée ou une herbe aplatie, il se déplaçait en sautant de rocher en branche d'arbre, en une sorte de "marelle" invisible. L'hiver, très rigoureux dans le Maine, il n'a jamais fait un feu, de peur d'être repéré par la fumée, quitte à se relever plusieurs fois par nuit pour marcher et éviter la mort par le froid. Christopher Khight s'était installé un campement derrière des rochers, au milieu d'une forêt inextricable, où aucun chasseur ne s'aventurait jamais. Quelques bâches, une tente, un matelas, une installation au gaz pour cuisiner, le tout parfaitement invisible du ciel -ce perfectionniste était allé jusqu'à repeindre ses pinces à linge en vert pour éviter qu'elles brillent! Son principal trésor: ses lunettes aux montures vintage, qu'il a réussi à ne pas casser durant ces vingt-sept ans... Il pouvait rester des heures à contempler la nature ou le ciel étoilé. Méticuleux, prudent, organisé, "l'ermite du Maine" n'a rien d'un néo-hippie ou d'un idéaliste un peu suicidaire à la Christopher Mac Candless, le "héros" d’into the wild. Il a d'ailleurs traversé cette incroyable épreuve en parfaite santé -pas un rhume en un quart de siècle! En quarantaine de l'humanité, et donc des poignées de mains et des éternuements de ses contemporains, il échappait aux virus et autres bactéries

  Mais comment Christopher Knight faisait-il pour se nourrir? Après s'être rasé de près, pour ne surtout pas ressembler à un ermite en cas de mauvaise rencontre, il cambriolait les maisons alentour. On estime qu'il a commis plus de mille cambriolages au total! Toujours des maisons vides, des résidences secondaires délaissées. Il emportait boites de conserves, biscuits, livres (sous la tente, il lisait Shakespeare) et, surtout, piles et lampes de poche pour pouvoir s'éclairer. Souvent, il perpétrait ses vols en canoë, autour d'un lac, ne laissant aucune trace derrière lui. *

   L’intérêt de Monique pour l’écologie est un peu différent mais, pour autant, elle est bio à sa manière, amoureuse de la nature et grande amoureuse tout court. Gélules aphrodisiaques biologiques, sex-toys sans phtalates, lubrifiants naturels, préservatifs éthiques garnissent le tiroir de sa table de chevet. Elle a le plaisir parfois solitaire, parfois partagé, mais toujours éco responsable de la planète et n’use sans modération que de cosmétiques érotiques entièrement biologiques. Du baume après fessée aux parfums intimes sans aucune huile de palme mais au karité ou à la cire d'abeille avec des emballages en matières recyclables, Monique Musset ne badine pas avec l’amour de la nature.

     L’intersection entre Monique visiteuse de prison et Christopher le taulard se fit au parloir, lieu de  rencontre bien mal nommé pour cet homme peu disert.

    Ce solide gaillard mutique, une fois tiré de 27 années d’isolement et de quelques mois de placard, promesse tacite d’un tempérament affectueux et d’une libido à mettre à jour, ne risquait pas de lui casser les oreilles avec ses bavardages. Momo en avait un peu marre de ses rendez-vous Meetic et des fadaises qu’elle devait endurer avant de consommer un plat du jour souvent décevant. Avec curiosité elle avait  découvert lors d’une rare et brève conversation, la créativité de Chris ajouté à toutes ces qualités. Ce dernier, dans ses longues et manuelles veillées de solitude, avait inventé le vibro masseur à énergie solaire. La disparition des centrales nucléaires ne la dérangeait pas, bien au contraire ! Et tant pis s’il fallait retourner à la bougie pour éclairer son alcôve. A la veillée funèbre de L’EDF, revenant aux candélabres, elle s’était même imaginée un destin à la Mélanie de Brassens pour l’usage érotique des cierges phalliques que cette dernière en faisait.
    Enfin, Monique, chômeuse de gauche en fin de droit, ne fréquentait plus depuis belle lurette l’institut  d’épilation Epil Story et ses gambettes ressemblaient à celles d’une mygale.
"Pas de quoi effrayer un écolo" se dit Monique sur le chemin de son rendez-vous avec Cristopher avec dans son sac à main quelques préservatifs éthiques au bilan carbone neutre, fabriqués en Allemagne avec un latex naturel issu de forêts indiennes gérées durablement.

Mais il est temps de conclure cette variante fantasque de l’écologie.

   Voici donc Momo et Chris bras dessus/bras dessous se dirigeant 81 rue Ça Urge à l’hôtel clandestin "Aux câlins crapuleux des amants furtifs" avec chacun ses incertitudes délicieuses du premier rendez-vous, son émotion inaltérable de la première fois, sa sensation unique  de la découverte dans la couleur de l'osbcurité et le parfum de la vérité. Le bon dosage du respect et de l’initiative, de la réserve et de l’intrépidité, des précautions et de la prudence.

 Ah oui, la prudence !
  "Surtout penser à replier les panneaux solaires du vibro car, même si Monique est ambitieuse, ça risque de piquer un peu au passage du désir" se dit Christopher en gravissant l’escalier.

....Et les derniers ajustements

-T’as pas peur des mygales, mon grand? Dis Monique.

*  source : Jérôme Dupuis l’express du 23/09/2017

vendredi 29 septembre 2017

Une lettre et des chiffres

Je courais !

J’ignore dans quelle zone grise de la conscience j’étais en errance mais je me souviens très bien que je courais. Je suis passé distraitement devant la vitrine de running bordeaux puis, comme un personnage de cartoon’s, je revins sur mes pas pour vérifier le détail qui m’avait accroché : je n’avais pas de reflet ! Pas d’ombre, non plus ! Erreur 404 ! En panique l’évidence me transperça, effrayante : je n’existais pas. Bien sûr je voulais maigrir mais là…..
L’explication était sous mes yeux : Le A ! Le ticket d’entrée dans l’existence vient d’augmenter !
Une lettre et des chiffres.
Une voyelle de 119 mètres de long contre un billet de 300 000 000 de dollars sans compter le plein de super à 1 400 000, toujours en dollars, pour 750 000 litres afin de nourrir 12 000 Chevaux tirant 6 000 tonnes sur 12 000 kms à 23 Km/h de moyenne.
Nous, à Bordeaux, nous l’avons eu pour à peine 4000€, durant les quelques jours d’amarrage avec les retombées inestimables d’une carte postale qui fera plusieurs fois le tour du net et la menue monnaie du shopping injectée dans le commerce local.
« Opération blanche » titre, d’un euphémisme, la PQR. Pas sûr. A l’aune de cette jauge, Bordeaux, par cette escale avisée, change encore de dimension !

mardi 26 septembre 2017

Labyrinthe


Qui se souvient de "Mon oncle d’Amérique" d'Alain Resnais et de Henri Laborit? 

Un rat errant dans un labyrinthe découvrit par hasard un bouton. Le rat, pas très futé mais curieux, en appuyant sur le truc reçoit de la nourriture. A tous les coups on gagne et puisque qu'il gagne, il joue. Le rat, de l’effet de son action, se met à croire dur comme faire (lol 1, jeu de mot avec fer et agir, j’peuxpas m’en empêcher) à son intelligence, sa compétence, sa chance et d’autres mots en "ence" ou "ance": excellence, confiance, expérience….
Expérience justement ! Dans son sens "expérimenter" : celui qui cherche, qui précède celui de "expérimenté" : celui qui trouve.
En prenant de la hauteur, ce qui est impossible pour un rat du sol (lol 2), on aperçoit la troisième dimension du labyrinthe et l’homme en blanc qui alimente le rat à chacune de ses actions. L’homme en blanc, un dieu à l’échelle des rats, travaille sur l’instinct, l’intelligence, la cupidité et la violence histoire de voir ce qui fait passer l’humanité de la barbarie à la décadence et le rôle de son trait d’union entre les deux : la civilisation.
Le rat fit profiter ses congénères de l’aubaine, ce qui attira d’autres rats de plus en plus nombreux sur des parts de plus en plus réduites et des bagarres de plus en plus fréquentes, ce qui fit bien marrer l’homme en blanc. L’homme-en-blanc nota sa conclusion : la vertu du partage devenait le vice de la discorde dés la première disette puis rentra à la maison oubliant le rat, le bouton et son approvisionnement. Il y avait un PSG/OM qu’il ne fallait pas rater. Chez les rats, le rat pourvoyeur se demanda ce qui avait bien pu merder avec ce fucking bouton qui ne fonctionnait plus. Pas longtemps car il lui fallut inventer, à l’intention des rats quémandeurs vite fait le langage, la sémantique puis le débat dans la foulée, histoire de gagner du temps. Tandis que d’autres rats inventaient le vote démocratique et les éléments de langage, il changea de case, histoire d’inventer la justice, un autre labyrinthe.
A suivre….

samedi 16 septembre 2017

La pirogue à Dadou

Le vazaha 2017-9 : navigation à voile avec les malgaches
Ola
Comme promis, suite des aventures pour parler du navigateur malgache. Désolé ça fait beaucoup de lecture pour le week end mais c'est calme aujourd'hui, alors je profite.
Entre mes histoires de meuf (l'ex ne voulait pas faire du bateau) et le boulot, pas encore eu le temps de faire une virée sur l'Awam. Chose faite jeudi, je m'accorde une journée de repos, jour de congé de la miss.
Je ne gagne pas vraiment de pognon avec ce bateau et les ballades en mangrove. Mais je me suis remboursé l'achat et j'ai pu investir dans une voile. Et quel bonheur !
Vous avez vu la photo de mon Jack Sparrow ? Il est trop balèze. J'en avais déjà parlé, il y a une ethnie plus ou moins nomade qui vit au bord de l'eau et qui fait vivre Mada de la pêche en mer, les vezos (on prononce Vèze). Quand j'ai pris la pirogue, j'ai choisi un super capitaine, suis vraiment content de son boulot. Et son meilleur pote, Dédé, est vezo. C'est d'ailleurs lui qui m'a vendu la voile pour 150 000 ar (50€ environ). Vous avez vu le bateau, c'est une coque en bois avec un flotteur. La voile, c'est trois draps cousu entre eux, avec 3 mats taillés dans la masse (en fait juste 3 grosses branches sans les petites) et quelques cordes.
Je ne connaissais pas la voile, c'est vraiment génial. Pour capter le vent, le navigateur se met sur un mat à l'horizontal, pieds nus avec un super équilibre. Et à l'arrière y en a un autre qui dirige avec une espèce de grosse pagaie. Le 1er indique à l'autre quel cordage retendre ou détendre, il le fait d'une dizaine de centimètre et la voile se tend, le bateau bouge légèrement et ça accélère. Effet immédiat et d'une précision d'horlogerie suisse.
On devait naviguer à l'équivalent de 10-15 km/h je dirai, c'est pas mal.
En arrivant vers la plage de destination, j'avais envie de me baquer. Alors je me suis foutu à l'eau en m'accrochant au support du flotteur. Beh en fait, je me suis fait tiré comme une merde ! J'en avais le calbute au niveau du baducul ! Et ça tire le bordel. Alors j'ai lâché prise 😂
Restait peut être 500 mètres avant la plage, voulait finir à la nage. Je gueule comme un porc "c'est bon, ne faites pas 1/2 tour, je fini à la nage". Résultat, ils ont défait la voile et sont venus me chercher à la rame ! C'est gentil mais ils ne m'avaient pas compris. J'ai demandé à Tahina s'ils étaient pas blasés de devoir faire 1/2 tour, apparemment ils ont rigolé et euent pitié de moi en disant que la plage était trop loin. Ok, j'économise des bras.
Arrivés sur la plage, on débarque puis ils mettent le bateau derrière la barre de vague, avec un rocher encordé en guise d'ancre. J'adore.
Quand on est reparti, y avait un peu de houle. Tu te souviens ma sœur les petits moutons sur le dessus de l'eau à Marseille ? Moi j'ai souviendu, ça veut dire que ça va taper le cul. Pas loupé !
Déjà pour faire demi tour : on prend un peu le large mais faut retourner d'où kon vient. Et si j'ai bien compris, un vent du Nord pour aller au Nord, en voile c'est pas le top. Sont pas stressés les malgaches. On n'arrivait pas à faire demi tour mais ils étaient morts de rire, ils se chambraient. Puis on a demandé un gros pour aller sur le flotteur. Présent ! Putain, ça a basculé direct. La voile a tourné, le bateau s'est cambré, j'ai failli repartir à l'eau.
Y avait l'autre gars, le barreur de l'aller qui est resté en contre poids de l'autre côté du bateau. C'était vraiment sympa de voir son cul à 5 cms de l'eau dans un creux, puis à 2 mètres de haut la seconde d'après. J'aurai bien voulu être à sa place pour avoir les sensations. Mais faut l'équilibre que je n'ai pas. A un moment, le flotteur est bien sorti de l'eau, je pensait qu'on allait basculer. Puis non, petit coup de barre comme papa dans maman et ça se recouche. Excellent.
Avec la houle, par moment le flotteur se retrouvait immergé de 50 cm. Tu sens le bateau ralentir, les bois se tordrent là où tu te cramponne. Et faut dire que je la kiffe ma pirogue mais c'est une pirogue, 1 mètre de large sur 5 ou 6 de long, ça paraît fébrile. Mais elle n'a pas bronché.
Enfin, rentrée dans la mangrove de Morondava. Petites manipulation, le
bateau se met dans le sens des vagues rentrant dans la passe. Pratiquement plus de vent dans les oreilles, l'Awam surfe tranquillement sur les vagues.
Donc retour plutôt agréable en sensations, avec le Jack Sparrow en barreur qui siffle et rigole pour chasser les sorcières du canal du Mozambique, l'autre gars qui se fait balancer la clope au bec, et ta meuf qui pousse des petits cris à chaque fois qu'elle se prend une giclée dans la gueule ... Bon petit trip.
Et pour finir, la voile c'est énorme. Sentir les effets du vent sur ton bateau, en plus avec des navigateurs qui marchent sur le bateau comme ma femme sur mon dos, tout en délicatesse et sans tomber, c'est un beau spectacle. Cerise sur le gâteau avec un très léger déchaînement des conditions, juste assez pour donner des sensations sans déclencher la peur.
Voilà, c'est fini pour ce week end, merci de m'avoir suivi.
Bisous

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