lundi 31 juillet 2017

On the road ...again

Il est permis au juste, une fois dans son existence, de laisser la luxure prendre le pas sur le principe

Merde j’arrive trop vite, trop fort !
« -Trop vite c’est combien ?
- j’te dis pas au cas où les condés dragueraient par ici
- c’est du déclaratif tu pourras toujours dire que tu frimes !
- cela m’arrive.... d’embellir
- allez envoie la purée ! »
Trop vite ? Je jette vite fait un coup d’œil à l’indic. Ah ouais, quand même ! Forbidden zone, 100 bornes au dessus du street légal sur cette départementale déserte entre Le Bosq et Casteljaloux!
Réflexe de puceau, je me jette sur le levier de frein, l’avant se plante, Elle se relève alors qu’Elle devrait se coucher pour passer la courbe et le gonze d’en face avec sa caravane au Q se prépare à m’embrasser sur la bouche.
Une vieille gitane en génuflexion me prédisait en m’avalant qu’un jour je finirais comme un mosquito sur un pare brise.
Mouais, je vis, je baise, je roule au-dessus de mes moyens parce que j’ai du Reggiani plein les esgourdes:
"Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour... Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore."
(La meule est celle du fiston  loin des radars, là bas à Madagascar.
Quand j’ai essayé sa mobylette, elle m’avait déshabillé au premier rendez-vous. Vêtu d’un blouson de ville, d’un tee-shirt et d’un vieux 501 élimé, plein de souvenirs, que je ne voulais pas lâcher. Une loque bien déchirée aux genoux et aux fesses, sa toile stone watched était à bout de souffle comme Bébel dans le film de Godard.
A fond de quatre, le blouson s’est ouvert comme un parachute. Il s’est envolé quand j’ai lâché le guidon reculant en fond de selle tout en coupant les gaz.
Bon ça c’est fait !
Il m’en restait deux : La cinq et la six. J’ai remis les watts! Un frisson orgasmique dans le bas du bide aux voisinage des 1300 tours/minutes sur chaque vitesse du vaillant triple pattes. Le tee-shirt s’est enroulé autour de mes épaules tandis que le vent lacérait mon bénard avec liposuccion de mes bourrelets au rencard des 250 compteur.
Pas de goods vibrations comme sur -et dans- mon petit bicylindre qui de toute façon, crache ses poumons à l’approche des 200, mais un frémissement dans le guidon qui me rappelle qu’elle est clitoridienne et que je dois m’occuper d’Elle. Ça tombait bien, au péage de Virsac, je n’avais plus que ma ceinture, mes bottes, mon casque et mes gants. Je m’acquittais de l’octroi et quittai l’autoroute pour un chemin de traverse qui sentait la noisette et pas encore le stupre et la fornication.)
Bon, je n’ai pas emplâtré le voisin d’en face avec son 4x4, son pare-buffle et sa caravane puisque je suis au clavier.
Mais j’ai senti une sueur délicieuse me caresser l’échine et la bave de la "bête qui un jour aura raison de ma fière prestance, ma merveilleuse allure et verra ma fière arrogance tomber dans la sciure et le sable rougi"(merci Charles)
J’ai bien vu que le frein m’était aussi inutile qu’un candidat PS largué par ses potes entre les deux tours.
Avec la Ducati j’arrivai sur ce virage avec 40 bornes de moins et, en tortillant du fion, elle "passait" la courbe à un petit 150 sans trop me faire jouir.
Avec cette jeunesse, son enthousiasme et sa vigueur qui ne supportait pas la semi-molle, fallait s’imposer. En coupant les gaz, j’ai gratté quelques kilomètres/heure. Sortant le genou intérieur en aérofrein et glissant littéralement mon petit corps hors de la selle, je réduisis l’inclinaison de ma partenaire qui profitait de mon coup de rein pour lâcher prise et m’accorder ce plaisir incommensurable, capiteux et violent que seul procure le contrôle d’une machine le genou par terre entre Eros et Thanatos. Elle avait raison, ça passait! Et mon coup de frein était celui de l'inhibition.Une ambition à taux minable indigne de sa tenue, de route, vertueuse. La chevauchée de cette noble mécanique se méritait. De l'or liquide bruissait dans ses veines le temps de ces instants d'ivresse intemporelle.
Le ridicule de ma position de pilote de grand prix ne risquait pas, dans ce no man land Lot & Garonnais, de n'avoir d'autres spectateurs que quelques écureuils plus occupés à stocker de la noisette.
J'avais perdu deux kilos de sueur entre la peur et la victoire saluée par une nuée de papillon s'envolant dans mon ventre.Je me suis arrêté tenté par un chemin, de traverse encore et toujours. Pantelant, livide et vidé, je repris mon souffle et un rythme standard pour mon vieux palpitant. Contre un pin adossé je sentais la sève vibrer sous l'écorce rugueuse tandis que mes petites jambes tremblaient.
Début des négociation entre passion et raison, entre vantardise et panache avec ce conseil érotique de Brigitte "je tiens bien moins à la vie qu'à mon terrible engin" * à qui je dois quelques érections juvéniles et les premières branlettes
Bisouxxx
*(Merci Gainsbourg)

3 commentaires:

Célestine ☆ a dit…

Pas une fausse note dans ce concerto sauvage où tu nous emportes, chevauchant ta machine comme si c'était une femme. d'ailleurs c'en est une, apparemment.
Racée et érotique, gaffe quand même que la petite mort ne se transforme en grande, parce que c'est pour la vie, quand on est mort. Demande à Coluche.
Sinon, Serge, c'est quand même un beau prénom...La chanson du Rital me donne des frissons. Celle de Gainsbarre n'a pas pris une ride ;-)
¸¸.•*¨*• ☆

Serge Pradoux a dit…

Bien vu Lulu et merci de bien vouloir te perdre encore par ici

Serge Pradoux a dit…

ah oui, j'oubliai le premier jet est ici:http://dusportmaispasque.blogspot.fr/2017/06/speed-triple.html

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