vendredi 29 septembre 2017

Une lettre et des chiffres

Je courais !

J’ignore dans quelle zone grise de la conscience j’étais en errance mais je me souviens très bien que je courais. Je suis passé distraitement devant la vitrine de running bordeaux puis, comme un personnage de cartoon’s, je revins sur mes pas pour vérifier le détail qui m’avait accroché : je n’avais pas de reflet ! Pas d’ombre, non plus ! Erreur 404 ! En panique l’évidence me transperça, effrayante : je n’existais pas. Bien sûr je voulais maigrir mais là…..
L’explication était sous mes yeux : Le A ! Le ticket d’entrée dans l’existence vient d’augmenter !
Une lettre et des chiffres.
Une voyelle de 119 mètres de long contre un billet de 300 000 000 de dollars sans compter le plein de super à 1 400 000, toujours en dollars, pour 750 000 litres afin de nourrir 12 000 Chevaux tirant 6 000 tonnes sur 12 000 kms à 23 Km/h de moyenne.
Nous, à Bordeaux, nous l’avons eu pour à peine 4000€, durant les quelques jours d’amarrage avec les retombées inestimables d’une carte postale qui fera plusieurs fois le tour du net et la menue monnaie du shopping injectée dans le commerce local.
« Opération blanche » titre, d’un euphémisme, la PQR. Pas sûr. A l’aune de cette jauge, Bordeaux, par cette escale avisée, change encore de dimension !

mardi 26 septembre 2017

Labyrinthe


Qui se souvient de "Mon oncle d’Amérique" d'Alain Resnais et de Henri Laborit? 

Un rat errant dans un labyrinthe découvrit par hasard un bouton. Le rat, pas très futé mais curieux, en appuyant sur le truc reçoit de la nourriture. A tous les coups on gagne et puisque qu'il gagne, il joue. Le rat, de l’effet de son action, se met à croire dur comme faire (lol 1, jeu de mot avec fer et agir, j’peuxpas m’en empêcher) à son intelligence, sa compétence, sa chance et d’autres mots en "ence" ou "ance": excellence, confiance, expérience….
Expérience justement ! Dans son sens "expérimenter" : celui qui cherche, qui précède celui de "expérimenté" : celui qui trouve.
En prenant de la hauteur, ce qui est impossible pour un rat du sol (lol 2), on aperçoit la troisième dimension du labyrinthe et l’homme en blanc qui alimente le rat à chacune de ses actions. L’homme en blanc, un dieu à l’échelle des rats, travaille sur l’instinct, l’intelligence, la cupidité et la violence histoire de voir ce qui fait passer l’humanité de la barbarie à la décadence et le rôle de son trait d’union entre les deux : la civilisation.
Le rat fit profiter ses congénères de l’aubaine, ce qui attira d’autres rats de plus en plus nombreux sur des parts de plus en plus réduites et des bagarres de plus en plus fréquentes, ce qui fit bien marrer l’homme en blanc. L’homme-en-blanc nota sa conclusion : la vertu du partage devenait le vice de la discorde dés la première disette puis rentra à la maison oubliant le rat, le bouton et son approvisionnement. Il y avait un PSG/OM qu’il ne fallait pas rater. Chez les rats, le rat pourvoyeur se demanda ce qui avait bien pu merder avec ce fucking bouton qui ne fonctionnait plus. Pas longtemps car il lui fallut inventer, à l’intention des rats quémandeurs vite fait le langage, la sémantique puis le débat dans la foulée, histoire de gagner du temps. Tandis que d’autres rats inventaient le vote démocratique et les éléments de langage, il changea de case, histoire d’inventer la justice, un autre labyrinthe.
A suivre….

samedi 16 septembre 2017

La pirogue à Dadou

Le vazaha 2017-9 : navigation à voile avec les malgaches
Ola
Comme promis, suite des aventures pour parler du navigateur malgache. Désolé ça fait beaucoup de lecture pour le week end mais c'est calme aujourd'hui, alors je profite.
Entre mes histoires de meuf (l'ex ne voulait pas faire du bateau) et le boulot, pas encore eu le temps de faire une virée sur l'Awam. Chose faite jeudi, je m'accorde une journée de repos, jour de congé de la miss.
Je ne gagne pas vraiment de pognon avec ce bateau et les ballades en mangrove. Mais je me suis remboursé l'achat et j'ai pu investir dans une voile. Et quel bonheur !
Vous avez vu la photo de mon Jack Sparrow ? Il est trop balèze. J'en avais déjà parlé, il y a une ethnie plus ou moins nomade qui vit au bord de l'eau et qui fait vivre Mada de la pêche en mer, les vezos (on prononce Vèze). Quand j'ai pris la pirogue, j'ai choisi un super capitaine, suis vraiment content de son boulot. Et son meilleur pote, Dédé, est vezo. C'est d'ailleurs lui qui m'a vendu la voile pour 150 000 ar (50€ environ). Vous avez vu le bateau, c'est une coque en bois avec un flotteur. La voile, c'est trois draps cousu entre eux, avec 3 mats taillés dans la masse (en fait juste 3 grosses branches sans les petites) et quelques cordes.
Je ne connaissais pas la voile, c'est vraiment génial. Pour capter le vent, le navigateur se met sur un mat à l'horizontal, pieds nus avec un super équilibre. Et à l'arrière y en a un autre qui dirige avec une espèce de grosse pagaie. Le 1er indique à l'autre quel cordage retendre ou détendre, il le fait d'une dizaine de centimètre et la voile se tend, le bateau bouge légèrement et ça accélère. Effet immédiat et d'une précision d'horlogerie suisse.
On devait naviguer à l'équivalent de 10-15 km/h je dirai, c'est pas mal.
En arrivant vers la plage de destination, j'avais envie de me baquer. Alors je me suis foutu à l'eau en m'accrochant au support du flotteur. Beh en fait, je me suis fait tiré comme une merde ! J'en avais le calbute au niveau du baducul ! Et ça tire le bordel. Alors j'ai lâché prise 😂
Restait peut être 500 mètres avant la plage, voulait finir à la nage. Je gueule comme un porc "c'est bon, ne faites pas 1/2 tour, je fini à la nage". Résultat, ils ont défait la voile et sont venus me chercher à la rame ! C'est gentil mais ils ne m'avaient pas compris. J'ai demandé à Tahina s'ils étaient pas blasés de devoir faire 1/2 tour, apparemment ils ont rigolé et euent pitié de moi en disant que la plage était trop loin. Ok, j'économise des bras.
Arrivés sur la plage, on débarque puis ils mettent le bateau derrière la barre de vague, avec un rocher encordé en guise d'ancre. J'adore.
Quand on est reparti, y avait un peu de houle. Tu te souviens ma sœur les petits moutons sur le dessus de l'eau à Marseille ? Moi j'ai souviendu, ça veut dire que ça va taper le cul. Pas loupé !
Déjà pour faire demi tour : on prend un peu le large mais faut retourner d'où kon vient. Et si j'ai bien compris, un vent du Nord pour aller au Nord, en voile c'est pas le top. Sont pas stressés les malgaches. On n'arrivait pas à faire demi tour mais ils étaient morts de rire, ils se chambraient. Puis on a demandé un gros pour aller sur le flotteur. Présent ! Putain, ça a basculé direct. La voile a tourné, le bateau s'est cambré, j'ai failli repartir à l'eau.
Y avait l'autre gars, le barreur de l'aller qui est resté en contre poids de l'autre côté du bateau. C'était vraiment sympa de voir son cul à 5 cms de l'eau dans un creux, puis à 2 mètres de haut la seconde d'après. J'aurai bien voulu être à sa place pour avoir les sensations. Mais faut l'équilibre que je n'ai pas. A un moment, le flotteur est bien sorti de l'eau, je pensait qu'on allait basculer. Puis non, petit coup de barre comme papa dans maman et ça se recouche. Excellent.
Avec la houle, par moment le flotteur se retrouvait immergé de 50 cm. Tu sens le bateau ralentir, les bois se tordrent là où tu te cramponne. Et faut dire que je la kiffe ma pirogue mais c'est une pirogue, 1 mètre de large sur 5 ou 6 de long, ça paraît fébrile. Mais elle n'a pas bronché.
Enfin, rentrée dans la mangrove de Morondava. Petites manipulation, le
bateau se met dans le sens des vagues rentrant dans la passe. Pratiquement plus de vent dans les oreilles, l'Awam surfe tranquillement sur les vagues.
Donc retour plutôt agréable en sensations, avec le Jack Sparrow en barreur qui siffle et rigole pour chasser les sorcières du canal du Mozambique, l'autre gars qui se fait balancer la clope au bec, et ta meuf qui pousse des petits cris à chaque fois qu'elle se prend une giclée dans la gueule ... Bon petit trip.
Et pour finir, la voile c'est énorme. Sentir les effets du vent sur ton bateau, en plus avec des navigateurs qui marchent sur le bateau comme ma femme sur mon dos, tout en délicatesse et sans tomber, c'est un beau spectacle. Cerise sur le gâteau avec un très léger déchaînement des conditions, juste assez pour donner des sensations sans déclencher la peur.
Voilà, c'est fini pour ce week end, merci de m'avoir suivi.
Bisous

lundi 11 septembre 2017

Drague et hauts fonds, chez Hérazade!

 (Fiction, bien sûr.)
  Elle s’assied prés de moi et engage la "conversation"….. avec Elliott.
  Je mets des guillemets à "conversation" car Elliott est un clébard! Ou, plus exactement, mon pote Elliott catégorie Berger Suisse sans la nationalité ni la couleur blanche que requiert le standard de la race, lui qui sort plus d’une poubelle que d’un élevage. J’ai convaincu ce noble animal de m’accompagner sans contrainte le long de mon dimanche d’errance dans le vieux Bordeaux au prix de sa laisse "oubliée" sur le meuble de l’entrée.
  Place Camille Jullian, j’ai chopé la posture de Belmondo dans " La scoumoune". Comme lui, j’ai posé mon fessu sur un banc public en écartant les pans de mon imper, les coudes en appui sur les genoux, jambes écartées, tête basse, mains jointes. Dans le film, l’orgue de Barbarie déroule à la manivelle la musique de François de Roubaix signalant le départ de l’action: Bébel dégaine son flingue, défouraille à tout va, vengeant son pote Michel Constantin et Claudia Cardinale sans prendre une seule bastos dans le buffet. Plus pacifiquement – bien que j’ai toujours une balle dans le canon de mon arme - je lis attentivement le programme de "L’Utopia".
   - « T’es beau, toi ! » dit-elle caressant la bête allongée prés de moi.
  Absorbé par ma lecture je n’avais pas vu venir le diamant brut doué de la parole s’adressant à mon animal de compagnie. La voix sensuelle qui "me" parle déclenche un truc mystérieux quelque part au plus intime de ma moelle épinière dans la zone sous la ceinture. Il me semble que son regard franc et limpide annonce à mon imaginaire une pudique curiosité avec un subtil intérêt, presque imperceptible, de prédatrice. Le mien cille, coupable de l’ineffable secret du nomadisme affectif qui me rend vulnérable et visiblement, trop visiblement, disponible. Je digresse en observant mutique et discret sa robe légère dont le fin cordon partage le haut/attractif et le bas/convaincant de son corps sobrement féminin. Elle ressemble en beaucoup mieux à Julian Moore, moins rousse et moins virtuelle. Sa tête s’incline délicatement tandis que ses cheveux suggèrent la caresse furtive de mes lèvres sur sa nuque accueillante. Je flâne du regard sur la ligne du cou vers son épaule et son buste où pointent des seins subliminaux d’adolescente. Pourtant je la classe dans la zone majestueuse des quadras. Bien moins vulgaires que cette mode ostentatoire des poitrines opulentes pour nous vendre des bagnoles ou des produits laitiers, ils revendiquent une féminité androgyne. Songeant à Lilith - la première et véritable Eve de la genèse virée du casting biblique car n’acceptant pas la soumission à l’Homme – je forme le projet d’une possible alternance des rôles d’amazone et de monture sans dessus/dessous à la perspective de ce gentil 85 C affranchit de la pesanteur et de ses effets.
Lilith façon Egon Schiele
  Lourdement je rétorque à son « T’es beau toi ! » par un « Qui ça ? Ah, le chien ! Merci, mais je crois qu’il ne comprend pas » parce qu’il faut bien répondre un truc.
  - Ne sois pas jaloux, t’es pas mal non plus ! Comment s’appelle-t-il? C’est quelle race?
  - Elliott ! La race chien-trouvé-dans-une-poubelle, mais il est assez proche du Berger Suisse » J’ai bien noté sa répartie sans relever le tutoiement et le compliment. Mais j’ai dû lâcher un marqueur d’orgueil stupide qui me réduit au camp des proies car elle m’achève d’une balle en plein…..cœur :
  - J’aime bien les lévriers ! Les levrettes plus précisément.
  Le programme de l’Utopia m’est tombé connement des mains et, déconcerté, " A bout de souffle" -Belmondo/Seberg- j’ai proposé d’aller boire un verre en face en ravalant ma glotte.
  - T’es à sec ? demanda-t-elle en se marrant. J’ai plutôt envie de voir un film, tu m’accompagnes ? Et après tu auras peut-être le droit de m’inviter à dîner !
  Nous traversâmes la rue, pénétrâmes dans le ciné et nous délectâmes du toujours sulfureux "L’empire des sens" histoire d’en donner un à notre intersection et d’entamer, hors plumard, les préliminaires. Au plus chaud de la projection (?!) j’ai senti sa main friponne se glisser sous ma ceinture, qui de toute façon n’en pouvait plus, pour vérifier le pouvoir érotique du chef d’œuvre de Oshima sur le machin à géométrie variable. Pour ne pas être redevable j’ai constaté d’un doigt poli l’hygrométrie de bon augure du buisson, ardent, de " l’origine du monde".
  Plus très loin, quartier du tout de suite, rue du Chai des Farines, à l’enseigne "Chai & Rasades", dans un hôtel louant ses chambres à l’heure, à l’été qui se fane sur les pavés que l’ondée rince et dans le vent qui forcit, un sommier grince, une femme gémit, un homme se damne.
  De ce calembour moisi les plus érudits auront capté l’allusion tout en finesse aux "Contes des mille et une nuits" racontant le subterfuge de Shéhérazade pour retarder, métaphoriquement, l’abandon de sa vertu.
  Dans la vraie vie, on abrège les formalités histoire de se raconter au plus tôt les contes de l’amour de juste après l’amour le plus longtemps possible. Mille et une nuits et les mille et uns jours qui vont avec.
  - « Et le chien ?
  - Oup’s, j’ai complètement zappé le clébard
  - Oui, mais c’est une fiction, non ?
  - Oui ! »

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