mardi 31 octobre 2017

L'écriture SNCF

Dans les yeux


Carcassonne, Narbonne, Béziers, Agde, on dirait le sud. La voix SNCF crépite avec l’accent d’ici qui rend acceptable le retard du Bordeaux- Saint Jean/Montpellier-Saint Roch : « ½ de retard dû à la gestion du trafic en gare de Toulouse-Matabiau. Veuillez nous excuser, cong »
½ heure ! 

C’est toujours ça de gagné pour l’héroïne du polar que je suis en train de lire. 
Le tueur au pic à glace, saisit son arme encore dissimulée dans son blouson quand sa victime se retourna. Les deux protagonistes découvrirent simultanément leur visage et suspendirent l’action. Le tueur reconnu sa cible grâce à la photo. Des yeux clairs, une glabelle franche, le nez droit avec le sceau de l’ange divisant la lèvre supérieure d’une bouche fine et merveilleusement dessinée. Dans sa version naturelle, un léger maquillage cernait ses yeux de bleu et ses cheveux élégamment en bataille donnaient l’impression subliminale de sortir des bras d’un homme ou d’y tomber bientôt. Un brillant discret ornait sobrement son oreille, l’autre était inondée par la vague de sa chevelure. Elle lui souriait et son sourire, dont on ne pouvait définir s’il était naissant ou inachevé, légèrement ironique, peut-être désabusé, étirait sa bouche comme un flamant rose déploie sa voilure.
Pour sa part, le tueur "travaillant" les frangines au pic à glace était moins avenant. Sa description physique a déjà été faite par Victor Hugo.
C’était Quasimodo !
Sujet de moquerie, n’inspirant que du dégoût, de la haine et de la peur, il a trouvé sa vocation et du boulot comme tueur des femmes. C'est le contrat: elle ne doit pas  témoigner! Pour la plus grande satisfaction de ses employeurs, d’un geste unique, rapide et sûr il sectionnait habituellement sans état d’âme la moelle épinière de ses victimes. Il en avait du raisiné sur les pognes, l'impitoyable! Son efficacité, au fil des meurtres, était décuplée par la beauté de ses victimes. Plus elles étaient belles, c'est-à-dire inaccessible, plus le tueur était impitoyable. C'était pour lui la seule possibilité de les posséder. Il jouissait de leur détresse, de son pouvoir, dans l’éternel combat entre l'amour et la mort. Sans rien savoir d’Eros et de Thanatos, il sacrifiait au second ce que ne lui concédait pas le dieu de l’amour.
Celle-ci était différente. Son regard croisa le regard du tueur sans broncher, sans peur, sans apitoiement, sans compassion, sans moquerie pour son aspect. Ils devinèrent ensemble ce qui échappait au langage. Leur identique et imperceptible faiblesse cachait une peur enfantine et un intense besoin de protection contenus des années durant par un barrage mystérieux. La féminité de sa victime transcendait cette force immanente de l’absolu désir avec la certitude nouvelle d’une possession. Il découvrirent ensemble sans doute possible ce qu'il y a de plus troublant de tout échange humain: la réciprocité.
Du coup, le tueur ne trouvait plus son pic à glace, ni son envie, ni son besoin de tuer.
Pour Quasimodo à la rencontre de son Esméralda, il ne fallut qu’une seconde à son instinct pour se décider tant cette vérité détenait d’évidences. La dureté du menton exprimait la force tandis que la tendresse étrange du regard modérée par l’intelligence savait user de l’une et de l’autre avec discernement. La puissance de la douceur et le velours de la fermeté en faisait une arme de construction massive pour le bienheureux d’en face. Dans ce regard sans répugnance, les années de frustration laissaient place à une séduisante perspective comme un boulevard d’immondices est nettoyé par la mousson. L’absence de dégoût, qu’il voyait pour la première fois dans les yeux de cette femme, n’était rien d’autre que de l’amour dans sa forme la plus pure sans la maladresse de l’innocence.
Moes, la brute qui l’accompagnait, l’organisation qui prévoyait l’éloignement des tueurs, la mort certaine, longue et douloureuse pour le contrat non remplit qui l’attendait, ne pesaient plus très lourd dans la balance de sa conviction. 

Le pic à glace sectionna la nuque de Moes épargnant celle gracile qui portait ces yeux-là.
Un simple regard de femme l'avait mis à genoux

Inspiré (just a little) de « Rien ne sert de mourir »James Hadley Chase

Hôtel Belambra La grande Motte Juin 2017



samedi 28 octobre 2017

Bacalan Story



Quand j’ai quitté Bacalan en 69 j’ignorais que j’y reviendrais quarante et un an plus tard.
J’y vécu des moments historiques : Mai 68, la construction et l’inauguration du pont d’aquitaine et mon éviction à coup de pied au Q du collège Blanqui. Historique ça aussi. Vous l’avez compris mes amis la petite histoire personnelle croise l’Histoire, la vraie avec un grand H et c’est là, dans cette fêlure que la Hache de la nostalgie nous ouvre en deux. Que l’on soit un chêne ou une allumette.
Pour moi Bacalan est une terre rebelle peuplée de résistants. De souvenirs et d’émotion.
Celle de la transgression quand j’apportais en 68 à mon vieux la gamelle du piquet de grève dans cette atmosphère où le temps suspendu et la nuit tombée portait l’angoisse de la répression ou l’espoir de la revendication. J’avais seul le droit de passer devant le cantonnement des CRS pour aller à l’A.R.N.I avec le double privilège de l’aîné de la famille et du jeune mâle à la tête brûlée. Première confusion : comme si le courage était une exclusivité masculine alors que ma frangine avait plus de couilles que moi quand elle passait la première à la piquouze au dispensaire de la rue Dupaty sans oublier maman qui revenait les avant bras brûlés par l’acide des batteries de la SAFT pour me payer un falzar neuf à la rentrée.
Celui de la transgression encore où s’exprimais mon refus de l’autorité à commencer par celle de l’éducation qui après Mai 68 n’était pour moi que l’outil de l’état pour fournir des arpètes aux usines. Confusion encore ! Je sais désormais, mais trop tard, que l’éducation est la seule permission de sortie dans la prison de la démocratie.
Celui de la transgression aussi quand je trimais avec une carte d’identité jamais fournies pour aller décharger les primeurs du Maroc aux hangars climatisés des bassins à flots dés 15 ans. Confusion aussi car la transgression n’est pas la triche. Et pourtant la résistance est toujours clandestine. Putain c’est compliqué !


Et ce pont d’Aquitaine pas encore ouvert où nous allions à trois sur un Solex et sur le viaduc en construction en passant la barrière de sécurité le dimanche à voir la Garonne d’en haut au bord du vide à plat ventre sur le béton.
Et ces murs escaladés pour boire du Pschitt en direct prélevé sur la palette d’un dépôt oublié quelque part derrière la rue Achard
Et d’autres conneries de rebelles en carton.
Pourtant Bacalan restera, à tord ou raison, terre de solidarité et de résistance, de dockers vainqueurs et de métallos chômeurs, d’amis retrouvés et de causes perdues, de jeunes candides tout neufs et de vieux militants épuisés ! 
D’émotions et de souvenirs vous disais-je!

dimanche 22 octobre 2017

Conte de faits macabres

Hier soir c'était au tour de Peach sur la scène de "On the road company"


La voix off de ce conte de la folie poétique nocturnale et sépulcrale, c’est le Peach de "Hamlet est à la bourre" sans son complice Jean-Luc Veisse.
"Embarrassada" est le mot espagnol pour dire que la dame attend un heureux événement nous apprends la voix.
Peach n’est pas que la voix off, c’est aussi l’auteur, le metteur en scène et l'éxècuteur de ce texte magnifique. Son intelligence et son talent réside dans cette novlangue bien tapie dans ses neurones bien barrées. Riche de néologismes, Lune levante, Ogritude, je n’ai pas tout capté car ce texte mérite une lecture papier, son espéranto est basé sur le concept de l’acte raccourci à sa conséquence. On retrouve l’idée en Napolitain "fatigaré=travailler"
La rencontre,volontaire, entre la baronne Von Griffonobel et une équipe de rugby (à 13 ou à 15, Peach ne précise pas) lors d’une troisième mi-temps et voilà l’ogresse bien embarrassée. C’est le point de départ de ce décompte de faits qui permettra à Peach de mener tambour battant à grand coup d’archet et de percussion son histoire fantastique de monstres et de morts vivants décapités ou de parturiente en gésine (femme enceinte en VO) asphyxiée par les flatulences d’ogresse, d’âne sans tête, de géniteur électricien mâle adroit en tracteur au fond d’une mare putride, de sage femme en deudeuch, de triplés catapultés et abandonnés et de fantômes bienveillants. L’homme seul en scène largement schizophrènètique déploie son énergie et son imagination gore digne de Tarrentino pour la bien nommée délivrance avec projection de l’ogrelet à vingt mètres des cuisses maternelles jouant au yoyo avec son cordon ombilical, dévorant son placenta tout chaud tandis que les cochons se régalent du liquide amniotique livré dans l’auge par une baronne pressée de se "désembarrassée". Afin de donner vie à sa galerie de personnage Peach s’est arrêté à Leroy-Merlin pour s’équiper en botte caoutchouc, plaque de béton, chaîne, maillet et tapette à souris. Animer prends tout son sens de donner une âme avec ce visage aussi mobile que celui de Jim Carrey dans the Mask, ce petit corps monté sur des jarrets secs et nerveux en chemise de lin fendue bougeant avec l’énergie sexy de Jango Edwards et l’inventivité de Gustave Parking à moins que se soit ces trois là qui aient plagié cet anglais anonyme de Saintonge.
Sortir au plus tôt de l’anonymat puisqu’il anime si bien et de Charente pour notre plus grand plaisir et une scène plus internationale, c’est le destin que je souhaite à ce membre inconnu des Monty Python

dimanche 15 octobre 2017

A la Rencontre de Xxxx

« Tu vas tomber amoureuse ! Frimais-je» Phrase miroir : Avec ce masque de vantardise, j’ouvre le canal de la vigilance, la tienne et la mienne. Les sentiments peuvent être un danger. J’ai beaucoup pensé à ne pas te soumettre ce texte, Toi que je ne nomme pas encore Sxxxxwxky. Même et surtout parce que je te sens, à la fois, sensible et émotionnellement stable, par intermittence ou alternance. Il est vrai (le texte), dans mon ressenti et, peut-être, juste dans la réciprocité. Je l’ignore. Cependant, si je suis capable d’analyse, je ne peux m’empêcher de passer de l’éloquence à la grandiloquence et tu sauras faire le tri entre rire et chanson. Par conformisme, on se  doit de rassurer, par sa posture immobile, la statue sur son piédestal en face de soi. Pourtant, existe la tentation de faire un pas vers elle afin que la vie soit plus qu’un musée. Surtout et seulement, si elle (il ?) est attirante, chaleureuse  et animée.  Il faut donc se donner des gages de stabilité émotionnelle afin de protéger sa zone de conformité et mon texte d’hier n’a d’autres desseins que te donner l’envie de me connaitre ou de me fuir. Depuis la découverte du feu, même si on se brûle, on n’aura plus jamais froid. S’il y a une chose que nous ne verrons jamais, c’est la feuille de salade coincée entre les dents des habitudes. Nous ne serons jamais rien d’autres que des amants s’aimant dans la joie et baisant la vie. 

….puis des amis le plus tard possible 

PS...Comme elle faisait partie de "mon plan de carrière", je me retrouvais donc seul dans le labyrinthe de nos sentiments. Et je compris soudain le sens de notre rencontre : l’impulsion qu’elle m’avait donnée et l’énergie qu’elle m’avait insufflé était désormais le fil conducteur qui me sortirait du dédale de ma vie. Sxxxxwxky contenait entre autres délices, des petits bouts d’Ariane. J’avais encore et pour longtemps au bout de mes doigts l’odeur sacrée de ses phéromones qui me conduisirent dans le droit chemin....

samedi 14 octobre 2017

Cantat. Bertrand


Je partage dans les grandes lignes les idées et admire l’efficacité de  Jean-Marc Gancille et Isabelle Camus Ils   m’ont aidé, mais pas qu’eux, par leur action et convaincu par leurs publications à prendre conscience que l'on peut bouffer sans tuer et limiter mon empreinte carbone pendant mon passage sur cette planète. Depuis, dans ma vie quotidienne je suis végétarien, sans télé, sans eau chaude, je hais le zoo, je ne fréquente plus le cirque, mon chien ne connait pas la laisse et encore moins la muselière et  je travaille dans l’amélioration de l’habitat et les économies d’énergie. Et puis voilà la contre image dont parlait Roland Barthes. Le point noir au milieu du visage qui finit par envahir l’image.

Ces deux (ex ?) ami.e.s Facebook dont je crois fermement à l’humanisme sincère et au féminisme authentique s’affiche avec et soutienne l’assassin chanteur au prétexte du droit à la réinsertion de celui qui a payé sa dette. Je leur suggère donc de continuer cette noble croisade avec d’autres poètes rebelles légèrement moins glamour, Emile Louis, Francis Heaulme ou Marc Dutroux par exemple
source image: Internet

vendredi 13 octobre 2017

L'énigme du Sphinx* (la question qui tue)




Je la voyais toute les semaines. Parfois deux fois par semaines.
Ainsi, à chacune de mes visites elle en savait un peu plus sur moi. Ce que je buvais, ce que je mangeais, ce que je lisais, les sous vêtements que je portais, si j'avais un animal de compagnie. Elle ne communiquait que par des bruits étranges : Bip, bip quand elle me passait au scanner. N’empêche, malgré cette timidité, j’étais sûr et certain qu’elle communiquerait un jour avec moi. Bon timing, c’était aujourd’hui!
J’étais prêt pour La question :

"Vous avez la carte de fidélité du magasin ?"

*Installé sur un rocher du mont Phicium, (ou sur les remparts de Thèbes), le monstre posait une énigme qu'il avait apprise des Muses, aux voyageurs qui passaient à proximité. Ceux qui n'arrivaient pas à résoudre son énigme étaient immédiatement tués et dévorés

jeudi 12 octobre 2017

Dans la matrice. L'inversion du temps


J’avais garé la Chevrolet entre une vieille Clio et l'arche de Noé. Malgré le déluge, le goudron fondait avalant un SDF enlisé lentement par le sable mouvant du trottoir sa 8.6 à la main et une fissure gigantesque ouvrait la rue en deux comme si Armageddon hésitait entre deux différents final cut. Des maisons copiées/collées d'un lotissement Bouygues jaillirent des hordes de nains fringués comme Harry Potter. Spiderman chancelait sous les coups de Doc Octopus et Peter Parker prenait des photos pour son Facebook. Le joker et sa bande de nains se ruèrent à l'assaut d'un magasin Toy's R' us la Kalachnikov à la main tandis que Captain América poussait sa mobylette en rade. Catwoman à quatre pattes acquiesçait en miaulant sous les secousses de Batman accroché à ses hanches. Une meute de chien coursait un loup garou et Dracula faisait la queue pour donner son sang devant le centre de transfusion sanguine.
Allées Gaudi le Mac Do flambait, bien fait pour sa gueule, et quatre cavaliers de l'apocalypse brûlèrent le feu rouge devant la Sagrada Familia. La fin du monde approchait et ce n'était le moment de faire le malin.
Le rayon d'un laser épelait le jour et l’heure de ce putain de calendrier sur un ciel tagué de fumées noires. En zoomant l’écran de mon GPS je vis que les rues n’étaient que les fils d’une toile d'araignée d'une ville en spirale. Un lapin blanc me confirmant en branlant du chef que j’étais bel et bien dans la merde et dans la matrice.
In petto, je passais en mode tortue tentant d’aller sans dommage du point du jour au crépuscule qui, de toute façon, n'en avait plus pour longtemps. 
Ne pas bouger, surtout ne pas bouger !
Impossible: La rue collait à mes chaussures. 
Mon immobilité était inutile : je représentais une belle aubaine en protéine pour la bête alertée.
Une gigantesque araignée surgit. 
Immense vulvaire et pornographique, fêlure géante érigée face à moi, rosée, le bord des grandes lèvres légèrement velues, juste ce qu'il faut.
Les femelles de mes rencontres étaient souvent et sans peine plus grandes que le petit mâle dominant que je suis et le dimorphisme sexuel n'était pour moi qu'un défi augmenté. Je me préparais au corps à corps, ce fut un bouche à bouche. 
Sans langue de bois pour ne pas choper d'échardes nous parlâmes le même langage d'une langue vivante vers le consentement d'un plaisir mutuel.
La belle est la bête!
Elle est moi!
Tandis qu’elle fondait dans ma bouche, j’arrosais généreusement ses amygdales débordé par l’altérité de nos deux désespoirs.
Je jetais un coup d'œil à ma tocante molle de Dali dont les aiguilles ne tournaient plus dans le sens du temps.
J'étais dans la matrice spectateur confus de l'inversion du temps. 
Dehors, la nuit était noire de monde, les vents étaient contrariés, la Chevrolet conduite par mon moi alternatif manœuvrait pour un créneau entre une vieille Clio et l'arche de Noé pendant que débarquait sa ménagerie. La pluie revenait dans les nuages et la fumée des cigarettes des piétons qui marchaient à reculons faisait des volutes à l'envers retournant dans leurs cylindres de papier. 
Quelqu'un, quelque part dans la matrice avait cliqué sur "Delete"!
Bonne pioche: le temps rebroussait chemin et moi, j'allais rajeunir.
Le lapin blanc, le gilet de travers et la montre à gousset explosée, soulevait la jupe d'Alice-ça-glisse au pays des merveilles.

samedi 7 octobre 2017

Faut qu'ça pète

J'avais écrit ce truc entre les deux tours des élections présidentielles et complètement oublié de le publier.
Avec le recul, c'est rigolo

Casting! 
Avec Hamon comme leurre, qui a bien joué le rôle de la diversion, suivi loyalement par sa troupe de bras cassés et La Peine en épouvantail repue d’avoir trop servie, je choisis, déclare et prône en conscience le régime sec, ferme, lucide et définitif de….. du coté obscur ....de l'abstention. 
Non pas en espérant que mes amis fassent le job en se bouchant le nez, mais en l’absence de perspectives d’avenir radieux et dans la mortification de la victoire possible de ceux qui usurpent le nom de « Patriote »
Et sans omettre à ce casting Manu, l'autre, Valls rallié avant cette victoire volée, par des traîtres et rejoints désormais par des opportunistes courbés, contraints et toujours "loyaux" dans un ralliement aussi prévisible que l’échec de leur boute-en-train, au sens de celui qui prépare la jument de la république à la saillie de l’étalon Macron pommadé et familier des haridelles et coutumier des vieilles rosses
La consigne de vote issue de cet entêtement irrationnel parée de la pesante loyauté d’imbéciles vertueux, ou complices, qui veulent contraindre leur armée mexicaine à faire preuve de responsabilité en votant pour un adversaire de pacotille est assez indigne. Macron n'est que le second étage du pétard mouillé Hollande, président priapique désireux de prolonger son érection par procuration.
 L’ancien parti des R25 a réussi, par calcul pour certains et aveuglement pour d’autres, à faire de ce point d’orgue de la liberté qu’est le suffrage universel un geste de peur et de collaboration, le repli stratégique d’une armée de godillots.
Aux lendemains qui ont suivis la primaire payante, il est plus que probable que notre opinion ne « les » intéresse pas, seul notre vote restaurerait un peu de leur puissance perdue avec la suspicion d'un reliquat d’appétence misérable pour des miettes de gâteau.
Cette stratégie est révélatrice d’un angélisme Canada dry qui a plutot la couleur et l’odeur du machiavélisme
Version courte
Voter c’est collaborer, s'abstenir c'est résister!
Car c'est dans la dictature annoncée que la révolution trouvera sa légitimité et sa raison d'être.
Colère!

mardi 3 octobre 2017

Ecologie, variante iconoclaste



  On a retrouvé Christopher Knight. A vrai dire on ne le recherchait plus vraiment. C’est juste que l’homme des bois marchait sur l’autoroute quand il s’est fait chopper. L’autoroute ! C’est là que tout a commencé

   Et, si le sens originel de l’écologie était que l’impact de l’homme sur la nature soit proche du zéro absolu, alors Christopher Knight en est un exemple intéressant.

   Un beau jour de 1986, Christopher Knight, un jeune homme sans histoire monte dans sa Subaru et roule un peu au hasard sur les routes des États-Unis. Dans l'état du Maine, plus d'essence, plus un dollar en poche,il abandonne sa voiture et s'enfonce dans la forêt. Il va y rester 27 ans, vivant dans un campement de fortune, à quelques kilomètres des premières habitations, sans que personne, jamais, ne soupçonne son existence. Il a commencé son "ermitage" sous Ronald Reagan, sous la présidence de RR pas sous le bureau de Ronald Reagan,  et ne sera repéré que bien plus tard.  En un peu plus d'un quart de siècle, il n'aura échangé qu'un seul mot avec un randonneur croisé par accident: "Bonjour". Pourtant, Christopher Knight n'a rien d'un fou. "L’homme le plus solitaire du monde" était d'une prudence de Sioux: dans la forêt, pour ne laisser aucune trace, pas même une brindille cassée ou une herbe aplatie, il se déplaçait en sautant de rocher en branche d'arbre, en une sorte de "marelle" invisible. L'hiver, très rigoureux dans le Maine, il n'a jamais fait un feu, de peur d'être repéré par la fumée, quitte à se relever plusieurs fois par nuit pour marcher et éviter la mort par le froid. Christopher Khight s'était installé un campement derrière des rochers, au milieu d'une forêt inextricable, où aucun chasseur ne s'aventurait jamais. Quelques bâches, une tente, un matelas, une installation au gaz pour cuisiner, le tout parfaitement invisible du ciel -ce perfectionniste était allé jusqu'à repeindre ses pinces à linge en vert pour éviter qu'elles ne brillent! Son principal trésor: ses lunettes aux montures vintage, qu'il a réussi à ne pas casser durant ces vingt-sept ans... Il pouvait rester des heures à contempler la nature ou le ciel étoilé. Méticuleux, prudent, organisé, "l'ermite du Maine" n'a rien d'un néo-hippie ou d'un idéaliste un peu suicidaire à la Christopher Mac Candless, le "héros" d’into the wild. Il a d'ailleurs traversé cette incroyable épreuve en parfaite santé -pas un rhume en un quart de siècle! En quarantaine de l'humanité, et donc des poignées de mains et des éternuements de ses contemporains, il échappait aux virus et autres bactéries

  Mais comment Christopher Knight faisait-il pour se nourrir? Après s'être rasé de près, pour ne surtout pas ressembler à un ermite en cas de mauvaise rencontre, il cambriolait les maisons alentour. On estime qu'il a commis plus de mille cambriolages au total! Toujours des maisons vides, des résidences secondaires délaissées. Il emportait boites de conserves, biscuits, livres (sous la tente, il lisait Shakespeare) et, surtout, piles et lampes de poche pour pouvoir s'éclairer. Souvent, il perpétrait ses vols en canoë, autour d'un lac, ne laissant aucune trace derrière lui. *

   L’intérêt de Monique pour l’écologie est un peu différent mais, pour autant, elle est bio à sa manière, amoureuse de la nature et grande amoureuse tout court. Gélules aphrodisiaques biologiques, sex-toys sans phtalates, lubrifiants naturels, préservatifs éthiques garnissent le tiroir de sa table de chevet. Elle a le plaisir parfois solitaire, parfois partagé, mais toujours éco responsable de la planète et n’use sans modération que de cosmétiques érotiques entièrement biologiques. Du baume après fessée aux parfums intimes sans aucune huile de palme mais au karité ou à la cire d'abeille avec des emballages en matières recyclables, Monique Musset ne badine pas avec l’amour de la nature.

     L’intersection entre Monique visiteuse de prison et Christopher le taulard se fit au parloir, lieu de  rencontre bien mal nommé pour cet homme peu disert.

    Ce solide gaillard mutique, une fois tiré de 27 années d’isolement et de quelques mois de placard, promesse tacite d’un tempérament affectueux et d’une libido à mettre à jour, ne risquait pas de lui casser les oreilles avec ses bavardages. Momo en avait un peu marre de ses rendez-vous Meetic et des fadaises qu’elle devait endurer avant de consommer un plat du jour souvent décevant. Avec curiosité elle avait  découvert lors d’une rare et brève conversation, la créativité de Chris ajouté à toutes ces qualités. Ce dernier, dans ses longues et manuelles veillées de solitude, avait inventé le vibro masseur à énergie solaire. La disparition des centrales nucléaires ne la dérangeait pas, bien au contraire ! Et tant pis s’il fallait retourner à la bougie pour éclairer son alcôve. A la veillée funèbre de L’EDF, revenant aux candélabres, elle s’était même imaginée un destin à la Mélanie de Brassens pour l’usage érotique des cierges phalliques que cette dernière en faisait.
    Enfin, Monique, chômeuse de gauche en fin de droit, ne fréquentait plus depuis belle lurette l’institut  d’épilation Epil Story et ses gambettes ressemblaient à celles d’une mygale.
"Pas de quoi effrayer un écolo" se dit Monique sur le chemin de son rendez-vous avec Cristopher avec dans son sac à main quelques préservatifs éthiques au bilan carbone neutre, fabriqués en Allemagne avec un latex naturel issu de forêts indiennes gérées durablement.

Mais il est temps de conclure cette variante fantasque de l’écologie.

   Voici donc Momo et Chris bras dessus/bras dessous se dirigeant 81 rue Ça Urge à l’hôtel clandestin "Aux câlins crapuleux des amants furtifs" avec chacun ses incertitudes délicieuses du premier rendez-vous, son émotion inaltérable de la première fois, sa sensation unique  de la découverte dans la couleur de l'osbcurité et le parfum de la vérité. Le bon dosage du respect et de l’initiative, de la réserve et de l’intrépidité, des précautions et de la prudence.

 Ah oui, la prudence !
  "Surtout penser à replier les panneaux solaires du vibro car, même si Monique est ambitieuse, ça risque de piquer un peu au passage du désir" se dit Christopher en gravissant l’escalier.

....Et les derniers ajustements

-T’as pas peur des mygales, mon grand? Dis Monique.

*  source : Jérôme Dupuis l’express du 23/09/2017

Messages les plus consultés

Archives de blog