vendredi 24 novembre 2017

Dans l'angle mort

J'avais goûté à ce parfum de femme sur ses lèvres et sa nuque et depuis j'étais resté collé. Elle m'avait accordé très vite d'autres fragrance encore plus inoubliables mais sa bouche, elle, était passée en zone interdite. Pour moi le baiser, etc, etc… était le check point Charly de notre "no wife/husband'land. La  zone libre de cette libertine pressée se trouvait désormais dans l'angle mort du rétro et je glissais dans l'éloignement. Notre chemin de traverse rejoignait la grande route conduisant chez la ménagère de moins de cinquante ans et vers mon errance de fildefériste.Il restait dans son sillage les effluves merveilleuses d'un bonheur en voie d'extinction. 
Alors autant écrire moi-même la lettre de rupture qu'elle n’écrira jamais. A la manière de Virginie Despentes au delà de la frontière du non-dit et du chacun pour soi: (attention , c'est violent)

"Je t’ai roulé une pelle comme un raque un ticket d’entrée au cinoche parce ta bande annonce m’intriguait. Et surtout je n’avais pas le temps. A bientôt cinquante piges j’ai encore des mômes à torcher, il me faut trouver une idée de menu pour ce soir et la baraque n’est pas finie de payer. Alors  j’ai ressorti mes copiés/collés qui t’ont tourné la tête comme un puceau se cuite à sa première boum et t’as confondu mon Q avec celui de Sophie Marceau. Toi tu gamberges en boucle pourquoi une libertine n’avale pas ton sperme comme une vieille nympho à l’arrière d’une bagnole et puis tiens, je t’annonce qu’il ne faudrait pas me prendre pour une salope parce que je suis juste curieuse de vérifier s’il y a une bite dans chaque braguette. Alors tu peux m’enculer si ça t’amuse mais je n’ai eu qu’un seul amant. Se donner sans appartenir ça te parle, mon amour ? Estime-toi heureux que je me souvienne de toi comme de mon premier Tampax qui, entre parenthèses, m’a donné plus de sensations que ta trique qui a le trac dés qu’un poil de Q est de travers.
D’ailleurs ça m’étonne que ce weekend tu aies pu te vautrer dans la chair flasque et molle d’une chatte moisie admirative de tes gribouillages cinq fois en vingt quatre heures avec une trique de compète. Elle a payé pour les autres. T’as dû baiser le samedi et vomir le dimanche. C’est ce que j’aime chez toi, tu prends ta bagnole pour aller te rincer la queue aux pieds d'une cathédrale en toc et t’es capable de prendre un TGV pour aller baiser à Paris une gonzesse qui habite à coté de chez toi.
Et puis c’est juste que t’es un peu moins con que les autres et encore ça dépend des moments …et aussi ce que j’aime bien, c’est que t’es réglo et t’es assez marrant, enfin parfois. Sans être vraiment amoureuse, je t’aime bien et j’aime bien t’étonner en te traitant comme un homme, enfin tu vois ce que je veux dire.
Je t’ai gardé en tête de gondole le temps d’un printemps et tu lèches nos derniers instants comme un môme s’attarde sur le fond d’un pot de Nutella. Tu peux toujours courir pour sentir ma langue s’enrouler autour de la tienne. Regarde, il est essoré ton pot de Nutella !"


samedi 18 novembre 2017

Histoire de faussaire


La baigneuse Jean Antoine Gros
  Empathie, politesse sociale, mensonge, schizophrénie. Nous ne sommes pas obligés de descendre ces quatre marches vers l’enfer. Pourtant, avec la désinhibition des réseaux sociaux ou d’autres addictions, bien planqués derrière un clavier, les egos sur-vendus peuvent, à l’épreuve de la rencontre, tenter l’aventure de poursuivre dans la mascarade de la camaraderie pénétrant dans les cœurs par effraction sur le registre tendancieux de l’amitié. Amitié, trahison, découverte, déception et c’est au tour de "l’autre" s'il fait le choix d'être une victime, de descendre de quatre marches conduisant  vers l’autre enfer en embuscade, celui de la perte de confiance, de l’estime de soi, de la suspicion et de la paranoïa.
Lassé de simuler, le faussaire quand à lui, est soulagé d’être découvert. Ou en colère !  Cette seconde réaction le fait entrer dans la catégorie des pervers manipulateurs. L’un est soluble dans l’amour, la compréhension, l'amitié et le pardon,  l’autre relève de la psychiatrie ou des tribunaux.Il y a cette immensité où l’on se perd parfois parmi les lois supposées du fonctionnement de l’inconscient « ce haut lieu de désirs dégueulasses et peu avouables » comme disait Freud


  J'ai, pour ma part renoncé à courir derrière les usurpatrices à l'image photoshopée, ou pas, qui sacrifient un temps précieux à leur aspect glissant vers une fatuité qu'il faudra payer de beaucoup de réticence. A l'effeuillage, il y a beaucoup de pétales interdits et une corolle pleine de déjà vu, sans compter les figures qu'elles s'imposent comme un label de compétence et qu'elles exécutent sans spontanéité écartant sans le savoir la volupté  du hors pistes. Et ma velléité d'intermittent affectueux, du coup!

   Récemment je me suis vautré dans de la chair souple, prodigue et authentique très éloignée des standards normés et assez proche des formes généreuses des peintres italiens de la renaissance. En fait de renaissance ce fut la nôtre. J’ai bandé comme je ne me souvenais plus que l’on pouvait bander aussi vite, aussi dur et aussi longtemps. J’ai caressé des rides et pétri des replis, du bout des doigts ou à pleine mains, j’ai léché des fentes, écarté des lèvres et sucé des fêlures, à pleine langue, à pleine bouche d'un corps extraordinaire de beauté inversée, implacable et somptueuse dont je me suis servi et que j’ai servi, que j’ai déplacé comme un meuble avec soin ou vigueur selon sa fragilité ou sa docilité, un instant suspendu quelques part dans les limbes et la confusion d’un enfer décadent ou d’un paradis perdu. J’ai bu et inondé de souillure ou de nectar le meilleur de ce que nos organes avait promis d’échanger. Nous nous sommes repus de nous, de claquement de chair en bruit de succion, jusqu’au point de non retour. Celui où l’âme se souvient qu’elle est au service des sens. Une  entité bicéphale et désespérée extraordinairement humaine, disponible et sans défense. J’ai éjaculé comme on sabre le champagne. A chercher sa bouche pour introduire une extension de moi et rester au plus loin et au plus profond d'Elle, nous n’étions plus que viande dégoulinante et ravie, la dignité accrochée à un croc de boucher pornographique. Pendant que je cédais à l’irrésistible attraction cosmique de ce vortex où disparaissaient la lumière et la substance, j’entendis une longue plainte d’animal vaincu dont j’étais incapable de savoir si elle émanait d'Elle ou de moi. De nous deux certainement. Sans doute sommes-nous des voyageurs épuisés, égarés dans l’oasis de l’acceptation de soi, éblouis comme de vieux mômes par un hasard inespéré enfin comblé.   
  Depuis je n’ai de cesse de recommencer dans l’abandon et la déraison avant de payer l’addition de l’absence et de l’oubli 


Ebats sur la BO de  

mercredi 8 novembre 2017

Point break


La jeune femme siffle crânement dans la maison où rode un chien enragé. La peur qui fait d’elle une petite fille rassurée par son propre bruit c’est celle de Cosette dans la noirceur des bois mais sans Jean Valjean. La peur de tous les dangers. Le pire étant de perdre le discernement, cette capacité à ce jour intacte, de détecter parmi eux ce redoutable renoncement que la raison impose. Elle imagine l’endormissement qui la guette insidieusement de se laisser attendrir, captive et lasse, par cet extrait de bonheur furtif quand le futur ex s’activait au fourneau le temps d’une chanson douce à la radio et que le chien ronronnait . Dés demain il va falloir renoncer à tout cela. Mon dieu quel chantier ! Rester ou partir? La trahison ultime que l’on fait à soi-même ou bien porter le "chagrin des départs'? A contre courant de ses propres décisions lentement muries jusqu’au pourrissement! La peur de se fourvoyer avec entêtement dans l’impasse du raisonnement. Et constater, front et genoux écorchés à force d'escalader le mur du fond, que la trouille est une bien mauvaise conseillère. Animal apeurée, guidée par son instinct bien plus infaillible que l’intelligence, dont l’oreille dressée perçoit troublée le murmure du doute. Une teinte claire et perturbante venant adoucir la noirceur de la certitude. Ce n’est pourtant pas le moment de mollir la nuit précédant la ligne d’arrivée. 
Rupture(s) Bacalan 2017

mardi 7 novembre 2017

Le chaigle

Le vazaha 2017-10 : en pleine réflexion
Salama be
Voici un peu les nouvelles mes amis, je suis en pleine réflexion spirituelle. Y a pas à chier, je suis bien ici. Le soleil a son effet, je répète encore une fois qu'il n'y a pas de bonheur plus intense que d'ouvrir ses volets tous les jours sur un ciel bleu. Je sais que ça ne vas pas durer, on va rentrer dans la saison des pluies. Mais celle ci est si courte ! Qu'est ce que c'est 2 mois pluvieux, avec quand même beaucoup d'éclaircies, quand on a 2 jours de pluie le reste de l'année ? Franchement c'est le pied. Et même s'il fait chaud, y a toujours de l'air, c'est top. Donc vraiment ma motivation première à rester ici c'est la météo. Et j'ai beau essayé de me trouver une autre destination en cherchant d'autres pays combinant pluviométrie/ensoleillement/humidité, je ne trouve pas.
Pourtant il manque quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas vraiment. Un peu l'amitié et l'amour de mes proches, ça c'est sûr. Mais un peu seulement car sur le long terme, je vais être honnête, les moments de joie dans ces domaines sont malheureusement de courtes durées. Pas à cause des gens, mais à cause des vies qu'on mène en Occident. Travail / stress / argent / grisaille ... tout ça fait que je ne me sens pas heureux en France, même bien entouré. Car justement cet entourage est pessimiste. Et ça me déprime.
De bosser dans un hôtel dans lequel nous sommes 2 occidentaux pour une soixantaine de malgaches me fait encore plus prendre conscience que l'argent ne fais pas le bonheur. J'ai déjà parlé de tout ça mais aujourd'hui ça devient un problème. Problème car je m'aperçois que mes petits malgaches, même s'ils sont heureux malgré la pauvreté financière de leur vie, sont capables de se voler entre eux. Exemple : une femme de ménage a perdu son job pour avoir volé le tel portable d'une autre.
Alors oui l'argent ne fais pas le bonheur, mais on se vole pour assouvir un plaisir si fugace. Et c'est là que le bât blesse, je ne trouve pas mon bonheur dans ce monde malsain où tout n'est que superficiel.
Gandhi disait : "il faut savoir vivre simplement, simplement pour que tout le monde puisse vivre". Pourquoi, dans ce trou du cul du monde où les gens vivent avec - de 50 € par mois, l'envie de consommation est si présente. Moi à part mes chiottes que je demande pour pouvoir chier confortable, je n'ai pas l'impression de manquer. Alors oui j'ai un iPhone. Mais ça me permet juste de communiquer. Y a 2 ans, j'aurai fait un crédit pour me payer le dernier à 1000 dollars mais maintenant je me rend compte à quel point c'est bidon. Chacun son truc mais aujourd'hui je trouve ça bidon.
Alors quoi ? Dois je vivre en ermite ?
On dit que l'amour est une force, qu'à 2 on est plus forts et patati et patata... mais ici, même si ça se passe bien avec ma femme, la réalité est toujours la même : on en veux toujours plus. Le plus riche, le plus beau, le plus intelligent, le meilleur plan cul. Je le vois bien, ma chérie ne me regarde pas comme si j'étais le dernier. Mais je sais que je ne suis pas le seul à penser ça, en France comme à Madagascar ou n'importe où ailleurs je pense. La surconsommation est partout, dans le matériel comme dans la chair.
Alors je ne suis pas malheureux, vraiment. Mon business fonctionne suffisamment pour vivre ici, j'ai un toit, à manger, une nana qui me plait. Mais je ne l'aime pas, car elle ne m'aime pas. Alors manque encore un truc. J'ai l'impression que c'est un jour sans fin.
Ici, j'ai souvent parlé du peuple vezo. J'admire ces hommes et femmes de la mer, qui vivent dans des paillottes au bord de la plage, de baise et de poissons. Mais comment s'intégrer dans un peuple comme ça quand on vient d'un monde où tout s'achète, même l'amour ?
En fait, je ne suis pas malheureux mais je ne suis pas heureux car l'humanité me rend triste.
Je vous rassure, je n'ai pas envie de me foutre en l'air, j'aime trop le cul et la bouffe. Ou bien si l'enfer existe, il paraît qu'on y bouffe de la viande et de la chatte. Mais pas envie de vérifier, on ne sait jamais, le diable est capable de me mettre sa grande fourche dans le cul. Et mon cul il est fait pour extraire, pas pour prendre 😉😂
Pour finir, je rêve d'un monde où l'homme et la femme se complètent comme l'eau et la soif, un monde où tout ce que l'on peut acheter par l'argent n'a aucune valeur. Mais ce monde existe t'il ? Il paraît que dans la vie d'un homme, la plus grande joie c'est l'amour. Alors j'attend ...
Bises
PS: hier j'ai pris le bajaj pour ramener des meubles chez moi. Ça faisait + d'1 an que je n'avais pas eu ce chauffeur et il me dit : "elle est où Apie ?". Inoubliable qu'elle était ma pitoubelle. Ce n'est pas cette réflexion qui m'a amené à écrire ça aujourd'hui. Mais j'y repense : pourquoi un chien laisse t'il une telle présence ? L'animal est il meilleur que l'homme ? ...
J'aurai voulu être un chaigle, mélange de chat et d'aigle, pour pouvoir me lécher les couilles tout seul et être libre comme l'air !

jeudi 2 novembre 2017

L’abandonnite.




 Il y a parfois dans l’air cette béatitude de la note bleue entre les platanes de la place Buscaillet.
Puis, une scène banale de la vie ordinaire gâche la douceur de l'instant.
Un "papa"( ?) se cache et constate l’effet de sa disparition. La petite fille abandonnée passe de l’étonnement à l’angoisse, la panique et les pleurs. Elle court irrationnellement à contre sens de la cachette, le sanglot crescendo.
Le daron signale sa présence à la petite dans la zone mentale bien entam
ée du syndrome de l’abandon et reprend sa marche en souriant. Il semble dire à la tablée majoritairement féminine qui ne le calcule même pas : « -Vous avez vu le bon géniteur que je suis ? »
La petite fille, trophée trottinant sans collier au bout d'une laisse virtuelle à quelques mètres derrière, n’aura pas le secours d’un mouchoir, d’un câlin, d’une parole
Au nom de la non-ingérence dans la vie des petites filles qui pleurent, j’ai replongé mon nez dans mes lasagnes oubliant "qu'avant" j'étais le Zorro des bacs à sable.
Dans ma prochaine lettre au père Noël, il me faudra penser à souhaiter que la petite fille devenue femme tombe du premier coup sur la bonne rencontre bien venu(e) digne de l’aider à traverser sa nuit


L’abandonnite. Bacalan 2017 

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