jeudi 2 novembre 2017

L’abandonnite.




 Il y a parfois dans l’air cette béatitude de la note bleue entre les platanes de la place Buscaillet.
Puis, une scène banale de la vie ordinaire gâche la douceur de l'instant.
Un "papa"( ?) se cache et constate l’effet de sa disparition. La petite fille abandonnée passe de l’étonnement à l’angoisse, la panique et les pleurs. Elle court irrationnellement à contre sens de la cachette, le sanglot crescendo.
Le daron signale sa présence à la petite dans la zone mentale bien entam
ée du syndrome de l’abandon et reprend sa marche en souriant. Il semble dire à la tablée majoritairement féminine qui ne le calcule même pas : « -Vous avez vu le bon géniteur que je suis ? »
La petite fille, trophée trottinant sans collier au bout d'une laisse virtuelle à quelques mètres derrière, n’aura pas le secours d’un mouchoir, d’un câlin, d’une parole
Au nom de la non-ingérence dans la vie des petites filles qui pleurent, j’ai replongé mon nez dans mes lasagnes oubliant "qu'avant" j'étais le Zorro des bacs à sable.
Dans ma prochaine lettre au père Noël, il me faudra penser à souhaiter que la petite fille devenue femme tombe du premier coup sur la bonne rencontre bien venu(e) digne de l’aider à traverser sa nuit


L’abandonnite. Bacalan 2017 

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