mardi 7 novembre 2017

Le chaigle

Le vazaha 2017-10 : en pleine réflexion
Salama be
Voici un peu les nouvelles mes amis, je suis en pleine réflexion spirituelle. Y a pas à chier, je suis bien ici. Le soleil a son effet, je répète encore une fois qu'il n'y a pas de bonheur plus intense que d'ouvrir ses volets tous les jours sur un ciel bleu. Je sais que ça ne vas pas durer, on va rentrer dans la saison des pluies. Mais celle ci est si courte ! Qu'est ce que c'est 2 mois pluvieux, avec quand même beaucoup d'éclaircies, quand on a 2 jours de pluie le reste de l'année ? Franchement c'est le pied. Et même s'il fait chaud, y a toujours de l'air, c'est top. Donc vraiment ma motivation première à rester ici c'est la météo. Et j'ai beau essayé de me trouver une autre destination en cherchant d'autres pays combinant pluviométrie/ensoleillement/humidité, je ne trouve pas.
Pourtant il manque quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas vraiment. Un peu l'amitié et l'amour de mes proches, ça c'est sûr. Mais un peu seulement car sur le long terme, je vais être honnête, les moments de joie dans ces domaines sont malheureusement de courtes durées. Pas à cause des gens, mais à cause des vies qu'on mène en Occident. Travail / stress / argent / grisaille ... tout ça fait que je ne me sens pas heureux en France, même bien entouré. Car justement cet entourage est pessimiste. Et ça me déprime.
De bosser dans un hôtel dans lequel nous sommes 2 occidentaux pour une soixantaine de malgaches me fait encore plus prendre conscience que l'argent ne fais pas le bonheur. J'ai déjà parlé de tout ça mais aujourd'hui ça devient un problème. Problème car je m'aperçois que mes petits malgaches, même s'ils sont heureux malgré la pauvreté financière de leur vie, sont capables de se voler entre eux. Exemple : une femme de ménage a perdu son job pour avoir volé le tel portable d'une autre.
Alors oui l'argent ne fais pas le bonheur, mais on se vole pour assouvir un plaisir si fugace. Et c'est là que le bât blesse, je ne trouve pas mon bonheur dans ce monde malsain où tout n'est que superficiel.
Gandhi disait : "il faut savoir vivre simplement, simplement pour que tout le monde puisse vivre". Pourquoi, dans ce trou du cul du monde où les gens vivent avec - de 50 € par mois, l'envie de consommation est si présente. Moi à part mes chiottes que je demande pour pouvoir chier confortable, je n'ai pas l'impression de manquer. Alors oui j'ai un iPhone. Mais ça me permet juste de communiquer. Y a 2 ans, j'aurai fait un crédit pour me payer le dernier à 1000 dollars mais maintenant je me rend compte à quel point c'est bidon. Chacun son truc mais aujourd'hui je trouve ça bidon.
Alors quoi ? Dois je vivre en ermite ?
On dit que l'amour est une force, qu'à 2 on est plus forts et patati et patata... mais ici, même si ça se passe bien avec ma femme, la réalité est toujours la même : on en veux toujours plus. Le plus riche, le plus beau, le plus intelligent, le meilleur plan cul. Je le vois bien, ma chérie ne me regarde pas comme si j'étais le dernier. Mais je sais que je ne suis pas le seul à penser ça, en France comme à Madagascar ou n'importe où ailleurs je pense. La surconsommation est partout, dans le matériel comme dans la chair.
Alors je ne suis pas malheureux, vraiment. Mon business fonctionne suffisamment pour vivre ici, j'ai un toit, à manger, une nana qui me plait. Mais je ne l'aime pas, car elle ne m'aime pas. Alors manque encore un truc. J'ai l'impression que c'est un jour sans fin.
Ici, j'ai souvent parlé du peuple vezo. J'admire ces hommes et femmes de la mer, qui vivent dans des paillottes au bord de la plage, de baise et de poissons. Mais comment s'intégrer dans un peuple comme ça quand on vient d'un monde où tout s'achète, même l'amour ?
En fait, je ne suis pas malheureux mais je ne suis pas heureux car l'humanité me rend triste.
Je vous rassure, je n'ai pas envie de me foutre en l'air, j'aime trop le cul et la bouffe. Ou bien si l'enfer existe, il paraît qu'on y bouffe de la viande et de la chatte. Mais pas envie de vérifier, on ne sait jamais, le diable est capable de me mettre sa grande fourche dans le cul. Et mon cul il est fait pour extraire, pas pour prendre 😉😂
Pour finir, je rêve d'un monde où l'homme et la femme se complètent comme l'eau et la soif, un monde où tout ce que l'on peut acheter par l'argent n'a aucune valeur. Mais ce monde existe t'il ? Il paraît que dans la vie d'un homme, la plus grande joie c'est l'amour. Alors j'attend ...
Bises
PS: hier j'ai pris le bajaj pour ramener des meubles chez moi. Ça faisait + d'1 an que je n'avais pas eu ce chauffeur et il me dit : "elle est où Apie ?". Inoubliable qu'elle était ma pitoubelle. Ce n'est pas cette réflexion qui m'a amené à écrire ça aujourd'hui. Mais j'y repense : pourquoi un chien laisse t'il une telle présence ? L'animal est il meilleur que l'homme ? ...
J'aurai voulu être un chaigle, mélange de chat et d'aigle, pour pouvoir me lécher les couilles tout seul et être libre comme l'air !

Aucun commentaire:

Messages les plus consultés

Archives de blog