samedi 15 décembre 2018

Courtoisie, fourrière etc




Dans la série "j'ai une vie de dingue"
Fourrière etc ...
"Ils mettent entre eux et nous des employés qui n'y sont pour rien protégés par une affiche"
... et une vitre blindé au cas où ...
En l’occurrence le préposé à enlèvement des véhicules sur le 17éme arrondissement de Paris ne respecte pas la procédure.
Il passe avec son camion plateau dans les rues. Il colle lui même l'affichette auto collante sans respecter la mention "enlèvement demandé" et sans la mention obligatoire de date et d'heure.
Légalement, l'opération se fait en deux temps, par deux agents différents.
Ici j'ai vu les faits se dérouler sous mes yeux en déjeunant, un œil distrait sur ma bagnole.
Garés devant moi, des ouvriers déchargeaient des radiateurs pour un chantier au 4ème garés sur une espace réservé de livraison. L'opération un peu longuette a dû déranger un commerçant qui a dû balancer à la mairie de quartier.
Dans le 17ème, ils supportent les livreurs le temps de la livraison mais faut pas s'incruster.
Donc, il colle le papillon et charge la fourgonnette qui ne gênait personne.
Comme il lui restait de la place sur son plateau prévu pour deux bagnoles, il colla son étiquette sur ma caisse et la chargea tandis que je réfléchissais comme Rantanplan" Mais, mais… je connais cette voiture" le temps de réaliser que c'était "mamienne" et de payer mon addition. (Resto sympa angle rue de Tocqueville et rue de la Terrasse).
Ensuite, tu dois attendre que le véhicule soit répertorié par la mairie (qui apparemment découvre l’enlèvement après toi alors qu’ils sont censé l’ordonner) car c’est le chauffeur qui renseigne selon s’il l’envoie à la la fourrière de Batignolles ou celle de Saint-Ouen. Une question de taux de remplissage et l'info en temps réel y a le matos pour, mais on s'en branle (s'il y a du cynisme dans cette phrase signalez-le c'est de l'humour).
Quatre heures perdues, mètro et marche à pieds (pour les ouvriers que j’ai retrouvé dans la file d’attente, c’est plus grave, sans matos, chantier interrompu) et t’as intérêt à être nickel pour la bagnole car avant de t’exfiltrer, ils t’analysent l’ADN sur trois générations avec contrôle fiscal du proprio.
Une fois dans la nasse, tu peux toujours réclamer, mais d'abord tu dois payer avec la SBAM. Sourire/Bonjour/Au revoir/Merci comme on dit chez Auchan
Bien sûr le process est bien connu de toute la filière, encaisseurs, derrière une vitre blindée, compris !
L’employé bien protégé par le groupe de ceux qui ont intégrés la forteresse "sécurité de l’emploi" ferme les yeux sur les petites injustices du quotidien impactant les autres moutons, abandonnant chaque jour un peu d’empathie.
Il lui reste au fond des poches une pièce à donner au syrien dans le métro et un chèque défiscalisé aux restos du cœur. Avec le goût amer de l’impuissance, il pourra s’enflammer sur le sort des immigrants et la misère du monde dans les dîners en ville. Après tout le seul territoire qu’il reste au pays de la dignité c’est  le no man’s land étrécit chaque jour où l’on paye ses factures et on nourri sa famille.
J’ai demandé, pour le prix, si le câlin ou juste un bisou n’étaient pas envisageable dans cette prestation "all inclusive" et je suis sorti sous les rires du public. Je me suis fais des potes ouvriers mal placés dans la chaîne alimentaire mais " l'important c'est d'aimer" et de bien se marrer pour 250 balles.
Pourtant cela donne, un peu, l’envie "de hisser le drapeau noir et d’aller trancher des têtes" comme le dit H.L Mencken avec beaucoup de psychologie
Cela dit, j’ai beaucoup aimé la Brasserie « chez Raphaëlle » rue de Tocqueville et ses allumettes pannées de cabillaud aux câpres pour plein de raisons

dimanche 9 décembre 2018

Se poser les bonnes questions


Se poser les bonnes questions

Un journaliste publie une photo avec un commentaire dans le caniveau .
Le boulot d'investigation s'arrête, et la curiosité devient de l'impertinence. La PQR dans toute sa splendeur.
Source Benoît Lasserre journal Sud -ouest

Photo légendée façon fin du monde "Où on voit que les gentils casseurs du cours Victor Hugo ont attaqué les symboles de l'opulence et du luxe..."

Journaliste
Plume à vendre comme tout salarié qui veux garder son fromage ainsi que ceux qui se complaisent dans l'assentiment et la flagornerie car avoir un copain journaliste bien placé … je ne vais pas vous expliquer ce qu'est un réseau social, celui d'avant FB, celui des copains et des pistonnés.
Donc, la voix de son maître je vous concède qu'en xyloglose vous appelez cela '" La ligne éditoriale" et que c'est plus chic.
Moi ce que j’attends du journalisme c’est la plume élégante du journaliste connu pour son humour. Un truc du genre « encore un véhicule qui ne passera pas le contrôle technique » de toute façon, avant de passer du diesel au feu de bois, la camionnette de Momo Erdogan garée devant le 11 du cours Victor, ne passait pas le crash test du contrôle technique censé éliminer les poubelles roulantes
Et puis, j’attends d’un journaliste de l’information de niveau, question d’échelle.
Celle qui m’informerait sur, tiens justement, pourquoi on voit rouler des épaves malgré ce fameux « contrôle » censé les éliminer. Sans doute le nuage de fumée qui sert de camouflage. Défaillance de la police qui ne contrôle pas le contrôleur ?
J’attends de savoir pourquoi on laisse la racaille faire la loi dans la cité où le deal de chite sert l’économie souterraine protégée par les bagnoles qui crament sans déranger personnes à part le smicard qui subira le tram. Défaillance de la police qui sait pourtant où les trouver?
J’attends de savoir pourquoi on arrose de subvention la famille Peugeot qui se gave en vendant du diesel qu’il faut vite fait revendre à peine fini de payer pour une voiture électrique miraculeusement non polluante
J’attends de savoir d’où viendra l’énergie propre qui permettra de recharger la nouvelle panacée automobile
J’attends de savoir pourquoi seulement 5% de la taxe carbone va à l’écologie
J’attends de savoir pourquoi l’on arrose d’argent public les champions de l’optimisation fiscale avec le recul que les experts ont sur le ratio évasion fiscale/investissement largement défavorable au CICE
J’attends de savoir pourquoi, selon les experts, un point d’augmentation du smig détruit des emplois dans les usines largement assistées pour les créations d’emploi. Ne me dites pas que c’est compliqué je sens que ça va être passionnant
Je ne suis pas expert mais il me semble que si l’on desserre l’étau des bas salaires on retrouvera pas mal de pauvres emplir le Caddie et ça c’est bon pour la croissance. Simpliste mais je ne suis pas journaliste alors j’attends que l’on m’explique plutôt que l’on me livre de l’information anxiogène.
J’attends de savoir pourquoi les moyens exorbitants de la police protègent Gambetta (en se loupant un peu pour les platanes) mais pas le 11 cours Victor Hugo et que l’on ne se questionne pas sur la compétence et la responsabilité
J’attends de savoir pourquoi l’on enquête sur l’opposant dans une … démocratie
J’attends de savoir pourquoi il y a tant de bénévoles de la menace qui me mordent les mollets avant que leur maître leur en intime l’ordre. Auxiliaire de police en mal de vocation planqué derrière un clavier, Nicolas ? Attention, on en a tondu pour moins que cela
Sachez que les avantages sociaux ont été obtenus par la colère que vous appelez la violence et que vous râlez (sans trop hausser le ton, on ne sait jamais vous pourriez déplaire) parce que vous n’avez pas vos congés payés au mois d'août (ne me répondez pas, ceci n’est pas une conversation)
J’attends de savoir qui vendangera les raisins de la colère
J’attends du journaliste un peu d’investigation sur les raisons de la colère mais n’est pas Steinbeck qui veut ! Question d’échelle, pourtant on ferait bien de nous lâcher la grappe

dimanche 25 novembre 2018

Avertissement

Avertissement
individu dangereux en voie d'extinction.

Je nettoyais mon gun,
Le  coup est parti tout seul. 
Je me tire quelques fois une balle dans le pied. Sans doute, une envie d'infirmière.
Une prisonnière dans sa forteresse vide avec un frigo plein
" Je chasse à l'ancienne, pas de site de rencontres.
La traque, le siège au pied de la muraille, le café préliminaire, le resto ensorceleur (n'oublie pas ta CB), la galoche furtive sous la porte cochère, le dernier verre, la montée au septième dans l’ascenseur, classée X. Puis tu te retrouves dégoulinante et comblée, avec ma brosse à dent dans ta salle de bain. Tes organes n'auront pas le temps de retrouver leurs dimensions d'origine que ma valoche sera dans l'entrée et ta machine à laver en train de tourner. L'énergie du désespoir d'un ancien volcan qu'on croyait trop vieux et la panique de dormir dans la bagnole, ça donne du génie sur un one shot."

samedi 17 novembre 2018

Fidélité. Mécompte de fées


... Et pourtant toutes sont fidèles. Petites filles aux genoux plus ou moins écorchés elles ont foi au prince charmant.
Même s’il est passé furtivement son bourrin garé en double file et reparti vers d’autres aventures en laissant son Y.
Même s’il reste pour le gite et le couvert en sus de la sexualité rituelle elles y croient encore et reprennent une tournée d'ADN.
Elles partagent alors leur zone de confort observant cet animal de compagnie mollir et mochir dans la sédentarité. Fidèle à l’idée du prince fringant que son bi n’homme a trahi elles font un peu de hors piste par curiosité, pour voir l’état du mercato.
Si elles ne le retrouvent pas dans le ventre mou de l’anonymat elles auront passé avec plus ou moins d’agrément le contrôle technique qui rassure la ménagère de moins de cinquante ans car le prince charmant partenaire de PEL qui ronfle devant la télé a perdu en crédibilité dans le dernier crash test.
Fidélité encore quand l’intermittent élu en deuxième semaine pour un rapide passage au stand entre les courses et les devoirs des mômes, constatera que, même si elles ont ouvert tout les accès, il y aura toujours une zone interdite dans leur jardin secret.
Elles restent à jamais le soliflore d’une seule tige.
Comme nous, elles aiment une fois ensuite, elles meublent.

"Il n'y a pas que le prince qui est une arnaque.
On vous ment: éduquées au couvent des oiseaux, la sexualité est souvent honteuse et l’éducation pas très sentimentale. Dans le cercle de famille un peu cathos ou parpaillot bien de chez nous elle sera annoncé à coup d’histoire de pomme et de punition pour la version soft. Elle devient une réalité concomitante avec le sang, la douleur et la responsabilité bien implantée dans le bocal des filles d’Eve. Avant de se construire une conviction il va falloir se bâtir une personnalité basée sur le mensonge et, pendant la durée des travaux, nous sommes ce que croyons. Une révélation précoce et impromptue peux se révéler brutale et notre empressement à découvrir la vérité par nous même peut-être dommageable. "On" t’a menti.
Depuis le début on te ment.
L’arnaque du père noël en premier, pour te faire croire que si tu es sage tu auras plein d’images. Puis le gros morceau : la reproduction, une histoire de graines, de garçons dans les choux et de filles dans les roses. Comme tu n’es pas con, t’en as déduit que tes darons étaient bios et baisaient dans le jardin alors que l’on peut se démerder avec une éprouvette.
Si l’info t’arrive par le bon canal, dans le bon timing avec les mots de parents bienveillants, tutti bene. A défaut d’une autre version, partons de ce postulat.
Quand je dis familièrement "t’es pas con" je pense surtout que très tôt et déjà augmentée d’autres datas, la trajectoire fille/garçon/reproduction programmée à ton insu et unilatéralement, manquait un peu de surprise.
Ce constat entre les mains, qu'en faire ? Poser un pied devant l'autre et attendre un prochain émerveillement. Te voilà captive d’un matériel génétique en voie de perfectionnement.
Je veux bien terminer ton téléchargement.
Nous sommes deux modèles spéculatifs avec des corroborations expérimentales différentes au carrefour de notre résilience secondaire et l'on se contentera, pour fermer cette boucle austère de la réalité, de revenir aux contes de fées et leur symbolique décryptée.
La petite chèvre de Mister Seguin c'est la tentation de lâcher le prince de Médeux qui glande avec les boutons de sa télécommande sans s'occuper du tien. Ainsi, va brouter sans vergogne l'herbe des sommets et entre sans combattre dans la mâchoire du loup. Les coups de cornes défensifs ne sont là que pour la morale du père Daudet qui se doit de punir l'aventurière s'il veut être publié.
Le chaperon rouge, pas mieux, et son petit pot de beurre qui va voir mamie en passant devant le loup alors qu'un bon gel de chez Mannix ça fait quand même moins tango à Paris et moins mal au Q aussi.
Et la belle aux bois dormant, hum céki?
Une ménagère de moins de cinquante ans CSP+ avec le magma de l'en dessous de l'ancien volcan qu'on croyait trop vieux qui pousse au portillon.
Il est temps de profiter de qui j'ose aimer avant que l'ami Pierrot nous annonce la mort du petit cheval avec sa ritournelle à la métaphore évidente: Prête moi ta plume, mon ami Pierrot ma chandelle est morte, je n'ai plus le feu. Il doit bien subsister à l’écart de la meute des chiens sans collier, un loup solidaire avec un peu de jus dans le poireau."

samedi 10 novembre 2018

Amour plus ou moins propre


« Le soir du combat, tu sentiras comme une piqûre d'insecte. C'est l'amour-propre qui te turlupinera. L'amour-propre tu l'emmerdes ! L'amour-propre fait mal, il ne sert jamais à rien. Au cinquième round tu te couches. » 

Marsellus Wallace. Pulp Fiction 


Cela faisait un moment que je me couchais. 
Un dernier contrat de 6 mois,  dernier combat avant la retraite.  Le combat de trop ? 
Dès vingt heures au plumard pour embaucher à quatre ! 
Je n’avais même plus la sensation de marcher debout au lever quelques heures plus tard. Je rampais dans cette fin de vie pour me relever dans celle d’après. Je rejoignais chaque matin au plus tôt le gros de la troupe qui formait le rang, où je n’étais plus cette tête décalée sur le coté cherchant à voir, au loin, la ligne d’horizon avec une curiosité puérile. Bien calé au chaud sans l’exposition à tous les dangers, j’avais trouvé une planque bien décidé à ne pas faire de vagues. Toutefois peu soucieux d’un confort poisseux, j’agissais plus par défi que par contrainte et j’étais aux premières loges pour assister au lever du soleil sept jours sur sept avec enthousiasme.
Une planque! Tu parles ...
Livreur de presse de 4 à 8 et coursier de 8 à ... pas d'heure! 
J'entamais un voyage dans le temps qui me ramenait à mon premier job et ironie exquise, qui me grise, c'était pour exfiltrer l’aîné mal engagé dans des affaires  foireuses en territoire hostile. Je trouvais amusant de finir comme je l'avais commencé une carrière qui me fit faire mille et un métier pour cet enfant dont la naissance avait ouvert mes yeux sur la réalité économique jusqu'alors limitée à faire le plein de ma moto.
Je retrouvais la solidarité chaleureuse des gens qui se lèvent tôt et que toise le monde d'en haut. Pourtant, il fallait mettre un bœuf sur ma langue et apprendre à fermer ma grande bouche sur ce monde imparfaitement parfait. Après tout, mon ego pouvait se passer des feux de la rampe de titres ronflants contre la lumière blafarde du petit jour en Beauce.
Dans cette ville, qui connut Marcel Proust et le plus célèbre incipit de la littérature française « Longtemps je me suis couché de bonne heure » la ville et l’idée m’allaient comme un gant. Je n’étais pas passé « Du coté de chez Swan » ni de ses mœurs ambiguës et pourtant, j’étais bel et bien dans la chambre du roi et faisais partie de sa cour. J’assistais au lever et je jouissais de ses rayons généreux en décalage cependant, conséquence d’une petite taille qui faisait que sa lumière me touchait vingt centimètre plus tard que la moyenne.
Cela ne suffisait plus ! Des courtisans plus alertes allaient aux devants de l’astre précédant ses demandes et exécutant des ordres qu’il n’avait pas encore donnés. J’ignore comment cela est possible mais du jour au lendemain dix bons points ne valurent plus une image.

Abandonnons cette métaphore incompréhensible, il s'agit du zèle dont fait preuve le salarié consciencieux. 
Le deal: le compteur tourne à partir de H: 4.00!
Pour moi, c'est déjà une cascade sans doublure de passer sous la douche  et de sauter dans son slip à 3 plombes du mat' d'autant que la tournée est conçue et payée à partir de ce top départ. 
Le consciencieux prends l'initiative de sauter dans son bahut 1/2 heure plus tôt bien vite imité par ses collègues avides de compétition, de podium et de la médaille en chocolat de l'employé du mois. Cela donne des répliques à "- Si tu n’arrivais pas en retard au briefing tu saurais  que ..."par: "Ce n'est pas parce que tu es en avance que je suis en retard". 
Devant cette inversion des pôles, le roseau plie mais ne rompt pas  mais je perds en flexibilité avec l'âge.
Ensuite, l'infini du zèle, la captation: "les pieds de grue" attendant les ordres de départ dans le bureau alors que la règle est d'attendre à la maison puisque que l'on n'est pas raqué. 
Encore des heures gratuites et un prélèvement à la source du boulot. Les courses aléatoires et gratifiantes, c'est le gras de ce métier. Elle permettent de crever le plafond de verre des 250 heures/mois et du chèque pour payer le vitrier, parce que question santé, ça pique!
Rien à dire sur le taulier: belle boite, bonne tréso, il n'a rien demandé, donne sa chance à chacun et fait bouffer pas mal de monde. Dans des métiers sans autres diplôme qu'un permis de conduire, la bonne paye est rare (en valeur absolue, pas en valeur relative, mais ça fait un bout de temps que l'on murmure le mantra de Sarkozy" travailler plus pour gagner plus" et on n'est pas des feignasses

Bref, la norme a changé !


Sans doute étais-je remonté sur le ring, naïf une fois de plus, peut-être une fois de trop, avec trop de foi. Au dernier round de la vie d’avant, je m’étais relevé durant le décompte fatal de l’arbitre avant le 10 fatidique annonçant le knock-out. La pesanteur avait bien failli m'avoir. J’étais à terre mais je croyais fermement que dix bons points valaient encore une image.
Alors je me relevais avant le dixième, étourdi et titubant cherchant la récompense.
Pourtant l’arrêt qu’on pense n’est pas le terminus où tout le monde descend! 
« Le soir du combat, tu sentiras comme une piqûre d'insecte. C'est l'amour-propre qui te turlupinera. L'amour-propre tu l'emmerdes ! L'amour-propre fait mal, il ne sert jamais à rien. Au cinquième round tu te couches. »
Sacré Marsellus !


Try it again, petit d’homme, ça finira bien par tourner et souviens toi que l'amour propre ne le reste jamais longtemps chez les plus lourd que l'air !




lundi 29 octobre 2018

Heure d'hiver

Heure d'hiver
On gagne une heure
La vingt cinquième heure
Une heure de mieux, c’est le glissement quantique qui permet d'arriver avant de partir. 
Ce comptage administratif de la durée, même si cela ne changera pas la mentalité de ce salaud qui fane les roses, est contesté. 
Le glissement temporel vit sans doute ses dernières heures puisque l'intention originelle de 74 était d'économiser des miettes d'énergie et que, depuis les dernières augmentations, non seulement le temps mais l'énergie, aussi, c'est de l'argent.
Les économies d'énergie c'est bon pour la planète mais les économies c'est conséquemment un manque à gagner dans la grande tire-lire.
Allez, dessine moi un mouton et moi je t'imprime une tondeuse en 3 D .
Qu’espérer de cette heure généreuse?
Qu’en sera – t’il après cette heure cadeau où nous n’aurons pas vieilli puisque le futur nous fait ce présent?
Nous dira-t'on encore une fois : " - dis-donc, tu ne fais pas ton âge." ?
Saturne, maître des horloges (et non pas Jupiter, cet usurpateur) décrète:
" - tout acte commencé à 2 heures se terminera à 3 heures, hug j'ai dit!"
Mr Jack Précoce apprendra la relativité du temps, esbaudi de sa performance et Madame Peinajouir verra que le temps ne fait rien à l’affaire.
De toute façon, l’année prochaine si tout va bien, il y aura un printemps. En attendant voilà bel et bien l’hiver, le manteau des pauvres comme dit Henri Pourrat


Nota bene : Livre et Film, la Vingt-cinquième heure, celle qui vient après la dernière heure, celle où même la venue d'un Messie ne résoudrait rien; une société bureaucratisée ne peut créer de l'esprit car elle est pratiquement livrée aux monstres. Dixit Virgil Gheorgiu soi-même

jeudi 27 septembre 2018

A la recherche de Marcel le ragondin ou la corruption des idées


« Longtemps je me suis couché de bonne heure…. »
L’incipit le plus célèbre de la littérature française n’est pas dédié à Marcel Proust mais à Marcel, le ragondin.
Rue des Pelourdes, de Gaulne, place Mareilhac , Boulevard Brandenburg, Place Maran soit 500 mètres à peine franchis et déjà je cale la bicyclette offensée devant la boutique du dealer de farine contre un platane et sous les yeux de la femme du boulanger.
«- Café ou chocolat ? » demande la pâtissière avec un sourire.
Le look tour de France/tour du quartier, culotté du cuissard rembourré au niveau de l’assise est d’un effet comique infaillible sans la bécane en dessous.
« -Les deux ! » Tranché-je devant ce choix impossible. Maintenant, j’ai une bonne raison de pédaler.
Je n’ai pas déjeuné, j’ai mal dormi et je suis parti sans eau. Dans l’obscurité du garage, du vélo et moi, j’étais le plus gonflé car la bicyclette poussiéreuse était à plat et semblait me faire le reproche muet de ne l’avoir pas enfourchée depuis l’été dernier.
7 kilos d’air dans chaque pneus me feront des semelles de vent et la selle rembourrée aux noyaux de pèches me promet une chevauchée fantastique. Je complète in extrémis mon équipement d’une paire de mitaines destinée à filtrer les vibrations de ce guidon qui deviendra vite un marteau piqueur.
Toujours prendre des gants…!
Malgré le paquetage léger et l’absence d’eau, la bécane s’est doutée que la virée dépasserait le tour du pâté de maison. Pourtant même moi, toujours dans l’improvisation, ignorait la mesure, la rencontre et la surprise de cette sortie car je viens de décider à l'instant d’aller à la rencontre de ma chère et tendre en weekend chez sa mère à Damazan, Lot & Garonne puis de rentrer en voiture pour le trajet retour en sa compagnie.
Mais qui sait si une surprise sera bonne ou mauvaise… ?
Partir à bicyclette c’est faire, d’un saut de puce, une odyssée ! Mon tempérament grincheux pestant contre l’envahissement automobile devant la future cité du vin et la piste partagée piéton/vélo/auto/tram se fait oublier : avec deux roues, c’est l’enthousiasme qui prend le dessus sur les désagréments urbain.
Et Marcel le ragondin dans tout çà ?
A vrai dire je ne l’ai pas vu ! Je n’ai qu’une suspicion basée sur des racontars sur sa présence classifiée nuisible.
C’était à Villeton, un peloton de canetons remontait le canal vers la Fallote derrière maman cane. Sympatoche, cette cane et ses canetons en file indienne. Coin-coin,coin-coin, coin-coin, ça caquette à qui mieux-mieux.
Seulement, il y a la loi du canal.
A l’heure où partout dans le monde le prédateur se rapproche d’un point d’eau, Simba dans le rift, Shere Khan aux rives de l’Indus et Marcel à Villeton. Son museau en périscope dessine un inquiétant sillage avant de disparaître en immersion.
Un coin-coin, puis deux coin-coin manquent et chaque trille manquant correspond à un caneton engloutis sous la surface spéculaire du canal tiré par ses petites palmes à peine formées dans la mâchoire de l’impitoyable Marcel.
Marcel* fait ses courses. Il a une famille à nourrir et sa position naturelle dans la chaîne alimentaire autorise ce prélèvement.
Cela, ajouté à ses qualités d’architecte aménageur des berges à son profit, dérange ici le pécheur, là-bas le promoteur.
L’indigène primo occupant doit faire une place à l’envahisseur avec ou sans soucoupe. Ici et partout, dans la dictature de la démocratie, c’est le nombre qui fait loi.
Marcel, que la controverse de Valladollid a déclaré sans âme, n’a pas été évoqué dans la publicité glacée des passeurs. Le migrant, qui a payé son ticket, inclus l’option tacite d’occupation et de jouissance de sa part de soleil. L’histoire l’a prouvé avec ou sans misère le migrant est toujours à terme une richesse. Il faudra juste que Marcel résiste un peu pour préserver son identité et sa culture.
100 bornes plus loin et trois heures plus tard, une dernière grimpette, un coup de rein dressé sur les pédales dans la posture dite "en danseuse" pour sortir du chemin de halage vers la départementale et retour en voiture.
Last but not least
Pas de bagnole dans le jardin, pas bon ça, pourvu qu’elle soit encore là.
« -Kat est là ?
- Ah non, elle est partie depuis une heure ! »
C’est ça les surprises, c’est surprenant !
Avantage : je connais déjà la route !
Allez, cent bornes de mieux et dodo. Dure journée !"
*Le ragondin est végétarien mais quand on veut se débarrasser des indésirables, la vérité est anecdotique , la vraisemblance suffit
Nota bene: Marcel le ragondin est un personnage créé par Luis Erasmo Diez Arias dont on peut suivre les aventures dans le journal Bacalan

jeudi 9 août 2018

Improbable intersection

J’ai collecté ces petits cailloux sur notre chemin de Petit Poucet :
— Je n’ai pas de limite et j’ose presque tout
— Mais tu n’as pas peur qu’en allant trop loin ce soit impossible de revenir ?
— Quand j’y serai, je te raconterai !
— Quand tu y seras je serai juste derrière toi et je t’en empêcherai
— Je suis un tardigrade. La planète a été stérilisée plusieurs fois et je suis toujours là
— Tu parles. Une glande de 20 grammes t’as foutu la trouille pendant 8 ans
— Ma prostate ? Si tu savais ce que je m’en tape de cette enveloppe. L’important c’est l’âme, 21 grammes de bagage c’est facile à déplacer. J’ai encore un peu de temps
— … de me voler un baiser, transformé en un enivrement consenti... avant ta prochaine mutation ?
— Sans doute
— Pourquoi ?
— Je t’attendais, je n’attends plus
— Besoin de rien, envie de toi "Je te démon, tu me divines"
— Aussi ! Et t’assister. Etre ton partenaire asymétrique et parallèle à la fidélité et la détermination à toute épreuve.
— Tu restes en première ligne, c’est ça ?
— C’est ça !
— Souvent, c’est celui qui se fait tuer en premier
— Et alors ? tu reprendras le cours de ta vie. Mourir pour toi n’est pas mourir "Ooooh tue moi encore"
— Connard !
— Moi aussi je t’aime
Avant de se construire une conviction il va falloir se bâtir une personnalité basée sur le mensonge de la représentation et, pendant la durée des travaux, nous sommes ce que croyons. Une révélation précoce et impromptue peut se révéler brutale et notre empressement à découvrir la vérité par nous même peut-être dommageable.
"Ce constat entre les mains, qu'en faire ? Poser un pied devant l'autre et attendre un prochain émerveillement". Te voilà captive d’un matériel génétique en voie de perfectionnement.
Je veux bien terminer ton téléchargement.
Nous sommes deux modèles spéculatifs avec des corroborations expérimentales différentes au carrefour de notre résilience secondaire. J’ai réservé le nid ! L’alcove est sise aux Buttes Chaumont où tu seras occupée du dedans et du dehors. Il y a des barreaux pour empêcher de sortir et des grilles de défense, pour empêcher d’entrer, car la peur est nécessaire.
- Je te remercie déjà de tout ce danger ...
- … Et de la force que tu me donnes …
- Bien sûr fixe-moi une limite, enferme-moi et je défoncerai toutes les barrières !
Celles du vide et du plein.
De ta force et de mon péril.
Nous sommes transhumains désormais, un clavier prédictif implanté dans les neurones. Tu penses un mot, il t’en propose un autre qui finalement agit comme un trope et donne à ton propos sa dimension subliminale. Humain augmenté moi aussi, je pense à tes coordonnées GPS et je dézoome grâce à l’appli neuronale la dernière mise à jour Google Earth. De l’espace à notre résidence principale et temporaire: le globe. Dés l’entrée dans l’atmosphère je découvre tes synapses merveilleuses. J’ai scanné toutes les connexions possibles passées et à venir. Il me fallait savoir ce qu'il y avait d’inné ou d’acquis, de transgressif ou d’ego, à aimer. De l’obsolescence programmée, le compte à rebours est lancé.
Pour moi les dés sont jetés. Je suis un voyou.
Désertion, excès de vitesse, rupture et délit de fuite. J’ai ouvert la mer rouge, fendu la bise, brassé de l’air. J’ai mordu des mains tendues. Je n’ai pas de sang sur les mains mais des larmes sur la conscience, désarmé désormais. Tu as lavé tout cela d’une chiquenaude et d’un sourire bien placé au dessus du sillon de tes seins. Et l'improbable devient possible dans une spirale de la communication et les circonvolutions de l’inconscient.
Tu es de l’autre coté, à l’horizon des événements et nous allons faire la découverte ou la confirmation de qui nous sommes. Je suis peut être ton programme divertissement, élu pour déposer un code génétique dans une forteresse sécure. Des composants stériles qui se connectent biologiquement. Nous ferons en sorte que ton fichier soit sauvegardé. En vivant le sort des biologiques dans une verticalité évolutive et provisoire. Et c’est probablement à l’horizontale que cela va s’accomplir.
La version de toi que j’ai projetée sur "l'écran noir de mes nuits blanches" est un amplificateur des envies masculines. En ce qui me concerne, tu es, à confirmer, une odeur, une chevelure, un graff de Basquiat, une esquisse de Manara, un tag de Miss Tic, un superbe buste noir et blanc, une image dans le rétro si tu freines au panneau trop tard.
Définitivement, tu m’as donné l’envie de te renaître et de te recommencer, de te calmer et de t’aimer, d’être et de devenir un marque page entre tes rêves ou un index obéissant entre tes grandes lèvres, de glisser en toi comme on gare une grosse berline dans un garage trop étroit manœuvrant avec précaution dans ton vestibule trop serré ou de rééduquer ton périnée, d’être une concrétion dont tu feras la perle de ton huître, de te faire transpirer et de lécher tes aisselles, être à tes genoux les yeux bandés, que tu jouisses debout dans ma bouche, de t’écarteler et de te laisser sécher, j’ai des envie de garde à vue, de répondre à toutes tes questions les mains attachées dans le dos, une spot et des baffes dans ma tronche de petite fiote et je te dirais tout, que tu sois la petite marchande d’allumette qui met le feu au bûcher de ma vanité, d’être au chevet de ta table, sous ta coupe, dans la lie jusqu’au cou, dans tes draps et toi dans mes bras, que je paie à toi et à toi seule pour celle que j’ai abandonnée, de te faire des pennes aux légumes croquants pendant que tu corriges ma copie, que tu mettes des compléments d’objet à mes phrases qui manquent de souffle, que tu m’étrécisses et que tu m’allonges, de bander et de fondre, d’essuyer tes lunettes, de nettoyer tes philtres de sorcière et tes filtres de résiliente, de prendre les patins et de t’en rouler un à s’en lasser la langue parce que l’on achève bien les chevaux, de haïr les dimanches et d’aimer les bacs à sable, d’avoir un chien et ta chatte, un frigo plein et une télé éteinte, que tu me rappelles ce que je ne savais pas, que tu sois ma mémoires et mon avenir, de former un couple déjanté, asymétrique et étrange, pas pour choquer mais juste parce que c’est comme ça un point c’est tout, d’avoir un monospace avec un porte gobelet, des mômes sur la banquette arrière et partir dans les embouteillages avec les autres cons, tenir ma promesse de te faire la highway Los Angelès/ Tijuana à fond les ballons avec Poncherello aux fesses, j’ai aussi des envies de cocktails officiels et de bals masqués libertins, caresser et jaillir, plonger, éclabousser, tarir et étancher, froisser et repasser, aller et venir, danser on the dark side on the moon avec les stars, être dans tes bras et un film de Régis Varnier, être l’eau de ta soif et la feuille de menthe dans ton mojito avec modération, cesser le braconnage mais garder une balle, de courir en zig zag pour les éviter, mentir dans mes jours mais jamais dans tes nuits, tondre ton gazon maudit, balayer devant ma porte et sonner toujours deux fois en te portant le courrier …
D’être magnanime quand je serai cocu
D’avoir honte et d’être fier
D’être Power de Kenzo coulant entre tes seins
D’être… à toi
D’être

dimanche 8 juillet 2018

La norme

Eh oui l'ami nous avons les mêmes tendances après la fesse euh la messe du dimanche, on pédale.
Je n’étais pas parti pour 25 bornes comme toi et j’avais troqué l’uniforme Tour de France/moule bite pour un bermuda, une chemisette et des Five Fingers puisque j’ai abandonné les cales auto depuis belle luronne et que je voulais être dans la norme. Tu vois ce que je veux dire ? Poli au milieu des impolis et le mutisme répondant à tes bonjours t’a foutu les boules.
Cycliste au milieu des piétons du dimanche qui privatisent leur "ici" et leur "maintenant" sur la piste, moi aussi je dérange.
J’en vois deux sur ma trajectoire (Tu vois : MA trajectoire alors que la piste est à tous le monde y compris à ceux qui marchent de front) Les mecs zigzaguent un peu et j’accroche, involontairement j’te jure, un baluchon d’un coup d’épaule. J’entends le mec aboyer dans mon dos. Coup de patin, demi tour en dérapage genre motivé alors que ce n’était pas mon cerveau qui gérait le truc (je l’amène rarement quand je suis à bécane).
Merde ! ce sont des frères, pas de 8/6 mais de SDFitude, crados, fringues dans un Caddy et bourré à deux heures de l’aprém’. Le mec ne s’aperçoit pas que suis petit et vieux, il me classe à tort dans les dangereux. Il s’excuse direct en me vouvoyant pendant que son copain calcule déjà la bière de son pote comme si ce dernier était déjà mort. Je continue mon approche en le tutoyant. Eh merde ! Je rechute dans mon coté obscur de gros con. En même temps, c’est lui qui a brisé la glace en me traitant d’enQlé. Je fais un demi cercle à vélo autour de lui en reprenant le vouvoiement pour dire : "Non, monsieur, c’est à moi de m’excuser je vous ai bousculé".( Pas con ça, la manœuvre d'encerclement). J'avais vu la peur dans ses yeux et je n'ai pas aimé
Primun non nocere et je suis revenu dans les principes que j’ai du mal à respecter : n’humilier et ne nuire à personne avec mon caractère d’écorché vif. Les mecs étaient sciés, je me suis cassé sans attendre la monnaie
Tout le monde a peur ! Dés qu’un comportement sort de la norme et c’est le groupe qui a raison. Toujours!
Ici, un petit vieux à vélo qui fait demi-tour face à deux jeunes mecs bourrés, ça déstabilise. Pas longtemps : si je n’avais pas enchaîné in petto mon dérapage, l’agression du gravier qui giclait sous mes roues et mon tutoiement familier sur des cerveaux embrumés, je n’aurais pas fait illusion longtemps. En allant au devant du "danger"je n’étais plus un mec qui cherchait le fight parce qu’on l’avait insulté mais un gonze poli qui faisait des excuses à domicile à deux sans adresse. Parce que, en sus de la conscience d’être dans la vulnérabilité de la marge, mes rouyas de misère ont perdu l’estime de soi depuis belle lurette. Alors oui, comme le supporter de foot qui gueule "on a gagnéééé" sous ma fenêtre à deux heures du matin trouverait complètement incivique avec raison, si je gueulais sous la sienne quand j’embauche à quatre heures car je ne serais pas dans SA norme !
Que fait ce con à vélo quand je suis pressé et en bagnole ? Que fait ce con en bagnole quand je me balade à vélo ?
Mon caca à moi il sent bon, les autres c’est l’enfer (Sartre l’a dit mais à l’envers)

dimanche 13 mai 2018

Déplacez-vous de la synchronicité à l'apophénie


LES SYNCHRONICITÉS
"La Vie saupoudre notre quotidien de petits moments magiques pour lesquels on a trouvé le merveilleux nom de synchronicité.
Tous ces petits "hasards", ces coïncidences, ces rencontres fortuites qui, nous font faire WOW ! et qui nous laissent souvent sans voix.
Ces instants précieux où nous pensons à une personne et qu'elle nous appelle ou nous écrit en même temps.
Une expérience difficile que nous vivons alors que nous tombons sur un article qui exprime exactement ce que nous ressentons.
Ces retrouvailles non orchestrées qui tombent pile au bon moment.
Ces discussions spontanées qui nous font réaliser certaines choses cruciales pour nous alors que nous sommes prêts à les entendre.
Tous ces événements, ces rencontres qui surgissent au moment où nous en avons précisément besoin et qui s'emboîtent l'un dans l'autre comme la résolution parfaite d'un casse-tête magique !
Ces synchronicités sont de magnifiques cadeaux de la Vie, des signes qu'elle met sur notre chemin pour nous indiquer la route à prendre, des baumes qu'elle nous offre gracieusement quand nous avons besoin de réconfort, des évidences de ce qui est plus grand que nous quand nous sommes sur le point de perdre foi en la Vie, en nous-mêmes, parfois.
Au début, il faut parfois les chercher, y prêter attention, les dénicher dans la banalité apparente d'un événement.
Mais plus nous sommes ouverts, plus nous constatons que ces synchronicités abondent et plus nous éprouvons de la gratitude envers l'immense générosité de la Vie." 
Diane Gagnon


 "Au début, il faut parfois les chercher, y prêter attention, les dénicher dans la banalité apparente d'un événement.
Mais plus nous sommes ouverts, plus nous constatons que ces synchronicités abondent et plus nous éprouvons de la gratitude envers l'immense générosité de la Vie." 


Il faut pondérer cette affirmation car parfois les mots sont des chiens enragés et, aux signes du destin, il faut éviter les traquenards et dans la synchronicité se garder de l'apophénie*.  

*L'apophénie est un terme utilisé en psychiatrie pour désigner une perception trompée, qui donne à une chose un sens autre que celui qu'elle recèle.

Nous parlons de la même chose. Au-delà du sens psychiatrique, moins vendeur.
Il y a dans la synchronicité le versant romantique d’être objet de la bienveillance déiste du hasard et, en opposition, du pragmatisme dans  la vilaine pathologie de l’apophénie à voir partout des signes du destin.
Je voudrais, et tant pis si je brise vos rêves, vous inciter à la prudence. Vous êtes un phare de la nuit pour certains et à minima un vecteur d’opinion. On vous lit comme le tournesol suit la course du soleil. La beauté de votre écriture et la douceur de votre vocabulaire sont des tropes et non pas des truismes. Certains  se déterminent par des décisions et partent vers des destinations aventureuses sur des chemins dangereux et, lisant votre horoscope vous prédisant la rencontre d'un bel et sombre inconnu, vous partiriez à l'aventure sur le porte bagage d'une mobylette à vivre d'amour et d'eau fraîche.
Exemple : « Quand tu savais vivre de peu la vie t’accompagnait comme un essaim d’abeille et tu payais sans marchander le prix exorbitant de la beauté » Nicolas Bouvier. 
Sur cette phrase synchronisée avec une émission de France Inter parlant du GR 70, je suis parti sur les chemins. Quelques mois plus tard, j’ai reçu un SMS de rupture de cette femme exceptionnelle qui trouvait surprenant cet homme capable de passer six mois immobile à regarder  le mur d’en face puis, se détendant comme la corde de l’arc que seul Ulysse pouvait bander, le voir partir sans autre bagage qu’une carte bleue et 6 kilos de vêtements.
Je n’étais pas Ulysse, elle n’était pas Pénélope.
Ainsi l’histoire ne fit aucun bruit dans le grand fracas du monde. Elle est passée totalement  inaperçue chez Homère, Ruteboeuf, Jodelle et Clément Marot, Shakespeare, Marcelline Des bordes-Valmore et Voici.  Nous cheminons désormais, chacun sa vie en écoutant la petite musique du renoncement dans le fauteuil de l’abandon

mercredi 2 mai 2018

Adultère à terre



Je fais parfois ce constat que l’oppression d’un mari jaloux ne laisse qu’un espace réduit de liberté à l’ épouse contrainte. Dans l’opportunité des étreintes furtives d’un situationnisme scabreux, quelques crevards ne manquent pas de cueillir les fruits défendus des amours clandestines.
« Monsieur P…, madame B… a appelé » me dit la standardiste lorsque je rentre d’un rendez-vous crapuleux avec Anny* qui aime ma sucette à l’anis. (Impossible de résister à ces facilités répulsives mais la suite est plus qualitative)
Sylvie B… est une cliente. Elle est l’épouse du PDG des entrepôts éponymes à M. sur la route de L., un mien client. Plus tard, il "nous" – Les transports M… – plantera de cinq barres. Une salle de sport, le long de la quatre voies aujourd’hui, remplace cet ex-grossiste en munitions diverses pour les magasins de chasse, pêche, tradition dont nous assurions le transport des colis. C’est aussi une dame de 49 ans qui trompe sa peur, son ennui et son mari. Enfin, pas vraiment puisque je n’ai jamais eu que sa bouche.
Sylvie demandait à sa secrétaire de lui réserver la corvée du courrier. Elle arguait d’une dernière lettre pour la dernière levée. Ainsi, cela lui permettait de venir au bureau de poste de C. aux pieds des Quatre Pavillons et de m’accorder quelques minutes, sur le site "Polliet et Chausson" devenu le parc de L’Hermitage, vers les quais du Bas L.
Dans ma Peugeot de fonction, le rituel nous était imposé par le temps dont elle disposait. Elle conservait ses vêtements parfumés et retirait ses boucles d’oreilles. Des pendeloques précieuses dont le mouvement de balancier nuisait au rythme des allées venues de sa nuque. J’ai su, bien plus tard, que ses petits seins et ses hanches efflanquées étaient la source de ses réticences a des étreintes plus dénudées. J’ai cependant le souvenir unique d’un orgasme simultané au mien inattendu qui nous a surpris, ravis et réjouis tous les deux. Parfois, il arrive que le plaisir féminin soit une simulation stratégique de certaines tricheuses pour accélérer le processus mais, à l’évidence, Sylvie aimait mon goût, si j’en crois la fréquence de ses passages à la poste. Dans des fragances de son parfum précieux mêlées d’odeurs corporelles combattues à la lingette démaquillante, je regagnais mon bureau et elle, un mari qu’elle n’avait perdu que quelques instants secrets. J’ai toujours aimé la distinction des précieuses raffinées, terrorisées par le temps qui s’éloigne et la cinquantaine qui approche.
D’autres femmes n’ont permis l’entrée de leur sanctuaire qu’à ma langue et je dois dire que cette pratique de sauveteurs a comblé mes désirs de bouche à bouche puisque le baiser classique laissait sur leurs lèvres les rougeurs compromettantes de mon enthousiasme labial.
Lâcher prise ? Sylvie, Patricia, Ana, Anny, Maryclair, Hélène, Christine* – liste non exhaustive qui ne concerne que cette catégorie de partenaires – font partie de ces femmes rétives à se dénuder "à l’arrière des berlines"et pour qui une chambre d’hôtel, une invitation au resto, trop d’intimité par la pénétration, représentent des compromissions trop transgressives pour leur âme et risquées pour leur statut. Certaines épouses (Anny me l’a clairement "avoué" : « je n’ai jamais joui avec toi ») considèrent que l’adultère n’est point consommé si elles ne connaissent pas l’émotion forte de l’orgasme et l’orifice sacralisé est réservé à leur mari.
Autre exemple, Edith ne proposait que la sodomie à ses amants. C’était un cas particulier, Edith*.
Lesbienne et serveuse dans la vrai vie, elle sodomisait joyeusement son patron avec un gode ceinture et, sans doute, voulait-elle connaitre l’expérience et la dimension du plaisir qu’elle procurait à sa hiérarchie. A moins que cela ne fût une forme d’entrainement indispensable à la perfection dans l’éventualité d’une revendication, la grève ainsi prenant une autre forme d’action.
Accroître son pouvoir aussi peut-être.
Je ne le sus jamais car nous rompîmes nos "échanges" la nuit où elle voulut mettre en danger mon intégrité de jeune coq soucieux de protéger ses arrières.

...Je fais ce constat que l’oppression d’un mari jaloux ne laisse qu’un espace réduit de liberté à l’ épouse contrainte. La peur de traverser trop vite la nuit du temps trop fugace et la vie conjugale qui soudain ressemble à une geôle, il est tentant de s'accorder une permission de sortie frissonnante puis de réintégrer sa zone de confort sur le plancher des vaches.
Sur la scène tourbillonnante des étreintes enivrantes, quelques amants intemporels ne manquent pas de cueillir les fruits défendus des amours clandestines d'un verger de délices.
That’s all for now folks
* les prénoms ont été ...

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