jeudi 9 août 2018

Improbable intersection

J’ai collecté ces petits cailloux sur notre chemin de Petit Poucet :
— Je n’ai pas de limite et j’ose presque tout
— Mais tu n’as pas peur qu’en allant trop loin se soit impossible de revenir ?
— Quand j’y serai, je te raconterai !
— Quand tu y seras je serai juste derrière toi et je t’en empêcherai
— Je suis un tardigrade. La planète a été stérilisée plusieurs fois et je suis toujours là
— Tu parles. Une glande de 20 grammes t’as foutu la trouille pendant 8 ans
— Ma prostate ? Si tu savais ce que je m’en tape de cette enveloppe. L’important c’est l’âme, 21 grammes de bagage c’est facile à déplacer. J’ai encore un peu de temps
— … de me voler un baiser, transformé en un enivrement consenti... avant ta prochaine mutation ?
— Sans doute
— Pourquoi ?
— Je t’attendais, je n’attends plus
— Besoin de rien, envie de toi "Je te démon, tu me divines"
— Aussi ! Et t’assister. Etre ton partenaire asymétrique et parallèle à la fidélité et la détermination à toute épreuve.
— Tu restes en première ligne, c’est ça ?
— C’est ça !
— Souvent, c’est celui qui se fait tuer en premier
— Et alors ? tu reprendras le cours de ta vie. Mourir pour toi n’est pas mourir "Ooooh tue moi encore"
— Connard !
— Moi aussi je t’aime
Avant de se construire une conviction il va falloir se bâtir une personnalité basée sur le mensonge de la représentation et, pendant la durée des travaux, nous sommes ce que croyons. Une révélation précoce et impromptue peut se révéler brutale et notre empressement à découvrir la vérité par nous même peut-être dommageable.
"Ce constat entre les mains, qu'en faire ? Poser un pied devant l'autre et attendre un prochain émerveillement". Te voilà captive d’un matériel génétique en voie de perfectionnement.
Je veux bien terminer ton téléchargement.
Nous sommes deux modèles spéculatifs avec des corroborations expérimentales différentes au carrefour de notre résilience secondaire. J’ai réservé le nid ! L’alcove est sise aux Buttes Chaumont où tu seras occupée du dedans et du dehors. Il y a des barreaux pour empêcher de sortir et des grilles de défense, pour empêcher d’entrer, car la peur est nécessaire.
- Je te remercie déjà de tout ce danger ...
- … Et de la force que tu me donnes …
- Bien sûr fixe-moi une limite, enferme-moi et je défoncerai toutes les barrières !
Celles du vide et du plein.
De ta force et de mon péril.
Nous sommes transhumains désormais, un clavier prédictif implanté dans les neurones. Tu penses un mot, il t’en propose un autre qui finalement agit comme un trope et donne à ton propos sa dimension subliminale. Humain augmenté moi aussi, je pense à tes coordonnées GPS et je dézoome grâce à l’appli neuronale la dernière mise à jour Google Earth. De l’espace à notre résidence principale et temporaire: le globe. Dés l’entrée dans l’atmosphère je découvre tes synapses merveilleuses. J’ai scannée toutes les connexions possibles passées et à venir. Il me fallait savoir ce qu'il y avait d’inné ou d’acquis, de transgressif ou d’ego, à aimer. De l’obsolescence programmée, le compte a rebours est lancé.
Pour moi les dés sont jetés. Je suis un voyou.
Désertion, excès de vitesse, rupture et délit de fuite. J’ai ouvert la mer rouge, fendu la bise, brassé de l’air. J’ai mordu des mains tendues. Je n’ai pas de sang sur les mains mais des larmes sur la conscience, désarmé désormais. Tu as lavé tout cela d’une chiquenaude et d’un sourire bien placé au dessus du sillon de tes seins. Et l'improbable devient possible dans une spirale de la communication et les circonvolutions de l’inconscient.
Tu es de l’autre coté, à l’horizon des évènements et nous allons faire la découverte ou la confirmation de qui nous sommes. Je suis peut être ton programme divertissement, élu pour déposer un code génétique dans une forteresse sécure. Des composants stériles qui se connectent biologiquement. Nous ferons en sorte que ton fichier soit sauvegardé. En vivant le sort des biologiques dans une verticalité évolutive et provisoire. Et c’est probablement à l’horizontale que cela va s’accomplir.
La version de toi que j’ai projetée sur "l'écran noir de mes nuits blanches" est un amplificateur des envies masculines. En ce qui me concerne, tu es, à confirmer, une odeur, une chevelure, un graff de Basquiat, une esquisse de Manara, un tag de Miss Tic, un superbe buste noir et blanc, une image dans le rétro si tu freines au panneau trop tard.
Définitivement, tu m’as donné l’envie de te renaître et de te recommencer, de te calmer et de t’aimer, d’être et de devenir un marque page entre tes rêves ou un index obéissant entre tes grandes lèvres, de glisser en toi comme on gare une grosse berline dans un garage trop étroit manœuvrant avec précaution dans ton vestibule trop serré ou de rééduquer ton périnée, d’être une concrétion dont tu feras la perle de ton huître, de te faire transpirer et de lécher tes aisselles, être à tes genoux les yeux bandés, que tu jouisses debout dans ma bouche, de t’écarteler et de te laisser sécher, j’ai des envie de garde à vue, de répondre à toutes tes questions les mains attachées dans le dos, une spot et des baffes dans ma tronche de petite fiote et je te dirais tout, que tu sois la petite marchande d’allumette qui met le feu au bûcher de ma vanité, d’être au chevet de ta table, sous ta coupe, dans la lie jusqu’au cou, dans tes draps et toi dans mes bras, que je paie à toi et à toi seule pour celle que j’ai abandonnée, de te faire des pennes aux légumes croquants pendant que tu corriges ma copie, que tu mettes des compléments d’objet à mes phrases qui manquent de souffle, que tu m’étrécisses et que tu m’allonges, de bander et de fondre, d’essuyer tes lunettes, de nettoyer tes philtres de sorcière et tes filtres de résiliente, de prendre les patins et de t’en rouler un à s’en lasser la langue parce que l’on achève bien les chevaux, de haïr les dimanches et d’aimer les bacs à sable, d’avoir un chien et ta chatte, un frigo plein et une télé éteinte, que tu me rappelles ce que je ne savais pas, que tu sois ma mémoires et mon avenir, de former un couple déjanté, asymétrique et étrange, pas pour choquer mais juste parce que c’est comme ça un point c’est tout, d’avoir un monospace avec un porte gobelet, des mômes sur la banquette arrière et partir dans les embouteillages avec les autres cons, tenir ma promesse de te faire la highway Los Angelès/ Tijuana à fond les ballons avec Poncherello aux fesses, j’ai aussi des envies de cocktails officiels et de bals masqués libertins, caresser et jaillir, plonger, éclabousser, tarir et étancher, froisser et repasser, aller et venir, danser on the dark side on the moon avec les stars, être dans tes bras et un film de Régis Varnier, être l’eau de ta soif et la feuille de menthe dans ton mojito avec modération, cesser le braconnage mais garder une balle, de courir en zig zag pour les éviter, mentir dans mes jours mais jamais dans tes nuits, tondre ton gazon maudit, balayer devant ma porte et sonner toujours deux fois en te portant le courrier …
D’être magnanime quand je serai cocu
D’avoir honte et d’être fier
D’être Power de Kenzo coulant entre tes seins
D’être… à toi
D’être

dimanche 8 juillet 2018

La norme

Eh oui l'ami nous avons les mêmes tendances après la fesse euh la messe du dimanche, on pédale.
Je n’étais pas parti pour 25 bornes comme toi et j’avais troqué l’uniforme Tour de France/moule bite pour un bermuda, une chemisette et des Five Fingers puisque j’ai abandonné les cales auto depuis belle luronne et que je voulais être dans la norme. Tu vois ce que je veux dire ? Poli au milieu des impolis et le mutisme répondant à tes bonjours t’a foutu les boules.
Cycliste au milieu des piétons du dimanche qui privatisent leur "ici" et leur "maintenant" sur la piste, moi aussi je dérange.
J’en vois deux sur ma trajectoire (Tu vois : MA trajectoire alors que la piste est à tous le monde y compris à ceux qui marchent de front) Les mecs zigzaguent un peu et j’accroche, involontairement j’te jure, un baluchon d’un coup d’épaule. J’entends le mec aboyer dans mon dos. Coup de patin, demi tour en dérapage genre motivé alors que ce n’était pas mon cerveau qui gérait le truc (je l’amène rarement quand je suis à bécane).
Merde ! ce sont des frères, pas de 8/6 mais de SDFitude, crados, fringues dans un Caddy et bourré à deux heures de l’aprém’. Le mec ne s’aperçoit pas que suis petit et vieux, il me classe à tort dans les dangereux. Il s’excuse direct en me vouvoyant pendant que son copain calcule déjà la bière de son pote comme si ce dernier était déjà mort. Je continue mon approche en le tutoyant. Eh merde ! Je rechute dans mon coté obscur de gros con. En même temps, c’est lui qui a brisé la glace en me traitant d’enQlé. Je fais un demi cercle à vélo autour de lui en reprenant le vouvoiement pour dire : "Non, monsieur, c’est à moi de m’excuser je vous ai bousculé".( Pas con ça, la manœuvre d'encerclement). J'avais vu la peur dans ses yeux et je n'ai pas aimé
Primun non nocere et je suis revenu dans les principes que j’ai du mal à respecter : n’humilier et ne nuire à personne avec mon caractère d’écorché vif. Les mecs étaient sciés, je me suis cassé sans attendre la monnaie
Tout le monde a peur ! Dés qu’un comportement sort de la norme et c’est le groupe qui a raison. Toujours!
Ici, un petit vieux à vélo qui fait demi-tour face à deux jeunes mecs bourrés, ça déstabilise. Pas longtemps : si je n’avais pas enchaîné in petto mon dérapage, l’agression du gravier qui giclait sous mes roues et mon tutoiement familier sur des cerveaux embrumés, je n’aurais pas fait illusion longtemps. En allant au devant du "danger"je n’étais plus un mec qui cherchait le fight parce qu’on l’avait insulté mais un gonze poli qui faisait des excuses à domicile à deux sans adresse. Parce que, en sus de la conscience d’être dans la vulnérabilité de la marge, mes rouyas de misère ont perdu l’estime de soi depuis belle lurette. Alors oui, comme le supporter de foot qui gueule "on a gagnéééé" sous ma fenêtre à deux heures du matin trouverait complètement incivique avec raison, si je gueulais sous la sienne quand j’embauche à quatre heures car je ne serais pas dans SA norme !
Que fait ce con à vélo quand je suis pressé et en bagnole ? Que fait ce con en bagnole quand je me balade à vélo ?
Mon caca à moi il sent bon, les autres c’est l’enfer (Sartre l’a dit mais à l’envers)

dimanche 13 mai 2018

Déplacez-vous de la synchronicité à l'apophénie


LES SYNCHRONICITÉS
"La Vie saupoudre notre quotidien de petits moments magiques pour lesquels on a trouvé le merveilleux nom de synchronicité.
Tous ces petits "hasards", ces coïncidences, ces rencontres fortuites qui, nous font faire WOW ! et qui nous laissent souvent sans voix.
Ces instants précieux où nous pensons à une personne et qu'elle nous appelle ou nous écrit en même temps.
Une expérience difficile que nous vivons alors que nous tombons sur un article qui exprime exactement ce que nous ressentons.
Ces retrouvailles non orchestrées qui tombent pile au bon moment.
Ces discussions spontanées qui nous font réaliser certaines choses cruciales pour nous alors que nous sommes prêts à les entendre.
Tous ces événements, ces rencontres qui surgissent au moment où nous en avons précisément besoin et qui s'emboîtent l'un dans l'autre comme la résolution parfaite d'un casse-tête magique !
Ces synchronicités sont de magnifiques cadeaux de la Vie, des signes qu'elle met sur notre chemin pour nous indiquer la route à prendre, des baumes qu'elle nous offre gracieusement quand nous avons besoin de réconfort, des évidences de ce qui est plus grand que nous quand nous sommes sur le point de perdre foi en la Vie, en nous-mêmes, parfois.
Au début, il faut parfois les chercher, y prêter attention, les dénicher dans la banalité apparente d'un événement.
Mais plus nous sommes ouverts, plus nous constatons que ces synchronicités abondent et plus nous éprouvons de la gratitude envers l'immense générosité de la Vie." 
Diane Gagnon


 "Au début, il faut parfois les chercher, y prêter attention, les dénicher dans la banalité apparente d'un événement.
Mais plus nous sommes ouverts, plus nous constatons que ces synchronicités abondent et plus nous éprouvons de la gratitude envers l'immense générosité de la Vie." 


Il faut pondérer cette affirmation car parfois les mots sont des chiens enragés et, aux signes du destin, il faut éviter les traquenards et dans la synchronicité se garder de l'apophénie*.  

*L'apophénie est un terme utilisé en psychiatrie pour désigner une perception trompée, qui donne à une chose un sens autre que celui qu'elle recèle.

Nous parlons de la même chose. Au-delà du sens psychiatrique, moins vendeur.
Il y a dans la synchronicité le versant romantique d’être objet de la bienveillance déiste du hasard et, en opposition, du pragmatisme dans  la vilaine pathologie de l’apophénie à voir partout des signes du destin.
Je voudrais, et tant pis si je brise vos rêves, vous inciter à la prudence. Vous êtes un phare de la nuit pour certains et à minima un vecteur d’opinion. On vous lit comme le tournesol suit la course du soleil. La beauté de votre écriture et la douceur de votre vocabulaire sont des tropes et non pas des truismes. Certains  se déterminent par des décisions et partent vers des destinations aventureuses sur des chemins dangereux et, lisant votre horoscope vous prédisant la rencontre d'un bel et sombre inconnu, vous partiriez à l'aventure sur le porte bagage d'une mobylette à vivre d'amour et d'eau fraîche.
Exemple : « Quand tu savais vivre de peu la vie t’accompagnait comme un essaim d’abeille et tu payais sans marchander le prix exorbitant de la beauté » Nicolas Bouvier. 
Sur cette phrase synchronisée avec une émission de France Inter parlant du GR 70, je suis parti sur les chemins. Quelques mois plus tard, j’ai reçu un SMS de rupture de cette femme exceptionnelle qui trouvait surprenant cet homme capable de passer six mois immobile à regarder  le mur d’en face puis, se détendant comme la corde de l’arc que seul Ulysse pouvait bander, le voir partir sans autre bagage qu’une carte bleue et 6 kilos de vêtements.
Je n’étais pas Ulysse, elle n’était pas Pénélope.
Ainsi l’histoire ne fit aucun bruit dans le grand fracas du monde. Elle est passée totalement  inaperçue chez Homère, Ruteboeuf, Jodelle et Clément Marot, Shakespeare, Marcelline Des bordes-Valmore et Voici.  Nous cheminons désormais, chacun sa vie en écoutant la petite musique du renoncement dans le fauteuil de l’abandon

mercredi 2 mai 2018

Adultère à terre



Je fais parfois ce constat que l’oppression d’un mari jaloux ne laisse qu’un espace réduit de liberté à l’ épouse contrainte. Dans l’opportunité des étreintes furtives d’un situationnisme scabreux, quelques crevards ne manquent pas de cueillir les fruits défendus des amours clandestines.
« Monsieur P…, madame B… a appelé » me dit la standardiste lorsque je rentre d’un rendez-vous crapuleux avec Anny* qui aime ma sucette à l’anis. (Impossible de résister à ces facilités répulsives mais la suite est plus qualitative)
Sylvie B… est une cliente. Elle est l’épouse du PDG des entrepôts éponymes à M. sur la route de L., un mien client. Plus tard, il "nous" – Les transports M… – plantera de cinq barres. Une salle de sport, le long de la quatre voies aujourd’hui, remplace cet ex-grossiste en munitions diverses pour les magasins de chasse, pêche, tradition dont nous assurions le transport des colis. C’est aussi une dame de 49 ans qui trompe sa peur, son ennui et son mari. Enfin, pas vraiment puisque je n’ai jamais eu que sa bouche.
Sylvie demandait à sa secrétaire de lui réserver la corvée du courrier. Elle arguait d’une dernière lettre pour la dernière levée. Ainsi, cela lui permettait de venir au bureau de poste de C. aux pieds des Quatre Pavillons et de m’accorder quelques minutes, sur le site "Polliet et Chausson" devenu le parc de L’Hermitage, vers les quais du Bas L.
Dans ma Peugeot de fonction, le rituel nous était imposé par le temps dont elle disposait. Elle conservait ses vêtements parfumés et retirait ses boucles d’oreilles. Des pendeloques précieuses dont le mouvement de balancier nuisait au rythme des allées venues de sa nuque. J’ai su, bien plus tard, que ses petits seins et ses hanches efflanquées étaient la source de ses réticences a des étreintes plus dénudées. J’ai cependant le souvenir unique d’un orgasme simultané au mien inattendu qui nous a surpris, ravis et réjouis tous les deux. Parfois, il arrive que le plaisir féminin soit une simulation stratégique de certaines tricheuses pour accélérer le processus mais, à l’évidence, Sylvie aimait mon goût, si j’en crois la fréquence de ses passages à la poste. Dans des fragances de son parfum précieux mêlées d’odeurs corporelles combattues à la lingette démaquillante, je regagnais mon bureau et elle, un mari qu’elle n’avait perdu que quelques instants secrets. J’ai toujours aimé la distinction des précieuses raffinées, terrorisées par le temps qui s’éloigne et la cinquantaine qui approche.
D’autres femmes n’ont permis l’entrée de leur sanctuaire qu’à ma langue et je dois dire que cette pratique de sauveteurs a comblé mes désirs de bouche à bouche puisque le baiser classique laissait sur leurs lèvres les rougeurs compromettantes de mon enthousiasme labial.
Lâcher prise ? Sylvie, Patricia, Ana, Anny, Maryclair, Hélène, Christine* – liste non exhaustive qui ne concerne que cette catégorie de partenaires – font partie de ces femmes rétives à se dénuder "à l’arrière des berlines"et pour qui une chambre d’hôtel, une invitation au resto, trop d’intimité par la pénétration, représentent des compromissions trop transgressives pour leur âme et risquées pour leur statut. Certaines épouses (Anny me l’a clairement "avoué" : « je n’ai jamais joui avec toi ») considèrent que l’adultère n’est point consommé si elles ne connaissent pas l’émotion forte de l’orgasme et l’orifice sacralisé est réservé à leur mari.
Autre exemple, Edith ne proposait que la sodomie à ses amants. C’était un cas particulier, Edith*.
Lesbienne et serveuse dans la vrai vie, elle sodomisait joyeusement son patron avec un gode ceinture et, sans doute, voulait-elle connaitre l’expérience et la dimension du plaisir qu’elle procurait à sa hiérarchie. A moins que cela ne fût une forme d’entrainement indispensable à la perfection dans l’éventualité d’une revendication, la grève ainsi prenant une autre forme d’action.
Accroître son pouvoir aussi peut-être.
Je ne le sus jamais car nous rompîmes nos "échanges" la nuit où elle voulut mettre en danger mon intégrité de jeune coq soucieux de protéger ses arrières.

...Je fais ce constat que l’oppression d’un mari jaloux ne laisse qu’un espace réduit de liberté à l’ épouse contrainte. La peur de traverser trop vite la nuit du temps trop fugace et la vie conjugale qui soudain ressemble à une geôle, il est tentant de s'accorder une permission de sortie frissonnante puis de réintégrer sa zone de confort sur le plancher des vaches.
Sur la scène tourbillonnante des étreintes enivrantes, quelques amants intemporels ne manquent pas de cueillir les fruits défendus des amours clandestines d'un verger de délices.
That’s all for now folks
* les prénoms ont été ...

lundi 23 avril 2018

Col d'Iraty

A Luis
     La descente du col d'Iraty, c'était bras tendus sur le guidon là bas très loin de mes petites mains avec les manettes de freins aux bouts des doigts. A plat ventre et assis derrière la selle réglée au point bas, le cuissard à deux centimètres de la roue arrière, je sentais les impacts des gravillons sur le Q à travers la peau de chamois. Le pneu pratiquement dans le sillon fessier noircissait de gomme et entamait le tissu. 
     
     Les lacets, où les motards s'empilaient à la queue leu leu derrière les bagnoles, s’enchaînaient à plein badin tandis qu'à la montée, une heure dans le passé, je mettais pieds à terre, trop juste en cuisses, en vigueur et mal secondé par mon 42x19 inapte à la montagne. Accroché à ce vélo devenu un projectile aux freins inefficaces et dans l'obligation de dépasser ce cortège figé, la voiture qui montait et celle qui descendait m'ont laissé une petite place entre leur rétros en serrant les épaules comme en sortant de ma mère 64 ans plus tôt. Les patins fondaient sur des jantes rougies et je me disais que j’aurais dû resserrer cette fourche qui reculait d'un centimètre vers le cadre sur le freinage pour passer de 90 Km/Heures à ... putain chuis trop vite pour ce gauche qui se referme. 
      J'ai remis du gros (braquet : 50x11) dans la ligne droite de Saint Jean le Vieux où il n'y avait rien de beau à part moi et l'église et j'ai dû freiner sous le radar pédagogique qui m'annonçait un petit 55 chrono. Nous étions dans la plaine et j'étais vidé. Les cheveux, que je n'avais plus, dressés sur mon crâne sans casque, je suis parvenu vivant, en lambeaux et terrorisé à Donibane Garazi . 
Songeant que la pierre d'ici ne méritait pas que je mette entre elle et mon crâne vide un bout de plastique avec la prétention d'éviter la sanction d'un coup de boule je commandais une bière et un gâteau basque. Quelques caudalies parfumées à la cerise noire et au houblon plus tard, de nouveau chevauchant, j'avais les guibolles tremblantes dans le faux plat à 6% évitant l'herri barnea d'Iroulèguy. Un branleur de 15 ans en VTT et un cyclard fin comme une ablette m'ont humilié et laissé sur place collé au goudron bataillant avec mon dérailleur tout à gauche tortillant de la hanche en danseuse sur des pédales de plus en plus lourdes. 
      Restait plus qu'à rejoindre Banka via Saint Etienne de Baïgorry à allure modeste pour la dernière douche de mes 64 piges et 1 journée bien remplie.

jeudi 12 avril 2018

Facebook, l'ami de mes deux ... cerises

Une seule est à l'abri. Celle qui fait un pas de côté

Tu as trouvé un compagnon de route ou une compagne de voyage et tu musardes sur ce sentier de la communication au fur et à mesure de tes connections aléatoires.
A ton rythme, tu t’informes de ta position dans la commune ôtée et de la progression de tes copains de randonnée. Il y a des détours, des embranchements, des intersections, des parallèles, des rapprochements, des rencontres.
Parfois des surprises venues du partage, une pétition signée, signe extérieur d’une communauté d’idées et de sensibilité identique, la participation à une collecte, une chanson oubliée, la petite musique du renoncement, des traces et des empreintes. Te voilà renseigné, rassuré sur ton identité et ton instinct grégaire remonte en température.
Il est temps pour la contre image d’entrer en scène.
C’est le buisson ardent au départ qui finit par t’égratigner à l’arrivée.
Bien sûr, tu peux endurcir ta carapace, entrer dans la défiance et ne plus jamais lâcher prise. Dans ce nouvel épiderme de pachyderme tu perdras la sensibilité. Tu ne frissonneras plus sous la caresse du vent, tu ne frémiras plus aux odeurs de jasmin, tu ne murmureras plus à l’oreille des étalons et tu pleureras quand reviendra, une dernière fois, le temps des cerises.
Car le temps des cerises jamais ne lâche prise

vendredi 6 avril 2018

La tentation de la rencontre


Pour ces deux "fragments du discours amoureux" il est temps de se découvrir. C’est dans l’aube de la reconnaissance qu’ils verrouillent l’enclos ouvert il y a peu. Tout a déjà été écrit sur l’amour et ils ont gardé la mémoire des combats, la saveur des victoires, l’amertume des défaites. Ils sont là avec l’envie de poser un genou à terre dans une tranchée où au dessus passe la mitraille.
Le vent halète par rafale, le souffle devient saccadé comme une respiration. Le sol tremble, vibrant sous la chevauchée. Elle compte les jets dans sa gorge. Ce n’est pas  une cavalcade, c’est un barrage qui cède et un torrent sur sa langue. " Ô temps suspends ton vol et vous, heures propices, suspendez votre cours laissez moi savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours" Il s’écoule encore un peu en elle dans la sérénité d’une rivière qu’elle goûte. Sortie de génuflexion, la vie peut reprendre son cours dans les méandres de l’agréable à l’utile, de l’utile à l’agréable.
Dans la rue, checker  les abords pour ne pas croiser un  curieux, reprendre sa défroque de cœur sec dans un corps présentable.
Une famille décomposée, loin. Des proches lassés, des compagnes laissées. Parties sans se retourner. La vie passant, les cadavres s’amoncellent. Des amis, des amours, des emmerdes, des valises, des passeports. Certaines dépouilles se redressent pour un autre ailleurs, passent la frontière du chacun sa vie. 
En salle de réunion, les balles sifflent à ses oreilles, un roquet lui mord les mollets. Des paroles inutiles percutent des écrits vains en abscisses désordonnées. Dans cette brume électrique, elle pense que ça fait beaucoup de jeux de mots pourris et à la "secousse" de tout à l’heure. Son sourire est un paratonnerre dans l’orage et Zeus au paperboard range ses éclairs. "Je te remercie déjà de tout ce danger" et de la force que tu me donnes. Courir, avancer, fuir, re-joindre, atteindre ! Un abri. Tout va bien à bord. Le dernier amour en date est le meilleur gilet pare-balles. L’ultime est toujours high tech. Quand tu aimes à quinze, vingt ou trente ans, tu ne sais toujours rien de l’amour. Au passage à gué d’une décennie on a encore pieds, mais dans la canopée, l’arborescence s’incline vers l’oasis des racines.
Elle sourit. De l’utile à l’agréable. De la houle qu’il avait cédée, la vague n’atteindra pas la dune et sur la gorge abandonnée, la mer efface lentement les mots d’amour. Dans la diversion de l’égarement, ils savaient que  les amygdales sont stériles et l’aventure féconde.

lundi 2 avril 2018

Parfois la vague n'atteint pas la dune ...


Mais c'est...Bien sûr: une lumière qui s'allume, une vérité qui jaillit au bout d'une nuit blanche. Ou dix ans de tunnel.Tu fais ce que tu veux, moi c'est un marathon ou un petit effort physique: Les neurotransmetteurs agissent, les synapses font leur boulot, les neurones font connaissances et tu comprends tout à coup la simplicité des choses et des gens.
Nous avons tous dans notre recueil d'aphorisme ( le florilège pour les musiques, le spicilège pour les maximes) personnel, des phrases toutes faites, pensées par un autre et qui nous vont comme un gant. Ce mot plutôt qu'un autre et tu te dis qu'un cerveau prestigieux et célèbre à suivi le même cheminement que toi. C'est troublant de penser à Sénèque, quelques siècles plus tard et de se dire que le grand homme a raison:"Les grandes douleurs sont muettes!"Bon, Sénèque ne devait pas bricoler, parce qu' un coup de marteau sur les doigts, en général tu t'exprimes.C'est notre révérenciel commun tous ces proverbes, notre patrimoine collectif, l'héritage dont personne ne se dispute le partage. La pièce parfois égarées du puzzle de nos vies émiettées par qui, un deuil qui, un divorce qui, une faillite.Les plus connus:"C'est la matière qui crée le vase, pourtant c'est le vide qui l'emplit.""Découvre la force du non être, l'efficacité du non agir."Lao tseu, le tao te king"pose toi au bord de la rivière, tu verras passer le corps de ton ennemi."Confucius.Le rubik cube de la pensée orientale. Tu le manipule dans tous les sens et tu finis toujours par lui trouver du sens. La maturité venu, une nouvelle signification se fait jour.Chacun y va de son interprétation.La pensée orientale, c'est la passivité (apparente) que l'on a du mal à adapter à notre système. Pourtant, l'action- réaction est contre productive en ceci qu'elle mobilise de l'énergie et nous a fait passer du lance-pierre à la bombe atomique. Sans compter que "l'agresseur"compte sur l'énergie de ta réaction pour renforcer la sienne et justifier ses horreurs. On se perd. On ne distingue plus la vengeance de la justice.Alors? Esquiver les nuisibles et agir sans subir! On n' est pas bien là, tous les deux au bord de la rivière?Toutefois il faut se méfier des phrases redondantes des va-t-en guerre qui récupèrent notre jeunesse et notre enthousiasme:"aqui se queda la clara..." Ici est la vérité. La chanson écrite pour El commandante Che Guevarra. On a vu la suite. Le loser romantique s'est fait piquer l'affaire par Fidel Castré le mal nommé, et Staline et Mao nous ont bien baladé. Je continue pourtant à porter ma bachouse à l'envers et je crois que la photo du moustachu à l'étoile sur fond rouge traîne encore dans ma cave.Revenons à Sénèque et les Tite live, Pline l'ancien et le jeune. Je n'achète que des livres désuets au hasard des rencontres sur les étals des bouquinistes et j'avais distraitement joint à mes achats un bouquin blanc, sans trop de page qui tenais bien en mains, (je suis un tactile j'effeuille, je feuillette...) Arrivé à la maison..... le bouquin était...... en latin. Moi, en latin j'ai: "Alea jacta es";je pratique le "carpe diem", un peu de: "Rosaris, rosé, rosam"grâce à Brel; Modus grâce à Renault et cunilingus grâce soit rendue à quelques amies. Un peu léger pour lire Tite Live en V.O. Cette digression pour dire que la frime ne paie pas et si tu laisses orgueilleusement dans ta bibliothèque ce genre de book, tu t'exposes à tomber sur un érudit qui risque de te faire passer pour un baltringue auprès de tes amis. Sans compter que "la sagesse de Sénèque n'empêcha pas la folie de Néron "La quête identitaire est un chantier inutile comme le point d'interrogation formé par les nuages dans le ciel. Sa réalité est dispersée par le vent: Nous savons dès le début qui nous sommes.Cela ne correspond pas forcément à ce qu'ont prévu à notre place nos géniteurs. Puisqu'il faut être celle, celui qu'ils ne sont pas. Nous devons réussir là où il ont échoué. Alors il nous faut désapprendre nos vies. Quelle perte de temps: "Les mots savent de nous ce que nous ignorons d'eux"René Char." Cultive tes défauts car c'est vraiment toi"Jean Cocteau. Valable, aussi maispasque, pour l'identité sexuelle que la société voudrait réduire à une histoire d'entre jambes pour ses besoins démographiques.
Bon ça c'est fait!
La partie immergée de l'iceberg maintenant et j'arrête
"Qui dort dîne!" Dicton populaire, pas de problème tout le monde connaît: tu n'as rien à croquer un bon sommeil et passe la faim, remise à plus tard.Ben non! C'est pension complète. L'aubergiste exige que l'on prenne un repas en plus de la chambre pour ses raisons mercantiles. Pas grave, s'agissant de tavernes, mais cela prouve qu'il faut se méfier des mots et de ceux qui les utilisent à leur profit.Parfois c'est une chanson qui traîne dans la tête comme des acouphènes. De la "variette" avec des vers inattendus, que l'on a entendus sans y prêter attention.Et soudain, elle a la beauté d' une étoile filante qui s'allume dans la nuit.Officiant comme un phare.
"Le jour s'est levé,sur une étrange idée"
Créer un blog, retrouver le monde et son Chari-vari.
"C'était un matin comme ce matin là...Il y a une éternité, il y a un siècle, il y a un an aujourd'hui je suis très loin de ce matin d'automne...Je pense encore à toi [qui] es-tu? Où es-tu? Est-ce que j'existe encore pour toi.Je regarde cette vague qui n'atteindra jamais la dune.Comme elle je m'étend sur le sable et recule. Je me souviens des marées hautes, du soleil et du bonheur qui passaient sur la mer...Il y a une éternité, il y a un siècle, il y a un an."Une étrange idée!
Merci Jean Louis Aubert. Merci Jo Dassin! (peut-être un peu déformé pour les besoins du jour)

vendredi 30 mars 2018

Conversation numérique



"L'inconscient ignore la négation" Sigmund Freud

Pourquoi je préfère une vraie conversation avec un être humain doué de la parole? 
Tout est dit !

Les réseaux sociaux sont révélateurs. Un homme devra montrer patte blanche et madame se croit obligée de se justifier. Sabina Spielrein,  sors de chez Carl pour revenir chez tonton Sigmund !
Aucune pensée lubrique ne l'habite mais toi, qui en possède une, t'es forcément un prédateur puisqu'elle se prend pour une proie. Il lui suffirait pourtant d'un miroir et d'un pèse personne pour lever le doute

Dans l’approche de l’être on se renifle pour savoir qui fera la farce et qui sera le dindon. Les chiens ont des raccourcis pour lier connaissance, ils se reniflent le Q en public. Sur FB c’est pareil. Bien que certains se croient plus malins que les autres. Pour celui qui expose ses tripes, son clébard, sa famille et son statut, il trouvera dans le camp d’en face celle qui se planque derrière un pseudo avec des photos de profil qui parlent d’autre chose. Un petit chat, ça marche bien, un clébard aussi, ça humanise. C’est clair, Madame est mystérieuse ! Elle prends sa mocheté pour de la pudeur. Même les plus féministes cherchent à garder et montrer jeunesse et beauté. Celles qui assument sont celles qui ont renoncé dans un éclair de lucidité. Mais tu l’intéresses parce que tu es hors casting. Elle a le code d’entrée pour débouler dans ton cœur puisque tu étincelles de partout. C’est le temps de la présélection Dans ses critères elle inclut le 1/10 de la barrière sensée la protéger. Une jeunette va brancher un vieux, une belle/un moche, une lesbienne/un hétéro, une intello/un beauf, une artiste/un plombier. Elles ont envie de se punir ou de s’amuser.

C’est l’heure ! Le fauve s’approche du point d’eau où s’abreuve sa proie. Ta messagerie privée te notifie que tu as passé le casting.
Tu n’auras pas une vraie conversation téléphonique, juste un espace virtuel, et surtout silencieux, parce que le mari, pote en ciel cocu, de la femme d’à côté rode encore dans la pièce voisine.

jeudi 29 mars 2018

Ecriture. Réflexion sur...


Ecrivain

Bien que le même vocable désigne à la fois Pavarotti et Johnny Halliday, on peut légitimement penser qu’il y a un delta entre la tessiture du premier et l’anomalie acoustique du second.
À l’écrit, c’est pareil.

Ecriture s’entend d’un niveau autre que la lettre au Père Noël, même si l’on peut gager un billet sans risque sur celle de l’enfant Péguy Charles qui sera plus élégante que la missive du petit Levy Marc et pas non plus celui de la rédaction de la liste de courses de la ménagère de moins de cinquante ans gribouillée entre le Lidl, la chambre louée à l’heure de "La Cage aux Rossignols" et la sortie des écoles du petit dernier.

Ici nous parlerons du versant noble de l’écriture. Celle  qui va du calame au clavier, de l’incunable au prix Goncourt.
Là, il s’agit d’être propre, tel un lord anglais qui s’habille pour dîner dans la brousse avec le même dress code que pour convaincre le vigile à l’entrée de Buckingham. 

Soignez l’orthographe, la syntaxe, la ponctuation, la concordance des temps, les accords de participe et le vocabulaire. Pour le récit, le passé  simple s’imposera et la troisième personne sera préférable (de lapin).
Avant de poursuivre sur le style, on peut d’ores et déjà tirer quelques observations de cet exemple :

La syntaxe compliquée de la seconde phrase. 

Il eût mieux valu écrire : "... même si l’on peut gager que celle de l’enfant Péguy Charles sera plus élégante que la missive du petit Levy Marc ...  " Adroitement, l’auteur a usé du synonyme "missive" pour éviter la répétition de  "celle" suivant le pronom relatif "que" et la figure stylistique du prénom derrière le nom incite le lecteur à se projeter au temps scolaire du rite matinal de l’appel par ordre alphabétique. L’auteur maladroit rate son objectif sur l’allusion au poker avec son disgracieux: "gager un billet sans risque" mais démontre de l’habileté sur l’évocation de "l’appel" par le patronyme.

Inégal, donc  mais cela permet d’aborder la partie subjective : le style. 

Chaque auteur en possède un, à charge pour lui de n’en pas abuser  au risque de passer de la singularité à l’excentricité. "Un style, c’est une obsession" dit Frédéric Beigbeder.  Au passage, une citation d’auteur est un code qui doit orienter votre lecteur, pas une indication sur votre culture, inutile sauf pour votre ego, contre-productive pour la compréhension de votre narration. De la même façon, l’étalage des mots compliqués ne doit pas perdre votre lecteur. Il n’est pas censé lire votre CV. En place de "calame" écrivez "plume" et remplacez "incunable" par "bible".  Votre lecteur ferait l’effort de chercher   ce qu’un auteur reconnu a voulu lui transmettre mais ne comptez pas sur sa curiosité si vous êtes un inconnu célèbre seulement par votre nom sur une boîte à lettres dans votre entrée d’immeuble. Si l’évocation de "La Cage aux Rossignols" vous procure un frisson ému dans la moelle épinière, il n’évoquera rien de cette délicieuse attente dans le couloir pendant que la femme de chambre change les draps entre deux services avec votre conquête rougissante pendant cette romantique opération, s’il n’est pas voisin de l’avenue Thiers et trentenaire. De toutes façons vous avez perdu votre lectrice étalée et confuse trébuchant sur ce déplorable calembour du râble de lapin et il est trop tard pour vous dire de ne pas faire le malin avec les anglicismes  car, chutant comme elle, vous pourriez tomber sur une anglophone.
Profitez de la magie de l’écriture en vous donnant le beau rôle et,  sans hésitation, signez votre polar Ikéa: Sergius H. Pradowson, en jouant la carte de l’écrivain mystérieux. Vous gagnerez en crédibilité et vous pourrez compter sur le snobisme du naïf convaincu de découvrir un auteur exotique et de le partager avec ses semblables.
En concluant sur le sujet du pseudo, votre lecteur aura l’impression de résoudre une énigme, celle de cette curiosité du début : l’angle d’attaque par le pseudo et la chanson pour arriver à … l’écriture.

dimanche 25 mars 2018

Plan drague & Black Mirror



Lettre à ... (emplacement à louer)

Il y a celle qui s’entoure de barbelés, la miss ortie qui fouette ton orgueil.
Elle se voit à l’horizontale, écartelée, dés qu’un inconnu lui demande son chemin à l’heure de sa propre soif.
Elle maquille tout ce qui lui arrive, bonifie ses aventures.  Anesthésiée par la chaleur de ses mots, isolée par son aréopage, éblouie dans les feux des flatteurs, elle ne voit plus son ombre de collectionneuse amnésique.
Celle qui se regarde dans ce miroir impitoyable, se rêve en proie encore pour quelques heures d'été à chaque printemps avec un prédateur sur son épaule.
Au delà du danger imaginé, elle oublie qu’elle distribue des photos d’elle, dénudée prés d’une piscine/prétexte, sans  tenir à jour ses dossiers. Il arrive qu’une feuille morte se dépose dans sa boite mail, une feuille séchée entre les pages d’un livre oublié.
Alors elle s’invente des épines qui la confortent dans l’idée d’être la rose que plus personne ne songe à cueillir.

et je t’abandonne à tes démons chère ...

vendredi 23 mars 2018

Grève et petit confort


     Je sais ...


... qu’il faut me taire, me défaire de cette détestable habitude de donner un avis dont tout le monde se cogne mais là, en gare de Nimes, la bourgeoise tente une approche en me disant à voix basse: "C’est ça la France, toujours en grève ! "
Bien fait pour ma gueule.
Dans la file d’attente, je l’avais démarré à feu doux avec des regards discrets mais pas trop puisque je l’avais trouvé éligible à ma tendresse. Pourtant je n’ai pas envie de déclencher une bagarre : j’ai pas dormi, je suis coincé ici par les grèves après une nuit blanche sur un canapé amical mais minuscule, sans endroit où dormir pour celle qui tombe poliment sur mes endosses, rien à bouffer à 700km de mon camp de base. J’ai donné mes deux euro restant à un punk à chien devant la gare. Il va me falloir être créatif pour rentrer à la niche et la bourgeoise qui me parle pourrait être un plan B pour la noche.
Sa voix en douce dans mon oreille, ses fringues que j’ai envie de froisser, son parfum dans mes narines et la complicité de cette confidence m’ouvre une voix royale si je la joue fine petite comme on dit au billard. Poker face, j’ai pas lâché une info sur l’irritation que provoquait en moi sa "réflexion". Pour être tout à fait franc, il me fallut d’abord le temps de convaincre l’échantillon de tendresse qui se dressait dans mon calbard. Winner au bras de fer contre ces quelques centimètres que j’avais pris pour un os pendant quarante piges, j’ai lâché à la dame :
Et oui Madame, la France est un pays où les blindés fraudent le fisc et rentrent au bercail pour se faire soigner leur cancer de chanteur avec des funérailles nationales à la clé.
J’ai eu le temps de lâcher mon venin en un seul jet mais c’est le seul fluide que je lâcherai, du moins pour cette nuit.
Après tout l’enjeu du service public vaut largement de lui abandonner un peu de…confort

jeudi 22 mars 2018

Encounter


Bon, là faut contextualisés ! Je regardais sur You tube un cours de Aurélien Barrau sur le big bang  et autre trou noir et j’ai brodé :

Dans l’espace temps, le champ gravitationnel est évolutif. Toujours ! Nous,  chez les raz du sol, on cherche les dixièmes manquants pour rester sur le podium. Nous ne sommes pas contraints de subir l’orbite que nous confère notre  statut de satellite. On peut tendre vers celui de l’étoile. De ce nouveau paradigme,  nos vies s’enrichissent. Par la porte entrouverte un nouveau danseur, maître de l’univers apparaît à l’horizon des événements de cette valse cosmique. Quand le hasard porte ce masque dont s’affuble parfois le destin, on peut s’interroger. Cela n’empêche nullement de disparaître dans le trou noir des forces obscures où s’engouffre  même la lumière. Un danseur étoile  nantis d’une force d’attraction magistrale. Nous sommes deux modèles spéculatifs avec  des corroborations expérimentales différentes. Pourtant l’attraction est fatale à l’un et à l’autre. Dans notre orbite elliptique, à l’apogée, de nouvelles planètes nous rejoignent. Au périgée d’autres nous échappent. Une chose est sûre, l’univers n’est plus comme avant.
Saturne est taciturne, Mars vaincu, Vénus directe ! Il faudra accepter les douces gesticulations préliminaires le temps de prendre la mesure de chacun. Obéir aux maîtres de l’olympe qui nous guident l’un dans l’autre puisque nous leur auront cédé le pouvoir, abandonné notre  désir et confié son accomplissement. Inapte à décider qui sera le soleil et qui sera la lune. Calmés et unis par le membre que m’a donné la nature dans celui  inversée que tu m’offres,  nous resterons immobiles à fouiller nos regards dans le secret d’un lit, le pouvoir d’une peau, la lenteur du mouvement. L’un de nous deux bougera,  cédera à ce partage où personne ne gagne, où personne ne perds. Au fond de notre  intimité, les muqueuses mises à rude épreuve, de l’affolement à la délivrance de nos fluides mêlés, nous verrons dans nos yeux  des étoiles nouvelles. Je parlais il y a peu de nos résiliences secondaires, un terrain de choix pour le Big Bang d’un nouveau monde du Nous 
J’aime bien et je n’aime pas le concept de résilience secondaire. 
J’aime parce que c’est la mue d’une nouvelle enveloppe qui nous contient tous les deux et ce mot est proche de l’idée de logement où l’on ne vient que le week end. 
Je n’aime pas parce que résilience renvoie à l’idée d’une peine antérieure. 
Reste le double sens que l’on veut bien lui prêter et chez moi le calembour à deux balles reste une manière d’exprimer autant que de suggérer. L’altérité de mes alter ego y trouvera de quoi s’alimenter la gamberge. D’autant que le dommage précédent la Résilience a des relents, de victime ou de coupable, choisis ton camp camarade ! La plupart des marche-debout transigent à fifty/fifty comme si une rupture dans le continuum espace temps de nos trajectoires induisait un bonus/malus. La décision, l’échec ou la gratification qui en découlent, renifle la négociation comme si, lors d’un constat, se planquait l’idée de ménager ses arrières. Quand ça part en vrille, même si j'ai beaucoup cédé a la naïveté, je suis la farce et le dindon. Plutôt qu’être coupable à moitié avec des demi-victimes, je choisis le "C’est de ma responsabilité pleine et entière " car partager la culpabilité c’est partager la responsabilité et donc, le pouvoir. Contre productif et accessoirement pitoyable, donc ! Je sais qu’il y a du cynisme dans cette hiérarchie, mais ce matin je suis un enQulé humilié en résilience au milieu des odeurs dans un Ouibus pourrave! 

Et, demain roi du monde, sans doute, dans un studio anonyme d'une ville ignorée, je jaillirai d’entre tes cuisses. Tes jambes s’ouvriront et je te pourfendrai. Dans l’escalade horizontale le long de toi, je parviendrai entre tes seins pour envahir ta gorge de mes baisers. Entre tes jambes pliées, mes flancs subiront l' éperon de tes talons et me donneront le rythme de notre chevauchée

samedi 10 mars 2018

A la pêche aux moules



Votre mission, si vous l’acceptez est d’être compris en passant par l'incompréhensible. 

Soyez sympa:  éteignez la lumière en sortant !


Qu’est-ce à dire que d’employer encore et si vite et si tôt, le mot "amour" ? 

Est-ce aimer que chérir un miroir qui se délecte de tout ce que tu détestes : ta tronche, tes pattes de mouche, ton style incompréhensible, ton langage crypté et ta voix de fausset ?  

Ou serait-ce retrouver dans un grenier oublié un manuscrit in fini et reprendre le récit de l'estime de soi interrompu par l’ombilical naguère rompu! 

Etre le scénariste et le scénario dans cette histoire de tartine qui retombe toujours côté confiture !

Comment recevoir cette pallasite et renaître, fécondé par lithopanspermie au bout de  multiples gestations par défaut de chondrites banales ? 


N'être plus la table d’où chute cette tartine inespérée mais le sol qui la reçoit puisque maintenant nous sommes statistiquement certain grâce à ces deux conjectures:  






  1. Mad Moi zelle tombe toujours côté beurre  comme les dieux sont tombés sur la tête 
  2. Chronos et Kairos sont enfin d’accord,  le temps est venu!
Et sinon toi, ça va?

dimanche 25 février 2018

Obsédé textuel

Lettre à: (emplacement à louer)

Amoureux des mots, des textes sombres à l'humour désabusé, parfois facile. Cynique, naïf consentant ou lucide complaisant, érotomane juste avant l'obsession, chez lui le goût de la perfection domine l'action, l'inhibe parfois, l'éteint quelquefois, la stimule rarement et tantôt l'inspire.

A la recherche de la perfection, sa procrastination est pathologique. Pourtant, remettre au lendemain est le temps nécessaire à la collecte, et quand les paramètres de la réussite sont réunis, l’action, polluée par le doute, ne suit pas toujours sa pensée.

Curieux désordonné, stakhanoviste paresseux, intermittent de l'effort, il a l'oxymore maladroit et l'éclectisme persistant. Enclin au mauvais goût et exclu du succès, il est sublime dans l'erreur. Son humour est pesant ou indécent, sa syntaxe approximative et son orthographe hésitante. L'herméneutique révélerait la pauvreté du vocabulaire, mais qui s'en souciera?

Derrière l'apparente volonté se dissimule l'obsession et sous le langage, la stratégie. Le courage n'est qu'imprudence, l'enthousiasme, impatience et l'ambition, démesure et arrogance.

De désordres inoffensifs en indignations passagères, parfois animé d'un soupçon de cohérence jusqu'à vouloir transformer le hasard en destin. Pourtant IL n'est qu'une promesse!

Voilà! Habillé pour l'hiver l'Excessif et ses semblables.

Une fois séparé le bon grain de l'ivraie, seules resteront les plus persistantes: n'est-ce pas chez nos compagnes fendues que l'on trouve en quantité, le courage et la constance?

A vous lire!

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