dimanche 14 janvier 2018

Dans l'angle mort



Indolente et nue Arcachon s'étire sous la bise fraîche d'un février moribond.
Les mimosas de la ville d’hiver imposent déjà leur blondeur en compétition avec les ives précoces des jardins de l’Aiguillon. Entre la jetée Thiers et la jetée d'Eyrac, Elliot – le chien – hésite au bain de mer effrayé par les rouleaux d'écume du bassin.
Plus loin vers le port, les camions ont dégagé l'esplanade de la criée et les chaluts sont au sec. Les rieuses furètent comme des rats volants dans les squelettes des bers en quête d’arêtes charnues. Les pêcheurs sont sains et saufs et Saint Ferdinand, protecteur des marins, au repos sur sa croix jusqu'à la prochaine marée.  
Enchaînée au corps mort, une pinasse oscille sur l’escarpolette des vagues tandis que sur sa bouée un cormoran fait le guet. 
Les connections émotives de l’utopie moins bornées que celles de la réalité m’autorisent la vision de l'autre coté du bassin malgré l’écran des cabanes tchanquées. Derrière l'île aux oiseaux, vers les passes et la jetée Belisaire, la vue me projette à 5 kilomètres de vol de mouette. J'imagine une improbable lady Godiva chevauchant nue comme la dame de la légende, qui n’a rien à voir avec la marque de chocolat belge en attente dans ma poche, soulevant le sable du temps de la plage des Ferret-Capiens vers "la pointe aux chevaux", ou bien une longue dame brune de retour de Gottingen ou de Chassiron marchant lentement derrière le corbillard des souvenances. Souvenirs et fantasmes sont souvent de l'autre côté. Après tout, que sait-on des nomades de l’affect? Il m'arrive parfois d'avoir le sablier qui se grippe et d'être "une heure arrêtée au cadran d'une montre".
Mystérieusement alertée par mes pensées divergentes, Ronronette cherche mon épaule pour s'en faire un appuie – tête et glisse sa main dans l'espace vacant formé par le triangle de mon bras bien au chaud dans le repli de ma veste. Malgré le risque de me faire dérober le carré de chocolat tout neuf, je m'empare à pleine bouche de ses lèvres fines, délicates et rosées. Debout sur un plancher de sable et sous un plafond de ciel, je défends mon capital de cacao contre sa langue vorace. A quelques pas de nous, ici et maintenant, il y a la scène classée X d'Elliot tentant sa chance sur une petite chienne de la marque Shih tzu revêche, snob, drapée,  fière, offusquée et décoiffée par le vent.

Sur Arcachon, indolente et nue, il y a hic et nunc, ce facteur X,  l’obsession de mon envie encore intacte.

samedi 13 janvier 2018

Conscience & réputation

Préoccupe toi plus de ta conscience que de ta réputation.
"Un Maître Zen vit un scorpion se noyer et décida de le tirer de l’eau. Lorsqu’il le fit, le scorpion le piqua.
Par l’effet de la douleur, le maître lâcha l’animal qui de nouveau tomba à l’eau en train de se noyer.
Le maître tenta de le tirer nouvellement et l’animal le piqua encore.
Un jeune disciple qui était en train d’observer se rapprocha du Maître et lui dit : « Excusez-moi Maître, mais pourquoi insistez vous ? Ne comprenez vous pas qu’à chaque fois que vous tenterez de le tirer de l’eau il va vous piquer ? »
Le maître répondit: « La nature du scorpion est de piquer et cela ne va pas changer la mienne qui est d’aider. »
Alors, le maître réfléchît et à l’aide d’une feuille,il tira le scorpion de l’eau et sauva sa vie, puis s’adressant à son jeune disciple, il continua:
" Ne change pas ta nature si quelqu’un te fait mal, prends juste des précautions.
Les uns poursuivent le bonheur, les autres le créent. Préoccupe-toi plus de ta conscience que de ta réputation. Parce que ta conscience est ce que tu es, et ta réputation c’est ce que les autres pensent de toi…
Quand la vie te présente mille raisons de pleurer, montre-lui que tu as mille raisons pour sourire. "

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Non, physique quantique: comme le chat de Schrödinger, à la fois mort ici et vivant là:

https://www.serialblogueuse.com/2018/01/07/charge-mentale-repartition-taches/

vendredi 5 janvier 2018

Projets et autres châteaux en Espagne

Nouvelles du fiston en Malgachie (in extenso)



Le vazaha 2018-1 : ça y est, je crois que j'ai compris ...
Salut tout le monde. Et surtout bonne année à vous tous et vos petites familles.
Ca y est, je crois que je commence à comprendre Madagascar. En fait, je kiffe vivre ici mais c'est l'intégration qui pose problème. Je l'ai déjà dit, les malgaches sont hyper racistes. Et nous vazahas avons du mal à les accepter aussi car on n'a vraiment pas la même culture, pas du tout la même éducation. Et ça se sent cruellement.
Exemples :
Vous l'avez vu sur mes photos, je bosse maintenant sur la plage. On m'a demandé de monter un restaurant sur la plage en moins de 24 heures (on est venu me chercher à 9:00 h du mat, fallait que je tienne ma boutique jusqu'à 11:00 et il fallait ouvrir le resto pour le lendemain midi). Y avait juste un bar de fabriqué, on m'a mis des moyens humains et matériels à disposition, puis démerde toi Bobby. 1er constat, et j'en reviens à mes malgaches: ils sont extrêmement mous du gland. Quand tu donnes les consignes, ils mettent 10 minutes à les comprendre et 1/2 heure à s'exécuter. J'exagère à peine.
Challenge tenu, on ouvre le resto le lendemain. Y'a de la bouffe, du matos de cuisson, de la vaisselle, de quoi faire la vaisselle (pas d'eau douce sur la plage)... tout est ok. Sauf les clients car aucune com. Dommage ! Mais dès le 2ème jour, c'est parti mon kiki, on est lancé, ça marche plutôt bien. On fait plus de recette que mes amis vazahas qui ont des restos en ville, alors que nous sommes à 15 min de piste. Donc on s'est bien démerdé.
Arrive le 31 décembre. Une grosse soirée est prévue à l'hôtel. Un bide monumental. Ils prévoyaient 250 personnes et la bouffe qui va avec, y en a eu que 100. Donc 2 ème constat : ils ne savent pas s'organiser. Le directeur est malgache, il jouait aux dominos 1 semaine avant la soirée du réveillon. Résultat, la pub a été faite seulement 3 jours avant. Pour le lendemain du réveillon, le même directeur m'a dit qu'il y aurait au moins 100 personnes sur la plage et de prévoir pour 150. On a eu moins de clients que d'habitude alors qu'on avait prévu une grillade party. De mon côté, j'ai mobilisé une dizaine de personnes pour faire venir tables, chaises, barbecues... tout ça pour rien car là encore, aucune com de faite. Le pire: il m'avait dit que les 100 personnes avaient confirmé, ce qui était faux, aucune réservation. Donc un Directeur malgache se croit supérieur car il a fait plus d'études, mais il n'est pas plus efficace. Et fait du foutage de gueule. Ca reviens à ce que j'ai déjà dit là aussi : les malgaches cultivés sont élitistes mais juste dans le blabla ou la prise de pognon. Dans le concret, rien !
Autre exemple : j'ai eu droit à ma 1ère grève. Le 02 janvier, nous avions de la manutention à faire, ramener toutes les tables au restaurant de l'hôtel. Après le service, je file un coup de main. Je cherche mon cuisinier pour nous aider : il est entrain de se baquer, l'enfoiré. Faut dire que toute la semaine, quand le service était fini, je l'autorisais à se baigner. Mais parce qu'il n'y avait plus rien à faire ! Le jour où il y a du taf, aucune solidarité. Et donc le 03 janvier, il a refusé de bosser à la plage tout simplement parce que je l'ai recadré la veille. Je lui laisse le temps de la réflexion, puis j'appelle le big boss, celui qui finance, car je sais que je ne peux pas compter sur le Directeur. Il lui parle et le lendemain (aujourd'hui), le cuisinier revient. Bien sûr, le cuistot a juste dit qu'il n'était pas là pour porter des chaises, il n'a pas précisé qu'il se trempait la nouille dans le canal du Mozambique pendant que ma pomme et les manut faisaient la merde. 3ème constat : ne pas donner de privilèges à un malgache, sinon il considère que c'est acquis et n'a aucune solidarité, il pense qu'à sa gueule.
En plus, le gars en question veut être chef cuisinier. J'ai essayé de faire mon boulot de management, expliqué que pour être chef cuisinier il fallait de la solidarité, travailler en équipe. Rien à faire. Le malgache ne veut pas évoluer.
Enfin, dernier constat, la bêtise humaine. Vous le savez, j'ai du mal à dire qu'ils sont cons. Pourtant, maintenant que je travaille sur un lieu en écart de la ville, je m'aperçois que c'est bien d'être éloigné d'eux. Là où je suis, pas de connard de chauffeur qui va déboîter devant ta gueule pour doubler un pousse-pousse, pas de queue à faire pour acheter ton petit dej (car ils ne connaissent pas la queue, c'est celui qui s'impose le plus qui sera servi en 1er), pas de bruit (car quand ils projettent une circoncision, ils vont te mettre la musique à fond toute la nuit). Bref, moins y'a de malgaches, mieux je me sens. Ça me fait chier de dire ça, mais je ne serai jamais considéré comme faisant partie des leurs. Et moi même je n'accepterai jamais de vivre comme eux. Alors je m'isole. Cette expérience professionnelle confirme ce que je pensais d'eux.
On ferme le resto plage demain soir puis je m'occupe de la remise en état de l'hôtel pour lequel je bosse jusqu'à mon départ en France. Je suis donc toujours loin de la ville avec une équipe réduite, le séjour devrait se finir sans encombre.
En octobre, j'avais pris le poste de Directeur adjoint dans cet hôtel. Et je m'étais barré car incapable de bosser avec autant d'incompétents. Résultat, on m'a repris et le Directeur se barre.
Donc je finis en annonçant une nouvelle : lorsque je rentre en France, je ne resterai qu'un mois maximum car ça y est, je suis officiellement Directeur d'un hôtel qui va ouvrir ses portes en avril (un autre que l'actuel, tout neuf, j'ai pas piqué la place). Il y aura 23 bungalows climatisés, en pleine mangrove et tous avec vue sur la dune, plage à 500 mètres, un resto en forme de bateau, une piscine en forme de poisson. C'est moi qui ferai mon recrutement, ma prospection auprès des agences de voyage. Niveau salaire : 1 000 000 d'ariary. Ça paraît beaucoup comme ça mais ça ne représente que 300€, sachant que c'est l'équivalent de 5 fois le salaire minimum ici. Concrètement, on va dire en termes de pouvoir d'achat que c'est comme si je gagnais 2000€ en France. Et c'est de l'argent de poche car je suis nourri et logé.
Point noir : pas de jours de repos, pas de vacances jusqu'en janvier de l'année prochaine. J'ai donc mis des réserves et signé pour seulement 1 an. Et ça va être du boulot. Avec un prévisionnel de fréquentation d'environ 30 personnes par jour lissés sur 10 mois dans l'année, va y avoir une sacrée pression. Mais bon, c'est un nouveau challenge, ce sera une super expérience, autant pour mes projets perso qu'humainement. Alors je fonce et j’attends ça avec impatience ! Même si les malgaches ne veulent pas bien faire leur boulot, c'est pas grave. Je vais prévenir tout le monde de comment je fonctionne. Et à celui que ça ne plait pas, il dégagera. Je voulais faire obtenir des avantages, je vais juste essayer de leur apprendre à travailler et gérer ça comme une entreprise, au résultat.
Mon nouveau big boss est celui dont j'ai parlé tout à l'heure, un indien dont les grands parents ont fait fortune en étant les premiers à importer à Madagascar des produits de 1 ère nécessité. Lui a su faire fructifier le patrimoine en investissant dans l'hôtellerie. Il a 3 hôtels et le 4ème dont je vais prendre la direction, ainsi que d'autres business. Il a très mauvaise réputation à Morondava mais j'ai pu le tester en le plantant une première fois, il s'est montré réglo. C'est sûr, c'est un businessman qui réussi, donc ce genre de personnage dérange toujours. Mais il est à l'écoute. Même s'il est dur en affaire, ça reste un mec qui fait travailler des dizaines de personnes. Aux hôtels, le personnel est logé et nourri, ce qui est déjà un plus par rapport à beaucoup d'employeurs, surtout les gens de sa communauté (les karanes comme on les appelle ne sont vraiment pas populaires à Madagascar). On verra avec le temps mais je me lance avec lui.
Enfin, avec ma sandwicherie que je garde ouverte, si tout se passe bien je devrais gagner un demi salaire minimum supplémentaire sans rien faire. Et je vais quand même gagner du fric en France en continuant ma société, de quoi mettre un peu plus de ronds de côté pour avoir mon hôtel à moi en 2019. Je m'étais donné 3 ans pour m'installer durablement, je pense que l'objectif est viable. Cet objectif est d'avoir 2 millions par mois : 1 pour cotiser a ma retraite expat, le reste pour les frais courants et pouvoir rentrer en France de temps en temps pour voir vos bougies, ou voyager un peu. Si mon logement et ma bouffe sont assurés, j'ai pas besoin de plus. Et ici, vaut mieux pas en avoir plus si tu ne veux pas attirer le mauvais œil... Alors on y croit, ça arrive...

Voila les nouvelles, les amis. J’espère que n'ai pas été trop long. Merci de votre lecture si vous êtes arrivés jusqu'ici et à très bientôt, j'arrive en France le 14 février. Bisous les loulous

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