vendredi 30 mars 2018

Conversation numérique



"L'inconscient ignore la négation" Sigmund Freud

Pourquoi je préfère une vraie conversation avec un être humain doué de la parole? 
Tout est dit !

Les réseaux sociaux sont révélateurs. Un homme devra montrer patte blanche et madame se croit obligée de se justifier. Sabina Spielrein,  sors de chez Carl pour revenir chez tonton Sigmund !
Aucune pensée lubrique ne l'habite mais toi, qui en possède une, t'es forcément un prédateur puisqu'elle se prend pour une proie. Il lui suffirait pourtant d'un miroir et d'un pèse personne pour lever le doute

Dans l’approche de l’être on se renifle pour savoir qui fera la farce et qui sera le dindon. Les chiens ont des raccourcis pour lier connaissance, ils se reniflent le Q en public. Sur FB c’est pareil. Bien que certains se croient plus malins que les autres. Pour celui qui expose ses tripes, son clébard, sa famille et son statut, il trouvera dans le camp d’en face celle qui se planque derrière un pseudo avec des photos de profil qui parlent d’autre chose. Un petit chat, ça marche bien, un clébard aussi, ça humanise. C’est clair, Madame est mystérieuse ! Elle prends sa mocheté pour de la pudeur. Même les plus féministes cherchent à garder et montrer jeunesse et beauté. Celles qui assument sont celles qui ont renoncé dans un éclair de lucidité. Mais tu l’intéresses parce que tu es hors casting. Elle a le code d’entrée pour débouler dans ton cœur puisque tu étincelles de partout. C’est le temps de la présélection Dans ses critères elle inclut le 1/10 de la barrière sensée la protéger. Une jeunette va brancher un vieux, une belle/un moche, une lesbienne/un hétéro, une intello/un beauf, une artiste/un plombier. Elles ont envie de se punir ou de s’amuser.

C’est l’heure ! Le fauve s’approche du point d’eau où s’abreuve sa proie. Ta messagerie privée te notifie que tu as passé le casting.
Tu n’auras pas une vraie conversation téléphonique, juste un espace virtuel, et surtout silencieux, parce que le mari, pote en ciel cocu, de la femme d’à côté rode encore dans la pièce voisine.

jeudi 29 mars 2018

Ecriture. Réflexion sur...


Ecrivain

Bien que le même vocable désigne à la fois Pavarotti et Johnny Halliday, on peut légitimement penser qu’il y a un delta entre la tessiture du premier et l’anomalie acoustique du second.
À l’écrit, c’est pareil.

Ecriture s’entend d’un niveau autre que la lettre au Père Noël, même si l’on peut gager un billet sans risque sur celle de l’enfant Péguy Charles qui sera plus élégante que la missive du petit Levy Marc et pas non plus celui de la rédaction de la liste de courses de la ménagère de moins de cinquante ans gribouillée entre le Lidl, la chambre louée à l’heure de "La Cage aux Rossignols" et la sortie des écoles du petit dernier.

Ici nous parlerons du versant noble de l’écriture. Celle  qui va du calame au clavier, de l’incunable au prix Goncourt.
Là, il s’agit d’être propre, tel un lord anglais qui s’habille pour dîner dans la brousse avec le même dress code que pour convaincre le vigile à l’entrée de Buckingham. 

Soignez l’orthographe, la syntaxe, la ponctuation, la concordance des temps, les accords de participe et le vocabulaire. Pour le récit, le passé  simple s’imposera et la troisième personne sera préférable (de lapin).
Avant de poursuivre sur le style, on peut d’ores et déjà tirer quelques observations de cet exemple :

La syntaxe compliquée de la seconde phrase. 

Il eût mieux valu écrire : "... même si l’on peut gager que celle de l’enfant Péguy Charles sera plus élégante que la missive du petit Levy Marc ...  " Adroitement, l’auteur a usé du synonyme "missive" pour éviter la répétition de  "celle" suivant le pronom relatif "que" et la figure stylistique du prénom derrière le nom incite le lecteur à se projeter au temps scolaire du rite matinal de l’appel par ordre alphabétique. L’auteur maladroit rate son objectif sur l’allusion au poker avec son disgracieux: "gager un billet sans risque" mais démontre de l’habileté sur l’évocation de "l’appel" par le patronyme.

Inégal, donc  mais cela permet d’aborder la partie subjective : le style. 

Chaque auteur en possède un, à charge pour lui de n’en pas abuser  au risque de passer de la singularité à l’excentricité. "Un style, c’est une obsession" dit Frédéric Beigbeder.  Au passage, une citation d’auteur est un code qui doit orienter votre lecteur, pas une indication sur votre culture, inutile sauf pour votre ego, contre-productive pour la compréhension de votre narration. De la même façon, l’étalage des mots compliqués ne doit pas perdre votre lecteur. Il n’est pas censé lire votre CV. En place de "calame" écrivez "plume" et remplacez "incunable" par "bible".  Votre lecteur ferait l’effort de chercher   ce qu’un auteur reconnu a voulu lui transmettre mais ne comptez pas sur sa curiosité si vous êtes un inconnu célèbre seulement par votre nom sur une boîte à lettres dans votre entrée d’immeuble. Si l’évocation de "La Cage aux Rossignols" vous procure un frisson ému dans la moelle épinière, il n’évoquera rien de cette délicieuse attente dans le couloir pendant que la femme de chambre change les draps entre deux services avec votre conquête rougissante pendant cette romantique opération, s’il n’est pas voisin de l’avenue Thiers et trentenaire. De toutes façons vous avez perdu votre lectrice étalée et confuse trébuchant sur ce déplorable calembour du râble de lapin et il est trop tard pour vous dire de ne pas faire le malin avec les anglicismes  car, chutant comme elle, vous pourriez tomber sur une anglophone.
Profitez de la magie de l’écriture en vous donnant le beau rôle et,  sans hésitation, signez votre polar Ikéa: Sergius H. Pradowson, en jouant la carte de l’écrivain mystérieux. Vous gagnerez en crédibilité et vous pourrez compter sur le snobisme du naïf convaincu de découvrir un auteur exotique et de le partager avec ses semblables.
En concluant sur le sujet du pseudo, votre lecteur aura l’impression de résoudre une énigme, celle de cette curiosité du début : l’angle d’attaque par le pseudo et la chanson pour arriver à … l’écriture.

dimanche 25 mars 2018

Plan drague & Black Mirror



Lettre à ... (emplacement à louer)

Il y a celle qui s’entoure de barbelés, la miss ortie qui fouette ton orgueil.
Elle se voit à l’horizontale, écartelée, dés qu’un inconnu lui demande son chemin à l’heure de sa propre soif.
Elle maquille tout ce qui lui arrive, bonifie ses aventures.  Anesthésiée par la chaleur de ses mots, isolée par son aréopage, éblouie dans les feux des flatteurs, elle ne voit plus son ombre de collectionneuse amnésique.
Celle qui se regarde dans ce miroir impitoyable, se rêve en proie encore pour quelques heures d'été à chaque printemps avec un prédateur sur son épaule.
Au delà du danger imaginé, elle oublie qu’elle distribue des photos d’elle, dénudée prés d’une piscine/prétexte, sans  tenir à jour ses dossiers. Il arrive qu’une feuille morte se dépose dans sa boite mail, une feuille séchée entre les pages d’un livre oublié.
Alors elle s’invente des épines qui la confortent dans l’idée d’être la rose que plus personne ne songe à cueillir.

et je t’abandonne à tes démons chère ...

vendredi 23 mars 2018

Grève et petit confort


     Je sais ...


... qu’il faut me taire, me défaire de cette détestable habitude de donner un avis dont tout le monde se cogne mais là, en gare de Nimes, la bourgeoise tente une approche en me disant à voix basse: "C’est ça la France, toujours en grève ! "
Bien fait pour ma gueule.
Dans la file d’attente, je l’avais démarré à feu doux avec des regards discrets mais pas trop puisque je l’avais trouvé éligible à ma tendresse. Pourtant je n’ai pas envie de déclencher une bagarre : j’ai pas dormi, je suis coincé ici par les grèves après une nuit blanche sur un canapé amical mais minuscule, sans endroit où dormir pour celle qui tombe poliment sur mes endosses, rien à bouffer à 700km de mon camp de base. J’ai donné mes deux euro restant à un punk à chien devant la gare. Il va me falloir être créatif pour rentrer à la niche et la bourgeoise qui me parle pourrait être un plan B pour la noche.
Sa voix en douce dans mon oreille, ses fringues que j’ai envie de froisser, son parfum dans mes narines et la complicité de cette confidence m’ouvre une voix royale si je la joue fine petite comme on dit au billard. Poker face, j’ai pas lâché une info sur l’irritation que provoquait en moi sa "réflexion". Pour être tout à fait franc, il me fallut d’abord le temps de convaincre l’échantillon de tendresse qui se dressait dans mon calbard. Winner au bras de fer contre ces quelques centimètres que j’avais pris pour un os pendant quarante piges, j’ai lâché à la dame :
Et oui Madame, la France est un pays où les blindés fraudent le fisc et rentrent au bercail pour se faire soigner leur cancer de chanteur avec des funérailles nationales à la clé.
J’ai eu le temps de lâcher mon venin en un seul jet mais c’est le seul fluide que je lâcherai, du moins pour cette nuit.
Après tout l’enjeu du service public vaut largement de lui abandonner un peu de…confort

jeudi 22 mars 2018

Encounter


Bon, là faut contextualisés ! Je regardais sur You tube un cours de Aurélien Barrau sur le big bang  et autre trou noir et j’ai brodé :

Dans l’espace temps, le champ gravitationnel est évolutif. Toujours ! Nous,  chez les raz du sol, on cherche les dixièmes manquants pour rester sur le podium. Nous ne sommes pas contraints de subir l’orbite que nous confère notre  statut de satellite. On peut tendre vers celui de l’étoile. De ce nouveau paradigme,  nos vies s’enrichissent. Par la porte entrouverte un nouveau danseur, maître de l’univers apparaît à l’horizon des événements de cette valse cosmique. Quand le hasard porte ce masque dont s’affuble parfois le destin, on peut s’interroger. Cela n’empêche nullement de disparaître dans le trou noir des forces obscures où s’engouffre  même la lumière. Un danseur étoile  nantis d’une force d’attraction magistrale. Nous sommes deux modèles spéculatifs avec  des corroborations expérimentales différentes. Pourtant l’attraction est fatale à l’un et à l’autre. Dans notre orbite elliptique, à l’apogée, de nouvelles planètes nous rejoignent. Au périgée d’autres nous échappent. Une chose est sûre, l’univers n’est plus comme avant.
Saturne est taciturne, Mars vaincu, Vénus directe ! Il faudra accepter les douces gesticulations préliminaires le temps de prendre la mesure de chacun. Obéir aux maîtres de l’olympe qui nous guident l’un dans l’autre puisque nous leur auront cédé le pouvoir, abandonné notre  désir et confié son accomplissement. Inapte à décider qui sera le soleil et qui sera la lune. Calmés et unis par le membre que m’a donné la nature dans celui  inversée que tu m’offres,  nous resterons immobiles à fouiller nos regards dans le secret d’un lit, le pouvoir d’une peau, la lenteur du mouvement. L’un de nous deux bougera,  cédera à ce partage où personne ne gagne, où personne ne perds. Au fond de notre  intimité, les muqueuses mises à rude épreuve, de l’affolement à la délivrance de nos fluides mêlés, nous verrons dans nos yeux  des étoiles nouvelles. Je parlais il y a peu de nos résiliences secondaires, un terrain de choix pour le Big Bang d’un nouveau monde du Nous 
J’aime bien et je n’aime pas le concept de résilience secondaire. 
J’aime parce que c’est la mue d’une nouvelle enveloppe qui nous contient tous les deux et ce mot est proche de l’idée de logement où l’on ne vient que le week end. 
Je n’aime pas parce que résilience renvoie à l’idée d’une peine antérieure. 
Reste le double sens que l’on veut bien lui prêter et chez moi le calembour à deux balles reste une manière d’exprimer autant que de suggérer. L’altérité de mes alter ego y trouvera de quoi s’alimenter la gamberge. D’autant que le dommage précédent la Résilience a des relents, de victime ou de coupable, choisis ton camp camarade ! La plupart des marche-debout transigent à fifty/fifty comme si une rupture dans le continuum espace temps de nos trajectoires induisait un bonus/malus. La décision, l’échec ou la gratification qui en découlent, renifle la négociation comme si, lors d’un constat, se planquait l’idée de ménager ses arrières. Quand ça part en vrille, même si j'ai beaucoup cédé a la naïveté, je suis la farce et le dindon. Plutôt qu’être coupable à moitié avec des demi-victimes, je choisis le "C’est de ma responsabilité pleine et entière " car partager la culpabilité c’est partager la responsabilité et donc, le pouvoir. Contre productif et accessoirement pitoyable, donc ! Je sais qu’il y a du cynisme dans cette hiérarchie, mais ce matin je suis un enQulé humilié en résilience au milieu des odeurs dans un Ouibus pourrave! 

Et, demain roi du monde, sans doute, dans un studio anonyme d'une ville ignorée, je jaillirai d’entre tes cuisses. Tes jambes s’ouvriront et je te pourfendrai. Dans l’escalade horizontale le long de toi, je parviendrai entre tes seins pour envahir ta gorge de mes baisers. Entre tes jambes pliées, mes flancs subiront l' éperon de tes talons et me donneront le rythme de notre chevauchée

samedi 10 mars 2018

A la pêche aux moules



Votre mission, si vous l’acceptez est d’être compris en passant par l'incompréhensible. 

Soyez sympa:  éteignez la lumière en sortant !


Qu’est-ce à dire que d’employer encore et si vite et si tôt, le mot "amour" ? 

Est-ce aimer que chérir un miroir qui se délecte de tout ce que tu détestes : ta tronche, tes pattes de mouche, ton style incompréhensible, ton langage crypté et ta voix de fausset ?  

Ou serait-ce retrouver dans un grenier oublié un manuscrit in fini et reprendre le récit de l'estime de soi interrompu par l’ombilical naguère rompu! 

Etre le scénariste et le scénario dans cette histoire de tartine qui retombe toujours côté confiture !

Comment recevoir cette pallasite et renaître, fécondé par lithopanspermie au bout de  multiples gestations par défaut de chondrites banales ? 


N'être plus la table d’où chute cette tartine inespérée mais le sol qui la reçoit puisque maintenant nous sommes statistiquement certain grâce à ces deux conjectures:  






  1. Mad Moi zelle tombe toujours côté beurre  comme les dieux sont tombés sur la tête 
  2. Chronos et Kairos sont enfin d’accord,  le temps est venu!
Et sinon toi, ça va?

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